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  Genèse d’une civilisation


cartouche titre Du roi « Scorpion » à Cléopâtre
Avant les pharaons


Panorama de plus de 5000 ans d’histoire en un clin d’œil !
» Genèse d’une civilisation


Au contact du Moyen-Orient et du monde méditerranéen, la civilisation égyptienne a rayonné pendant trois mille ans. Elle le doit à la convergence de facteurs géographiques, climatiques et humains issus d’une préhistoire fertile en renseignements.

L’une des périodes les plus passionnantes de l’histoire de l’homme est celle du néolithique, « l’âge de la nouvelle pierre ». L’hominidé cède la place à l’homme. De chasseur et pêcheur paléolithique, il devient sédentaire et producteur, vers 10 000 ans avant notre ère. Cette nouvelle attitude à l’égard de la nature sera marquée par des pas gigantesques vers l’élevage, l’agriculture, le regroupement des habitats, l’artisanat, le commerce et même le début de la métallurgie.



Dans la vallée du Nil, les premières traces d’occupation humaine remontent à 700 000 ans. L’Égypte connaît pendant 400 000 ans un climat chaud et humide, et présente alors un aspect sensiblement différent de celui que nous connaissons. Les régions aujourd’hui désertiques sont couvertes de forêts denses et de steppes verdoyantes et peuplées d’une faune variée. Peut-être, à l’époque, le Nil occupait-il toute la largeur de sa vallée actuelle.

Il y a 10 000 ans, la mer Méditerranée était coupée en deux grands bassins par un isthme qui réunissait la Tunisie et l’Italie en passant par l’île de Malte. Il permettait à des peuplades septentrionales de descendre sans difficulté vers l’Afrique. D’immenses forêts l’entouraient encore de tous cotés et à la place du Nil il y avait une série de vastes bassins et de forêts étalées jusqu’à la mer.

Entre 10 000 et 8 000 avant J.C., un cataclysme, dont on ignore la cause et la nature, provoque d’énormes changements, le pont entre la Tunisie et l’Italie s’affaisse, ne laissant émergées que les îles maltaises. Une période humide se maintient jusqu’au VIIe millénaire : les régions à l’ouest et à l’est de la vallée connaissent des conditions climatiques moins défavorables qu’aujourd’hui et accueillent quelques installations humaines.

Entre 8 000 et 5 000 avant J.C.,en Afrique du Nord les immenses forêts disparaissent progressivement ; les lagunes font place à des déserts. Ces nouvelles conditions climatiques poussent les humains à fuir le désert pour se réfugier dans les oasis et dans la vallée du Nil qui commence à prendre son cours, descendant du cœur de l’Afrique, sur des milliers de kilomètres jusqu’à ce qu’il se divise dans le delta pour se jeter dans la mer Méditerranée. L’Égypte devient un long ruban fertile, mais tout au long de cette époque, vont s’accuser des différences entre le Nord et le Sud. Différences marquées par l’équipement (silex poli, os, poinçons, ou pointes) et par la nature de la céramique, la vannerie, le tissage…

À partir de l’an 5000, des différences s’étendent à la nature des cultures, les objets de cuivre, la décoration de la poterie, la vaisselle de pierre, la peinture rupestre et les statuettes. Alors que dans la région de Khartoum étaient façonnées dès le VIIIe millénaire, au sein d’une population de pêcheurs-chasseurs-cueilleurs peu sédentaires, les premières poteries de la vallée, il faudra attendre le Ve millénaire pour les voir apparaître en Haute-Égypte et plus tard encore en Basse-Égypte, au Fayoum, à Maadi et Bouto.

La grande originalité de l’Égypte, c’est d’avoir franchi dès le début du IVe millénaire l’étape qui la conduit à fusionner de multiples principautés agricoles en un grand État qui va devenir un véritable Empire.

En Mésopotamie, au contraire, il faudra attendre 2300 av. J.-C. pour voir apparaître Sargon le Sémite, fondateur du premier empire. En Mésopotamie, les petites villes étaient restées à l’état de cités-États : Sargon pacifiera tout le pays de Sumer, remontera le Tigre et l’Euphrate et ravagera Mari et Ebla. Ce sera l’unification de la Haute et de la Basse-Mésopotamie, unification qui désormais représentera un danger pour l’Égypte.


La différence entre les deux pays vient de la géographie : la vie dans la riche et étroite plaine d’Égypte appelait rapidement une action commune et un pouvoir fort, alors qu’au pays des palmes, du roseau, de l’argile et du bitume, un tel régime ne s’imposait pas de si tôt.



 
 

Préhistoire égyptienne


L’évolution de l’industrie humaine se développe toujours de la même manière mais à des époques différentes selon les civilisations concernées. On distingue le Paléolithique (l’âge de la « pierre taillée ») puis le Néolithique, une véritable révolution industrielle (celle de la « pierre polie »). En Égypte, le Paléolithique a duré quelque 500 000 ans et le Néolithique n’a commencé que vers l’an -6000. La fin du Néolithique (et donc la fin de la préhistoire) commence vers -3400.

Concernant les découvertes archéologiques et les périodes auxquelles elles se rapportent, les archéologues utilisent toujours le nom moderne du site concerné. Ainsi, en Égypte, plusieurs découvertes archéologiques concernant les débuts de l’ère pharaonique ont été réalisées dans et autour des villes de Badari, de el-Amrah, de Gerzeh, de Mérimdé et de el-Omari. C’est la raison pour laquelle on parlera des différents stades de civilisations ci-après :
  • Badarien (-6200 -4080) : période prédynastique.
  • Amratien (-4780 -3900) : le Badarien et l’Amratien forment ce qu’on appelle Nagada I.
  • Gerzéen (-3800 -3300) : ce terme est équivalent à Nagada II.

Et aussi :
  • Mérlmdlen (-4600 -3500).
  • El-Omarien (-3900 -3400).

Ce qu’on connaît de ces différentes périodes se résume habituellement à quelques poteries, à des restes de tombes, etc.

Signalons aussi :
  • Nagada III (-3300 -3000) : c’est la période protodynastique, appelée aujourd’hui « dynastie 0 ». Les informations contenant cette période sont un peu plus nombreuses (vestiges de cités, plaquettes couvertes des premiers hiéroglyphes, etc.).

Contentons-nous de retenir le mot Nagada et associons-le à la période précédant les dynasties égyptiennes.
 
 



Les origines de l’Égypte  un article de Béatrix Midant-Reynes, archéologue et chargée de recherche au CNRS.
L’émergence des structures étatiques dans l’Égypte du IVe millénaire  un article de Bernadette Menu, Directeur de recherche honoraire au CNRS (université de Montpellier I). Présidente de l’Association internationale pour l’étude du droit de l’Égypte ancienne. Ancien professeur d’égyptien (Lille III et Institut catholique de Paris).




Date de création : 05/11/2007 - 10:25
A été modifié le : 22/03/2010 - 20:45
Catégorie / Un peu d’histoire

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