La religion égyptienne - Mythes/Rites et Croyances - Le Panthéon égyptien
Le Livre des Dieux
Les dieux étaient vénérés lorsqu’ils se montraient efficaces et méprisés lorsqu’ils ne l’étaient pas.
Garth Fowden, Hermès l’Égyptien)
Le dieu Amon-RêDepuis la naissance jusqu’à la mort et la vie dans l’au-delà, la religion pénétrait la vie des Anciens Égyptiens dans chacune de leurs activités. Du paysan au pharaon, tous étaient tributaires d’une myriade de dieux et de déesses pour l’équilibre et l’harmonie du monde, pour les récoltes, pour les victoires militaires, pour le bien-être des êtres aimés et leur voyage dans l’éternité.
Si des centaines de divinités avaient leur place au panthéon égyptien, seules quelques-unes d’entre elles occupaient, à un moment donné, une place importante. Parmi elles figuraient les dieux de la création et du monde souterrain, les génies protecteurs, les démons maléfiques et le dieu local.
Les Égyptiens de l’Antiquité ne voyaient pas leurs dieux comme des entités abstraites et lointaines, mais comme des êtres sujets aux mêmes désirs que les humains. Les dieux étaient donc le plus souvent représentés sous forme humaines ou même animale, parfois hybride. Ils intervenaient à tous les niveaux, déterminant la vie quotidienne comme les rythmes de la nature. Pour s’assurer la grâce quotidienne et la bonne fortune, les Anciens Égyptiens priaient et faisaient des offrandes au dieu local et à quelques esprits du foyer. Aux dieux nationaux, ils consacraient les grandes fêtes et les grands événements.
En arrivant sur le trône, chaque pharaon donnait au dieu local un statut national. Pour accroître l’influence d’une divinité, le souverain et ses prêtres enjolivaient l’histoire et les pouvoirs de celle-ci. Les dieux revêtaient alors des aspects nouveaux, changeaient de fonction et parfois même s’assimilaient à d’autres dieux. C’est grâce à ces fluctuations qu’Amon eut un rôle dominant au Nouvel Empire : lorsque Thèbes devint la capitale politique, le dieu de la cité accéda au rang suprême. Mais au lieu de détrôner le puissant dieu solaire, Rê, les princes thébains transférèrent son nom et ses attributs sur Amon et c’est ainsi qu’au Nouvel Empire, Amon-Rê devint le dieu souverain.
Compte tenu de l’abondance des dieux, il n’est guère étonnant que des rivalités et des querelles aient éclaté à propos de leur signification. La religion égyptienne était cependant assez riche et assez flexible pour résoudre aisément de tels problèmes. Elle honorait ainsi de la même manière le dieu à tête de faucon, Horus, fils d’Isis et d’Osiris, qui vengea la mort de son père, et le dieu Seth, divinité du trouble et du désordre, qui assassina Osiris. Le puissant Horus, maître du monde et de la lumière, souverain sur l’Égypte, était l’un des dieux les plus importants. Les pharaons étaient considérés comme son incarnation terrestre.
Osiris (ci-dessus, à gauche), représenté avec la crosse et le fouet, maître du royaume des morts, était au centre de bien des mythes. Il devint également rois des sols et de la végétation, et sa mort (son corps démembré, fut, selon la légende, jeté dans le Nil) symbolisait l’assèchement annuel de la vallée du Nil. Sa résurrection signifiait le retour, après la sécheresse, de la fertilité des sols et la germination des céréales.
Sœur et épouse d’Osiris, Isis était l’une des déesses les plus populaires. Elle porte sur de nombreuses représentations des cornes de vache, entourant un disque solaire.
Toujours représenté avec une tête de chien, Anubis (ci-dessus, à droite) présidait la cérémonie de l’embaumement et était le gardien des tombes. Tenant le sceptre sacré des rois et des dieux, il prenait part aux rites auxquels devaient se soumettre les défunt en pénétrant dans le monde souterrain.
Les trois mondes : Ciel, Douat, Terre
Selon Isha Schwaller de Lubicz, les Neter (dieux) sont les Puissances causales, — causes premières et causes secondes, — de tout ce qui se manifeste dans l’Univers ; ils en sont les principes, les agents et les fonctions.
Les mondes ou « états » de l’Univers en lesquels agissent ces dieux, ont reçu différents noms des Sages égyptiens. Ils les ont résumés en une formule : « Ce qu’il y a dans le Ciel, dans la Terre et dans la Douat ». Ce disant, ils considéraient deux états extrêmes : céleste et terrestre ; et un état intermédiaire, celui de la Douat. Ici nous parlerons plus simplement des mondes « Céleste », « Intermédiaire », et « Terrestre ».
Les dieux du monde céleste
Il existe donc selon cet auteur tout d’abord les dieux du monde Céleste soit du ciel supérieur (divin) auquel appartiennent :
Amon, « le souffle invisible qui anime la création Universelle » ;
Atoum, « la raison mystérieuse du tout »
Râ, Universel, contenant la fonction « Atoum en puissance » ;
Horus, cœur de Râ (cœur et lumière de l’âme) et son verbe immanent ;
Neith, Vierge cosmique dont il est dit : « Je suis ce qui est, ce qui sera, ce qui a été. » ou la mère du Soleil.
Ces déités sont les premiers aspects intelligibles de la Puissance causale, source de vie inépuisable de l’Univers.
Les dieux du monde Intermédiaire
Il existe ensuite les dieux agissant dans le monde Intermédiaire avec :
Amon, descendant vers les genèses et « mettant au jour la puissance sacrée des discours secrets » ;
Atoum, auteur de la chute par première dualisation, dieu solaire intermédiaire entre nuit et jour ;
Les divinités des cinq jours épagomènes : Osiris (le cycle de l’éternel retour), Isis (la substance maternelle), Seth (la traîtrise initiatique), Nephtys (la force coagulante), Horus (la lumière de l’âme), ces cinq déités « qui ne sont ni au Ciel, ni sur la Terre, et que le Soleil n’éclaire pas » ;
Hathor (la beauté du monde et la magie de l’au-delà) et Nout, en tant que déesses du ciel inférieur (ciel des influences stellaires qui représente le ciel primordial), et dans leurs rapports avec les forces et les êtres de la Douat ;
Thot, véritable intermédiaire entre Ciel et Terre, « messager d’Horus » et « langue de Ptah » ; en tant qu’intelligence pire formule toutes les paroles (tous les verbes) issues de « la bouche créatrice ».» Maître des formes engendrées par les nombres, il est le dieu des signatures qui détermineront les types (espèces) terrestres.» Scribe de Maât, c’est-à-dire des impressions fixées dans la conscience des êtres, il les inscrit dans les annales de la Douat (Mémoire Universelle, akasha, etc.) ;
Anubis, puissance transformatrice qui permet le passage de la Terre aux cieux inférieurs. Sous le nom d’Oupouat, il est aussi l’« Ouvreur des chemins » de la Douat et possède le secret de la résurrection.
Les dieux du monde Terrestre
Il y a enfin les dieux agissant dans le monde Terrestre. Dancette configuration se retrouvent :
Ptah, son créateur, agent et moteur continuels ;
La triade de l’ordre Naturel : Osiris, Isis, Horus ; « dernier anneau qui rapprochait de la terre les triades divines, la plus vénérée parce que conservatrice du monde sublunaire » comme l’écrit l’abbée Migne dans son dictionnaire mythologique ; ;
Tous les dieux dont les qualités spirituelles et les fonctions abstraites se retrouvent, concrétisées, dans des qualités ou fonctions de l’ordre Naturel, par exemple :
Amon-Min, aimant condensateur de l’Énergie céleste (Min étant le maître des puissances génésiques ;
Anubis, dans le rôle de transformateur de la matière putride en substance vivante ;
Khnoum, puissance de la vie et ici puissance attractive qui conjoint les complémentaires, et façonne le nouvel être ;
Mout, principe de la mère, qui décompose les semences pour les régénérer (dans ce rôle elle est nommée Sekhmet), puis qui les porte en gestation jusqu’à maturité du produit ;
Apet, principe de la fécondité maternelle, et de la multiplication de la substance.
Les divinités des qualités élémentaires (sec, humide, chaud, froid) :
Shou, Tefnout, Geb, Nout, dont les principes ont été évoqués par Atoum dans la création continue où ils deviennent : le feu, l’air, l’eau et la terre.
Les principales divinités des fonctions fondamentales :
Sokar qui anime fonction de la « contraction-fixation » et qui est également un dieu funéraire ;
Serket, déesse scorpion, qui anime le principe de la fonction de contraction suscitant la dilatation lors de l’aspiration ;
Neith qui assure la fonction de dilatation suscitant la contraction mais dans l’expiration ;
Ouadjit qui assure également fonction de dilatation qui permet la vie végétative et sonépanouissement ;
Amm ou Ammit qui représente les redoutables puissances qu’il faut vaincre et assure aussi la fonction d’absorption d’où son nom d’« avaleuse ou de dévorante des morts » et d’un monstre qui assiste à la pesée de l’âme.
Les quatre aspects du Principe féminin dans la Nature, dont les images entourent de leurs ailes les sarcophages et les coffres des vases canopes : Isis, Nephtys, Neith et Selkis (Serket). Mais comme l’explique et le répète Jamblique, cette multiplicité des noms n’est qu’une analyse des fonctions qui, toutes, se rapportent à la Cause essentielle : Un en Trois.
Maât
II est un nom cependant qui mérite une attention particulière, parce qu’il est la plus belle synthèse et la plus haute philosophie de l’Égypte : Maât, qui personnifie la Justice et Vérité. Toutes les déesses féminines sont des aspects de la grande Mère divine mais, Maât, en est à la fois la source et l’accomplissement. Emanée sans cesse du divin Râ dont elle est elle-même la nourriture, elle est l’intermédiaire et le véhicule de l’essence de Râ1. Elle est la Présence du commencement et de la fin, dans tous les Temps et dans tous les mondes ; elle est la conscience cosmique, l’Idéation Universelle, la Sagesse essentielle.
Dans le monde des hommes, elle est la conscience du « discernement » et par conséquent la Maât du Jugement.
Or il y a ici quelque chose qui dépasse le mythe et tous les mythes : puisque depuis son nom jusqu’à son effective réalité, Maât est, dans le Cosmos, la Vérité en toutes choses, Maât se présente comme la clé de « la raison de vivre » de l’homme, et la clé de la philosophie théologique et mystique de l’Égypte.
Date de création : 28/10/2005 - 11:47 A été modifié le : 10/11/2008 - 16:02 Catégorie / Un peu de mythologie
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