La religion égyptienne - Mythes/Rites et Croyances
Le Mythe de la mort
Qu’y a-t-il après la mort ? Enquête d’immortalité, les Égyptiens passaient des années à construire des tombes remplies d’offrandes. Entretenues par des prêtres, elles ouvraient les portes de la vie dans l’Au-delà.
La mort fut le premier mystère ; elle mit l’homme sur la voie des autres mystères. Elle éleva sa pensée du visible à l’invisible, du passager à l’éternel, de l’humain au divin.
Fustel de Coulanges, La Cité antique
L’immortalité ou le néant ?
Le peuple de la vallée du Nil se différencie des autres peuples de l’Antiquité non seulement par sa civilisation et sa culture hautement développées, mais aussi et surtout par la manière dont il préparait ses morts pour leur voyage vers l’au-delà. La mort était un mystère qui touchait profondément les Égyptiens d’alors. Bien qu’effrayante, elle ne signifiait pas une fin pour eux mais, tout au contraire, le début d’une nouvelle vie au royaume des morts.
Cette métamorphose représentait l’un des fondements de la religion “des mystères” développée et enseignée dans les temples durant toute l’Antiquité. La civilisation égyptienne fut la seule à avoir manifesté autant d’intérêt, de passion respectueuse pour le culte entourant les énigmes de la mort et de la survivance de l’âme. Son organisation sociale, politique et religieuse était gérée en fonction de ce problème métaphysique fondamental.
Ce n’est qu’un au revoir
La mort marquait un recommencement, un renouveau qui offrait au défunt, après sa brève existence terrestre, une vie éternelle. C’est la raison pour laquelle tant de gestes étaient accomplis pour préparer les morts à leur rencontre et à leur identification avec les dieux dans l’autre monde. De même que le soleil renaît chaque matin de l’obscurité, baignant tout de sa lumière étincelante, les morts devaient réapparaître, sous forme d’êtres lumineux, rayonnant de beauté surnaturelle. Afin que leur délivrance des ténèbres et leur entrée dans cette vie nouvelle s’opèrent sans difficultés ni souffrances, leurs parents et ceux qui étaient restés sur terre faisaient tout ce qui était en leur pouvoir pour combler les besoins corporels et spirituels des défunts.
Les morts sont “au ciel”, l’Au-Delà, mais celui-ci est réservé à certains privilégiés : seuls le pharaon et sa famille y avaient droit en Égypte, avant que cet avantage ne fût étendu à tous. On reproduisait dans le monde des morts la hiérarchie du monde des vivants. Il faudra attendre une certaine évolution pour que le privilège de la vie éternelle soit la récompense d’une vie vertueuse.
L’Égyptien accorde à la vie dans l’au-delà plus d’importance qu’à l’existence terrestre. Il considère les êtres comme l’union harmonieuse du corps et de principes vitaux. Trois principes spirituels, « akh », « ba » et « ka » sont attachés à l’homme. Associés à l’ombre et au nom, ils forment une « âme complète » et plurielle, reflet de la personnalité.
Le mythe de la mort peut donc être décomposé en trois parties :
la première partie qui est la conception de la personnalité avec ses composantes du monde concret et ses composantes du monde imaginal.
la seconde partie qui est le parcours terrestre du défunt, voyage vers l’Au-Delà, avec la cérémonie de l’embaumement ;
la troisième partie qui correspond au jugement de l’âme du défunt (psychostasie) par le dieu Osiris lorsque celui-ci atteint l’Au-Delà pour être jugé et peut-être accéder au repos éternel.
Date de création : 04/11/2005 - 10:53 A été modifié le : 18/08/2008 - 15:50 Catégorie / Un peu de mythologie
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