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Les ressources minérales


Dès l’époque préhistorique, métaux, gemmes et pierres semi-précieuses extraits du sous-sol ont fait l’objet d’échanges commerciaux intensifs avant même la naissance de l’État, pour leur valeur à la fois intrinsèque et symbolique. À cette activité est venue se joindre, dès le début de l’Ancien Empire, l’extraction des pierres nobles pour la construction.

L’architecture et la sculpture monumentale sont placées sous le contrôle de pharaon. Essentielles à son prestige et à sa puissance les carrières de pierre et leur exploitation, où travaille une foule d’ouvriers dans des conditions difficiles et précaires, le sont également. Ainsi au Nouvel Empire, Aménophis III « ordonna d’ouvrir les carrières à nouveau pour tailler de la belle pierre blanche de l’An pour construire ses maisons de millions d’années ».

Les rois, notamment Ramsès II, se préoccupèrent de rendre moins dure la vie des carriers ou des mineurs. Ce dernier fit creuser un puits pour approvisionner les travailleurs en eau dans le Ouadi Allaqi, près de Qouban, en Nubie, où les pertes étaient sévères. Dans beaucoup d’inscriptions pourtant, les fonctionnaires se vantent d’avoir ramené tout leur personnel sain et sauf de ces redoutables expéditions. Mais à l’époque grecque, les condamnés qui travaillaient aux mines paraissent avoir connu des conditions de vie lamentables.

Les procédés égyptiens pour exploiter les richesses minérales diffèrent selon les roches et les minerais. Mais ils ne manquaient pas d’habileté, et les débris de quartz aurifère qu’ils ont laissés ont donné peu de métal.

Carte des ressources minérales de l’Égypte ancienne

Les ressources minérales de l’Égypte ancienne
Carte tirée de l’ouvrage Au cœur de l’Égypte ancienne, Larousse-Bordas, Paris 1997


Les carrières de pierre


La pierre était extraite de deux types de carrières, souvent éloignées du lieu de chantier : à ciel ouvert pour les roches dures comme le grès ou le granit, et fermées pour les roches tendres comme le calcaire ou le tuf.


Les pierres architectoniques


En Égypte, des carrières étaient exploitées en grand nombre. On en a retrouvé beaucoup, et, dans les déserts, de nombreuses sont encore inexplorées. La pierre était extraite de deux types de carrières (souvent éloignées du lieu de chantier) : à ciel ouvert pour les roches dures comme le grès ou le granit, et fermées pour les roches tendres comme le calcaire ou le tuf.

On exploitait la quartzite rose au Gebel el-Ahmar, près du Caire ; le beau calcaire blanc à Toura, près d’Hélouan ; le porphyre au Gebel Doukhan, plus au sud. Du Ouadi Hammamat, on tirait le schiste et la brèche verte, nécessaires aux statues aussi bien qu’aux naos inamovibles des temples. Près du fleuve, au Gebel Sissileh, on débitait un grès de bonne qualité qui avait l’avantage d’être à quelques pas du Nil. À Assouan étaient les carrières de granit et, dans le désert, les mines de Ouadi Magharat, se trouvaient des mines de turquoise et de cuivre.


Pierre précieuses et semi précieuses


Aux temps prédynastiques, la malachite, une pierre d’un beau vert diapré qui symbolisait la végétation et la vie, servait de pigment pour les produits de maquillage. Les Égyptiens se paraient de colliers, d’amulettes et de bijoux faits de diverses pierres semi-précieuses qu’on trouvait dans les gravières de Haute-Égypte : améthyste, grenat, jaspe, galène, feldspath , calcédoines et cornaline, pierre translucide et rouge. On utilisait aussi la galène pour rehausser les yeux. Le natron, un carbonate de soude siccatif, s’extrayait à Ouadi-Natroum et servait à l’embaumement.

L’Égypte aimait les pierres précieuses. Les plus appréciées sont de couleur bleue, turquoise et surtout lapis-lazuli. Mais son sol en recèle bien peu. Pour l’essentiel, les sites d’extraction se situent dans la partie est du pays, le long de la mer Rouge. C’est là, en particulier dans le Sinaï, que se trouvent les turquoises et aussi la malachite dont on fait une grande consommation.

Les béryls, émeraude et aigue-marine sont très rares. Quant aux diamants et aux rubis, ils sont encore inconnus dans le pays.


Les métaux


Les Égyptiens ont extrait l’or et le cuivre dès les temps les plus reculés ; le nom d’une des petites cités-États prédynastiques, Noubt (« la ville de l’or »), indique que sa prospérité tenait au moins à l’exploitation de ce métal. Le travail de la mine était parfaitement organisé ; chaque puits avait sa force de travail, dirigée par les militaires.

Sous le Nouvel Empire, on extrayait de l’or dans le désert oriental et en Nubie (voir encadré ci-dessous). Le cuivre, extrait dans le désert oriental, dans le Sinaï et en Nubie, fut d’abord utilisé, au début de l’époque badarienne (vers 5000-4000 av. J.-C.), pour faire des aiguilles et des hameçons mais, dès la fin de la période prédynastique, il servit aussi à la production d’objets plus grands, comme les harpons et les poignards ou décoratifs, comme les anneaux et les éléments de collier.

Quant aux autres ressources, les filons de minerai de fer d’Assouan et de l’oasis de Bahariya ne semblent pas avoir été exploité avant la fin de la XXVIe dynastie (672-525).

 
 L’or et la pierre de l’Ouadi Hammamat

La plus ancienne carte géologique du monde est le papyrus minier de Turin, du XIIe siècle avant notre ère, qui décrit les mines d’or de Faouakhir, dans l’Ouadi Hammamat (désert oriental). Elle a peut-être été dressée à l’occasion d’une expédition, sous le règne de Ramsès IV (XXe dynastie, 1552-1145 av. J.-C.). La vallée de l’Ouadi Hammamat a été exploitée sans interruption pour le grauwacke,  de l’Ancien Empire à l’époque romaine.

Carte des mines de l’Ouadi Hammamat
Les chemins et les voies d’or sont inscrits en écriture hiératiques. Un puits est indiqué en noir tandis que les maisons des ouvriers, un temple et une stèle dédiés au pharaon Sethi Ier le sont en blanc.

Le personnel employé au cours des expéditions minières variait de moins de cent hommes à plus de dix mille. En dehors du commandement et de ses adjoints, la force de travail comprenait des tailleurs de pierre, des maçons, des scribes, des conducteurs d’animaux, des manœuvres, des prospecteurs, des guides et des cuisiniers. Les hommes dormaient dans des loges de pierre et pratiquaient le culte dans une grotte voisine, consacrée à Min. Généralement, les expéditions étaient commémorées par une inscription hiéroglyphique gravée dans la roche de la face sud de l’oued.


À la conquête de l’or…
Les mines des métaux précieux sont souvent éloignées en plein désert. Le manque d’eau, la chaleur et les razzias des nomades obligent à l’organisation de vraies expéditions. Il existe d’ailleurs une police du désert, ou nouou, qui surveille tous les mouvements des Bédouins, et veille sur les routes des mines. Car l’or est la « chair des dieux » ! Pharaon, ses reines et son clergé le vénère à ce titre.

Masques de sarcophages, porches de temples, sommets des obélisques, mobiliers liturgiques, tout est rutilant d’or. Car l’Égypte en regorge, en particulier dans les montagnes du sud, et Pharaon le sait. Son pays n’est-il pas décrit comme une « montagne d’or illuminant toute terre comme le dieu de l’horizon » ?
 
 

La soude naturelle


Dans l’Antiquité le besoin d’alcali, surtout pour les soins de propreté (fabrication de savons), était déjà considérable.
 Hugo Herdmann 

Sans surprise, on trouve l’Égypte ancienne comme première productrice, utilisatrice et même exportatrice de carbonate de sodium. Il faut ajouter que la nature a bien facilité les choses pour les Égyptiens : les bords des lacs salés situés à l’ouest du delta du Nil se recouvrent pendant les périodes de sécheresse de croûtes salines blanches appelées « natron », constituées d’un mélange de sel marin et de carbonate de sodium, la teneur de ce second composé excédant rarement 20 %.


Notice documentaire

feldspath
Un feldspath est un minéral à base de silicate double d'aluminium, de potassium, de sodium ou de calcium. Ce minéral est, entre autres, présent dans le granit sous forme de gros grains perlés et roses.


grauwacke
Le grauwacke est une roche sédimentaire détritique verte d’origine marine, constituée de grains de quartz et de feldspath, ainsi de débris de roches volcaniques cimentés par un liant riche en chlorite et argile.


Article(s) complémentaire(s)
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Date de création : 26/03/2007 - 11:45
A été modifié le : 21/04/2010 - 13:44
Catégorie / L’Égypte au quotidien

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