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L’Égypte pharaonique


Quelques repères


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Ne sois pas arrogant de tes connaissances. Mais soit confiant de savoir que tu es un de ceux qui savent.
 Enseignement de la sagesse de Ptah-Hotep 

Grâce aux papyri (pluriel de papyrus) et autres sources anciennes comme le calendrier fondé sur des observations astronomiques, en particulier le lever héliaque de l’étoile Sothis (Sirius), ce qui permit à nos astronomes modernes et à nos historiens de retracer la chronologie de l’Égypte ancienne. Ils ont ainsi pu dater le règne de certains pharaons et établir la durée de leur règne. Pour certains autres, cependant, des débats subsistent. Les dates (qui ne sont que des approximations) varient donc d’une source à l’autre  celles utilisées dans ces pages (réf. datation du Louvre) peuvent être différentes de celles des livres ou articles que vous avez pu lire sur le sujet.



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Chronologie simplifiée de l’Égypte ancienne


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Chronologie égyptienne

Plus de 5000 ans d’histoire, trente dynasties, quelque 500 souverains, l’Égypte antique est la seule civilisation du monde à avoir connu pareille longévité. Aussi sa chronologie est-elle particulièrement complexe.

Du fait de périodes de transition obscures mal connues, l’établissement de la chronologie pose un problème malgré l’existence de documents très importants car les scribes compilèrent dès le début de leur histoire des annales et en conservèrent l’usage jusqu’à la fin de leur civilisation.

L’histoire pharaonique peut s’intégrer dans un premier cadre de chronologie relative, auquel se superpose une chronologie absolue. La chronologie relative prend ses sources dans la subdivision en trente dynasties déterminée par Manéthon ; un chronographe postérieur en ajouta une trente et unième, représentée par les rois perses qui occupèrent l’Égypte. Cette ère dynastique plurimillénaire s’ouvre avec le premier roi qui, selon la tradition, unifia l’Égypte, le roi Narmer-Ménès (3100 av J.C.), et se clôt avec la conquête du pays par le jeune Alexandre en 332 av. J.C. ; ces repères chronologiques coïncident également avec ceux de l’égyptologie proprement dite.

En ce qui concerne la chronologie absolue, les choses se compliquent : les Égyptiens, en effet, ne connaissaient pas notre méthode de datation, qui part d’un point zéro conventionnel et évolue dans les deux sens (« avant » et « après » Jésus-Christ). Eux repartaient à zéro à chaque nouveau souverain, de sorte qu’il est très difficile de fixer une chronologie absolue. D’autant plus qu’aucun document complet ne nous donne les années de règne de chaque roi et que plusieurs dynasties ont régné simultanément, comme ce fut le cas pour les IXe et Xe dynaties héracléopolitaines et la XIe dynastie thébaine. Ceci n’aurait pas constitué un vrai problème si nous connaissions la succession complète des pharaons et la durée de leurs règnes. Malheureusement, les Égyptiens ont laissé peu de listes royales, et s’arrêtent au règne du pharaon qui les a demandées. De plus, les historiens n’hésitaient pas à supprimer des listes les pharaons qui n’étaient pas appréciés à la cour, sans combler les années manquantes : la dernière année du règne d’un pharaon X pouvait être suivie de la première année du règne du pharaon Y, qui avait vécu un siècle plus tard.

Dans certains cas, heureusement, nous savons que le début de l’année civile coïncide avec celui de l’année astronomique, et les astronomes peuvent donc nous fournir des dates permettant de définir le début d’une chronologie absolue, dans laquelle on intègre ensuite les nombreuses pièces de cette mosaïque complexe : comparaisons avec les autres cultures connues et datées, datations croisées, analyses de laboratoire, etc. Nous savons que le lever héliaque de Sothis eut lieu en l’an 7 de Sésostris III ; on a pu établir ainsi que ce roi avait commencé à régner entre 1888 et 1885 av; J.-C. Mais au-delà, on a cru nécessaire, jusqu’à une époque récente, de faire partir le calendrier d’un jour où le 1er de l’an égyptien a coïncidé avec un lever héliaque de Sothis. Cette coïncidence se produisait tous les 1461 ans, parce que les Égyptiens avaient une année de 365 jours seulement, et que le décalage de 1/4 de jour était rattrapé au bout de ce nombre d’années. Toutefois, la plupart des travaux en égyptologie comportent des dates qui varient de plusieurs années d’un auteur à l’autre.


1. Tous ces calculs nous ont donc livré une chronologie relative (ou courte) et une chronologie absolue (ou longue). Mais aucun argument ou aucun fait péremptoire n’oblige à admettre l’une des deux. La première avait pour elle une indication de Diodore qui admettait avant lui 5 000 ans d’histoire égyptienne. La seconde a pour elle les synchronismes avec les civilisations voisines. Malheureusement, ces derniers ne sont nets qu’à une époque récente. Aujourd’hui, tout le monde se sert de la chronologie courte - ce qui n’est pas une raison suffisante pour la croire plus vraie. Au troisième millénaire, les dates sont tout à fait approximatives ; au second millénaire, elles sont approchées.


2. La chronologie de l’Égypte ancienne se divise en trois Empires (Ancien, Moyen et Nouvel) séparés par des Périodes Intermédiaires : la notion d’Empire est synonyme d’une période de stabilité et d’unité où le pays est gouverné par un seul roi, une politique d’expansion extérieure, et une prospérité économique et artistique ; par opposition, une Période Intermédiaire est une époque de crise politique ou/et économique, de repli, voire d’invasions.
Ces deux notions ont été introduites par les historiens allemands, en particulier des Prussiens, en 1844 dans un contexte où l’unité allemande, sur le modèle du Saint Empire Romain Germanique et de l’Empire romain, est dans l’air du temps. À cause de leurs connotations idéologiques, les Français ont adopté ces termes assez longtemps après les Allemands.
La division moderne de l’Histoire égyptienne en Empires et Périodes Intermédiaires correspond néanmoins à une réalité reconnue par les Égyptiens eux-mêmes : un bas-relief du Ramesseum (temple de Millions d’Années de Ramsès II à Thèbes-Ouest) représente une fête au cours de laquelle les statues des rois sont portées en procession. Ces statues sont classées en 3 rangées conduites respectivement par Ménès (1er roi d’Égypte selon la tradition), Montouhotep II (1er roi du Moyen Empire) et Ahmosis (1er roi du Nouvel Empire).
Les Egyptiens avaient donc conscience que certains souverains ont joué un rôle d’unificateur et ont rendu à l’Egypte son éclat.




Principales références

  • La Pierre de Palerme. Il s’agit ici du fragment le mieux conservé d’une grande dalle rectangulaire, dont les faces antérieure et postérieure portent les Annales royales, racontant, année par année, les événements importants survenus sous le règne de chaque pharaon depuis la fin du IVe millénaire avant notre ère, de Narmer, premier pharaon de la Ière dynastie (rois archaïques) jusqu’à Néferirkarê, troisème pharaon de la Ve dynastie (2483-2463). Elle rassemble de façon chronologique les données éparses de l’archéologie et de la tradition.


  • La pierre de PalermeDétail de la pierre de Palerme
    La pierre de Palerme
    bouton+.gif Le Musée de Palerme vous en dit plus…
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  • La La pierre de Shabata. Il s’agit d’une épigraphie fragmentaire (conservée au British Museum de Londres) provenant du temple de Ptah à Memphis : elle donne une liste de rois anciens. Mais la perte de la partie supérieure nous prive de la liste des pharaons antérieurs à la Ve dynastie.
    Elle parle également de la création du monde et du rôle décisif de Ptah, roi-dieu de Memphis.


  • Des listes ou tables de pharaons, classées en ordre chronologique, ont été gravées sur les parois de certains temples et même, parfois, dans des tombes.

    • Les Tables de la « Chambre des Ancêtres » de Karnak, qui datent du règne de Thoutmôsis III (XVIIIe dynastie), mentionne 61 noms, reprenant la liste des premiers pharaons jusqu'au règne de Thoutmosis III. Elle est conservée Musée du Louvre à Paris


    • Dessin de Peter Lundström, 2009 - usage libre
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    • La Table royale de Saqqarah, pierre gravé trouvée dans la tombe de Tournaï, un directeur des travaux (scribe) de Ramsès II. On y compte quarante-sept cartouches royaux, allant d’Adjib (Ire dynastie) à Ramsès II lui-même (XVIIIe dynastie), sur les cinquante huit qui s’y trouvaient à l’origine. Y sont exclus les souverains de la première Période Intermédiaire et les rois hyksos de la seconde Période Intermédiaire. Aujourd’hui, on peut la voir au musée du Caire.

    • Dessin de la liste de Saqqarah
      La liste de Saqqarah - Dessin provenant du site antikforever.com  
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    • La Table royale d’Abydos est la plus célèbre des listes. Découverte par Auguste Mariette elle se trouve dans le temple de Séthi Ier (XIXe dynastie), à Abydos. Y figurent 76 noms de pharaons, de Narmer-Ménès, considéré par les Égyptiens comme le fondateur de la monarchie unifiée, jusqu’à Séthi Ier.

    • Bas-relief du temple de Séthi Ier où l'on peut lire la liste des rois
      Les Tables d’Abydos - Temple de Séthi Ier
      bouton+.gif Séthi Ier vous en dit plus…
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    • La Table du temple de Ramsès II à Abydos, une liste fragmentaire, conservée au British Museum.

    • Le canon royal de Turin”, découvert par Drovetti, consul général de France au Caire, qui le vendit au roi de Sardaigne en 1824. C’est un long papyrus d’origine memphite, gravement endommagé et composé de 300 fragments, écrit sans doute sous le règne de Ramsès II (XIXe dynastie). Il est rédigé en écriture cursive, dite hiératique (sacrée), à l’inverse des documents précédemment cités qui le sont en hiéroglyphes. C’est une liste chronologique (qui reprend en majorité des informations identiques à celle figurant sur la pierre de Palerme) de tous les souverains, depuis le règne des dieux et des serviteurs d’Horus (rois archaïques). Elle indique la date précise et le nombre de leurs années de règne. Le dernier pharaon à y figurer est Mérenptah, fils et successeur de Ramsès II.

    • xxx
      Détail du Canon royal de TurinC’est Champollion, de passage au musée de Turin où ce papyrus est toujours conservé, qui le retrouva par chance au fond d’une boîte abandonnée. Examinant les doucuments de la collection Drovetti, il écrit :
      Je fus saisi d’un froid mortel en voyant une table de dix pieds de longueur couverte dans toute son étendue d’une couche de débris de papyrus d’un demi pied d’épaisseur au moins… Dans ces restes si fragiles et si mutilés d’un monde qui n’est plus, j’ai vu… que le temps réduira au même niveau… ce qu’il y a de plus grand et de plus petit, de plus grave et de plus futile, de plus triste et de plus gai.
      Et examinant le papyrus royal :
      J’avoue que le plus grand désappointement de ma vie littéraire est d’avoir découvert ce papyrus dans un état aussi désespérant. Je ne m’en consolerai jamais.
      Malgré le fait qu’il soit très fragmentaire, son importance pour établir la chronologie égyptienne est considérable.
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    • Aegyptiaka. L’histoire de l’Égypte écrite par le prêtre Manéthon est l’outil le plus fréquemment utilisé. Les rois, depuis Narmer jusqu’à la conquête d’Alexandre le Grand, y sont répertoriés en 30 dynasties et regroupés en grandes périodes.

     
     La chronologie de Manéthon, “le père des dynasties égyptiennes”

    Plutarque nous apprend que l’Égyptien Manéthon, Grand-prêtre, prophète d’Héliopolis et historien fut contemporain des règnes de Ptolémée Ier et de Ptolémée II. Il vécut au IIIe siècle avant J.-C. à Sebennytos, dernière capitale pharaonique située dans la partie nord-est du Delta. Il fut de ceux qui, sous le règne de Ptolémée Ier Soter, introduisirent en Égypte le culte de Sérapis en 285 avant J.-C.

    De tous ses écrits, c’est certainement son histoire de l’Égypte, l’Aegyptiaka en 30 volumes - chroniques de l’histoire égyptienne réalisées à partir d’archives secrètes du clergé local - qui est le plus important. Il l’écrivit, à la demande de Ptolemée Ier Sôter, en grec, la décomposant en Dynasties. Cette classification est encore de nos jours retenue par les historiens modernes. Les fragments de son Histoire universelle d’Égypte nous sont parvenus grâce à l’historien juif, Flavius Josèphe (1er siècle de notre ère) et par les chrétiens Africannus et Eusèbe de Césarée (3e siècle de notre ère).

    Seuls quelques fragments de ces textes sont parvenus jusqu’à l’historien juif Flavius Josèphe (Ier siècle après J.-C.) qui les cita dans son écrit Contre Apion.

    Manéthon classe les souverains en trente dynasties, du règne de Ménès à la deuxième conquête perse du pays par Artaxerxès III, mais dans l’Épitomé (abrégé de l’ouvrage de Manéthon parvenu jusqu’à nous à travers la Chronographie de Georges le Syncelle), on ajoute une trente et unième dynastie qui englobe les derniers rois perses et Alexandre le Grand. L’Épitomé était divisé en trois volumes. Le premier rapportait les faits qui s’étaient déroulés depuis la création du monde jusqu’à la XIIe dynastie. Le second embrassait la période allant de la XIIe à la XIXe dynastie incluse. Le dernier allait des débuts XXe dynastie à la mort de Nectanébo, qui correspondait à la deuxième conquête de l’Égypte par les Perses, en 343 avant J.-C.

    Les fragments des Aiguptiaka que nous possédons comportent des renseignements historiques, mais aussi des anecdotes plus ou moins romancées. Ils fournissent non seulement la trame générale de l’histoire de l’Égypte, mais aussi et surtout le cadre chronologique des dynasties et leur origine. Cette chronologie a d’ailleurs été adoptée par les historiens contemporains.

    C’est aussi à Manéthon que l’on doit l’hellénisation de certains noms égyptiens comme Aménothep en Aménophis, Sénousret en Sésostris…
     
     
    Plus de détails - 1 et Plus de détails - 2   sur Wikipédia, l'encyclopédie libre


  • Récit historique : « Histoire II d’Hérodote »

    Après de grands voyages en Asie, au-delà de Suse, il va en Afrique où il remonte le Nil jusqu’à l’île Éléphantine en 440 av. J.-C. Géographe, il s’intéresse à l’origine des crues du Nil. Ethnologue, il attache une grande importance aux sources écrites et se fait lire les archives des temples. Sociologue, il se renseigne sur les usages, les coutumes, la religion.

    Certes il ya des erreurs dans l’œuvre du « père de l’histoire » (noms de lieux, distances, etc.), mais comment pourrait-il en être autrement, s’agissant d’un voyageur étranger isolé, parcourant un pays qui s’étend sur mille de nos kilomètres ? Il fut le premier à avoir (entre autres) identifié correctement le constructeur de chacune des trois grandes pyramides. Jean Vercouter s’exprime ainsi à propos de lui : « On s’aperçoit que, fort souvent, ce qui paraît être le fruit d’une imagination fertile ou d’une mauvaise information de la part de ses interlocuteurs est en fait exact. » Hérodote introduisit un peu de méthode dans l’histoire, ce qui ne fut pas toujours du goût des Grecs ; il fut critiqué d’autant plus que certains faits rapportés par lui, après ses voyages en Asie et Europe, leur apparaissaient invraisemblables : de récentes découvertes montrent qu’il dit vrai.


  • L’archéologie des deux derniers siècles

    L’archéologie d’aujourd’hui n’est plus aussi brutale que celle du passé. Ne parlons pas du calife Al-Mamoûn, le fils du célèbre Haroun al-Raschid, qui s’attaqua à l’entrée de la pyramide de Kéops avec le feu et l’eau, encore moins de la force prodigieuse de Belzoni qui défonçait un tombeau en dix jours et quelquefois en dix heures, ni des procédés de Vyse qui employait la poudre à canon pour découvrir les secrets de la Grande Pyramide, pas plus que du dégagement trop rapide des grands sites comme Saqqarah et Tanis par Mariette.

    Le pillage du patrimoine égyptien ne cessa qu’au cours du siècle dernier et c’est l’archéologue anglais Pétrie qui, à la fin du XIXe siècle, donnera le départ de l’archéologie scientifique : il sera relayé par de nombreux archéologues de talent.



Catégorie / Titre : Un peu d’histoire / Quelques repères
Date de création : 03/06/2004 - 09:57  -¤-  A été modifié le : 07/05/2010 - 11:57

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