Immortelle Égypte, don du Nil, bénie des dieux, berceau des fils de Rê.  Archives  Liens  FAQ  Papyrus d'or 
  Époque Ptolémaïque


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L’Égypte gréco-romaine

Panorama de plus de 5000 ans d’histoire en un clin d’œil !
» Époque Ptolémaïque ou Lagide ¤ 332-30


De 332 av. J.-C. à 30 apr. J.-C.


Du côté de la vallée du Nil, la dernière décennie n’avait pas été de tout repos. En 342 était disparu le dernier pharaon local, les armées de Nectanébo II subissant la défaite face à la seconde conquête du pays par les Perses. Mais l’intégration de l’Égypte comme satrapie (province) dans l’Empire perse ne fut que de courte durée.

Égypte pharaonique : différentes époques son l’histoire
Diagramme de l’Histoire d’Égypte

Intermède macédonien


L’aventure militaire d’Alexandre fit s’écrouler le géant aux pieds d’argile. En 334, l’armée d’Alexandre traverse en Asie mineure et écrase les Perses à Issos. Puis, en 332, il pénètre dans la vallée du Nil après une capitulation rapide du satrape et l’Égypte fut intégrée au monde hellénistique. La période macédonienne commence donc en Égypte après le règne du dernier roi de la seconde domination perse, Darius III. Cette période s’étale de -332 à -305, de la victoire des armées d’Alexandre le Grand à sa mort, où l’Égypte est gouvernée par un de ses généraux, Ptolémée Ier, qui ouvrira la période lagide.

Mosaïque de Pompéi représentant Alexandre le Grand écrasant ses ennemis
Alexandre écrase ses ennemis - Mosaique de Pompéi
 Buste d’Alexandre le Grand
Buste d’Alexandre
Alexandre est né en Macédoine, un royaume situé au nord de la Grèce. Suite à l’assassinat de son père Philippe II, il monte sur le trône en 336 sous le nom d’Alexandre II. Poursuivant l’œuvre de conquête de son prédécesseur et rêvant d’un grand empire universel, il décide de traverser en Asie mineure au Proche-Orient où domine alors l’Empire perse. C’est dans ce contexte que le destin de l’Égypte rencontrera celui du célèbre conquérant.

L’empire perse s’écroule, province après province, devant les soldats du jeune roi de Macédoine : à l’automne 332 avant notre ère, Alexandre le Grand pénètre en Égypte. En peu de temps, le conquérant organise l’occupation de sa nouvelle conquête jusqu’à la première cataracte d’Éléphantine (Abou), en introduisant ses propres administrateurs au-dessus de ceux déjà en place. Dans l’ensemble, la population égyptienne accueille favorablement leur nouveau maître. Lors de son passage dans l’oasis de Siwa (Siouah), où se trouvait un temple dédié à Amon, il est reçu par les prêtres du dieu. Dans un contexte dont les souvenirs sont mêlés de légendes diverses, le dieu Amon reconnaît Alexandre comme son fils, selon la plus pure tradition politique du pays. Ce faisant, lui et ses successeurs obtiennent la légitimité idéologique de leur nouveau pouvoir. Par la suite, Alexandre reçoit la couronne royale lors d’une cérémonie d’intronisation qui se déroule dans le temple de Ptah à Memphis (Men-nefer), l’antique capitale du pays.

Carte de l’empire d’Alexandre le Grand

Alexandre ne demeura en Égypte qu’un court laps de temps (332-331). Durant cette brève période, il assura néanmoins la fondation d’Alexandrie, qui, donna à la fois une nouvelle capitale à l’Égypte et, à la Méditerranée orientale, un nouveau grand port qui profita de la ruine récente de Tyr. La ctié, célèbre pour sa vaste bibliothèque et sa tour-phare de l’île de Pharos, devint l’un des centres culturels les plus importants sur la Méditerranée. Il confia la gestion du pays à ses généraux, qui désignèrent Ptolémée comme satrape d’Égypte.

Carte du partage de l’empire d’Alexandre le Grand après sa mort
Les royaumes après Alexandre le Grand
Carte provenant du site Calendriers Saga  

Lorsqu’il meurt à Babylone, en juin -323, deux rois (dont nous ne savons pas grand chose) lui succèderont à la tête de son empire : Philippe Arrhidée (-323 à -317) et Alexandre IV Aigos (-317 à -304). L’empire se trouve alors partagé : le général Ptolémée reçoit l’Égypte, Cassandre la Macédoine, Lysimaque la Thrace, Antigone le Borgne l’Asie et Séleucos la Babylonie.


L’Égypte grecque : dernière période d’indépendance


Cette période de l’histoire égyptienne est nommée « période lagide », du nom du père de Ptolémée Ier, Lagos, un des généraux d’Alexandre qui s’était approprié l’Égypte à la mort de celui-ci. Durant un siècle et demi, la dynastie lagide fit de l’Égypte l’une des grandes puissances du monde hellénistique.

Les Ptolémées ont, dans un premier temps, assuré la prospérité des villes et élargi considérablement le domaine maritime de l’Égypte, créant de nouveaux ports sur la mer Rouge et établissant des contacts directs avec l’Inde ; leur stratégie navale visait à défendre le nord du royaume contre les entreprises des Séleucides de Pergame, autres successeurs d’Alexandre. Bien que les Ptolémées soutinssent la religion traditionnelle, les Égyptiens de souche tolèrent mal la prééminence des fonctionnaires et des soldats grecs, ce qui attise les révoltes et encourage des luttes dynastiques.

Cette dynastie marqua également un renouveau dans la culture égyptienne avec d’un côté une ouverture vers la civilisation grecque et d’un autre côté, la restauration des rites égyptiens ancestraux.



 
 Des pharaons à la mode grecque

Sous le gouvernement fortement centralisé des Ptolémées, le pays connaît un nouvel essor économique. Alexandrie, promue capitale, brille de tous ses feux. Elle est le cacre d’intenses échanges intellectuels et artistiques. À la croisée des routes terrestres et maritimes vers l’Europe, l’Asie et l’Afrique, son port connaît une intense activité.

Les civilisations hellénistique (terme qui caractérise les États fondés par les généraux d’Alexandre) et égyptienne se côtoient mais n’ont guère d’interférences. Les Lagides vivent à la mode grecque et parlent le koinè - langue commune aux royaumes hellénistiques. Cependant, en habiles politiques, ils renouent avec les coutumes pharaoniques et sacrifient au culte d’Isis. À Denderah, Edfou, Philae ou Kom Ombo, ils font édifier des temples dans l’ancienne tradition. Si l’Égypte a perdu son autonomie politique, elle garde néanmoins son identité. Les maisons de vie et les temples sont le siège d’une extraordinaire activité culturelle.
 
 


Ptolémée Ier Soter

Soter signifie « Sauveur » ou « Mainteneur ». Il fut surnommé ainsi par les Rhodiens auxquels il porta secours alors qu’ils étaient assiégés (-305) par la flotte de Démétrios.

Buste de Ptolémée Ier
Ptolémée Ier
À la mort d’Alexandre, en 323, Ptolémée Ier prend de plus en plus d’importance. Les deux héritiers légitimes d’Alexandre ayant été assassinés, l’un en -317, l’autre en -310, Ptolémée peut, vers -306/-305, prendre le titre de basileus (roi en grec) et régne dès lors comme un pharaon, fondant ainsi la dynastie dite «  lagide » (ou « ptolémaïque »).

Il s’installe à Alexandrie et fonde en Haute-Égypte la nouvelle capitale religieuse de Ptolémaïs qui va supplanter Memphis (Men-nefer).

Le nouveau roi contrôle un territoire qui s’étendait, sur la côte nord-africaine, jusqu’à la grande Syrte, la côte phénicienne jusqu’à Tripoli, Chypre et la plupart des îles de la mer Egée en bordure de l’Asie Mineure ainsi que la zone côtière de cette région. La richesse de cet empire contribuera fortement au rayonnement d’Alexandrie.

Cherchant à rallier à sa cause les prêtres égyptiens, Ptolémée restitue au clergé égyptien les statues des dieux, le mobilier et les livres précédemment volés dans les temples par Xerxès et récupérés depuis la conquête macédonienne. Il hellénise le culte d’Osiris-Apis puis crée le culte de Sérapis, dieu qui combine les attributs de Zeus, de Hadès, de et d’Osiris.

Pour marquer son appartenance aux coutumes égyptiennes, il fit célébrer sa fête Sed (heb-sed). C’est à l’occasion de son enterrement que le corps d’Alexandre fut rapatrié de Memphis (Men-nefer) à Alexandrie.

Ptolémée ouvre de nombreux chantiers de construction ou de restauration de temples à Edfou, Dendérah, Esna, Kom Ombo et Philae. À Alexandrie, il fait construire de nombreux théâtres, gymnases et hippodromes. Sa plus grande œuvre est le Mouseïon, lieu de travail et logement pour les érudits. Dans cet endroit privilégié, Ptolémée Ier et ses successeurs, notamment son fils Ptolémée II, attirent les plus grands savants du moment en leur offrant d’excellentes conditions de travail (observatoire, salle d'anatomie, jardins botanique et zoologique, etc.) et de confort (appartements, jardins, restaurant,…) ainsi que des exemptions d’impôts. Toutes les disciplines y sont représentées : mathématiques, géométrie, physique, mécanique, astronomie, géographie, cartographie, zoologie, botanique, littérature, etc.

Les Grecs et Macédoniens constituent l’élite politique, administrative et militaire tandis que les postes d’intendance sont confiés aux Égyptiens lettrés. Les anciens soldats de l’armée d’Alexandre se voient confiés des terres et deviennent des cultivateurs colons. Les nouvelles techniques d’irrigation permettent de doubler le nombre de récoltes.

Ptolémée Ier a également introduit un système économique jusqu’alors inconnu en Égypte : la monnaie.


Ptolémée II Philadelphe

Philadelphe signifie « qui aime son frère et/ou sa sœur ».

Ptolémée II, fils et successeur de Ptolémée Ier, épouse en première noce Arsinoé Ire, fille de Lysiaque, un des capitaines d’Alexandre la Grand. Il la répudiera en l’an 12 pour épouser sa sœur Arsinoé II. Le nouveau couple exigera d’être déifié.

C’est avec Ptolémée II que le royaume lagide connaît son apogée : le roi mit sur pied un rigoureux système d’administration financière, établit des colonies agricoles grecques dans le Fayoum, et institua le culte dynastique.

Buste de Ptolémée II
Ptolémée II
À Alexandrie, il crée la célèbre Bibliothèque royale où près d’un demi-million de manuscrits sont classés par Zénodote d’Ephèse, spécialiste d’Homère, par Callimaque et Théocrite, puis par le poète Apollonios de Rhodes, par le géographe Ératosthène de Cyrène qui mesure le méridien terrestre, par le philologue Aristophane de Byzance. Il fait traduire en grec l’Ancien Testament, la version dite « des Septante », parce que traduite par soixante-douze Juifs d’Égypte. C’est sous son règne que vécut à Alexandrie le géomètre Euclide.

Ptolémée II favorise également l’essor économique de l’Égypte. Les routes du Nil à la mer Rouge sont réouvertes, dont celle de Coptos. Il fonde les ports de Bérénice et de Myos-Hormos et remet en état le canal Nil-mer Rouge, qui s’est de nouveau ensablé. Les navires grecs chargent à Bérénice des vins d’Italie, de la verroterie, des produits pharmaceutiques, des barres et des plaques de fer qu’ils transportent à Aden ou dans l’île de Socotora pour les échanger contre des produits indonésiens et indiens (sucre de canne, riz, cotonnades, laque,…). Par le port de Ptolémaïs des Chasses sont exportés des animaux sauvages, en particulier des éléphants capturés dans le Sennar. C’est le début d'une grande prospérité pour Axoum et pour Méroë qui devient un important centre métallurgique, ainsi que pour les villes caravanières du sud arabique, notamment Kataban qui a pris la relève de Mareb et où s’installe une forte colonie syrienne.

Ptolémée II mena les deux premières guerres de Syrie contre les Séleucides (274-271, 260-253). Afin de conforter ses conquêtes territoriales, il maria sa fille Bérénice II à Antiochos II. En 273, il proposa à Rome son soutien contre Pyrrhus d’Epire et en 262, Carthage sollicita son soutien financier lors de la première guerre punique.

En raison de sa richesse, il fut comparé à Salomon. Cette richesse fut employée à l’agrandissement du palais royal, à la construction et la restauration de temples et sanctuaires (Naucratis, Tanis, Philae, Alexandrie).

C’est lui qui demanda à Manéthon d’écrire une histoire de l’Égypte ancienne dont il ne nous reste malheureusement que des compilations.


 
 Les reines lagides

La plupart des princesses lagides jouèrent un rôle important et ne furent pas les dernières à intriguer ! Arsinoé, femme et sœur de Ptolémée II Philadelphe, a été la première à perpétuer la tradition égyptienne du mariage royal entre frère et sœur.

Médaillon représentant Ptolémé II Philadelphe et Arsinoé
Ptolémé II Philadelphe et Arsinoé

À sa mort, Ptolémée IX, n’ayant pas d’héritier mâle, lègue la couronne à sa fille Bérénice. En 80 avant Jésus-Christ, sous la contrainte de Sylla, dictateur de la République romaine, elle épouse son neveu Ptolémée XI Alexandre II. La jugeant trop vieille et voulant surtout régner seul, celui-ci la fait assassiner. Le peuple, très attaché à la souveraine, le lynche sans autre forme de procès dix-neuf jours après son accession au pouvoir… Une vingtaine d’années plus tard, Bérénice IV monte sur le trône après avoir chassé son père, Ptolémée XII Aulète. Première reine lagide à porter la couronne, elle est déposée par Rome, emprisonnée puis assassinée.

Mais, de toutes les reines lagides, la plus célèbre est sans conteste Cléopâtre VII. Maîtresse de Jules César puis d’Antoine, elle ne peut éviter à l’Égypte de tomber sous la coupe de Rome. Vaincue et humiliée par Octave, elle se suicide, laissant son royaume aux mains du futur empereur Auguste.

© Éditions Atlas - Photo : AKG Paris/Giraudon
 
 


Ptolémée III Évergète

Évergète signifie le « Bienfaiteur ».

Buste de Ptolémée III
Ptolémée III
Ptolémée III conserve l’influence de l’Égypte à son apogée en reprenant la politique de conquêtes des grands pharaons. Il mène des campagnes en Syrie contre l’empire séleucide fondé par l’un des généraux d’Alexandre, s’empare de Suse et d’Ecbatane, ce qui lui permet de rapporter dans la vallée du Nil de nombreuses divinités égyptiennes enlevées par le roi perse Cambyse. Malgré ces gestes de bonne volonté, le clergé égyptien boude la cour d’Alexandrie.

C’est ainsi qu’il fit figure de conquérant, bien que ses conquêtes au Proche Orient ne soient qu’éphémères en raison de révoltes dans le Delta dues à de mauvaises crues du Nil. Dans le décret de Canope (-237), le roi rappelle d’ailleurs comment il fit importer des céréales pour nourrir ses sujets.

La richesse de l’État était fondée sur l’exploitation de la paysannerie égyptienne, lourdement imposée sur les produits issus de terres entièrement en possession du souverain. L’administration était aux mains des colonisateurs hellènes (Macédoniens ou Grecs) et seuls les membres des minorités perse ou juive pouvaient espérer accéder aux charges importantes.

Ptolémée III intervient également en Nubie et obtient l’accord du souverain d’Axoum pour développer le port d’Adoulis. Certains navires grecs vont plus au sud, jusqu’à Rapta que certains auteurs situent au Mozambique. En fait, pour ce commerce avec les pays lointains, les Grecs préfèrent traiter avec des intermédiaires méroïtiques, axoumites et sud-arabiques.

Il tenta également, sans succès, de réformer le calendrier égyptien en faisant adopter le calendrier d’Ératosthène.


Ptolémée IV Philopator

Philopator signifie « Qui aime son père »

À partir Ptlolémée IV commence la décadence. Les nombreuses intrigues familiales ne font qu’affaiblir la dynastie qui se trouve parfois avec, comme en 170, deux rois frères à sa tête. Toutefois, malgré des troubles politiques permanents à Alexandrie, les relations entre Méroë et les Ptolémées sont maintenues. Ainsi, Ergaménès (225 à 200 avant J.-C.), le souverain de Kouch parle grec et construit, en collaboration avec Ptolémée IV, un temple à Philae.

Temples de Philae
Vue générale des temples de Philae
(Assouan)
 Porteuse d’offrandes
Porteuse d’offrandes,
temple de Kom Ombo

Durant son règne, les territoires égyptiens de Syrie furent définitivement perdus au profit des séleucides, tandis qu’à l’intérieur de l’Égypte même les troubles augmentèrent. Après la bataille de Raphia (217), où ses troupes furent victorieuses face à Antiochos III, l’Égypte reprend momentanément le contrôle de la Coelé-Syrie (Liban). Son règne marqua le début du déclin de l’Égypte lagide.


Rome de plus en plus présente


Les Séleucides, toujours rivaux des Lagides pour le contrôle de la Syrie, tentèrent de tirer profit de l’affaiblissement de l’Égypte ptolémaïque ; en 168, Antiochos IV attaqua Alexandrie, qui allait tomber lorsqu’elle fut sauvée par une intervention romaine. Dès lors, le poids de Rome dans les affaires égyptiennes ne cessa de s’alourdir.


Ptolémée V Épiphane

Épiphane signifie « l’illustre » (une ironie sans doute) ou « Qui se révèle ».

Ptolémée V épousa Cléopâtre Ire, fille d’Antiochos III, qui lui donna trois enfants : Ptolémée VI, Cléopâtre II et Ptolémée VIII.

Il ne brille pas par son règne. Fils de Ptolémée IV et de sa sœur Arsinoé III, il est le jouet, comme son père, de ses ministres tels Agathoclès, Tlépomène et Sosibe le jeune. Il est vrai qu’il n'a que 5 ans lorsqu’il accède au trône. Le roi Antiochos III l’attaqua, profitant de sa faiblesse, et, vainqueur à Panion en -200 lui enlève des territoires sous domination égyptienne tels la Palestine ou la Cœlé-Syrie (Liban actuel).

À l’issue de cette quatrième guerre de Syrie, des troubles internes éclatent en Thébaïde (révoltes indigènes), elle restera pendant vingt ans dans les mains de pharaons d’origine nubienne. La reconquête n’intervint qu’en -186 avec l'aide de mercenaires Grecs et par une sanglante répression. Pour consolider son trône les ministres-régents avaient confié au Sénat romain la tutelle du jeune roi.

Ayant hérité d’un pays en pleine crise sociale il s’emploie à le pacifier par la force, puis, en -196, par la conciliation, comme en témoigne le décret de Memphis (Men-nefer) - plus connu sous le nom de « pierre de Rosette » - édicté en faveur des prêtres égyptiens. Il allège l’impôt dû par les temples et leur offre même de l’argent, espérant ainsi se concilier le tout-puissant clergé. En -197, il est d’ailleurs le permier souverain lagide à se faite couronner selon le rite égyptien à Memphis (Men-nefer) - seul Alexandre l’avait fait avant lui.

Il est empoisonné par ses courtisans. Son fils aîné Ptolémée VI lui succède.


Ptolémée VI Philométor

Philométor sinifie « qui aime sa mère » ou « l’ami de sa mère »

Ptolémée VI, fils et successeur de Ptolémée V et de Cléopâtre Ire (fille d’Antiochos III le Grand), n’a que cinq ans (né en -186) à la mort de son père. Sa mère exerce la régence et tente de défendre l’Égypte contre les visées de son propre frère Antiochos IV mais en vain car vers -170, peu après la mort de Cléopâtre, celui-ci s’empare de l’Égypte, et fait prisonnier Ptolémée VI tandis que le peuple d’Alexandrie le remplace par son jeune frère Ptolémée VIII. Antiochos IV doit se retirer sous l’injonction de Gaius Popilius Laenas, ambassadeur du sénat romain en -168 mais Ptolémée VI depuis octobre -170 est obligé de partager son pouvoir avec son frère et sa sœur Cléopâtre II qu’il épouse. En octobre -164, Ptolémée VI est chassé d’Égypte par son frère et se réfugie à Rome. Avec l’aide des Romains, il est rétabli en -163 et a l’intelligence de célébrer cette victoire par des actes d’amnistie. Il est, malgré les pérégrinations de son règne, un grand bâtisseur et reçoit de Caton l’Ancien le qualificatif de « Rex optimus et benefissimus » (roi très bon et bienfaisant).

Bague repésentant Ptolémée VI
Bague ornée de Ptolémée VI
Ici, le roi porte la couronne de Haute et Basse-Égypte, le pschent
Musée du Louvre, Paris

À partir de -152, il tente de profiter des troubles du royaume séleucide et soutient dans un premier temps l’usurpateur Alexandre Ier Balas à qui il offre sa fille Cléopâtre Théa en mariage (vers -150) puis il change d’alliance et aide l’héritier légitime, Démétrios II Nicator à remonter sur le trône (vers -148). Ce dernier épouse à son tour Cléopâtre Théa. Ptolémée et Démétrios sont vainqueurs sur l’Oronte d’Alexandre Balas (qui est tué) mais Ptolémée est grièvement blessé et meurt peu après (-145).

Outre Cléopâtre Théa, il avait eu de son mariage avec sa sœur Cléopâtre II, deux autres enfants, un fils Ptolémée VII et une autre fille connue sous le nom de Cléopâtre III.


Ptolémée VII Eupator ou Néos Philopator

Néos Philopator signifie « né d’un père illustre ».

Ptolémée VII est le fils de Ptolémée VI et de la sœur de ce dernier, la reine Cléopâtre II. En -145, à la mort de son père tué au combat en Syrie, il est mis sur le trône par sa mère qui espère ainsi faire barrage aux ambitions de Ptolémée VIII, frère de Ptolémée VI. Cette tentative échoue et un accord conclu entre Ptolémée VIII et Cléopâtre II écarte définitivement du trône Ptolémée VII qui est assassiné par son oncle.


Ptolémée VIII Évergète II, dit Physcon

Physcon signifie le « Bouffi »

Tous les auteurs antiques s’accordent pour décrire Ptolémée VIII comme un être repoussant, corpulent et violent. Il persécuta tous ceux qu’il soupçonnait de déloyauté et Alexandrie ne tarda pas à se révolter après une succession d’atrocités dont le massacre de la jeunesse alexandrine dans le gymnase de la cité. Ptolémée VIII fuyant (131-130) la vindicte populaire se réfugia à Chypre emmenant dans ses bagages tous ses enfants et Cléopâtre III. Restée seule, Cléopâtre II affronta le mécontentement des Alexandrins. Ptolémée VIII en profita pour reconquérir Alexandrie (129) par la force.

Durant la fin de son règne, Ptolémée VIII reprit les réformes engagées par son frère, finança un voyage d’exploration vers les Indes et poursuivit la politique de construction et de restauration des temples égyptiens. Il mourut en 116, laissant dans l’Histoire l’image du plus pervers de tous les Lagides


Ptolémée IX Philométor Sôter II Lathyros et Ptolémée X Alexandre Ier

Lathyros signifie « Pois chiche » (on ignore pourquoi).

Ptolémée IX, fils de Ptolémée VIII et de Cléopâtre III, succède à son père en -116 et gouverne sous la tutelle de sa mère qui le force à divorcer de sa première épouse (et probablement sœur) Cléopâtre IV afin de le marier avec son autre sœur Cléopâtre Séléné, dont il a une fille, Bérénice III, et qui le quitte assez rapidement.

Il tente en -107 de se débarrasser de la tutelle encombrante de sa mère mais celle-ci le renverse et fait monter sur le trône son autre fils, jusque là roi de Chypre, Ptolémée X.

Le règne de Ptolémée X ne révèle rien de notable et ce souverain se perd dans un conflit sans fin avec son frère Ptolémée IX qui tente de se tailler en vain une principautée en Judée et en Phénicie et prend part aux incessantes querelles dynastiques des derniers séleucides. En -88, confronté à des difficultés financières il pille le tombeau d’Alexandre le Grand mais provoque une révolte de la population d’Alexandrie. Il tente de reprendre son trône la même année mais est tué au profit de son frère Ptolémée IX.

Cer dernier retrouve le trône d’Égypte pour un règne calamiteux, confronté aux révoltes indigènes et incapable d’apporter une aide militaire à ses alliés romains, en particulier Lucullus en guerre contre Mithridate VI.


Ptolémée XI Alexandre II


Ptolémée XI, est contraint de partager le pouvoir en épousant Bérénice III Philopator, la fille de Ptolémée IX, veuve de Ptolémée X (elle était donc sa cousine et sa belle-mère). Au bout de 47 jours de règne, la jugeant trop vieille, il la fait assassiner pour pouvoir régner seul. Le peuple d’Alexandrie, très attaché à sa reine, ne lui pardonnera pas son crime. Son geste provoque même la révolte de l’armée qui l’égorge dans le gymnase de la ville d’Alexandrie.


Rome met fin à la civilisation égyptienne


Depuis le règne de Ptolémée VI, en -180, la dynastie est affaiblie par les incessants complots familiaux. Il n’est pas rare que deux frères, un frère et une sœur ou encore un mari et sa femme portent en même temps le titre de souverain, ce qui donne lieu à de mortelles querelles pour la possession de la couronne. Des guerres continuelles opposent princes et princesses. Assassinats et empoisonnements sont monnaie courante entre les membres de la famille royale, déchirée par les jalousies et les ambitions.

Les conséquences pour le pays sont graves. L’Égypte entre dans une période de grande confusion politique et doit affronter plusieurs guerres civiles. Les populations autochtones s’élèvent contre le pouvoir des administrateurs grecs, qui règnent en maître sur l’économie.

Pour la république romaine, qui cherche à étendre sa domination sur toute la Méditerranée, l’Égypte et ses richesses sont une proie bien tentante. Rome profite donc de chaque conflit, intérieur ou extérieur, pour se poser en arbitre.

Ptolémée XII Aulète Néos Dionysos et Bérénice IV

Aulète signifie « joueur de flûte ». Il fut ainsi nommé en raison sa passion pour cet instrument.

Tête de Ptolémée XII
Ptolémée XII
Musée du Louvre, Paris
Propulsé sur le trône par la foule alexandrine et par l’armée en révolte contre son prédécesseur, Ptolémée XII (fils naturel de Ptolémée IX) monte sur le trône en -80. Le pays est dévasté par des révoltes agraires et en proie à une grave crise économique. Rome menace de démettre le roi, prétextant que son prédécesseur lui aurait légué l’Égypte par testament (c’est Sylla qui avait installé Ptolémée XI sur le trône). Pour se prémunir contre une action romaine, il corrompt de nombreux hommes politiques romains et verse à Pompée une somme énorme en -59. Mais, lorsque la légitimité de Ptolémée est contestée par sa fille Bérénice IV, il reprend le pouvoir avec l’aide de Rome.

L’année suivante il laisse les Romains s’emparer de Chypre où règne son frère. Cette passivité entraine une réaction virulente de la turbulente population d’Alexandrie qui se révolte à nouveau et porte sur le trône sa fille Bérénice IV et son mari. Ptolémée se réfugie à Rome sous la protection du sénat puis il corrompt le gouverneur de Syrie, Gabinius, proche de Pompée qui le rétablit au pouvoir en -55. Sa rancune est tenace et il fait exécuter sa fille Bérénice et gouverne encore trois ans sous la protection d’une garnison romaine.

Il est le père, outre Bérénice IV, d’au moins quatre autres enfants  Cléopâtre VII, une troisième fille Arsinoé IV et deux fils Ptolémée XIII et Ptolémée XIV.

Lorsqu’il meurt en -51, il désigne comme successeurs ses deux enfants : Cléopâtre VII, la « Grande » Cléopâtre et Ptolémée XIII.


Cléopâtre VII Théa Philopator [*] et les Ptolémées XIII, XIV & XV

[*] Théa Philopator signifie « la déesse qui aime son père »

Buste de Cléopâtre VII
Cléopâtre VII
Altes museum, Berlin
Contrairement aux souverains de la dynastie ptolémaïque auxquels elle succède, Cléopâtre s’intéresse de près à son royaume. Elle est la première des lagides à en apprendre la langue Elle célèbre le culte des dieux traditionnels et se fait honorer comme la nouvelle Isis en s’appuyant sur la puissance du clergé. Face aux ambitions hégémoniques de Rome, elle tentera par tous les moyens de préserver l’indépendance de son pays.

Âgée de dix-sept ans, Cléopâtre VII monte sur le trône conjointement avec son jeune frère Ptolémée XIII Dionysos, âgé de onze ans qu’elle épouse, suivant ainsi la tradition ptolémaïque.

En -49, Ptolémée, Achillas et Pothin ses mentors et ministres dont il est en fait le jouet, organisent une révolte contre Cléopâtre. La jeune reine, se réfugie dans un premier temps en Syrie, lève des troupes et revient combattre son frère. C’est dans ce contexte assez confus qu’en juillet -48 Ptolémée fait assassiner Pompée (28 juillet -48) venu se réfugier en Égypte après sa défaite face à Jules César. Il espère (du moins ses conseillers car, le roi n’a que 13 ans) se concilier les faveurs du vainqueur mais ne s’attire que son mépris.

César reste en Égypte et tente de réconcilier le frère et la sœur imposant ainsi le retour de Cléopâtre au pouvoir. Fin -48, Ptolémée prend les armes et dans un premier temps met en difficulté César qui ne possède que des effectifs réduits. Finalement battu, Ptolémée prend la fuite mais se noie, semble-t-il accidentellement le 15 janvier -47.

Ptolémée XIV Philopator II lui succède alors comme époux et associé de Cléopâtre.

Toute l’intelligence et la subtilité politique de la reine, pas plus que l’amour et l’appui de Jules César, qu’elle séduira, puis de Marc-Antoine, qu’elle épousera pour tenter de maintenir son pouvoir, ne suffiront pas à sauver l’Égypte.

Après la mort de Jules César (15 mars -41), Cléopâtre fait empoisonner son époux et gouverne alors avec son fils Ptolémée XV Philopator Caesar dit Césarion, qu’elle a eu avec César. Ptolémée XV apparaît sur un relief de Dendérah en compagnie de celle-ci.

Bas relief de Denderah représentant Cléopâtre et son fils Césarion
Cléopâtre et son fils Césarion - Temple d’Hathor à Denderah (façade sud)

L’enjeu de la lutte qui oppose Marc-Antoine, héritier des terres orientales, à Octave (futur Auguste) se joue lors de la bataille navale d’Actium. Les forces égyptiennes sont défaites par les légions romaines (-30), Marc-Antoine se suicide.

Tableau du peintre britnnique Reginald Arthur représentant la mort de Cléopâtre
La Mort de Cléopâtre - Reginald Arthur (1892)
Cléopâtre fut piquée à la main et non au sein comme le veut la légende.

Depuis la défaite et le suicide de son amant, Marc-Antoine, Cléopâtre vit recluse dans son palais d’Alexandrie. Apprenant l’arrivée de son rival Octave, dans Alexandrie, ayant obtenu de se faire livrer un panier de figues, avec une vipère aspic dedans, elle préfère se suicider, échappant ainsi à l’humiliation du triomphe romain.

Ainsi disparaît, en -30, la dernière souveraine d’Égypte.

Toujours en -30, le jeune Césarion (15/17 ans) est assassiné sur l’ordre d’Octave qui n’aurait pas admis que la descendance mâle de Cléopâtre survive.


Avec la mort de Ptolémée XV Philopator Caesar (Césarion), disparaissent les dynasties pharaoniques. L’Égypte en tant qu’État indépendant n’existe plus : Rome en fait une simple province de son vaste empire mais, c’est une autre histoire…

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Selon certaines théories, Auguste aurait également fait assassiner Alexandre Hélios (né en -40/disparu depuis -30) et Ptolémée Philadelphe (né en -36/disparu depuis -30) laissant cependant la vie à la jumelle d’Alexandre Hélios, Cléopâtre Séléné (-40/6), tous trois nés de l’union de Marc Antoine et de Cléopâtre VII.

Cependant, selon Appien et Pausanias, les demi-frères de Césarion sont élevés avec Cléopâtre Séléné par Octavie, sœur d’Octave, ex-épouse de Marc Antoine et mère de leur deux demi-sœurs Antonia l’Aînée et Antonia la Jeune, et vécurent quelque temps avec leur sœur et leur beau-frère Juba II avant que l’on perde leur trace.

Le rapport entre Octave, le futur Auguste, fils adoptif de Jules César, et Césarion était différent : ce dernier était son frère adoptif, et donc un rival politique direct.

Après la fin de la dynastie, il faut encore citer Ptolémée de Maurétanie (assassiné en 40 à Lyon par son parent Caligula), petit-fils de Cléopâtre VII, fils de Cléopâtre Séléné et de Juba II de Maurétanie.


Avec la mort de Ptolémée XV Philopator Caesar (Césarion), disparaissent les dynasties pharaoniques. L’Égypte en tant qu’État indépendant n’existe plus : Rome en fait une simple province de son vaste empire mais, c’est une autre histoire…

 
 

Pour mémoire


Précédée de la « Basse Époque », l’Époque ptolemaïque est la dernière de l’histoire de l’Égypte. Cette dynastie marqua un renouveau dans la culture égyptienne. Après elle, le pays devient une simple province romaine.

Repères


Datation      : L’Époque ptolemaïque s’étend de 332 à 30 avant notre ère.
Dynastie(s) : Cette période ne compte qu’une seule dynasties : la dynastie lagide.
Quinze rois, tous nommés Ptolémée, de I à XV et et deux reines, Bérénice IV et Cléopâtre VII

Capitale(s) : Alexandrie, en Basse-Égypte, est la nouvelle capitale et devient le centre intellectuel du monde antique.


Faits importants


Après la conquête du pays par Alexandre le Grand, l’Égypte fut gouvernée par les Ptolémée. Ils conservèrent les traditions égyptiennes tout en introduisant leur culture grecque. Le dernier des souverains ptolémaïque se trouve être la très célèbre reine Cléopâtre VII.

Architecture
» Bibliothèque et phare d’Alexandrie.
» L’architecture traditionnelle est maintenue. Construction de nombreux temples, parmi les plus connus : Edfou, Denderah, Kom Ombo, Philae (entièrement reconstruit sur un temple plus ancien).
» Nouveau réalisme dans la sculpture.

Sculpture et arts décoratifs
» Tombeau de Pétosiris, influencé par l’hellénisme.
» La sculpture et les arts décoratifs sont maintenus, parllèlement à l’art grec d’Alexandrie.
» À partir du Ier siècle après J.-C., portraits funéraires du Fayoum.

Vie sociale et intellectuelle
» Alexandrie, nouvelle capitale.
» Ptolémée Ier introduit le culte de Sérapis avec le Sérapeum construit à Memphis.
» Décret trilingue sur une pierre retrouvée à Rosette
» César et Cléopâtre.
» Antoine et Cléopâtre qui se suicident après la défaite d’Actium (31 av. J.-C.), face aux légions d’Octave.
» L’Égypte est province romaine.
» Le christianisme se répand.
» Dernier nom de pharaon écrit en hiéroglyphes et fin de l’écriture hiéroglyphique.
 
 


Date de création : 05/11/2007 - 10:46
A été modifié le : 09/02/2008 - 00:37
Catégorie / Un peu d’histoire

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