Comment vaincre les créatures monstrueuses qui peuplent l’au-delà et parvenir sans encombre dans le royaume d’Osiris ? Le Livre des Morts est une réponse, mais pas la seule.
Que mon âme sorte vers tout lieu qu’elle a choisi !
Il s’agit de rouleaux de papyrus, recouverts de formules funéraires, placés à proximité de la momie ou contre celle-ci, dans le bandelettage. C’est l’égyptologue allemand Karl Richard Lepsius qui, en 1842, leur donna le nom de Livre des Morts. Mais l’appellation exacte est (Livre) de la sortie au jour ou Sortir au jour.
Le « jour » en question n’est pas celui des vivants, mais tout principe lumineux s’opposant aux ténèbres, à l’oubli, à l’anéantissement et à la mort. Dans cette perspective, le voyage dans la barque du dieu soleil Rê vers le royaume d’Osiris - version nocturne du soleil diurne en cours de régénération (*) - pouvait être considéré comme une fin en soi. Voir aussi : Lepsius | (*) Le Mythe solaire | Le Mythe de la mort - fiches détaillées
Les chants (poèmes musicaux)
Il est toujours surprenant de trouver dans la littérature de l’Égypte ancienne des textes sortant de la norme idéologique. Le long et fastidieux apprentissage de l’écriture, contrôlé à la fois par l’administration et par les prêtres, laissait en effet peu de place à la réflexion personnelle. On reste donc perplexe face à des écrits qui semblent s’éloigner du discours officiel, surtout quand ils sont à caractère funéraire.
Il est malaisé de différencier un poème d’un chant quand on ne connaît l’œuvre que par son support écrit. Les égyptologues ont donc résolu le problème en donnant l’appellation de chant uniquement à des textes dont il est spécifié qu’ils doivent être récités avec un accompagnement musical. Dès lors, il apparaît que le chant occupait une place importante en Égypte, comme en témoigne le rôle de premier plan que jouaient les musicien(ne)s et les chanteur(se)s dans la vie du temple.
On a même retrouvé des chants entonnés au quotidien par des ouvriers pour se donner du cœur à l’ouvrage !
De même, les chants sont présents dans le culte funéraire. Une dizaine, psalmodiés en l’honneur du défunt, ont été reproduits sur les parois de certaines tombes ou sur des stèles. Tous datent d’une période allant du Moyen Empire au Nouvel Empire (2046-1070 avant J.-C.). Le texte est accompagné d’une représentation du défunt assis devant sa table d’offrandes, tandis qu’un musicien, souvent aveugle, chante et joue de la harpe pour lui.
Des générations sont en marche, d’autres entrent dans l’immortalité, depuis le temps des Anciens… Nul ne revient de là-bas nous dire comment ils sont, nous dire de…
Le conte débute à la mort d’Aménemhat Ier. Se voyant, ainsi que son maître Sésostris, en butte à de sérieux dangers, le dignitaire Sinouhé s’enfuit en exil. Pris de peur, il part à l’aventure et erre de pays en pays jusqu’au jour où il se fixe dans une tribu de Bédoins, dont plus tard il devient le chef. Vers la fin de sa vie, il revient en Égypte, rappelé par le roi qui ne l’a pas oublié, ce qui lui permet de réaliser le vœu suprême de tout Égyptien : mourir sur la terre de Kémi.
Ce célèbre conte, chef-d’œuvre incontesté de la littérature égyptienne du Moyen Empire, a bénéficié d’une trajectoire remarquable dans le monde moderne et différentes versions en ont été tirées. À la fois simple et plein de vie, il présente une curieuse ressemblance avec le chapitre de l’Exode retraçant l’histoire de Moïse, à partir du moment où il s’enfuit après avoir tué un Égyptien.
La littérature sapientiale
Sages vizirs
Enseignement d’Hordjedef
Enseignement de Kagemni
Selon l’enseignement qui porte son nom, Kagemni aurait occupé la charge de vizir sous les règnes d’Houni, dernier roi de la IIIe dynastie et de Snéfrou, fondateur de la IVe dynatie et père de Kéops. Kagemni condamne la gloutonnerie et celui qui se gave en oubliant les pauvres dont le ventre est vide. Cette voracité est signe de bassese. Si son fils est amené à s’asseoir à la table d’un glouton, le vizir l’exorte à attendre que ce dernier ait mangé pour se sustenter à son tour. Il lui prodigue le même avertissement en ce qui concerne les ivrognes.
De même, d’après sa « sagesse », ce vizir aurait exercé ses fonctions sous le règne du roi Isési de la IVe dynastie. Ces maximes sont connues, principalement, par le Papyrus Prisse. Dans l’une d’elles, le vizir recommande à son fils de ne pas s’approcher des femmes de la maison qui l’acceuille s’il souhaite maintenir longtemps son amitié avec son hôte. Ailleurs, il lui conseille de chérir son épouse, de remplir son ventre et vêtir son dos et il le met en garde contre la cupidité qui sème la brouille dans les familles.
Les conseils des rois
Avec leurs enseignements, les rois s’efforcent d’inculquer à leur fils les règles de base d’un bon gouvernement.
Enseignement pour le roi Mérikarê
Ici, Khéty avertit son fils de se méfier des rebelles susceptibles de soulever la population et de fomenter des révoltes. Mérikarê devra respecter les nobles et entretenir son peuple. Il protègera ses frontières. Il veillera à appliquer la justice. Il n’opprimera pas la veuve et ne punira pas sans raison. Il ne tuera pas et préférera les châtiments corporels et la prison aux condamnations à mort.
Les scribes, auteurs de « sagesses »
Au Nouvel Empire, les enseignements ne sont plus attribués à des dignitaires occupant les plus hautes charges de l’État, mais à des scribes appartenant à la classe moyenne comme Ani et Amenemopé.
Enseignement d’Ani
Le scribe Ani invite son fils à se marier, à engendrer des enfants et à acquérir sa propre maison tant qu’il est jeune. Il évitera de compter sur la fortune des autres. Ani demande aussi à son fils de respecter, d’honorer et de prier les dieux. Il ne s’assiéra pas en présence d’un homme plus âgé que lui ou d’un personnage d’un rang supérieur au sien.
La Satire des Métiers (expression moderne désignant cet enseignement) a été composée au début de la XIIe dynastie par le scribe Khéti, fils de Douaouf. Ce document peut être considéré comme l’un des dix textes les plus importants de l’Égypte ancienne. Connu uniquement par des sources scolaires du Nouvel Empire, bien que sa composition…
Date de création : 15/02/2007 - 19:20 A été modifié le : 25/07/2007 - 13:26 Catégorie / La littérature
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