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 La religion égyptienne - Mythes/Rites et Croyances
 | Pénétrer dans le panthéon de l’Égypte ancienne, c’est essayer de comprendre les relations complexes qui unissaient les dieux aux hommes. |  | | | Aly Maher el Sayed, ambassadeur d’Égypte en France, préface de La mythologie égyptienne, par Aude Gros de beler, Éd. Molière, Paris 2004 | |

Le Panthéon égyptien Toutes les mythologies ont leur panthéon. Cet ensemble de dieux et de déesses varie considérablement d’une culture à l’autre. Soit les dieux descendent du même couple divin, auquel cas ils sont tous parents, soit ils ont des géniteurs différents qui ont eux-mêmes été créés par une ou plusieurs divinités suprèmes. Quelle que soit leur forme, humaine, animale ou hybride, les dieux et les déesses présentent de nombreux points communs. Ils sont souvent spécialisés dans un domaine, comme la guerre ou l’agriculture. Ou alors ils veillent sur une partie du cosmos ou sur une région. Ils se comportent en général comme les êtres humains, mais à une échelle différente. Comme eux, ils connaissent l’amour, l’amitié, les conflits, la jalousie.
Le panthéon égyptien est l’un des plus imposants du monde. La religion de l’Égypte ancienne honorait, depuis la préhistoire, en théorie, une quasi infinité de dieux, puisqu’une divinité peut être créée en fusionnant deux ou plusieurs dieux. Pour les anciens Égyptiens, les dieux habitaient sur terre (dans les temples), et il fallait les honorer pour qu’ils continuent à y résider. Pour cela, ils priaient, dansaient, chantaient et leur apportaient des offrandes de nourriture et d’objets précieux.
Durant les cinq mille ans de l’histoire de l’Égypte pharaonique, la religion n’a que peu évolué. Pour les Égyptiens de l’Antiquité, seuls le Nil, le roi et le monde de l’au-delà méritaient une attention particulière. Le Nil, par ses crues annuelles, venait peut-être en tête de leurs préoccupations. Le fleuve déposait alors un limon fertile qui en faisait la richesse, et sans lui aucune agriculture ni aucune fixation durable de la population n’auraient été possible dans la vallée.
Rê, dieu-Soleil, dispensateur de la vie, fut adoré dès la plus haute Antiquité.
Les dieux locaux À l’époque dite prédynastique, le pays est constitué de petits royaumes. Dans chaque région, les petites villes honorent leur propres dieux et possédent un temple qui leur est consacré. Bien le pays fut unifié par Narmer, vers 3100 av.J.-C., alors que se succèdent les pharaons, chaque région continue à honorer ses dieux, et, si au cours des siècles, de nouvelles croyances apparaissent, les anciennes se maintiennent cependant et de nombreuses divinités locales sont admises dans le panthéon national, donnant alors le jour à un système complexe de croyances et de rites caractérisés par un très grand nombre de divinités : c’est ainsi que les animaux protecteurs - le cobra, le chat, le crocodile, l’ibis - des premiers habitants des rives du Nil continuèrent à être adorés, mais sous d’autres formes. Selon les périodes, certains dieux sont devenus prédominants alors que d’autres passaient au second plan. De plus, chaque culte étant originaire d’une région différente, la place de chaque dieu variait aussi selon la région et certains d’entre eux, comme le soleil, furent vénérés dans l’Égypte entière.
Aux dieux locauxdieux locaux Tout dieu égyptien étant un dieu manifesté (et non un dieu révélé) dont la réalité suprême est ailleurs (dans l’« imaginaire », au « Ciel »), le fait qu’il soit local (localisé ou localisable) n’a rien d’étonnant, même si son message, sa passion ou son œuvre ont une portée universelle. D’ailleurs, Jésus, Dieu incarné, est bien né et mort en Palestine, même si sa Passion a valeur planétaire. , attachés à une ville ou à une province - Ptah, patron des artisans « seigneur » de Memphis (Men-nefer) ; Hathor, déesse de l’amour et de la joie « dame » de Denderah - se mêlaient des dieux cosmiques, c’est-à-dire des éléments naturels divinisés - l’Océan, le Ciel, la Terre, le Soleil - , et des divinités populaires. Celles-ci jouaient un rôle de tout premier plan parmi le petit peuple, qui attendait leur intervention dans la vie quotidienne : Hâpy incarnait le Nil en crue, Népri était le dieu du Grain, Bès, nain difforme et jovial à la barbe hirsute, protégeait les femmes enceintes.
Une illustration du panthéon des dieux égyptiensÀ gauche, le pharaon Séthi Ier est agenouillé entre Amon-Rê coiffé sa couronne à double plume et Ouret-Hekaou « la Grande Magicienne », à tête de lionne. À droite, Séthi Ier est agenouillé entre Thot, à tête d’ibis et Ouret-Hekaou. Nouvel Empire, XIXe dynastie - Temple de Karnak, Thèbes-Est
Les dieux étaient des êtres à la fois invisibles (Amon) et représentés dans des formes tangibles (comme le taureau Apis). Les dieux ne faisaient parfois qu’un, le divin était à la fois multiple et Unique.
Au cours des siècles, puis des millénaires, la religion égyptienne a évolué, mais sans perdre pour autant les caractères qui la marquent dès ses origines. Des dieux nouveaux pourront apparaître, Adonis, Astarté, Baal, Reshef, venus du couloir syro-palestinien, ou Doudoun le Nubien, ils s’ajouteront simplement au panthéon égyptien sans que la religion autochtone en soit affectée. Même la tentative de réforme d’Akhenaton restera sans lendemain.
La vie des dieux Florence Maruéjol, L’Égyptienne ancienne pour les nuls, Éditions Générales First, Paris 2006 adapté et complété par Immortelle Égypte
Où vivent-ils ? Que font-ils de leurs journées ? Que mangent-ils ? Bref, comment se déroule la vie des dieux ?
Deux domiciles connus Où habitent les dieux ? Au ciel, depuis qu’ils ont quitté la terre à la suite de la révolte des hommes. Mais ils restent quand même présents sur terre, par l’intermédiaire de leur ba. L’esprit habite la statue enfermée dans le sanctuaire des temples. C’est l’objet du culte dans ce monument. L’esprit investit aussi un animal sacré. La bâte varie en fonction du dieu : un taureau pour Ptah, une oie pour Amon, un ibis pour Thot. Élevé dans un enclos, l’animal est traité comme un dieu.
Le régime alimentaire des dieux Plus mesuré que les humains, les dieux mangent pour se nourrir. Question nourriture, ils sont plutôt frugaux. Ils consomment sans excès les offrandes que leur fait apporter le pharaon dans les temples. Leur régal ? Du pain et de l’eau fraîche et pure, tout simplement. Rappelez-vous du châtiment infligé au glouton Sobek, le dieu crocodile.
Amours et sentiments des dieux Autre point commun avec les humains : les dieux éprouvent des sentiments et même des passions. Ils aiment, ils détestent, ils jalousent, ils complotent, ils se disputent, ils se mettent en colère, ils se battent, et même certains cherchent à en éliminer d’autres. Sans y réussir tout à fait. Car les dieux sont immortels, même noyés et découpés en morceaux comme Osiris. Du haut du ciel, les dieux regardent vivre les hommes. Rien ne leur échappe.
Le costume des dieux En égypte, les dieu se moquent bien de la mode. Chez-eux, pas de “fashion victime”. Tout au long de l’histoire égyptienne, elles conservent le même costume, en lin blanc et plutôt léger. Jugez-en vous-même :
Pour les hommesUn pagne droit avec un pan qui est plissé à l’oblique (chendjit), une ceinture fermée par le nœud d’Isis (ou nœud tit), un symbole protecteur, qui maintient la “jupette”. Parfois, le torse est couvert d’un corselet à bretelles sans manches, décoré d’un motif de plumes. Les dieux qui ont un rapport avec la mort, la renaissance et les nécropoles sont enveloppés dans un linceul. C’est le cas d’Osiris, de Ptah et de Khnoum.
Pour les damesUne robe fourreau à deux bretelles, blanche ou colorée, en rouge notamment. Parfois, une résille de perles dessinant des losanges se superpose à la robe.
Côté parures, les dieux se soignent. Large collier de perles sur la poitrine, bracelets aux poignets et sur le haut des bras et quelquefois aux chevilles.
Autres signes de reconnaissance Si on ne reconnaît pas les dieux à leur costume, comment les identifie-t-on ? À leur tête, si c’est celle d’un animal. L’ibis, par exemple, ne prête son apparence qu’à un seul dieu : Thot. Le faucon se montre beaucoup plus généreux. Nombreux sont les dieux qui ont une tête de faucon. Pour les distinguer, il ne reste plus qu’à observer leur coiffure : le disque solaire entouré du cobra est la parure de Rê-Horakhty ; le disque solaire dominé par deux plumes et entouré par deux cobras n’appartient qu’à Montou. Quant à Horus, fils d’Isis et d’Osiris, il se pare de la double couronne ou pschent (Pa sekhemty). Et si un doute subsiste, pourquoi ne pas lire le nom du dieu indiqué en hiéroglyphes ?
Coiffes et couronnes divines
Caractères généraux des divinités Parallèlement, comme le pharaon, les divinités ont leurs emblèmes ; on retrouve des caractères généraux communs à tous les personnages divins. Les dieux à tête humaine portent la barbe divine (khebesout) à l’extrémité recourbée. Sauf Ptah, qui juge bon de rappeler qu’il a exercé la royauté avant les pharaons en arborant la barbe royale, droite et en forme de trapèze. Accrochée à la ceinture du pagne pend la queue de taureau, le même symbole de force que pour le pharaon. Dieux mâles et femelles tiennent le sceptre ouas, emblème de pouvoir, un bâton recourbé ou droit terminé en bas par une fourche et surmonté d’une tête d’Anubis. Dans l’autre main, les divinités enserrent le signe de la vie, la croix ansée (ankh). Un bienfait qu’ils donnent au roi et aux hommes.
La représentation physique des dieux Dès la fin de la IIe dynastie, il existe une vingtaine de dieux qui sont représentés sous trois formes différentes, chacune d’elles exprimant certains principes fondamentaux et sacrés :- d’une part une silhouette humaine portant des attributs spécifiques ;
- ensuite, un corps humain avec une tête d’animal spécialement dédié à cette divinité ;
- enfin, l’animal lui-même représentant les qualités du dieu.
La forme humaine des dieux, les rend accessibles, plus proches des hommes et plus ouverts à leurs préoccupations quotidiennes.
Le dieu Anubis, sous sa forme animale Leur apparence animale est la métaphore de leur fonction : ainsi Rê possédait-il une tête de faucon, oiseau au vol rapide. Hathor, déesse de l’Amour et du Rire, avait la tête d’une vache. Anubis, à tête de chacal (parce que cet animal ravageait les tombes du désert), pèse après la mort les mérites et les fautes du défunt et préside aux cérémonies de l’embaumement. Moût avait la tête d’un vautour, et Thot celle d’un ibis. Ptah, il était représenté avec une tête humaine, bien que parfois on lui donnât l’apparence d’un taureau, nommé Apis. Le cobra, bien que dangereux, est devenu le protecteur des tombes et on le trouve parfois figuré dressé (uraeus) sur le devant de la double couronne du pharaon ; son image est souvent reproduite dans les tombeaux pour dissuader les pilleurs de sépultures. Le python, disparu d’Égypte à l’époque pharaonique, a survécu dans le panthéon comme Apopis, le principal ennemi de Rê, allié dans sa tâche de destruction à Seth.
En raison de leurs liens avec les dieux, ces animaux étaient vénérés, mais des animaux sacrés furent aussi adorés dans les temples comme incarnations divines, surtout à l’époque de la XXVIe dynastie. Les dieux étaient également représentés par des symboles, tels le disque du soleil ou les ailes de faucon qui figuraient sur la coiffe portée par le pharaon.
Rê ou Râ Divinité solaire de l’Égypte antique, source de la lumière et de la vie, Rê adopte de multiples formes et noms : Rê-Horakhty, à tête de faucon ; Atoum, entièrement homme et Khépri, le scarabée (à gauche) sont les aspects les plus fréquents. Sa capitale fut Héliopolis (Per-Rê). Dès la IVe dynastie, sous Khephren, les rois se proclamèrent fils de Rê et conservèrent cette filiation solaire jusqu’à la fin de la civilisation égyptienne.
De même, les dieux du panthéon aspirant à l’universalité se virent adjoindre le nom de Rê : le plus connu fut Amon-Rê. Sous le Nouvel Empire, Rê fut associé au culte d’Osiris. Selon la légende, Rê était le père d’Hathor.
  Les dieux Amon (à gauche) sous forme de silhouette humaine et Thot (à droite) sous forme de corps humain à tête d’animal Une autre particularité, est le fait que sous un apparent polytéisme, les égyptiens adoraient un dieu principal. Ils le vénéraient, par l’intermédiaire d’une kyrielle de divinités secondaires, symbolisant toutes le « Dieu unique » (Akhénaton, connu sous le nom de pharaon hérétique, imposa, durant son court règne, une religion plus monothéiste et exclusive du disque solaire Aton). Ils imploraient ces divinités par leurs animaux sacrés tels le chat ou le crocodile.
Les représentations des divinités étaient réalisées en diverses matières : pierre dure, pierre fine, argile, bois, cire, terre cuite et émaillée, porcelaine, bronze, or et argent. Lorsqu’elles étaient peintes, l’artiste utilisait toujours des couleurs conventionnelles consacrées. Rien n’était laissé à l’arbitraire de l’artisant qui devait respecter un système de concentions strictes, de manière à ce que l’œuvre exprime une constante unité. L’interprétation en est facilitée par le fait que, sans exception, certains attributs reviennent toujours aux mêmes dieux.
Un document exceptionnel de Jean-Franois Champollion - 11,364 Mo Notice documentaire dieux locauxTout dieu égyptien étant un dieu manifesté (et non un dieu révélé) dont la réalité suprême est ailleurs (dans l’« imaginaire », au « Ciel »), le fait qu’il soit local (localisé ou localisable) n’a rien d’étonnant, même si son message, sa passion ou son œuvre ont une portée universelle. D’ailleurs, Jésus, Dieu incarné, est bien né et mort en Palestine, même si sa Passion a valeur planétaire.
Article(s) complémentaire(s)
Catégorie / Titre : Un peu de mythologie / Le Panthéon égyptien
Date de création : 23/01/2005 - 10:15 -¤-
A été modifié le : 23/09/2008 - 09:15
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Réaction n°4 |
par Clovis
le 02/04/2007 - 20:29 Merci ! Merci car je recherchais un symbole liant un dieu egyptien à un élément , et je n'avais que le mot - plume - pour le trouver , et ceci en dehors de la déesse Maat !
Grace à ce site j'y ai trouvé SHOU !
Voilà, un bon aperçu de votre site, puisqu'il m'a permis de relier ces deux mots, plume et air à ce dieu séparant la terre de la voute céleste ! |
Réaction n°3 |
par bavieca le 03/07/2005 - 10:42 Salut, je viens de faire un petit tour sur ton site. Je suis heureux que tu aies pris en compte mes critique, ainsi, tu as judicieusement rectifié certains points subversifs. Je trouve à présent ta partie mythologie satisfaisante.Je t'enverrai si tu veux ma définition du "noun" .Voila je n'ai rien d'autre à ajouter! Bonne continuation |
Réaction n°2 |
par Georges
le 01/07/2005 - 10:25 Bonjour bavieca,
Nullement vexé, je te remercie d’avoir pris le temps de t’exprimer. Cela permet de connaître les attentes des lecteurs.
On peut toujours faire mieux et en ce qui concerne (entre autres) la définition du “Noun”, j’ai précisé un peu plus haut qu’il s’agissait, ici, “d’une vue synthétique sous forme de tableaux succints”. Des fiches plus détaillées sur chacun d’eux viendront enrichir le site en fonction de mon temps disponible et de vos contributions.
Je ne suis qu’un passionné qui essaie simplement de partager le peu qu’il connaît et attend beaucoup de vos réactions mais aussi des informations que chacun voudra bien me communiquer.
J’espère que ma réponse te conviendras et que tu continueras à me rendre visite.
Bien cordialement, Georges |
Réaction n°1 |
par bavieca
le 30/06/2005 - 16:30 Bien que j'admire le travail que tu as accompli, il reste tout de même bon nombre d'imperfections et en particulier ta définition du "noun" qui est très discutable! Je pense que tu as privilégié l'esthétique au contenu, tu peux encore améliorer. Voilà, j'espère que tu n'es pas trop vexé! Je te rappellerai. |
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