Immortelle Égypte, don du Nil, bénie des dieux, berceau des fils de Rê.  Archives  Liens  FAQ  Papyrus d'or 
  1re Période interméd.


cartouche titre Du roi « Scorpion » à Cléopâtre
L’Égypte pharaonique


Panorama de plus de 5000 ans d’histoire en un clin d’œil !
» Première période intermédiaire ¤ 2200-2046
     Révolutions et retour au chaos originel


La première période intermédiaire a été marquée par les conflits. La famine faisait rage, et les chefs des différentes petites communautés faisaient leur possible pour nourrir leur peuple. Finalement, la Haute-Égypte et la Basse-Égypte ont pris à nouveau la forme de deux empires séparés.

Bien que chaotique et d’une durée relativement courte, cette période marquera de manière importante la conception religieuse et la nature du pouvoir royal.



Égypte pharaonique : diagramme représentatif des différentes époques son histoire
Diagramme de l’Histoire de l’Égypte
VIIe dynastie
VIIIe dynastie
IXe dynastie
Xe dynastie
XIe dynastie
- Trop mal connue (fictive ?)
- Neferkarê le jeune, Neferkamen, Ibi, Néferkaourê, Neferkaouhor, Néferirkarê
- Khéty Ier, (?)
- Néferkarê, Khéty II, Khéty III, Mérikarê
- (début) Montouhotep Ier, Antef Ier, Antef II, Antef III


De la VIIe au début de la XIe dynastie


picto troubles : pharaon est sur son char de guerre à l'ombre de Seth, symbole du chaos

La fin de la VIe dynastie

Les troubles débutent avec Pépi II. Le long règne (94 ans) de ce roi et son grand âge lui font perdre petit à petit le contrôle du pays. Son fils Mérenrê reste très peu de temps sur le trône, avant de céder la place à la reine Nitocris, la première femme pharaon de l’histoire, quelques siècles avant Hatschepsout. On pense qu’elle aurait régné une dizaine d’années au milieu de l’anarchie ambiante, incapable, elle aussi, de maintenir l’ordre.

À la fin de la VIe dynastie, on assiste à l’effondrement social et politique de l’Égypte. Cette révolution aboutit à l’émiettement du pouvoir central de Memphis (Men-nefer). Pendant plus d’un siècle, le pays est en proie aux troubles sociaux, à l’anarchie et, on le suppose à des incursions étrangères (Bédouins). Cette période est très peu connue. On sait cependant que le pouvoir provincial s’accroit, que les nomarques, responsables des provinces (districts ou nomes), dont la charge est héréditaire depuis la Ve dynastie, règnent en maîtres dans leur circonscription. Certains n’hésite pas à se proclamer pharaon et brillent sur une cour « royale » créée de toutes pièces. D’autres s’approprient des titres religieux ou s’allient avec un autre nome pour en combattre un troisième.

Conséquences de ce délabrement : de nombreuses famines, la multiplication des incendies et des rapines, la destruction de temples, la « prise en otage » d’un peuple incapable de lutter contre ces roitelets. Les Égyptiens manquent de tout, de nourriture, bien sûr, mais aussi de produits fabriqués. Il faut attendre la victoire définitive des nobles thébains sur ceux d’Héracléopolis (Henen-nesw ou Khenensou, ville située au sud du Fayoum et à l’origine capitale du vingtième nome de Haute-Égypte), capitale des rois des IXe et Xe dynastie, pour qu’un semblant d’unité se fasse jour.



La VIIe dynastie

Pour décrire le désordre qui règne, Manéthon note : VIIe dynastie, soixante-dix rois qui régnèrent soixante-dix jours. Il semble bien que cette dynastie n’ai quasiment pas existé ou qu’elle fut gouvernée par une oligarchie en quête du rétablissement d’un semblant d’ordre intérieur. De la VIIIe dynastie, on ne sait absolument rien, même pas les rois qui la composèrent. Les différentes sources nous donnent des nombres de souverains, bien souvent sans les nommer, variant de sept ou huit à près de trente…



 
 

Le papyrus de Leyden



Ce papyrus lacunaire, qui date sans doute de la XIXe dynastie, nous relate des évènements de la première période intermédiaire sans toutefois définir avec exactitude la période à laquelle ils se rapportent.

L’archer est prêt. Les malfaiteurs sont partout. Il n’y a aucun homme d’hier. Un homme va labourer avec son bouclier. Un homme frappe son frère, fils de sa mère. Les hommes s’asseyent dans les buissons, guettant le voyageur ignorant afin de piller sa charge. Le voleur dépossède le riche.

Le bouleversement général a renversé le statut de riche et de pauvre :

Formant les IXe et Xe dynasties, les gouverneurs situés à Héracléopolis réussissent à réunir la Basse-Égypte. Héritiers légitimes du trône, ils ont réclamé le titre royal. Ils ont repoussé les Libyens et les asiatiques qui s’étaient établis sur le delta du Nil, à la recherche de nourriture. Ils ont réparé les anciens canaux d’irrigation, fortifié les frontières et entamé un commerce avec Byblos, au Liban. Ces rois étaient également réputés pour leur cruauté. Ils ont néanmoins réussi la prouesse de réunir des peuples disparates en des temps perturbés.

Celui qui ne possédait aucune propriété hier est maintenant un homme riche. L’homme pauvre est plein de joie. Celui qui n’avait aucun bœuf est maintenant le possesseur d’un troupeau. Le possesseur de robes est maintenant vêtu de frusques. L’or et le lapis lazuli, l’argent et la turquoise sont attachés aux cous des femmes esclaves. Les femmes esclaves sont libres dans leurs paroles. Les enfants de princes sont anéantis.
 
 



La VIIIe dynastie

Concernant les pharaons de cette dynastie, Manéthon, toujours lui, n’en fournit qu’une liste hypothétique, difficile à analyser. Elle aurait compté 17 rois dont 5 reprennent le nom de couronnement de Pépi II : Néferkarê. Il s’agit peut-être de descendants directs, ses fils ou ses petits-fils. Parmi eux, figurent aussi Ibi, dont on a retrouvé une pyramide à Saqqarah (Dehenet Ankh-Taouy), et Neferkaouhor. On sait seulement que ces souverains résidèrent à Memphis sans grand pouvoir, tentant de perpétuer les rites de l’Ancien Empire.

Le Delta est aux mains d’envahisseurs venus de l’Est et appelés “Asiatiques” par les Égyptiens.



Les IXe, Xe dynasties et début de la XIe dynastie

On a tout lieu de penser que les deux premières dynasties et la troisième ont régné simultanément, les unes à Héracléopolis, l’autre à Thèbes (Ouaset).


La IXe dynastie

La IXe dynatie est fondée par un certain Khéty, roi d’Héracléopolis, qui a revendiqué l’Égypte entière.


La Xe dynastie

Plusieurs souverains formant la Xe dynatise lui succèdent : Néferkarê, Khéty II, Khéty III et Mérikarê. Des autres, on ne sait rien.



Un brasero en cuivre ouvragé
Brasero en cuivre au nom d’un des Khéty
Musée du Louvre, Paris - © Éditions Atlas - Photo RMN


La XIe dynastie (début)

À partir de la Xe dynastie, ses rois sont obligés de composer avec une lignée rivale qui gouvernait à Thèbes. Cette dernière unifia la Haute-Égypte et fonda la XIe dynastie. Antef Ier sera le premier souverain de Thèbes et le premier à unir le territoire. Il a conquis des terres au sud et pris le titre de « Grand chef de la Haute-Égypte ». Contrairement aux gouverneurs d’Héracléopolis, il ne revendiquera pas le titre de Pharaon.

Ses successeurs (Antef Ier, II, III et Mentouhotep II) ont renforcé la confédération de l’Égypte du sud puis ont commencé à se déclarer pharaon. Une fois les nômes du sud assujettis, ils ont tourné leur attention vers le nord. Des escarmouches éclatent aux frontières séparant les Haute et Basse-Égypte et, rapidement, se transforment en une véritable guerre civile.



Bas-relief représentant Mentouhotep II
Mentouhotep II
Son règne marque le début du Moyen Empire
XIe dynastie - British Museum, Londres
© Éditions Atlas - Photo AKG Paris/Forman


Lorsque Mentouothep II arrive au pouvoir, il bat les dirigeants du nord et rétablit l’unité du pays. Il prit alors le nom de Sam-towe qui signifie « unificateur des deux terres » et il établira la capitale du pays à Thèbes, sa ville d’origine.

Le règne des rois de la XIe dynastie clôt la Première Période intermédiaire et inaugure une nouvelle ère de rayonnement culturel : le Moyen Empire.



Vie sociale et intellectuelle


Photo d’une stèle funéraire
Stèle funéraire
Le défunt adresse un appel aux vivants
© Éditions Atlas - Photo RMN

Avec Thèbes comme nouvelle capitale, un nouveau dieu protecteur, Amon, a pris de l’influence et supplanté comme principal dieu de l’Égypte. De même que Rê précédement, Amon était supposé être le dieu originel duquel tous les autres dieux descendaient. Cependant, le culte solaire est resté fort et, finalement, Amon sera associé à Rê et deviendra Amon-Rê.

Outre la nouvelle domination d’Amon, cette période a introduit d’autres changements dans les rites religieux. Le déclin royal fit naître le besoin individuel de s’assurer une place dans l’au-delà. Les dirigeants des villages et des régions (nomes) s’accordaient les mêmes droit d’ensevelissement que ceux réservés aux pharaons et à leurs plus proches parents. Osiris, souverain mythique assassiné par son frère, qui fut ressuscité et devint le maître de l’outre-tombe, gagna une position prééminente. Tous les Égyptiens, à condition qu’ils soient assez fortunés pour s’offrir le rituel, pouvaient être accueillis dans l’Au-delà.

Avec ces nouveaux accès aux services funéraires, les coutumes funéraires ont changé elles-aussi. Les pharaons, comme les dieux, n’étaient pas jugés avant de pénétrer dans l’Au-delà. Lorsque celui-ci fut ouvert aux mortels, les concepts de jugement final et de dernière confession furent introduit.

C’est également au cours de cette période qu’ont été posées les fondations de la littérature du Moyen Empire. Sans la force religieuse d’unification des pharaons, les écrivains se sont sentis libres d’exprimer leurs opinions personnelles sur des sujets séculaires. Ils produisirent ainsi certaines des œuvres les plus significatives : Lamentations d’Ipouer, Complainte du désespéré, Enseignement pour le roi Mérikaré, et élaborèrent les Textes des Sarcophages. un genre particulier vit par ailleurs le jour, celui des lettres adressées aux morts…

Bref, l’absence de pouvoir central fort, loin de mener le pays au chaos culturel, encouragea manifestement les élites provinciales à s’emparer de la culture de cour de l’Ancien Empire, à se l’approprier pour en faire le terreau d’innovations déterminantes.



Art et architecture

Il apparaît ainsi que la Première Période intermédiaire fut une période importante, et non une malheureuse parenthèse de la glorieuse histoire pharaonique. Avec le déclin du pouvoir royal et la disparition de l’administration centrale, la famille élargie, comprenant parents, domestiques et dépendants divers, devint la cellule de base d’une société paternaliste où prévalaiant désormais des relations de clientèle.

L’évolution de l’architecture funéraire atteste cette évolution. Le mastaba des grands cimetières memphites, où le dignitaire était enterré seul ou parfois avec son épouse, disparut au profit de tombes familiales, souvent hiérarchisées pour les plus riches.



Modèle en bois représentant un meunier occupé à moudre du grain
Meunier occupé à moudre du grain
Musée du Louvre, Paris - © Éditions Atlas - Photo AKG Paris


Du point de vue artistique, sculpture et architecture ont bien sûr souffert. Les ressources étant limitées, toute l’attention était consacrée à essayer de nourrir la population et consolider le pouvoir. Si les objets paraissent d’une facture moins classique, c’est que les ateliers royaux, qui avaient le monopole de la production, ne sont plus là pour imposer leurs canons. Les écoles locales se développèrent, donnant ainsi naissance à un art certes inspiré de leurs prédécesseurs, mais souvent plus vivant. C’est à cette époque que furent créés de nombreux objets funéraires. À côté de la grande statuaire, on voit apparaître des petites images en calcaire ou en bois représentant les travaux de tous les jours, véritables modèles réduits d’armées, de troupeaux, de paysans, de porteuses d’offrandes, d’ateliers de menuiserie, d’étables… Ces « maquettes » présentent des personnages réalisés peut-être avec moins de soin qu’auparavant, mais saisis dans des attitudes très expressives. C’est également à cette période, qu’apparaîssent les fameux masques funéraires qui seront utilisés jusqu’à la fin de l’histoire pharaonique.



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Pendant ce temps là …

Article tiré du logiciel « histoire.exe » de Patrice Henrio - Site web  

Carte du monde à la Première période intermédiaire de -2200 à 2046
Le monde à la Première période intermédiaire


Mésopotamie (-2150 à -2100) : Les Gutis

Les Gutis dominent la Mésopotamie. Ils sont originaires des montagnes du Zagros et sont considérés par les Sumériens comme des barbares.

Dans le même temps Lagash et Uruk ne reconnaissent pas leur souveraineté. C'est d'ailleurs d'Uruk que va venir la destruction des ces "dragons de la montagne". Le roi Utu-hegal triomphe de Tiriqan et le ramène captif à Uruk. Cette victoire hisse le nouveau roi au niveau de Gilgamesh et Dumuzi.

La ville de Mari connaît un renouveau sous les "Shakkanaku", de la lignée des gouverneurs nommés au temps de l'empire d'Akkad.

La ville d'Awan a continué sa prospérité et, en particulier sous Pouzour-Inshoushinak Ier (vers -1125), s'est même étendue jusqu'à Suse et la région de Shimashki au Nord-Est. Our-Nammou, premier empereur de la troisième dynastie d'Our met fin à cette puissance entraînant en même temps la disparition de la dynastie d'Awan vers -2100.



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Pour mémoire


Précédée de l’« Ancien Empire », la Première Période intermédiaire est suvie du « Moyen Empire ». C’est une période de trouble où les nomarques prennent le pouvoir du pays.

Repères

Datation      :
La Première Période intermédiaire s’étend de 2200 à 2046 avant notre ère.
Dynastie(s) :
Cette période compte cinq dynasties : la VIIe, la VIIIe, la IXe, la Xe et la XI.
VIIe dynastie
VIIIe dynastie
IXe dynastie
Xe dynastie
XIe dynastie
- Trop mal connue (fictive ?)
- Neferkarê le jeune, Neferkamen, Ibi, Néferkaourê, Neferkaouhor, Néferirkarê
- Khéty Ier, (?)
- Néferkarê, Khéty II, Khéty III, Mérikarê
- (début) Montouhotep Ier, Antef Ier, Antef II, Antef III
Capitale(s) : Durant toute cette période, la capitale se trouve souvent délocalisée. D’abord à Memphis (VIIe et VIIIe dynasties) puis à Hérakléopolis (IXe et Xe dynasties) et enfin à Thèbes (XIe dynastie).


Faits importants

Les nomarques prennent le pouvoir du pays. Pendant plus de cent ans, les dynasties du Nord et du Sud se combattent, progressant ou régressant selon le jeu des alliances avec les nomarques. La réunification du pays viendra du Sud.

Politique et militaire
» Rupture de l’unité de l’Égypte.

Architecture
» Généralisation des tombeaux rupestres (hypogées) civils comprenant chapelle et caveau. Ils sont creusés dans les falaises de Beni Hassan, El-Bersheh, Qaou el Kebir ou Assiout.

Sculpture et arts décoratifs
» Développement de la peinture sur les parois des tombeaux.

Vie sociale et intellectuelle
» Pillage des pyramides.
» Amon devient le dieu principal de l’Égypte.
» Le culte d’Osiris, souverain du monde infernal se propage et son sanctuaire d’Abydos devient un lieu de pélerinage populaire.
» Apparition de nouveaux textes funéraires : les Textes des sarcophages et des premières œuvres de littérature classique.

Relations extérieures
» Rupture des relations commerciales avec Byblos.
 
 


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Date de création : 05/11/2007 - 10:34
A été modifié le : 27/03/2010 - 13:55
Catégorie / Un peu d’histoire

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