

| Porte bien attention à la fonction de vizir et sois vigilant au sujet de tout ce qui est fait par elle. Voici, c’est le pilier du pays tout entier ! Le vizirat, ce n’est certes pas quelque chose de plaisant. C’est amer comme le fiel : Il est le cuivre qui protège l’or de la maison de son maître. Ce n’est pas quelqu’un qui favorise les hauts fonctionnaires ou les magistrats, ni même quelqu’un qui transforme tout le monde en partisan. Quant à tout ce qu’un homme fait chez son maître, il (en) sera heureux ! Il n’y a rien qu’il fasse [au service] d’un autre. Voici, le quémandeur de Haute-Égypte, de Basse-Égypte, du pays tout entier, vient […]. Par conséquent, tu devras voir par toi-même à ce que toute chose soit faite selon la lettre de la loi, à ce que toute chose soit faite en respectant l’exactitude, donnant à un homme son bon droit. […] Inspire la crainte de sorte que l’on te craigne : car c’est un (vrai) haut fonctionnaire, le haut fonctionnaire de qui l’on a peur. La considération d’un haut fonctionnaire vient de ce qu’il pratique l’équité. Mais si un homme fait qu’il est craint un million de fois, les gens (finissent) par reconnaître qu’il y a quelque chose de coupable en lui, et ils n’ont pas (alors) coutume de dire de lui : « c’est un homme ». Voici, on dit (ceci) : « un haut fonctionnaire qui ment est un homme qui est réputé selon la dignité (qu’il mérite) ». Voici, tu parviens à remplir (adéquatement) la fonction si tu exerces l’équité. On souhaite l’exercice de l’équité dans la décision du vizir. Quant au vizir, il en est le véritable garant depuis (le temps) de dieu. Vois, on dit du plus ancien scribe du vizir : « Scribe de la Justice ». Et quant au bureau dans lequel tu juges, il s’y trouve une salle comprenant les secrets de tous les jugements. Quant à celui qui pratiquera l’équité devant tous les hommes, c’est (un vrai) vizir ! |

Un rituel quotidienC’est le pharaon qui devait célébrer les rites ; seulement, ne pouvant accomplir cette tâche quotidiennement, les prêtres officiaient en son nom. Selon un principe de contrat réciproque, le roi sacrifiait aux dieux et se chargeait du culte de leurs images, et, en retour, les dieux résidaient dans son image et lui accordaient leurs faveurs et, à travers lui, à toute l’humanité. Ainsi, chaque jour, le même cérémoniel était accompli dans les temples pour honorer la divinité : après avoir pénétré dans le temple et franchi les pylônes, accompagné par des chanteurs et des prêtres chargés d’offrandes et d’encens, le grand prêtre se purifiait une dernière fois avant d’entrer au cœur de l’édifice. ![]() Là se trouvait le naos, le saint des saints, où résidaient la statue du dieu et sa barque portative pour les processions. Une fois enlevé le cachet d’argile qui scellait la porte depuis la veille, le grand prêtre devait éveiller la divinité et lui rendre son âme grâce à des formules religieuses. Ensuite, le dieu pouvait prendre son repas composé de pain, viandes, légumes, fruits, bière, etc., préparé dans les ateliers du temple, puis faire sa toilette et changer ses vêtements, ses bijoux et ses insignes. Une fois les besoins du dieu satisfaits, la porte du naos était à nouveau scellée jusqu’au lendemain. | ||






| Si tu es un personnage important après avoir été un petit […], ne sois pas outrecuidant à cause des richesses que tu as amassées. Cela t’est arrivé comme dons du Dieu. | ||
| Ptahhotep, Sagesses |


C’est apparemment sous la Première Période intermédiaire et le Moyen Empire que la mobilité sociale fut la plus grande dans l’Égypte pharaonique. Les biographies funéraires confirment cette impression en utilisant souvent à cette époque le thème de l’origine sociale modeste pour faire valoir l’effort personnel comme origine de la richesse d’un individu et de son rang social :« [Bien que] les biens de mon père m’aient été enlevés, j’ai constitué cette tombe parce que j’ai agi comme un qui est ferme de ses membres et j’ai agi avec mon bras, même quand je n’était qu’un enfant.
Bien que je sois né orphelin, j’ai néanmoins dirigé des taureaux, j’ai acquis des taureaux et j’ai développé ma condition grâce à mes chèvres, j’ai bâti une maison et j’ai creusé un bassin.
C’est de la partie arrière de la maison [partie qui hébergeait les serviteurs et les femmes] de mon père que je suis issu. Je suis un homme du commun qui agit par ses propres moyens. »


« Quant à tout commandant de la forteresse et à quelconque scribe de la forteresse, quant à tout inspecteur rattaché à la forteresse qui embarquera sur un navire appartenant au Temple et qui prendra de l’or [… ), des peaux de léopart ou d’autres animaux, des queues de girafe, du cuir de girafe... ou tout bien du Koush qui est rapporté comme revenu au Temple, une punition lui sera imposée consistant en 100 coups, et il lui sera donné une amende de la part du Temple, selon la valeur des biens [détournés] au taux de huit pour un. »
Décret de Nauri protégeant les biens du temple de Séthi Ier à Abydos
XIXe dynastie - Nouvel Empire
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