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Environnement naturel


La faune de l’époque


Que ce soit sur les bas-reliefs, à travers les caractères hiéroglyphiques ou par les sons qu’ils représentent, animaux et végétaux sont omniprésents dans la civilisation égyptienne.

Au-delà de leur signification linguistique et philosophique, leur étude est du plus haut intérêt scientifique car c’est l’un des seuls témoignages historiques qui nous renseigne sur la composition précise de la faune et la flore qui vivaient sur terre plusieurs siècles avant notre ère.

Les souverains selon les siècles et les civilisations ont fait appel à la représentation animale, symbole de majesté et de puissance militaire ou politique. Par la beauté de leur apparence, la vigueur de leur nature, ces animaux ont participé à la mise en scène du pouvoir, parfois même en devenant le substitut iconographique du monarque.




Photographie du célèbre zodiaque de Denderah, conservé au musée du Louvre, à Paris
Le zodiaque de Denderah est l’un des nombreux témoins de la présence d’animaux en Égypte ancienne.bouton+.gif Le Louvre vous en dit plus…


La faune égyptienne est aussi nombreuse que variée. Les marais et les déserts sont peuplés d’animaux sauvages et sont continuellement la cible des chasseurs. Un grand nombre d’entre eux font l’objet d’un culte.  --> voir à gauche : la rubrique “Un peu de mythologie » Le livre des Dieux”

Bas-relief représentant un des travaux des champs : le labourage
Travaux des champs : labourage

Abou et Bakou, les lions, encadrant Rê et la croix de vie, symboles de force et d’éternité

Tombe de Deir el-Medineh
Les lions Abou et Bakou

Bas-relief de la tombe de Mérérouka représentant un troupeau de bœufs traversant le Nil
Bas-relief de la tombe de Mérérouka

Hippopotame en faîence bleue

conservé au musée du Louvre
Hyppopotame - Musée du Louvre

Tête d’autruche
Une belle autruche

L’éléphant, le rhinocéros, la girafe, le serpent python que rencontraient les hommes du néolithique ont émigré vers le sud au début des temps historiques, d’autres espèces ont été refoulées dans le désert et d’autres ont accepté la domestication : le chien, le bœuf et l’âne, le mouton et la chêvre.

Sur les nombreux bas-reliefs de l’Ancien Empire relatifs à la vie rurale on distigue deux espèces de bœufs. Le neg, assez haut sur pattes, maigre et farouche, bien encorné, vit et se reproduit dans les prairies. Les femelles étaient dressées à tirer la charrue ; les mâles à l’occasion tiraient de lourds fardeaux. Son nom est encore employé dans les langues africaines. Le ioua est le Bos africanus, plus lourd et plus corpulent que le neg. C’est surtout un animal de boucherie. Les égyptiens l’importaient par chalands entiers du Soudan où actuellement circulent d’immenses troupeaux de bœufs.

De nos jours il y a plus de buffles que de bœufs en Égypte, sauf en quelques cantons du Delta. Le cheval n’a atteint l’Égypte qu’à l’époque des Hyksôs. On l’attelait pour la guerre et pour la promenade. L’âne a toujours été le compagnon du fellah (paysan) et se plie à divers travaux.

D’autres quadrupèdes bien plus rebelles à la domestication vivaient isolés ou en troupeaux dans les ouadi du désert. Les Égyptiens s’efforçaient de les capturer et même n’avaient pas renoncé sous l’Ancien Empire à les apprivoiser. C’étaient l’oryx aux longues cornes droites, le daim, le bouquetin, le mouflon, l’addax, la gracieuse gazelle. Au cours des parties de chasse, les Égyptiens se heurtaient aux carnassiers qui poursuivaient le même gibier ; le lion qui disparaîtra progressivement, au point que les Pharaons au Nouvel Empire vont le chasser en Mésopotamie ; la panthère, le loup, le renard et le chacal, l’hyène que l’on a essayé de dresser avec un petit succès pour la chasse.

Les naturalistes ont pu identifier ces animaux et d’autres grâce à l’esprit d’observation que les artistes égyptiens possédaient d’une façon éminente et qui leur faisait reconnaître les caractères propres aux espèces et même aux variétés. Ils ont appliqué ces qualités aux animaux aquatiques. Le latès, en égyptien âha, le combattant, a presque la hauteur de ceux qui l’ont capturé et l’emportent pendu à une rame. Les muges qui vivent dans la mer remontent les branches du Nil, ce que fait aussi un « monstre marin », le dauphin. Une sorte de synodonte a pris l’habitude de nager sur le dos, si bien que son ventre est devenu noir d’où son nom de batensoda. Le Chromis niloticus, qui ressemble à nos carpes, vit encore actuellement en Égypte, mais aussi dans le lac de Houlé en Palestine, peut-être parce que le papyrus lui est nécessaire. Un poisson très singulier est le fahaka que la nature a créé, disait plaisament Maspero, dans un moment de bonne humeur ; il se gonfle d’air et après avoir basculé se laisse aller au fil de l’eau, exibant son ventre argenté.

Des hôtes de plus grand format fréquentaient les eaux égyptiennes. Le crocodile, parfaitement capable d’entraîner un imprudent au fond de l’eau, parcourait le Nil dans toute sa longueur, ainsi que les lacs et marais. L’hippopotame ne le quittait guère. Ces espèces étaient ennemies, car le crocodile guettait la femelle de l’hippopotame au moment où elle allait mettre bas et ne faisait qu’une bouchée du petit. Le mâle survenait trop tard et engageait une lutte mortelle avec le ravisseur. Les Égyptiens momifiaient les crocodiles par milliers et harponnaient les hippopotames qui renversaient parfois les embarcations de papyrus.

D’innombrables oiseaux migrateurs attirés par les arbres fruitiers, les champs, les grands marais venaient passer l’hiver et souvent se fixaient dans le pays. L’ibis momifié et inhumé comme un dieu a disparu en même temps sans doute que le lotus et le papyrus. Comme autrefois, les petits oiseaux parfois néfastes égayent la campagne. Au moment où l’on décharge les bottes de céréales, des nuées de cailles s’abattent sur l’aire sans que le paysan essaie de les chasser, car ne faut-il pas que tout le monde vive ? Dans le creux des rochers nichaient des oiseaux de proie, plusieurs espèces de vautours, le milan, la buse, le faucon, l’épervier, sans lesquels l’Égypte n’eût peut-être pas été habitable. Le milan passait pour un voleur mais le faucon et le vautour ont été élevés au rang d’animaux divins. Les autruches vivaient au bord du désert et le matin couraient au-devant du soleil levant.

Le scorpion, la vipère et le cobra piquaient et faisaient mourir un grand nombre de personnes. Ils s’attaquaient même aux dieux. Des hommes pieux et habiles acquirent de leur vivant et conservèrent après leur mort une grande réputation, car ils étaient capables de préserver leur entourage de ce terrible danger.




Des jardins d’acclimatation


À partir de la XVIIIe dynastie, dont Thoutmosis III et Toutankhamon sont d’illustres représentants, les Égyptiens sont fascinés par les espèces nouvelles venues de pays lointains. La reine Hatshepsout ramène du pays de Pount (les Somali) quantité d’animaux inconnus : singes, lévriers, girafes, oiseaux, qu’elle installe dans son palais de Thèbes (Ouaset), à l’ombre des arbres à encens, créant un magnifique jardin d’acclimatation, le premier connu dans l’histoire.

Représentation du jardin botanique de Thoutmosis III
Un jardin botaniqueDes plantes exotiques et des animaux ramenés de son expédition syrienne par Thoutmosis III. Le pharaon en fit les hôtes d’un parc, mi-jardin botanique, mi-zoo.


Assurbanipal, le dernier grand roi assyrien, s’amuse à chasser les lions dans les paradeisos, ces espaces clos plantés de palmiers, de vignes et de fleurs, où vivent les animaux sauvages destinés à la cour, à la chasse ou au culte (pour les sacrifices). C’est ce type de petits paradis que découvre Alexandre le Grand en marchant sur Babylone. Fasciné, il demande à Aristote, son ancien précepteur, de les étudier et met à sa disposition des milliers d’hommes. Un parc d’acclimatation avec des animaux ramenés d’Asie (éléphants, faisans, perruches…) est inauguré à Alexandrie.




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Catégorie / Titre : Un peu de géographie / La faune de l’époque
Date de création : 17/11/2004 - 00:27  -¤-  A été modifié le : 16/03/2010 - 10:47

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Réaction n°1 

par Jean-Pierre Berthet le 29/09/2005 - 15:30
Certains, par une étude du ciel et de la position des constellations avaient daté le zodiaque de Dendérah, comme datant de 6000 ans avant J.-C., d'autres allaient même jusqu'à plus de 10.000 ans. Selon la chronologie biblique, en ajoutant l'âge des patriarches, James Usher, archevêque de Armagh au XVIIème siècle, en 4004 avant Jésus-Christ, cela revenait à remettre en cause la Bible, ce qui était impensable, surtout sous la Restauration.

Champollion ne croyait guère à un aussi grand âge, et lorsqu'il trouva la clé des hiéroglyphes, il put démontrer, que le zodiaque ne remontait pas au-delà de Dendérah, ce qui confirmait, les écrits entre autres de Villiers et de Jollois, en attribuant un âge même quelque peu moins grand que celui que trouvaient les deux savants de l'Expédition d'Egypte, qui étaient de loin les plus raisonnables.

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