Le commentaire de Pascal Vernus
Hors-série Le Point n° 14 - Mythes et mythologies : Le mythe d’Osiris - 22/06/2007“Ce qui vit meurt” : l’adage est énoncé dans un chapitre du fameux
Livre des Morts. Il relève du sens commun. Relève, en revanche, du savoir propre à l’Égypte pharaonique, la doctrine élaborée à partir de cette évidence triviale. Sa substantifique moelle ? il y a deux types de mort. D’une part, une mort qui est retour au non-être, et donc anéantissement total et irréversible. D’autre part, une mort qui n’est qu’une phase de quasi dormance dans le cycle biologique, et, en tant que telle, passage soit vers une régénération à l’identique - ainsi les végétaux, ainsi la lune -, soit vers une transfiguration en un autre état - ainsi le défunt momifié qui devient compagnon des dieux. Le mythe d’Osiris est précisément le mode d’expression le plus prégnant de cette doctrine. En voici les linéaments : Osiris, l’aîné des quatre enfants du deuxième couple primordial, formé par Geb et Nout, est assassiné par son frère Seth. Bien que sa mort ait été en quelque sorte parachevée par une destruction drastique, - immersion dans le fleuve et morcellement-, son épouse Isis parvient à reconstituer son cadavre et à le réactiver au point de concevoir sur lui un fils, Horus. Celui-ci venge son père de Seth et reprend sa succession.
À partir de ce canevas, une floraison touffue d’épithètes, d’allusions, de récits embryonnaires, avec leurs traductions et leurs condensations en symboles, entrecroisent et entremêlent des variantes innombrables au gré des spéculations théologiques et des engouements de la piété populaire. On chercherait vainement dans les sources égyptiennes un récit dévidant le fil de l’intrigue du début à la fin. En fait, il faut les…
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Pascal Vernus, ancien pensionnaire de l’Institut français du Caire, est Directeur d’études à l’Écile Pratique des Hautes Études depuis 1976. Il y enseigne la philologie et la linguistique de l’Égypte ancienne. Il est auteur, entre autres, de Dieux et Pharaons d’Égypte, Édition First 2006.