Trop bien pour IETrop bien pour IE
Immortelle Égypte, don du Nil, bénie des dieux, berceau des fils de Rê.
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Atlas historique


Le Nil est l’axe directeur de l’histoire de l’Égypte. Ses rives fertiles ont donné naissance aux premiers soubresauts de ce royaume, creuset de nos civilisations, qui a matérialisé l’écriture et érigé les premiers monuments de pierre. Le fleuve est la source de vie économique, sociale, politique et religieuse depuis son aménagement. Il y a environ 5000 ans, les états indépendants des « deux Nil » rouge (Haute-Égypte et ses déserts) et noir (Basse-Égypte et son Delta fertile) unifiés selon la règle de Narmer-Ménes, créent la première dynastie des pharaons. Les pharaons considérés comme divins, règnent alors sur une société très structurée.




Les grandes étapes de l’histoire égyptienne


Carte des grandes étapes de l’histoire égyptienne

Quelques pharaons parmi les plus célèbresPortrait de quelques pharaons parmi les plus célèbres : Narmer, Djoser, Thoutmosis III, Akhenaton, Ramsès II

Période Prédynastique
Période Thinite
Ancien Empire
Première période intermédiaire
Moyen Empire
Deuxième Période Intermédiaire
Nouvel Empire
Troisième Période Intermédiaire
Basse Époque
Époque Ptolémaïque ou Lagide

Les capitales de l’ancienne Égypte
Autres villes
Archéologie de l’Égypte


L’Égypte est une région contrastée et cosmopolite, où l’agriculture exigea très tôt une organisation communautaire. La vallée du Nil, facilitant les déplacements et les contacts dès la préhistoire, permit d’atteindre une cohésion économique et culturelle bien avant que n’émergence une administration centralisatrice.

Vers 3200 av. J.-C., tous les éléments sont déjà en place pour composer l’Égypte pharaonique. Les populations des plateaux saharien et arabique ont fui ces régions gagnées par le désert et se sont sédentarisées le long de la vallée du Nil, que la crue inonde régulièrement de limon, créant ainsi les meilleures conditions pour une agriculture savament irriguée. Le fleuve nourricier rythme la vie de ce peuple.

Très tôt, l’organisation de l’irrigation et la construction de digues et de barrages sont assurées par les paysans qui vivent sous la double loi du Nil et du pouvoir central. Car en cette aube de la civilisation égyptienne, un monarque de droit divin, le pharaon, instaure un État fortement structuré, qui a autorité sur la Haute et la Basse-Égypte réunies. Pour faciliter l’administration et transmettre les ordres, nécessité se fait sentir de mettre au point un encodage graphique de la langue qui est devenue commune à tous les habitants de l’Égypte. Ainsi naît l’écriture hiéroglyphique, qui emprunte beaucoup de ses signes aux mondes animal et végétal du paysage égyptien.

Simultanément, dans les sanctuaires urbains comme dans les petits oratoires des villages, des prêtres s’organisent en clergé, célèbrent des cérémonies en l’honneur d’un panthéon multiple et polymorphe, et veillent, par leurs rituels, au maintien de l’ordre cosmique, de l’harmonie sur terre et de l’équilibre caractérisés par la notion de Mâat.

La mythologie fait de Pharaon un “dieu” parmi les hommes, qui intercède auprès de ses pairs pour que l’Égypte ne retourne jamias au chaos dont elle est issue et soit protégée contre les dangers qui la menacent.

Dans l’au-delà, les forces du mal guettent le défunt. Aussi l’enterre-t-on avec un mobilier destiné à protéger sa survie et à lui assurer le nécessaire pour qu’il jouisse d’un confort minimum. La momification du mort et la construction d’une tombe décorée sont les premières précautions matérielles

que l’on prend pour maintenir l’enveloppe charnelle dans son intégrité et lui fournir un cadre qui lui rappelle la vie sur terre.

Aux mystères universels que sont la création du monde, l’existence et la fonction des dieux, le destin après la mort, les Égyptiens ont proposé des solutions mythologiques, intellectuelles, techniques et matérielles, qui toutes témoignent de leur volonté farouche de résister à l’anéantissement et à l’oubli.


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Période Prédynastique ¤ 5000-3100

… Dynastie 0


Carte de l’Égypte à la Période prédynastiqueÀ l’orée du VIIe millénaire av. J-C., un boulversement climatique rend la vallée du Nil, jusque-là inhospitalière, propice à l’agriculture. Le Fayoum, notamment, présente les premiers signes d’occupation humaine cinq mille ans avant J.-C. Les petites communautés vivant le long du fleuve cultivent l’orge et les céréales, qui deviendront la base de l’alimentation des Égyptiens.

Au milieu du IVe millénaire (-3150, -3125), le célèbre souverain Narmer (Ménès en grec), commence l’unification des Haute et Basse-Égypte.


L’art du Gerzien

Un vase du GerzienLe gerzien est une période qui s’étend sur sept cents ans (de -4000 à -3300).

Le gerzien B, qui correspond à la période Nagada III (-3500, -3300) représente une étape importante dans l’art égyptien. Les pâtes utilisées pour la céramique sont plus fines. Les motifs stylisés apparaissent de façon systématique : géométriques pour reproduire des végétaux et naturalistes pour représenter la faune et les grands traits de civilisation. Les scènes peintes sur les poteries sous forme de pictogrammes mettent en scène des personnages et des bateaux. C’est à l’époque gerzienne que naît véritablement l’art de l’amulette et des figurines sacrées, que l’on dépose dans des tombes de plus en plus sophistiquées, répliques des demeures terrestres.



Période Thinite ¤ 3100-2700

Les Ire et IIe dynasties


Carte de l’Égypte à l’Époque thinite
picto paix

Après les esprits et les demi-dieux, la première dynastie est censée avoir compté huit rois. Le premier d’entre eux était Ménès à qui son gouvernement du royaume valut grand renom.
 Manéthon, Aegyptiaka 


La palette de Narmer
Palette de Narmer
Cette plaque de schiste (environ - 3000) est l’un des plus vieux documents de l’histoire égyptienne.

La cohésion sociale accrue de l’Égypte protohistorique et l’extension des administrations régionales ont favorisé l’apparition d’une classe dirigeante et d’une royauté d’essence divine.

La première capitale est This ou Thinis (Tin ou Téni), près d’Abydos (Abedju), d’où le nom de thinite.
Fondation de Memphis (Men-nefer), « le mur blanc », qui deviendra capitale sous la IIe dynastie.



Ancien Empire ¤ 2700-2200

IIIe à VIe dynasties


Carte de l’Égypte à l’Ancien Empire
picto paix



La centralisation amorcée sous les dynasties thinites, va permettre le développement artistique et architectural, tandis que toutes les ressources du pays sont regroupées autour du roi.

C’est la grande époque des pyramides : la pyramide à degrés de Djoser à Saqqarah (Dehenet Ankh-Taouy), puis les trois pyramides monumentales de Gizeh (Khéops, Khéphren et Mykérinos),…

Il s’agit aussi d’une période d’expansion territoriale avec la conquête du Sinaï par Djoser et la conquête de la Nubie par Pépi Ier.

La capitale est à Memphis et le dieu impérial est Ptah. Les rois sont enterrés surtout à Saqqarah et en Abydos, cité sainte d’Osiris. Des temples solaires sont édifiés pour rendre hommage aux rois. Les premières traces des textes des pyramides apparaissent à Saqqarah sous le règne du roi Ounas.

La fin de cette période est marquée par la montée en puissance des nomarques et princes locaux par rapport au pouvoir central usé, entre autres, par le long règne de Pépi II. Commence alors une période de décadence qui mènera l’Égypte à la Ire période intermédiaire. L’invasion du Delta par un peuple asiatique marquera la chute de l’Ancien Empire.



Première période intermédiaire ¤ 2200-2046

VIIe au début de la XIe dynasties


Carte de l’Égypte lors de la 1re Période intermediaire.gif
picto troubles

On ne sait pas grand chose de cette période qui dure près de deux siècles. Les pouvoirs provinciaux deviennent autonomes et le pays sombre dans l’anarchie. Il faudra attendre la fin de la XIe dynastie pour que l’Égypte retrouve la stabilité politique.

De Thèbes à Éléphantine

La région dont la capitale est Hiérakonpolis s’étend du sud de Thèbes à Éléphantine, limite sud du royaume égyptien avec la première cataracte. Là encore, comme pour les autres provinces, les nomarques, soucieux de se mettre en marge d’un pouvoir central affaibli et incapable d’assumer son rôle, accèdent à l’indépendance dès la fin de la VIIe dynastie. Plus tard, ils s’allieront aux Thébains, avec à leur tête le futur pharaon Mentouhotep II, pour reconquérir le pays.

Statue du roi Antef III de la XIe dynastie
Antef III

L’art sous cette période

La fin de l’Ancien Empire voit déjà fleurir les arts provinciaux. La 1re période intermédiaire ne fait qu’accentuer le trait : le style est plus libre et, si les œuvres semblent moins soignées, elles sont aussi moins hiératiques. À côté de la grande statuaire, apparaîssent de petite image en calcaire ou en bois représentant les travaux de tous les jours, véritables modèles réduits : armées ; paysans, étables et troupeaux ; ateliers de menuiserie ; etc. Ces maquettes présentent des personnages saisis dans des attitudes très expressives.



Moyen Empire ¤ 2046-1710

De la fin de la XIe au début de la XIIIe dynasties


Carte de l’Égypte au Moyen Empire
picto paix

À partir d’Amenemhat Ier, son fondateur, la XIIe dynastie va connaître au fil des ans un rayonnement inégalé à l’extérieur de ses frontières, donnant à l’Égypte une puissance que peu de dynasties par la suite arriveront à surpasser. Elle le doit à des pharaons soucieux de l’unité et de la stabilité du pays après la longue période d’incertitude politique qu’a été la Première Période intermédiaire.





Buste de Sésostris II - XIIe dynastie
Sésostris II - XIIe dynastie

Politique commerciale

L’expansion vers l’Asie s’accompagne d’une politique commerciale pacifique. La mer Méditerranée devient aux yeux des souverains un passage obligé pour développer les échanges. Les bateaux du Delta n’hésitent pas à se lancer dans des expéditions marchandes, faisant du cabotage le long des côtes africaines, traversant « la Grande verte ». Des relations s’instaurent avec la Crète et Chypre. Byblos qui entretient depuis longtemps de bonnes relations avec l’Égypte, sert de base privilégiée. Il en est de même pour les ports de Mediggo et d’Ougarit, situés plus au nord et controlés par des hauts fonctionnaires égyptiens. Sous la XIIe dynastie, l’Égypte détient ainsi le monopole de la majeure partie du commerce asiatique. En effet, c’est dans ces ports qu’arrivent les caravanes venant de Mésopotamie et de Babylone, chargées d’or, d’objets manufacturés en lapis-lazulli, de perles ou de pièces d’orfèvrerie.



Deuxième Période Intermédiaire ¤ 1710-1550

XIIIe à XVIIe dynasties


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picto troubles

Un manque de vigilance et la faiblesse du pouvoir central entraînent l’émergence de communautés autonomes de Libyens (Xois) et d’Asiatiques (Hyksos, dans le Delta oriental). Le royaume nubio-soudanais de Kerma s’étend agressivement et menace la frontière sud de l’Égypte.

Des rois hyksos occupent alors, graduellement, la Basse-Égypte (le Delta) et la Moyenne-Égypte. Ils auront l’intelligence de se fondre dans le moule égyptien tout en gardant leur propre identité culturelle. Parmi leurs nombreux apports à la civilisation pharaonique, il faut citer au premier chef l’introduction du cheval, de nouvelles armes et méthodes de guerre, sans oublier l’architecture militaire.

Les dynasties thébaines ne règnent plus que sur un territoire limité.




Buste d’Ahmosis Ier

Pendant de longues décennies, les trois forces en présence vont vivre dans une certaine harmonie économique. Ils commercent certes les uns avec les autres, mais surveillent de près leur domaine.

Le roi thébain Séqénenré lance une offensive contre les Hyksos et trouve la mort sur le champ de bataille. Ahmosis, fondateur de la XVIIIe dynastie, initie l’expulsion des Hyksos qui sera achevée par son frère Kamosis. Les Hyksos en fuite sont poursuivis au moins jusqu’au sud de Canaan. Ahmosis met aussi brutalement fin à la culture de Kerma.



Nouvel Empire ¤ 1550-1070

XVIIIe à XXe dynasties


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picto paix


Ahmosis fonde une nouvelle dynastie, la XVIIIe, qui inaugure une grande époque. La Nubie est reconquise jusqu’à la 4e cataracte, la Palestine soumise, la Syrie et la Phénicie rendues dociles.

Face à la capitale Thèbes (Ouaset), la vallée des Rois devient la grande nécropole royale : des tombes qui accumulent des trésors incroyables. Thèbes voit croître et embellir une immense cité religieuse à Karnak, dédiée au dieu d’empire, Amon-Rê. Toute une série de grands pharaons, de Thoutmosis Ier à Amenhotep III, vont régner.


Cette brillante série est interrompue par Akhénaton qui lance une véritable révolution religieuse. À la place d’Amon-Rê, il impose l’adoration d’Aton « le disque solaire » et fonde une nouvelle capitale, Akhetaton. À sa mort, le dieu Amon et son clergé prennent leur revanche en revenant sur le devant de la scène.

abousimbelatlas.gifAbou Simbel, le grand templeUn certain Ramsès, vizir de son état, hérite du trône laissé vacant par Horemheb. C’est le début d’une nouvelle dynastie, la XIXe, la plus célèbre de l’histoire égyptienne. Elle est illustrée par deux grands rois : Sethi Ier et Ramsès II auxquels il convient d’adjoindre le second pharaon de la XXe dynastie, Ramsès III. À eux trois, ils totalisent un nombre incroyable de temples et de statues. Ramsès II bâtit même une nouvelle capitale dans le Delta, Pi-Ramsès. Le même réussit à contenir à l’est la poussée du grand empire Hittite. Ramsès III, lui, écrase les « Peuples de la Mer » qui cherchaient à s’emparer du delta du Nil.

Après Ramsès III, c’est la décadence politique, la civilisation égyptienne demeurant toujours belle vivace. Les pharaons sont incapables de se faire respecter au Proche-Orient et à l’intérieur des pillards vont même jusqu’à profaner les momies royales de la vallée des Rois. L’Égypte se coupe à nouveau en deux…



Troisième Période Intermédiaire ¤ 1070-664

XXIe à XXVe dynasties


Carte de l’Égypte durant la 3e Période intermediaire
picto troubles

À la XXIe dynastie, les rois-prêtres prennent le pouvoir et les rois alliés s’installent à Tanis, dans le Delta. Au cours des règnes de Smendès, de Psousennès Ier, de Siamon et Psousennès II, le pouvoir politique cherche à s’étendre au-delà du Delta. Tanis reste célèbre pour son site immense et sa nécropole royale, découverte inviolée en 1939.

Les XXIIe, XXIIIe et XXIIVe dynasties libyennes sont concurentes et simultanées. Elles remplacent les rois tanites et établissent leurs capitales à Bubastis, Tanis et Saïs. Le pays est morcellé. La Palestine et la Nubie se dégagent de l’emprise égyptienne, ce qui donne lieu à de nombreuses expéditions militaires (sac de Jérusalem).

Statuette de Taharqa faisant une offrande au dieu Horus
Taharqa fait une offrande au dieu Horus - Musée du Louvre, Paris
La XXVe dynastie, d’origine kouchite (nubio-soudanaise), règne sur l’Égypte. Sous les règnes de Piankhy, Chabaqa et Taharqa, le pays connaît une nouvelle unité politique et un regain de rayonnement national mais, finit par s’écrouler sous les coups de l’Assyrien Assourbanipal.
Taharqa a doté le temple de Karnak de colonnades caratéristiques.



Basse Époque ¤ 664-332

XXVIe à XXXe dynasties


Carte de l’Égypte durant la Basse Époque
picto troubles


La Basse époque égyptienne est l’époque la plus mouvementée pour les habitants du Nil. Il y a une succession d’invasions étrangères et des boulversements dans le pays.

Les nouveaux conquérants, issus de Saïs dans le Delta, libèrent l’Égypte des Kouchites. Cette dynastie est dominée par les trois Psammétique, Nékao, Apriès et Amasis. Très brillante, cette période est marquée dans la production artistique par un retour à l’archaïsme et par le renouveau de la statuaire.





Buste d’Apriès - XXVIe dynastie
Apriès
XXVIe dynastie

Les Nubiens, les Assyriens et les Perses, après les Libyens, envahiront le pays. C’est une dégradation après la venue des Nubiens, derniers rois respectueux envers les traditions égyptiennes, avant l’arrivée des Macédoniens.

La religion se dégrade aussi, on voit des mélanges de divinités ridicules (Bastet en oiseau avec une tête de chat, la divinité Toutou,…). C’est une période de divinisations (Imhotep, Amenhotep fils de Hapou, Horemheb et une prise de pouvoir dégradante (non-respect, destruction notable de Thèbes par les Assyriens,…). Les Égyptiens d'origine n’ont plus la trempe des Ahotep ou des Montouhotep II, mais prient leurs dieux et continuent leurs traditions, bien que repprochées certainement par l’envahisseur. C’est également une époque de torture pour les Égyptiens.



Époque Ptolémaïque ou Lagide ¤ 332-30


Carte de l’Égypte à l’Époque Ptolemaïque





La Momie de Pachéry, visible au musée du Louvre à ParisMomie de Pachéry - Musée du Louvre
Époque ptolémaïque, 332 - 30 avant J.-C. - © R.M.N./Les frères Chuzeville
En 332 av. J.-C., Alexandre le Grand conquit l’Égypte et donna la charge de gouverneur à son général macédonien Cleoménès de Naucratis, d’origine grecque. À la mort d’Alexandre en 323 av. J.-C., Cleoménès prit le contrôle du pays sous le nom de Ptolémée Ier. La nouvelle ville d’Alexandrie, sur la côte méditerranéenne, devint son quartier général ainsi que la capitale culturelle d’Europe. Thèbes perdit finalement toute influence. Toutefois, les Ptolémée successifs construisirent et réparèrent de nombreux temples en Haute-Égypte, y compris ceux de Dendérah, Philae et Edfou. Ils vénérèrent les dieux égyptiens et firent en sorte de prolonger la culture égyptienne plutôt que d’imposer la culture greque.

La Période ptolémaïque prit fin avec la célèbre Cléopâtre. Durant son règne, la reine s’efforçat d’allier son pays à l’Empire romain, notamment par sa liaison avec Jules César dont elle eut un fils, Césarion. Cependant, le destin se retourna contre elle avec l’assassinat de Jules César et sa défaite à la bataille d’Actium. Elle se suicida à Alexandrie en 30 av. J.-C., et l’Égypte ne devint qu’une province lointaine sous la tutelle de Rome, puis de Constantinople.

Le charme de Cléopâtre

On donna le nom de Cléopâtre à de nombreuses princesses ptolémaïques, mais c’est Cléopâtre VII (69-30 av. J.-C.) qui entra dans l’Histoire. Mariée à son frère¨Ptolémée XII à l’âge de 17 ans, elle devait plus tard le détrôner avec l’aide de César. Elle suivit le conquérant à Rome, abandonnant son second mari (un autre de ses frères) et, par la suite, lui donnant un fils, Césarion (Ptolémée XVI). Peu après l’assassinat de César, Marc Antoine se présentait en Égypte et succombait lui aussi aux charmes de la reine égyptienne. Ils se marièrent en l’an 36 av. J.-C. Mais après la terrible défaite à la bataille navale d’Actium, Cléopâtre se fit apporter un panier de figues contenant un serpent qui la mordit mortellement.

Si Cléopâtre semble avoir exercé un puissant attrait sur Jules César et Marc Antoine, les historiens rapportent que cette reine égyptienne ne fut ni d’une beauté frappante, ni d’une grande popularité auprès des Romains qui, quand ils ne la craignaient pas, la méprisaient.



Les capitales de l’ancienne Égypte


Carte des capitales de l’Égypte ancienne
D’Hiéracionpolis, cité prédynastique, à Alexandrie, la dernière grande capitale, l’Égypte a compté nombre de cités mythiques, comme Memphis, Thèbes ou Pi-Ramsès, bâties à la gloire des pharaons. Toutes les capitales ont brillé d’un grand éclat et participé à l’histoire de l’Égypte antique.

De petites capitales éphémères

Les pharaons de la XXIIIe dynastie ne règnent que sur le nord-est de l’Égypte. S’étant révoltée contre le pouvoir central, Thèbes est la capitale de la Moyenne-Égypte. La confusion est totale.

Les rois de la XXIIIe dynastie, forts de leur légitimité, s’installent à Bubastis, dans le Delta, de 756 à 714 av. J.-C. Cette capitale éphémère ne joue qu’un rôle mineur.

Autre capitale provisoire, Sebennytos, l’ancienne Tjeb-netjer, toujours dans le Delta, qui joue le rôle de capitale de 380 à 342 av. J.-C., sous la XXXe dynastie.



Vue du temple de Séthi Ier à Abydos
Abydos, temple de Séthi Ier


Le temple d’Hatchepsout à Deir El-Bahari
Thèbes-ouest, temple d’Hatchepsout à Deir El-Bahari


La nécropole de Tanis
Tanis, une vue de la nécropole


Les ruines de Bubastis
Bubastis, quelques vestiges

Uun des deux sphinx d’Alexandrie
Alexandrie, un des deux sphinx

Hiéraconpolis (Nekhen)

Haute-Égypte, nome 3

Nekhen, appelée Hiéraconpolis, la « cité du faucon » par les Grecs, capitale fédératrice de la Haute-Égypte à la fin de la période Prédynastique (vers - 3150), celle du Roi-Scorpion et de Narmer. D’abord supplantée par sa rivale Nekheb, elle périclite lorsque le roi Ménès-Narmer fonde This ou Thinis (Tin ou Téni).

Abydos (Abedju)

Haute-Égypte, nome 8
(1re, 7e et 8e dynasties)


Située non loin de This, capitale de nome, son origine remonte à la préhistoire. Consacrée dès les origines au dieu funéraire Khentyimentyou, elle fut ensuite liée au culte d’Osiris dont le temple, disait-on, conservait la tête coupée du roi défunt. Par ce fait, Abydos supplanta rapidement la ville de This. Le site est un des plus anciens et des plus sacrés d’Égypte.

Memphis (Men-nefer)

Basse-Égypte, nome 1
(2e à 7e, 8e, 27 et 30e dynasties)


D’abord appelée Ineb-hedj, le « Mur Blanc », puis Ankh-Taouy au Moyen Empire, elle devint Men-nefer, « la bien faite et la belle » à la 18ème dynastie. Fondée par le roi Ménès, premier roi de la 1ère dynastie, elle fut le lieu de culte du dieu créateur Ptah et les prêtres memphites y élaborèrent une des principales cosmogonies égyptiennes, la “cosmogonie memphite”.

Héracléopolis (Khenensou)

Haute-Égypte, nome 20
(9e et 10e dynasties)


Cette ville est située au sud de l’entrée du Fayoum. Tombes de fonctionnaires de cette époque. Temple du dieu local Hérikhef, datant des 12ème et 18ème dynasties.

Thèbes (Ouaset)

Haute-Égypte, nome 4
(11e à 13e, 16e, 18 à 21e, 25e dynasties)


Appelée « la Ville aux Cent Portes », elle fut aussi nommée par le nom de son emblème Ouaset (ou Waset) et les Égyptiens l’appelèrent simplement Niout, « la Ville ». Petite bourgade de l’Ancien Empire, Thèbes fut promue capitale à partir de la 11ème dynastie quand les princes thébains réunifièrent le pays, mais elle atteint son apogée au Nouvel Empire quand, de nouveau, les princes thébains chassèrent l’envahisseur hyksos et rétablirent l’unité du royaume. On y célébrait le culte du dieu Amon qui de dieu local devint rapidement dieu d’empire. La renommée de Thèbes était immense et elle était connue du monde entier. Thèbes s’étendait sur les deux rives du Nil : Thèbes orientale avec les temples de Karnak et de Louxor et Thèbes occidentale avec la nécropole des Rois, des Reines et des Nobles, Deir el-Medineh et les différents temples des Pharaons successifs du Nouvel Empire.

Avaris

Basse-Égypte, nome 19
(15e dynastie hyksos)


Située dans le Delta oriental, les vestiges d’un site archaïque, un ample site urbain occupé du Moyen Empire à la fin de la Deuxième Période Intermédiaire. À partir de la 18ème dynastie, nouveau peuplement et temple dédié à Seth.

Licht (Het ouaret)

Haute-Égypte, nome 22
(17e dynastie)


Ville résidentielle de la XVIIe dynastie comportant à l’ouest la pyramide à étages de Snéfrou, d’Amenemhat Ier, de Sésostris Ier, ainsi que plusieurs mastabas.

Akhetaton

Haute-Égypte, nome ?
(18e dynastie)


Tell El-Amarna ou Amarna est le nom moderne désignant l’antique cité d’Akhenaton, au sud d’Hermopolis Magna (Khemenou) sur la rive orientale du Nil. Placée dans un vaste cirque s’ouvrant sur le fleuve, elle fut fondée par Akhénaton, pour en faire sa capitale et y abriter ses palais, sanctuaires, quartiers d’habitations et ateliers. Tombes de la famille royale dans une vallée voisine. Tombes des fonctionnaires. La ville fût abandonnée dès la mort d’Akhénaton.

Pi-Ramsès

Basse-Égypte, nome 19
(19e dynastie)


Ville dont le nom signifie « la Maison de Ramsès » où Ramsès II établit sa capitale, à côté d’une résidence de son père Séthi Ier à Qantir, dans le Delta oriental. Ses statues et ses obélisques furent transférés deux siècles plus tard pour décorer Tanis, à trente kilomètres au Nord, la nouvelle capitale de la 21e dynastie.

Tanis

Basse-Égypte, nome 19
(19e et 21e dynasties)


Ancienne ville d’Avaris, dans le Delta oriental. Le temenos abrite divers temples dont le temple principal dédié à Amon, et les tombes royales. Strates de l’époque ramesside jusqu’à Psousennès Ier.

Bubastis (Per-Bastet)

Basse-Égypte, nome 18
(21e à 23e dynasties libyennes)


Ville ou était adorée la déesse-chatte Bastet, est l’équivalent grec de l’ancienne Per-Bastet, « la Maison de Bastet ». La grande fête de Bubastis célébrée dans le temple datant de l’Ancien Empire et aujourd’hui en ruines étaient à basse Époque, la plus importante des fêtes égyptiennes.

Saïs

Basse-Égypte, nome 5
(24e, 26e à 28e dynasties perses)

Capitale de Psammétique, fondateur de la XXVIe dynastie. Elle possédait un temple célèbre dédié à Neith-Isis, décoré d’obélisques et de sphinx.

Napata

Nubie

(25e dynastie éthiopienne)

Capitale nubienne du royaume napatéen (ou la première capitale du deuxième royaume koushite) située près de la 4e cataracte.

Mendès

Basse-Égypte, nome 16
(29e dynastie)


C’est de cette ville que vinrent les derniers rois nationaux égyptiens. Mendès fut le berceau de la XXIXe dynastie, et le premier roi de la série, Naïfâouroud (Nephéritès), rendit à l’Égypte, pour un temps assez court, sous son règne prospère, un peu de son éclat passé.

Sebennytos (Tjeb-netjer)

Basse-Égypte, nome 12
(30e dynastie)


Capitale de la dernière dynastie indigène, patrie de Manhéton et Nectanébo Ier qui s’empare du pouvoir. Grande période de reconstruction des temples sur tout le territoire.

Alexandrie

Basse-Égypte, nome 3
(Ptolémées, rois lagides)


Fondée en 332 av. J.-C. par Alexandre le Grand, elle fut célèbre grâce à sa grande bibliothèque et son phare, l’une des 7 merveilles du monde antique. On peut encore y voir les vestiges du temple de Sérapis (le Sérapéum), la nécropole grecque d’Anfoushy (2ème siècle av. J.-C.) et les catacombes romaines de Kôm el-Shougafa (1er et 2e siècles apr. J.-C.).


Autres villes


Amada (Neter-hout-Rê-Horakhty)

Site de Basse-Nubie dont le nom égyptien signifie « Maison divine de Rê-Horakhty ». Un temple dédié à ce dieu y fut élevé par Thoutmosis III et terminé par Séthy Ier. Enseveli sous les eaux du lac Nasser, ce temple a été complètement déplacé d’un seul bloc quelque 2600 m plus loin et 65 m plus haut.

Héliopolis (Per-Rê)

Ville de Basse-Égypte, nome 13, appelée Héliopolis, « ville du soleil » par les Grecs. Héliopolis était la ville de célébration du culte solaire où l’on honora Atoum puis . Elle fut un lieu de culte très actif où les prêtres héliopolitains élaborèrent la cosmogonie héliopolitaine en rapport avec ces dieux. C’est dans cette ville qu’était vénéré l’oiseau benou dans son temple de Hat-Ben-Ben. Aujourd’hui disparue, elle est devenue un quartier de la capitale du Caire.

Du plus éminent des hauts lieu spirituels et sacrés de l’Égypte ancienne, il ne subsiste plus, outre quelques blocs et fragments de pierre épars, qu’un obélisque de Sésostris Ier. Son père Amenemhat Ier fit élever un temple dédié à Rê-Horakhty sur les ruines d’un sanctuaire plus ancien. Du Nouvel Empire, sont connus les vestiges de plusieurs temples. Il y avait là également un sanctuaire dédié au dieu Atoum et une nécropole du taureau Mnévis.

Hermopolis Magna (Khemenou)

Ville de Moyenne-Égypte, nome 15, Bahou. D’après les textes sacrés, Hermopolis serait un lieu de création du monde. C’est à Hermopolis que le clergé de cette ville mit au point la cosmogonie hermopolitaine de l’Ogdoade. Lieu de culte du dieu Thot (identifié à Hermès chez les Grecs), elle fut un foyer d’enseignement très important où les Grecs venaient parfaire leur instruction.

Sur ce site, se dressaient divers temples (celui d’Amenemhat II, le temple d’Amon de Ramsès II, le temple dédié à Thot datant de Nectanébo Ier), plusieurs statues colossales de babouins en grès silicifié érigées sous Aménophis III, une ville romaine et une basilique chrétienne.

Léontopolis (Taremou)

Ville de Basse-Égypte, nome 11. On y vénérait le dieu lion Mahes. C’est en ce lieu que l’on a retrouvé la sépulture de la mère du Pharaon Osorkon, la reine Kamana (XXIIème dynastie).

El-Kab

Ville de Haute-Égypte, au sud de Louxor. Lieu de culte de la déesse Nekhbet. Un grand mur d’enceinte en brique crue enclôt la ville, le temple principal, un mammisi, plusieurs petits temples, un lac sacré et la nécropole de l’époque archaïque. Hors du mur se trouvent des hypogées du Moyen et du Nouvel Empire (début de la XVIIIe dynastie). Plus loin, dans le désert, se trouve un petit sanctuaire de Thoutmosis IV et d’Aménophis III.

Saqqarah (Dehenet Ankh-Taouy)

Localité de Basse-Égypte, située au Sud du Caire, ayant donné son nom à l’antique nécropole de Memphis. Implantée sur la rive gauche du Nil.

Le secteur Nord est composé du complexe funéraire de Djoser (IIIe dynastie), de la pyramide de Sekhemkhet (IIIe dynastie), des pyramides d’Ouserkaf (Ve dynastie), de Houni (Ve dynastie), et de Téti (VIe dynastie). Des mastabas, tombes des nobles et dignitaires, gravitent tout autour et sont remarquables pour la qualité de leurs reliefs peints et des scènes de la vie quotidienne qui y sont décrites. Le Sérapeum se trouve au Nord de la nécropole accompagné du cimetière des ibis et des babouins.

Le secteur Sud est composé des pyramides de Pepi Ier et Merenrê (VIe dynastie), de Isesi (Ve dynastie), de Pepi II (VIe dynastie), du mastaba de Chepseskaf (IVe dynastie), de deux pyramides de la XIIe dynastie.

Tourah

La localité de Tourah est située sur la rive Est du Nil, un peu en amont du Caire. C’est ici que les carriers antiques venaient extraire du massif rocheux du Mokkhattam une pierre de calcaire de très haute qualité, la belle pierre blanche d’Anou employée pour les revêtements extérieurs et les éléments architecturaux. Les blocs étaient tirés de leur gangue en les fissurant sur leur périmètre à l’aide de coins de bois humidifiés qui provoquaient une coupe nette. Ce même procédé fut utilisé pour l’extraction des futurs obélisques comme on peut le constater encore en admirant l’Obélisque inachevé de Hatchepsout à Assouan. Des inscriptions parvenues jusqu’à nous attestent de l’activité constante de cette carrière du Moyen Empire jusqu’à la XXXe dynastie.


Archéologie de l’Égypte


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Catégorie / Titre : Un peu de géographie / Atlas historique
Date de création : 28/11/2005 - 09:37  -¤-  A été modifié le : 15/03/2010 - 15:47

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