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La religion égyptienne - Mythes/Rites et Croyances - Le Mythe de la mort

Le Mythe de la mort » Jugement du défunt


Pour les Égyptiens, avant d’accéder à l'éternité, le défunt doit subir le jugement des actes commis pendant sa vie. Cette épreuve, qui se déroule peu après la mort, s’appelle en grec psychostasie, ou « pesée de l’âme » [1]. Ce terme est emprunté à la littérature grecque et sa représentation symbolique montre le cœur ou la conscience du défunt sur le plateau d’une balance. Le chapitre 125 du Livre des Morts décrit ce jugement, déjà attesté sous l’Ancien Empire dans les Textes des Pyramides. En effet, pour l’ancien égyptien, le cœur est en chaque homme le siège du caractère, des sentiments, de la mémoire et de l’intellect. Autrement dit : la conscience ou âme. C’est grâce à son cœur que l’Égyptien reçoit son individualité de même que sa liberté de penser et d’agir. Ainsi peut-il suivre ou négliger les enseignements des dieux. Horus en est la forme divine.

Ô mon cœur, du plus intime de mon être. Ne te dresse pas contre moi en témoin devant le tribunal. Ne te rebelle pas contre moi devant le gardien de la balance.


Psychostasie / Pesée de l’Âme / Pesée du Cœur : séance de décryptage


La formule n° 125 est ainsi connue par sa vignette. Il s’agit de « ce qui doit être dit quand on accède à la salle des deux Maât ». Cette salle est en fait le tribunal d’Osiris et le défunt va y prononcer sa déclaration d’innocence.

Salut à toi, ô auguste, grand et puissant dieu, prince éternel. Puisses-tu m’accorder d’être parmi les vivants.

Hounefer_psychostasie.jpg
Scène 1 / Scène 2Scène 3Scène 4Scène 5
Le tribunal divin - La croyance au jugement de l’âme était, en Égypte, universelle deux mille ans avant que cette scène ne vînt illustrer les textes sacrés Le 125e Chapitre du « Livre des Morts » parle du jugement et de la purification de l’âme. Il offre un récit détaillé de la pesée du cœur du défunt.

Le mort, introduit par Anubis, entre face à ses juges (14 pour le papyrus d'Hounefer, 42 pour certains autres), tandis que son cœur est posé sur l’un des plateaux de la balance, la plume de Maât reposant sur l’autre. Pendant cette opération, présidée par Osiris, qui décidera de son sort, le mort prononce la double “confession négative”.

Papyrus du scribe royal Hounefer, règne de Séthi Ier, XIXème dynastie - British Museum, Londres

Scène 1 : Les 14 juges
Hounefer_psychostasie_scene1.jpgHounefer effectue son premier geste de soumission aux dieux : face aux 14 juges assesseurs d’Osiris, au pouvoir créateur très fort, il place une table d’offrandes devant lui. Agenouillé, il fait le geste du Kâ, par lequel avec ses deux bras levés en forme de U, il atteste la pureté de son cœur et fait appel aux énergies vitales tant conservatrices que créatrices. C’est la « confession négative » : en énumèrant les fautes qu’il n’a pas commises, il élimine par le verbe ses défaillances éventuelles.

Nous reconnaissons, de la gauche vers la droite,

- 7 dieux portant la croix de vie puceAnkh.gif (Ankh) :
- 7 autres :
Le nombre 14 est à mettre en relation avec le cycle lunaire.
Scène 2 : Anubis conduit et présente le défunt
Hounefer_psychostasie_scene2.jpgLe défunt en robe blanche se présente devant le tribunal présidé par Osiris, qui décidera s’il est digne d’entrer dans le monde divin.

Anubis, le dieu à tête de chacal et patron des embaumeurs dirige Hounefer. Il donne la main au défunt, dans la main gauche il tient le signe de vie (Ankh).

Devant eux, la redoutable balance... Brrrr !
Scène 3 : La pesée du cœur (âme ou conscience)
Hounefer_psychostasie_scene3.jpgInstant fatidique ! Cette épreuve décisive emplissait le postulant d’une crainte légitime, car toute sa vie future dépendait du verdict de la déesse Maât. Hounefer se confesse à nouveau « Je n’ai pas commis d’injustice contre les hommes… Je n’ai pas tué... Je n’ai pas été sourd aux paroles de vérité... ».

Lors de la pesée, le cœur est interrogé par le tribunal divin et à ce moment, les dieux peuvent établir s’il a vécu selon les préceptes de Maât, déesse de la vérité et de la justice, personnifiant les lois de l’ordre divin. Cette déesse est évoquée par la plume d’autruche qu’elle porte normalement sur la tête, et qui occupe ici le plateau de droite. Le cœur (ib) du défunt est déposé en balance sur l’autre plateau.

En tant qu’huissierier, le dieu Anubis agenouillé sur un coffre vérifie l’aiguille de la balance (ornée d’une effigie de la déesse Maât) et communique le résultat à Thot, le greffier, figuré ici avec une tête d’ibis, tenant à la main une palette de scribe, instrument de sa fonction. C’est sur elle qu’il consigne le résultat de la pesée et le transmet au dieu Horus.

Présente, tout le temps de la pesée et très attentive au verdict du dieu Thot, Amémet, une créature hybride, « gardienne du seuil » appelée « la Dévorante », à tête de crocodile, au corps de lion et arrière train d’hippopotame, devait engloutir ceux qui n’auraient pas réussi l’épreuve.Ce monstre n’est pas d’ordinaire considéré comme nuisible. Son image ne peut pas, grâce à la magie, porter atteinte au défun t. Il n’est là que pour purifier l’accès au monde éternel.

Si le cœur pèse autant (ou moins) que la plume, son âme devient « maâ-kherou », c’est-à-dire « justifiée, juste de voix ». Cela signifie que le mort a vécu selon les règles de la morale et peut accéder à la vie éternelle.

Si le cœur pèse plus lourd, il a vécu dans le mal et son cœur, dès qu’Osiris aura rendu son verdict, sera aussitôt avalé par la Dévorante, le condamnant ainsi à une mort définitive : l’âme impure subit un châtiment qui est une longue et douloureuse purification. Cette purification douloureuse devient, pour les âmes incurables, un châtiment permanent, le défunt mauvais meurt une seconde fois.
Mais, heureusement, jamais cette issue fâcheuse ne figure sur aucun livre des morts. Ouf ! Auriez-vous un ticket repas ?

Hounefer est sauvé ! Confiant, il peut se présenter devant Osiris, juge suprème.
Scène 4 : Hounefer et Horus
Hounefer_psychostasie_scene4.jpgJustifié, Hounefer peut se présenter devant Osiris avec le dieu à tête de faucon, Horus comme maître de cérémonie. Il est représenté en vêtement blanc, devant lui se tient le dieu Horus, fils d’Isis.

Le dieu Horus présente le scribe au seigneur du royaume des morts, dans la main gauche il tient le signe de vie. De la ceinture, comme pour les dieux Anubis et Thot, pend derrière lui la queue de taureau qui fait partie des ornements royaux. Le dieu Horus, le bras droit levé annonce à Osiris que le scribe Hounefer est justifié, qu’il n'a péché contre aucun dieu ni aucune déesse et que Thot a dirigé la pesée selon les règles.
Scène 5 : Osiris
Hounefer_psychostasie_scene5.jpg
Le dieu Osiris trône dans la salle du jugement. Cette chapelle se compose de quatre poteaux d’angle soutenant une corniche à cavet, elle même coiffée d’une frise ininterrompue d’uraeus qui assurent une protection. Sur deux côtés nous trouvons une colonne papyriforme ornée d’oriflammes.

Le trône d’Osiris a la forme de la façade d’une maison. Sur le côté droit on remarque le motif de la fausse porte, qui joua un rôle important dans la construction des mastabas de l’Ancien Empire. Cette porte sépare les deux mondes, elle permettait au défunt de la franchir pour recevoir toutes les offrandes qui lui étaient destinées. Le trône est posé sur un socle évoquant l’élément liquide d’où émerge une fleur de lotus supportant les quatre fils d’Horus (Amset, Douamoutef, Hapi et Qebehsenouf), génies protecteurs des entrailles.

Le dieu Osiris porte la couronne Atef, une barbe postiche, un grand collier autour du cou et il tient dans ses mains les attributs de sa puissance : le bâton de berger (crochet) et le fouet royal, symboles de l’harmonie par opposition. Sa chair est verte, couleur de la renaissance.

Au-dessus du dieu nous trouvons un œil Oudjat ailé tenant dans ses griffes le signe shen (ou chen), symbolisant l’éternité et la protection et une plume qui apportera le souffle vital à la vie.

Derrière Osiris se tiennent les deux sœurs, Isis et Nephthys, dans la position classique de l’accolade, passent le souffle de rénovation.

Une fois son âme (cœur) jugée et sa déclaration écoutée, Osiris décide du sort qui lui est réservé.

Si le défunt a suivi les règles, s’il s’est conformé à la volonté des dieux, si sa conscience n’est pas chargée, il est jutifié et reçoit son « passeport » pour l’éternité.
Le défunt devient alors Osiris untel « juste de voix »hiero_juste-de-voix_1.gif, souvent abrégé en hiero_juste-de-voix_2.gif ou hiero_juste-de-voix_3.gif.
En revanche, si ses actes sont déclarés mauvais, s’il a transgressé les lois, si la balance fléchit sous le poids de ses actions, il sera englouti par la « Dévorante », observée plus tôt, au pied de la balance. Ce monstre n’est pas d’ordinaire considéré comme nuisible. Son image ne peut pas, grâce à sa magie, porter atteinte au défunt. Il n’est là que pour purifier l’accès au monde éternel.
Scène 1 : Les 14 juges
Hounefer_psychostasie_scene1.jpgHounefer effectue son premier geste de soumission aux dieux : face aux 14 juges assesseurs d’Osiris, au pouvoir créateur très fort, il place une table d’offrandes devant lui. Agenouillé, il fait le geste du Kâ, par lequel avec ses deux bras levés en forme de U, il atteste la pureté de son cœur et fait appel aux énergies vitales tant conservatrices que créatrices. C’est la « confession négative » : en énumèrant les fautes qu’il n’a pas commises, il élimine par le verbe ses défaillances éventuelles.

Nous reconnaissons, de la gauche vers la droite,

- 7 dieux portant la croix de vie puceAnkh.gif (Ankh) :
- 7 autres :
Le nombre 14 est à mettre en relation avec le cycle lunaire.
Scène 2 : Anubis conduit et présente le défunt
Hounefer_psychostasie_scene2.jpgLe défunt en robe blanche se présente devant le tribunal présidé par Osiris, qui décidera s’il est digne d’entrer dans le monde divin.

Anubis, le dieu à tête de chacal et patron des embaumeurs dirige Hounefer. Il donne la main au défunt, dans la main gauche il tient le signe de vie (Ankh).

Devant eux, la redoutable balance... Brrrr !
Scène 3 : La pesée du cœur (âme ou conscience)
Hounefer_psychostasie_scene3.jpgInstant fatidique ! Cette épreuve décisive emplissait le postulant d’une crainte légitime, car toute sa vie future dépendait du verdict de la déesse Maât. Hounefer se confesse à nouveau « Je n’ai pas commis d’injustice contre les hommes... Je n’ai pas tué... Je n’ai pas été sourd aux paroles de vérité... ».

Lors de la pesée, le cœur est interrogé par le tribunal divin et à ce moment, les dieux peuvent établir s’il a vécu selon les préceptes de Maât, déesse de la vérité et de la justice, personnifiant les lois de l’ordre divin. Cette déesse est évoquée par la plume d’autruche qu’elle porte normalement sur la tête, et qui occupe ici le plateau de droite. Le cœur du défunt est déposé en balance sur l’autre plateau.

Le dieu Anubis agenouillé sur un coffre vérifie l’aiguille de la balance (ornée d’une effigie de la déesse Maât) et communique le résultat à Thot, figuré ici avec une tête d’ibis, tenant à la main une palette de scribe, instrument de sa fonction. C’est sur elle qu’il consigne le résultat de la pesée et le transmet au dieu Horus.

Présente, tout le temps de la pesée et très attentive au verdict du dieu Thot, Amémet, une créature hybride, « gardienne du seuil » appelée « la Dévorante », à tête de crocodile, au corps de lion et arrière train d’hippopotame, devait engloutir ceux qui n’auraient pas réussi l’épreuve.

Si le cœur pèse autant (ou moins) que la plume, son âme devient « maâ-kherou », c’est-à-dire « justifiée, juste de voix ». Cela signifie que le mort a vécu selon les règles de la morale et peut accéder à la vie éternelle.

Si le cœur pèse plus lourd, il a vécu dans le mal et son cœur, dès qu’Osiris aura rendu son verdict, sera aussitôt avalé par la Dévorante, le condamnant ainsi à une mort définitive : l’âme impure subit un châtiment qui est une longue et douloureuse purification. Cette purification douloureuse devient, pour les âmes incurables, un châtiment permanent, le défunt mauvais meurt une seconde fois.
Mais, heureusement, jamais cette issue fâcheuse ne figure sur aucun livre des morts. Ouf ! Auriez-vous un ticket repas ?

Hounefer est sauvé ! Confiant, il peut se présenter devant Osiris, juge suprème.
Scène 4 : Hounefer et Horus
Hounefer_psychostasie_scene4.jpgJustifié, Hounefer peut se présenter devant Osiris avec le dieu à tête de faucon, Horus comme maître de cérémonie. Il est représenté en vêtement blanc, devant lui se tient le dieu Horus, fils d’Isis.

Le dieu Horus présente le scribe au seigneur du royaume des morts, dans la main gauche il tient le signe de vie. De la ceinture, comme pour les dieux Anubis et Thot, pend derrière lui la queue de taureau qui fait partie des ornements royaux. Le dieu Horus, le bras droit levé annonce à Osiris que le scribe Hounefer est justifié, qu’il n'a péché contre aucun dieu ni aucune déesse et que Thot a dirigé la pesée selon les règles.
Scène 5 : Osiris
Hounefer_psychostasie_scene5.jpg
Le dieu Osiris trône dans la salle du jugement. Cette chapelle se compose de quatre poteaux d’angle soutenant une corniche à cavet, elle même coiffée d’une frise ininterrompue d’uraeus qui assurent une protection. Sur deux côtés nous trouvons une colonne papyriforme ornée d’oriflammes.

Le trône d’Osiris a la forme de la façade d’une maison. Sur le côté droit on remarque le motif de la fausse porte, qui joua un rôle important dans la construction des mastabas de l’Ancien Empire. Cette porte sépare les deux mondes, elle permettait au défunt de la franchir pour recevoir toutes les offrandes qui lui étaient destinées. Le trône est posé sur un socle évoquant l’élément liquide d’où émerge une fleur de lotus supportant les quatre fils d’Horus, dieux protecteurs des entrailles.

Le dieu Osiris porte la couronne Atef, une barbe postiche, un grand collier autour du cou et il tient dans ses mains les attributs de sa puissance : le bâton de berger (crochet) et le fouet royal, symboles de l’harmonie par opposition. Sa chair est verte, couleur de la renaissance.

Au-dessus du dieu nous trouvons un œil Oudjat ailé tenant dans ses griffes le signe shen (ou chen), symbolisant l’éternité et la protection et une plume qui apportera le souffle vital à la vie.

Derrière Osiris se tiennent les deux sœurs, Isis et Nephthys, dans la position classique de l’accolade, passent le souffle de rénovation.

Une fois son âme (cœur) jugée et sa déclaration écoutée, Osiris décide du sort qui lui est réservé.

Si le défunt a suivi les règles, s’il s’est conformé à la volonté des dieux, si sa conscience n’est pas chargée, il est jutifié et reçoit son « passeport » pour l’éternité.
Le défunt devient alors Osiris untel « juste de voix »hiero_juste-de-voix_1.gif, souvent abrégé en hiero_juste-de-voix_2.gif ou hiero_juste-de-voix_3.gif.
En revanche, si ses actes sont déclarés mauvais, s’il a transgressé les lois, si la balance fléchit sous le poids de ses actions, il sera englouti par la « Dévorante », observée plus tôt, au pied de la balance. Ce monstre n’est pas d’ordinaire considéré comme nuisible. Son image ne peut pas, grâce à sa magie, porter atteinte au défunt. Il n’est là que pour purifier l’accès au monde éternel.
À visiter absolument : le papyrus d’Ani, un superbe site très bien documenté et richement illustré - en français !

Le jour de sa naissance à l’éternité est un beau jour pour la momie qui porte dans son ventre un scarabée. - Ce jour est un beau jour car celui qui a été justifié devant les dieux gardiens des portes revivra en le corps innombrable d’Osiris. - Ce jour est un beau jour car les entrailles du défunt seront protégées par les quatre faces d’Horus. - Ce jour est un beau jour car le Mort-Osiris pourra, porteur du signe djed, manger les nourritures d’Osiris. - Ce jour est un beau jour car Anubis qui protège les morts rendra au défunt le feu de vie de la colonne vertébrale…

Ainsi parle le prêtre-lecteur lorsque les morts s’en vont de l’autre côté du Nil, vers le chemin des choses secrètes qui les mèneront jusqu’au bord du Nil céleste et dans les champs de ialou qui sont les champs des bienheureux.

Le vrai repos éternel. Merci les ouchebtis !

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Certains tombeaux comptaient plusieurs centaines d’ouchebtis. Le tombeau d’un homme riche en possédait généralement 365 dont 36 contremaîtres.
Dans certains cas, les statuettes étaient placées dans des coffres tel que celui-ci (à gauche), propriété de la princesse thébaine Henoutméhit. British Museum, Londres

Le travail domestique était considéré comme obligatoire pour tous les morts. Aussi, à partir du Moyen Empire, une ou plusieurs statuettes funéraires momiformes, (les chabtys, chaouabtis ou ouchebtis, « répondants ») furent des éléments importants du mobilier funéraire. Sous la XVIIIe dynastie, les statuettes furent la combinaison bizarre du mort avec des instruments agricoles ou autres ; pas un outil ne manquait. Les ouchebtis peuvent être, selon la condition du défunt, en bois, en bronze, en faïence, en pierre ou en terre cuite. Parfois, ils se comptent par centaines.
C’était la traduction de deux idées importantes liées à ces objets : un substitut du corps et un serviteur censé remplacer le défunt lorsque celui-ci devait accomplir des travaux manuels dans l’au-delà. La formule inscrite sur les statuettes comprenait les instructions appropriées comme par exemple, “À n’impotrte quelle heure qu’on te mandera, tu diras : Je m’en charge.”

Un record ! Dans la tombe du souverain Toutankhamon on en comptera 413 répartis en 365 ouvriers et serviteurs (un par jour) munis leurs instruments, 36 surveillants (un par décade, la semaine comprenait 10 jours) et 12 autres pour les mois. Elle livrera également 1 866 outils agricoles en miniature, cuivre, bois et faïence, notamment des houes, des pics, des jougs et des paniers.

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Une fausse porte

Élément du tombeau : une fausse porte
On représentait souvent le défunt dans l’encadrement de la porte

Il y avait des fausses portes dans les murs des tombeaux - passages entre le monde des vivants et celui des morts.
On pensait que les esprits des morts franchissaient ces portes.

Des péchés interdisent l’accès à l’éternité


Certaines actions peuvent interdire aux hommes l’accès à l’au-delà. D’abord, les actes contre d’autres hommes. Il est interdit de tuer, de voler, de mentir, de martyriser ou de démunir les plus faibles. La dignité de chacun doit être respectée. La violation des lieux sacrés est aussi un motif de refus quelle que soit sa nature : dégradation, vol de statues ou d’offrandes destinées aux dieux. De même que le pillage des tombes, le non-respect des lieux saints ou funéraires est proscrit.


Référence mytique


Le jugement des morts est censé se dérouler à Héliopolis, la cité du soleil - non loin de l’actuelle ville du Caire -, considérée comme le lieu de résidence des dieux. C’est là qu’Atoum le démiurge, le dieu créateur, vint à la vie et qu’il créa le monde. C’est là aussi qu’eurent lieu plusieurs événements mythiques, comme le conflit qui opposa Horus à Seth. Osiris ayant été tué par son frère Seth, le trône d’Égypte resta vacant. Horus, fils d’Osiris et d’Isis, était l’héritier légitime, mais Seth le revendiquait aussi. La décision fut finalement prise devant un tribunal, composé des autres dieux, mis en place pour l’occasion. L’archétype du tribunal était donc créé. Le tribunal d’Héliopolis, qui jugea autrefois les dieux, pouvait désormais juger les morts.

 
 

Le jugement dernier


La conception chrétienne du jugement dernier est très proche du jugement des morts des anciens Égyptiens, avec à la clé le paradis pour les bons et l’enfer pour les mauvais.

Mais, pour les chrétiens, cette épreuve qui se déroule pour tous les hommes à la fin du monde a lieu non devant un tribunal, mais devant Dieu, le seul juge.

Le jugement des morts, selon les conceptions égyptiennes, s’effectue, quant à lui, après le décès de chaque individu devant le tribunal des dieux.
 
 


[1] La pesée de l’Âme
L’Âme est une représentation allégorique et comme telle, elle n’est que la transposition d’une des caractéristiques d’un être du monde réel. Par exemple si nous transposons la caractéristique de “courage” d’un être humain par l’image allégorique de “flamme”, il tombe sous le sens que cette flamme n’existe pas physiquement dans le corps de l’être animé de courage.

L'Âme quant à elle, est la transposition allégorique de la “Capacité de compréhension du Monde” que possèdent les êtres “pensants”. Cette “capacité” a toutes les vertus que l’on prête à l’Âme. Elle n’existe que chez les êtres pensants, elle se développe au cours de la vie, elle se transmet de génération en génération comme un enseignement, et l’enseignement des maîtres passés se réincarne dans leurs élèves, donnant à l’Âme sont immortalité. Cette notion de capacité dans le sens d’aptitude, peut aussi être prise dans le sens de capacité “réservoir”, alors sachant que ce qui est, ne se cache pas et diffuse “sa lumière” à qui sait le voir, il y a des Âmes qui ont de plus ou moins grandes “capacités” pour recevoir cette “Lumière”. Ainsi l’Âme exprime tout aussi bien une capacité individuelle, que collective, et elle peut se comparer avec d’autres approches de cette “Capacité de compréhension du monde”, notamment dans l’épistémologie, avec la notion épistémê.

Dans l’allégorie de la “Pesée des Âmes”, l’Anubis compare la “Capacité de compréhension du monde” du défunt avec la plume de Maât, allégorie de la Vérité, de l'Ordre qui est. Ainsi est évaluée la capacité du défunt a avoir approché au cours de sa vie, l'Ordre de ce qui est, sa contribution dans la connaissance de la Vérité est enregistrée par Thot, avant que le défunt soit présenté à Osiris.


Âme : n.f. du latin anima, souffle, vie qui a donné animé, animation, animal. Principe de vie et de pensée de l’homme animant son corps. Rendre l’Âme : mourir. Ce principe est conçu comme un être spirituel séparable du corps, immortel et destiné à être jugé. Errer comme une Âme en peine : se sentir triste et désemparé.

Allégorie : n.f. du grec allegoria. 1 Représentation, expression d’une idée par une figure dotée d’attributs symboliques (dans l’art) ou par le développement continu et rigoureux d’une métaphore développée (dans la littérature). 2 Œuvre utilisant cette forme d’expression.

Métaphore : n.f. du grec metaphora, transport, c’est-à-dire une transposition de sens. Procédé par lequel on transporte la signification d’un mot ou d’un groupe de mots une autre signification qui ne lui convient qu’en vertu d’une analogie ou une comparaison implicite (sous-entendue). Exemple : la lumière de l’esprit, la fleur de l’âge, brûler de désir, etc.

On ne confondra pas la métaphore avec la comparaison, où la manœuvre d’association des concepts est explicite (rusé comme un renard), et laisse intact le contenu de chacun des mots.

Épistémologie : n.f. du grec epistêmê, science et de logos, étude. Partie de la philosophie qui étudie l’histoire, les méthodes, les principes des sciences.

Épistémê : n.f. mot grec signifiant science. Configuration du savoir rendant possibles les différentes formes de science à une époque donnée.


Article(s) complémentaire(s)
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Date de création : 10/11/2005 - 10:43
A été modifié le : 25/09/2008 - 15:28
Catégorie / Un peu de mythologie

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