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La flore de l’époque


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Environnement naturel


La flore de l’époque


Que ce soit sur les bas-reliefs, à travers les caractères hiéroglyphiques ou par les sons qu’ils représentent, animaux et végétaux sont omniprésents dans la civilisation égyptienne.
Au-delà de leur signification linguistique et philosophique, leur étude est du plus haut intérêt scientifique car c’est l’un des seuls témoignages historiques qui nous renseigne sur la composition précise de la faune et la flore qui vivaient sur terre plusieurs siècles avant notre ère.

Dans un pays aussi aride que l’Égypte, les végétaux étaient essentiels à la survie. De nombreuses plantes, parmi lesquelles la fleur de lotus, les roseaux de papyrus et plusieurs espèces d’arbres, revêtaient tant d’importance pour les Égyptiens qu’elles étaient associées à des événements mythologiques.




Peinture figurant un très beau jardin du Nouvel Empire
Le jardin égyptien est une oasis de fraîcheur et une marque de raffinementbouton+.gif Nébamon vous en dit plus…


La nature du terrain et le régime de l’inondation désignaient la vallée du Nil pour être avant tout une terre à plantes annuelles : alimentaires, textiles, tinctoriales, médicinales, auxquelles s’ajoutent les plantes d’agrément. On discute encore pour savoir si l’orge et le froment sont indigènes en Égypte ou si ces plantes ont été importées de la Mésopotamie au cours de la préhistoire. Quoi qu’il en soit, l’orge (iôt), et le froment amidonnier (bôti), sont les plus anciennes céréales connues des Égyptiens, car leur nom est écrit selon le procédé idéographique le plus ancien : l’orge avec trois grains et le froment avec un épi. Les autres espèces de céréales connues plus tard sont écrites en caractères phonétiques. La culture du lin est très souvent associée à celle des céréales sur les bas-reliefs de l’Ancien Empire. On reconnaît sur ces mêmes bas-reliefs la laitue, l’oignon, la pastèque et les concombres. Dans des textes égyptiens plus récents, dans la Bible et les auteurs classiques, l’ail, le poireau, la fève et la lentille sont cités. L’huile était fournie par le sésame et le ricin. Les médecins savaient que cette huile était purgative, qu’elle fait pousser les cheveux et calme certaines maladies de la peau. Les auteurs classiques mentionnent le coton égyptien dont le nom indigène n’est pas connu. L’orcanette, la garance, le hénné, l’indigo étaient les plantes utilisées par les teinturiers.



Scène de vendanges sous Touthmosis IV
Scène de vendanges
Tombe de Nakth, prêtre et scribe sous Touthmosis IV


La vigne, qui passait pour un don d’Osiris, était cultivée sous l’Ancien Empire dans le Delta, surtout aux abords du lac Maréotique et du lac Menzaleh. Cet arbuste est si complaisant qu’il donnait des raisins de table et des raisins à vin en moyenne et Haute-Égypte et dans les grandes oasis. Un district voisin de la cataracte s’appelle Irp, le vin, mais peut-on dire que la vigne était cultivée si loin vers le sud ? Il s’agit peut-être de vin transporté par le commerce.

L’Égypte n’est pas un pays de forêts. Cependant, comme on peut le voir sur des peintures thébaines, la campagne égyptienne n’était pas dépourvue d’arbres. Les Égyptiens aimaient les arbres pour leur beauté propre, pour la fraîcheur que procurait leur ombre et pour leurs fruits. Dans chaque nome existait un verger sacré non loin du temple principal. Un propriétaire de la XVIIIe dynastie, Enené, a fait peindre dans son tombeau le jardin où il avait réuni vint-trois espèces d’arbres.

Le sycomore (nehet), qui vient en tête de la liste, est vraiment l’arbre égyptien par excellence. Il pousse dans les villages, dans les carrefours et même sur les bords du désert, du moment que ses racines peuvent atteindre la nappe d’eau souterraine. C’est un arbre vigoureux, presque aussi large que haut, extrêmement touffu. Le palmier dattier, qui lui est fréquemment associé, est au contraire haut et grêle. Il existait, il existe toujours des boqueteaux et même des bois de palmiers d’une grande étendue, comme celui qui recouvre les vestiges de l’ancienne Memphis. Le palmier doum, dont le tronc se ramifie à quelques mètres du sol, ne se rencontrait qu’à partir de Thèbes. Enené devait être particulièrement fier de montrer à ses visiteurs un palmier d’une hauteur inaccoutumée, nommé coucou, sur lequel un scribe quelque peu botaniste donne des renseignements :



Scène du quotidien paysan avec description de divers arbres
Illustration du Livre des MortsSur le registre inférieur on reconnaît, entre autres, des palmiers dattiers et des palmiers doum. - Tombe de Sennedjem, nécropole de Thèbes


O palmier doum, grand de 60 coudées, dans lequel sont des noix de coco. Dans ces noix de coco sont des coques. Dans ces coques est de l’eau. L’endroit où l’on receuille cette eau est lointain.

En effet, sur les 481 arbres du jardin ne figure qu’un seul cocotier. Les figuiers étaient très abondants et, lorsque les figues étaient mûres, singes et enfants participaient à leur manière à la récolte. Les saules, les tamaris, les jujubiers, les balanites, les moringas, les caroubiers, les grenadiers, les chaouabou et d’autres espèces d’identification incertaine complétaient la collection. Le grenadier semble avoir été introduit en Égypte au début de la XVIIIe dynastie. On le reconnaît dans le jardin créé par thoutmosis III et reproduit dans le grand temple d’Amon à Karnak. Le moringa fournissait une huile appréciée des parfumeurs et des médecins. L’olivier (djede), qui ne se trouve pas chez Enené, n’est pas mentionné avant le Nouvel Empire. Il s’est facilement acclimaté en Égypte, et Théophraste signale une forêt d’oliviers dans la région thébaine. D’après Strabon, c’etaient les oliviers du Fayoum qui donnaient les meilleurs fruits. L’acacia seyal fournissait un bois de bonne qualité aux charpentiers et aux constructeurs de barques. Le térébinthe, dont la résine (sonté), servait à encenser les dieux et les morts, poussait dans les oasis et dans le désert à l’est de Memphis. L’Égypte antique n’a pas connu l’oranger, ni le citronnier, ni le rosier, ni d’autres arbres qui sont de nos jours l’ornement des places et des jardins.



Représentation du jardin botanique de Thoutmosis III
Jardin botanique de Thoutmosis III - Temple de Karnak


Pour les Égyptiens, qui n’ont pas respiré la rose avant l’époque romaine, la reine des fleurs était la fleur de lotus blanche ou bleue. On en faisait d’immenses bouquets pour décorer les salles de festin. Les femmes à la maison ou en visite tenaient des lotus à la main ou en fixaient sur leurs cheveux. Les hommes ne les dédaignaient pas et se couronnaient de lotus au cours des réjouissances champêtres. La souche tubéreuse de cette plante se mangeait grillée ou bouillie et l’on faisait une sorte de patisserie avec les graines pilées. Le lotus (seshen), est la plante emblématique de la Haute-Égypte. C’est une fleur qui se referme la nuit et s’enfonce sous l’eau. Pour cette raison, elle est devenue le symbole du soleil et de la création, et les Égyptiens pensaient que le dieu Atoum était né d’une fleur de lotus. Symbole de la renaissance, elle était associée à Osiris et au culte funéraire.



Ombelle de papyrusFleur de lotus blanc


Le papyrus (hely), plante mystique et emblématique de la Basse-Égypte, symbolisait la vie elle-même et le marais dont toute vie était issue. Les Égyptiens pensaient que des piliers de papyrus soutenaient la voûte céleste. Le papyrusservait à toutes sortes d’emplois. On mâchait, comme on le fait aujourd’hui de la canne à sucre, la partie inférieure de la tige. Le reste servait à faire des paniers, des corbeilles, des cages et des bateaux légers. Malgré tout, son principal emploi était la fabrication d’un papier aussi approprié pour l’écriture que pour l’illustration et qui se conserve indéfiniment. Les papyrus formaient au nord de l’Égypte d’épais fourrés. Les tiges, dont la hauteur était cinq ou six fois la stature humaine, abritaient dans leurs ombelles les nids des martins pêcheurs et d’autres oiseaux aquatiques qu’assiégeaient les genettes, les ichneumons, les chats sauvages, tandis que poissons, loutres, hippopotames et crocodiles se cherhcaient et se fuyaient entre les pieds.

En Haute-Égypte, si l’on se fie aux peintures du Moyen et du Nouvel Empire, les fourrés de papyrus ne sont ni aussi hauts ni aussi vastes que dans le Delta. Actuellement, cette plante aurait complètement disparu si l’on n’en cultivait quelques spécimens dans les jardins du Caire. Par contre, elle vient spontanément dans la haute vallée du Jourdain et sur les bords du lac de Houlé qui a conservé son nom ancien : “hely”, attesté dans quelques textes et surtout par le signe “hl” de l’écriture hiéroglyphique.



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Date de création : 28/11/2004 - 13:21
A été modifié le : 16/03/2010 - 14:24
Catégorie / Un peu de géographie

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