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Le Livre des animaux

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La religion égyptienne - Mythes/Rites et Croyances

Le Livre des animaux sacrés


La richesse de la faune égyptienne, dès la préhistoire, ne pouvait manquer d’influencer les Égyptiens qui élaborèrent et développèrent leur religiosité à partir de la très longue période Paléolithique. Puissantes et violentes, les forces de la nature étaient redoutées, respectées et adorées afin de s’en attirer les bonnes grâces. Des conceptions magico-religieuses se formèrent quant à l’influence de certaines divinités animales sur les êtres et sur l’issue favorable de la chasse, comme en témoignent des milliers de gravures rupestres. Au Néolithique, la religion possédait déjà ses caractères fondamentaux : les animaux firent alors l’objet d’innombrables cultes locaux et servirent souvent d’emblèmes à des districts ou à des cités.

Les souverains selon les siècles et les civilisations ont fait appel à la représentation animale, symbole de majesté et de puissance militaire ou politique. Par la beauté de leur apparence, la vigueur de leur nature, ces animaux ont participé à la mise en scène du pouvoir, parfois même en devenant le substitut iconographique du monarque.



Le bestiaire sacré

Nadine Guilhou et Janice Peyré, La mythologie égyptienne, p. 282-283, Marabout (Hachette Livre), 2006
Adaptation et compléments par Immortelle Égypte


Comme dans toutes les sociétés agricoles, omniprésents, les animaux ont joué un rôle considérable dans l’Égypte ancienne. Créés par le démiurge en même temps que les hommes et les dieux, ils ne constituent pas, dans la pensée égyptienne, un règne séparé. Ainsi, de Khnoum, à Esna, on dit :
Tu as tourné les hommes, tu as fait les dieux, tu as modelé petit et grand bétail.
 Esna III, 319, 16-17 

Les Égyptiens qui avaient hérité de leurs ancêtres de la protohistoire plusieurs animaux domestiques, tentèrent d’en domestiquer beaucoup d’autres, comme les grues et même les hyènes. Les bêtes sauvages représentaient pour eux un reste du chaos primitif qui avait précédé l’organisation du monde. Les chasses royales étaient conçues, au moins au Nouvel Empire, comme une participation à l’œuvre créatrice du démiurge.

Peinture rupestre
Paroi peinte d’une tombe d’Hiéraconpolis
Nagada IIc, vers 3300 av. J.-C. ; peinture sur enduit d’argile ; long. 497 cm.

Régine Schulz et Mathias Seidel, L’Égypte - sur les traces de la civilisation pharaonique, Éditions Könemann, Cologne


Ils ne constituent pas non plus un règne « inférieur » puisqu’ils peuvent prêter leur apparence aux dieux.

Certaines des qualités des animaux, comme l’instinct, la crainte que d’autres inspiraient ou la production capitale qu’ils fournissent dans l’économie (la vache, par exemple) durent conférer de bonne heure à certains d’entre eux un caractère sacré. Quelques-uns, tels le faucon et le bélier, prirent un grande importance sociale du fait qu’ils représentaient un dieu adoré par plusieurs groupes sociaux. De sorte que les animaux furent associés au culte.

Les nombreuses interférences entre les différents règnes (humain, divin et animal), tant dans le domaine du mythe que dans la religion ou l’iconographie, témoignent de la considération dont ils jouissaient.

Ils jouaient notamment un rôle important dans la sphère religieuse, tant par le biais de sacrifices que de dévotions.

Dans tous les cas, l’utilisation des animaux est le fruit d’une connaissance profonde et d’une observation attentive de leur comportement. Les animaux sacrés étaient les « ba » des déités. Quand la figure divine fut antropomorphisée à des périodes historiques, on ne conserva dans la plupart des cas que les têtes des animaux : Hathor a parfois une tête de vache et elle en a toujours les oreilles ; Thot a toujours une tête d’ibis, ce qui ne l’empêche pas d’avoir aussi pour animal sacré le babouin ; Amon avait le bélier et l’oie ; etc.


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Anubis ¤ Hathor ¤ Sekhmet - Musée égyptien du Caire


À la fin du Nouvel Empire, les cultes des animaux acquirent plus d’importance et prirent des proportions extraordinaires à l’époque tardive. On en arriva à déclarer sacrée toute l’espèce en question. Mais comme la même n’était pas sacrée dans le nome voisin, de véritables guerres éclatèrent entre territoires, telle celle que mentionne Plutarque entre Oxyrhynchos, où l’on tuait les chiens, et Cynopolis, où l’on mangeait le poisson oxyrhynque. Des espèces sacrées, ou bien des exemplaires isolés reconnaissables à des signes particuliers, étaient intronisés dans les temples de leurs centres cultuels individuels. À leur mort, certains étaient momifiés et ensevelis selon les formules prescrites.


Les sacrifices d’animaux


Les Égyptiens procédaient au sacrifice d’animaux lors des cérémonies funéraires et au cours de certaines fêtes. Les animaux que l’on sacrifiait étaient ceux que l’on associait aux bêtes sauvages du désert. Celles-ci étant assimilées à Seth (en tant que figure d’un monde inorganisé, sauvage, nomade et échappant à la civilisation), c’est une partie du dieu qu’on élimine. Elles possèdent une force surnaturelle et une vertu divine que l’homme s’approprie en les consommant après le rituel.

À l’animal réel pouvaient se substituer des effigies de cire que l’on détruisait lors de certaines fêtes comme, à Edfou, celle de la Victoire d’Horus.

Les animaux domestiques sont rarement sacrifiés, uniquement par de pauvres gens qui ne sont pas assez riches pour se procurer des bêtes sauvages. L’âne et le porc, assimilés Seth et considérés comme impurs font exception.

Scène d’offrande
Scène d’offrandeLa patte avant de l’animal de sacrifice, souvent un taureau roux de Haute-Égypte, image de Seth, est souvent utilisée lors du rituel d’Ouverture de la bouche, pour rendre magiquement ses fonctions vitales au défunt.
Sarcophage de Madja (vers 1500 avant J.C.) - Musée du Louvre, Paris
Crédit photographique : © RMN / Les frères Chuzeville



Quelques animaux égyptiens

Nadine Guilhou et Janice Peyré, La mythologie égyptienne, p. 290, Marabout (Hachette Livre), 2006
Adaptation et compléments par Immortelle Égypte


Les animaux n’avaient pas uniquement un rôle sacrificiel, loin s’en faut. Ils peuplent les textes, les peintures murales, les bas-reliefs, de même qu’ils peuplaient la vallée du Nil et le désert environnant. Associés aux rythmes de la vie, aux cycles saisonniers et aux dieux eux-mêmes, présents dans les scènes de chasse ou les représentations des rives du Nil, ils jouent un rôle central et font partie de l’environnement physique des Égyptiens. Plutarque, par exemple, cite un nombre impressionnant d’animaux dans Isis et Osiris. Ici, nous en évoquons quelques-uns.

Des ibis et des babouins abondaient chez Thot à Hermopolis (Khemenou). On a retrouvé les interminables galeries de leurs sépultures à Tourna el-Gebel. Il y avait des vaches sacrées (Hathor) à Dendera et Aphroditopolis ; des béliers et des oies (Amon) à Karnak (Ipet Sout), Éléphantine (Abou) (Khnoum),… ; des taureaux à Ermant (Boukhis), à Héliopolis (Per-Rê ou Iounou) (Mnévis), ; le serapeum de Memphis (Men-nefer), découvert par Mariette, contenait entre autres les galeries où étaient enterrés les taureaux Apis. Le chat (Bastet) à Bubastis (Baset ou Per-Bastet), le crocodile (Sobek) à Kôm-Ombo (Noubt) et Crocodilopolis, le faucon (Horus) à Edfou et Philae, des béliers et des poissons-latès à Esna.

Ce ne sont que quelques exemples. Les théologiens ne voyaient, bien entendu, dans le taureau Apis que le hérault (annonciateur, messager) d’Osiris, en Mnévis que le hérault de . Le bélier n’était pour eux que le ba prestigieux d’Amon-Rê

Le bestiaire égyptien
AntilopeSatisProtectrice des sources du Nil
BabouinHapi
Thot
Protecteur des vases canopes et génie du Nord
Dieu de l’écriture, partron des scribes et greffier divin
BélierAmon
Khnoum
Dieu de l’Empire à partir du Moyen Empire
Gardien des sources du Nil et dieu créateur à Esna
Dieu solaire et créateur à Héliopolis
ChacalAnubis
Douamoutef
Dieu de la momification
Protecteur des vases canopes et génie de l’Est
ChatteBastetFille de rê aux caractères pacifiques
Chien mytiqueSethDieu ambivalent incarnant le désordre mais protégeant la barque solaire
CobraOuadjetDéesse tutélaire de la Basse-Égypte
CrocodileSobekSeigneur des eaux et dieu créateur à Crocodilopolis
FauconHaroéris
Horakhty
Horus
Montou
Khebeh-senouf
Sokaris
“Horus l’Ancien”, défenseur du dieu solaire
Dieu solaire incarnant le soleil à son zénith
Dieu céleste et protecteur de la royauté pharaonique
Dieu guerrier de la région thébaine
Protecteur des vases canopes et génie de l’Ouest
Patron des artisans et dieu funéraire de Memphis
GazelleAnoukisProtectrice des sources du Nil
GrenouilleHéqetAssistante de Khnoum lors des accouchements royaux
HippopotameThouérisProtectrice du foyer
IbisThotDieu de l’écriture, partron des scribes et greffier divin
LionShouDieu de l’espace, symbolisant la vie et le souffle vital
LionneSekhmet
Tefnout
Déesse incarnant l’œil solaire et les forces dangereuses
Fille de Rê incarnant l’ordre cosmique et la chaleur
ScarabéeKhépriDieu solaire et créateur à Héliopolis incarnant le soleil levant
ScorpionSelkisDéesse guérisseuse et magicienne
SerpentApophisEnnemi cosmique symbolisant les forces destructrices
SphinxHarmakhis
Houroun
“Horus dans l’horizon”, une des formes du dieu solaire
Dieu Cananéen assimilé à Harmakhis
TaureauApis
Mnévis
Taureau sacré de Memphis, incarnation physique du dieu Ptah
“Réplique vivante” du dieu Rê sur terre et médiateur du dieu Atoum
VacheHathor
Nout
Fille du soleil aux qualités universelles et multiples
Déesse du ciel
VautourMout
Nekhbet
Épouse d’Amon parfois assimilée à Sekhmet
Déesse tutélaire de la Haute-Égypte
Source : Aude Gros de Beler, La mythologie égyptienne, Éd. Molière, Paris 2004

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Date de création : 21/11/2005 - 23:29
A été modifié le : 02/09/2008 - 10:20
Catégorie / Un peu de mythologie

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