 L’Égypte pharaonique
Panorama de plus de 5000 ans d’histoire en un clin d’œil !
L’Égypte est une région contrastée et cosmopolite, où l’agriculture exigea très tôt une organisation communautaire. La vallée du Nil, facilitant les déplacements et les contacts dès la préhistoire, permit d’atteindre une cohésion économique et culturelle bien avant l’émergence d’une administration centralisatrice.
La civilisation pharaonique n’a cessé de fasciner les hommes par son extraordinaire continuité. C’est la plus longue histoire au monde, avec celle de la Chine. Pour expliquer cette prodigieuse longévité, plusieurs raisons peuvent être invoquées : l’isolement relatif de cette grande oasis, concentrée sur les rives du Nil et environnée d’immensités désertiques ; le poids d’une pensée religieuse pour qui la question majeure est la répétition de la « première fois », qui recrée en permanence l’équilibre fragile du monde ; enfin, un système original de pouvoir : durant ces trois millénaires (de puissants empires en périodes intermédiaires, de renaissances en invasions, séparant l’unification du pays, vers 3100 avant l’ère chrétienne, de la conquète romaine en 31 avant notre ère), l’État, fortement structuré, sera dominé par un homme, héritier des dieux. À la suite des Égyptiens, nous l’appelons pharaon…
L’Égypte antiqueBien que l’on puisse définir temporellement l’Égypte antique comme la période de l’histoire égyptienne allant de l’invention de l’écriture à la fin de l’Antiquité, cette notion se rapporte plus particulièrement à la civilisation qui vécut sur les bords du Nil durant cette période de près de trois mille ans d’histoire. Du rassemblement des tribus égyptiennes qui créèrent le premier empire pharaonique jusqu’à son effondrement au début de l’ère chrétienne, l’Égypte antique a été le théâtre d’événements majeurs qui ont profondément influencé la culture d’une grande partie des peuples d’Afrique, de la Méditerranée et du Moyen-Orient.
Période Thinite ou archaïque (dynasties I et II)
Capitale : This ou Thinis- Elle commence vers -3100. Le premier pharaon serait Ménès-Narmer et la capitale Thls (avec comme lieu de sépulture, très proche, Abydos). Il est à noter qu’Abydos a été pendant très longtemps un lieu de sépulture pour les pharaons et les personnages importants. Cependant, il s’agit la plupart du temps de cénotaphes. À la fin de la période thinite, tous les fondements de la civilisation égyptienne sont en place. Certains diront même qu’elle a fort peu évolué par la suite, se caractérisant par une grande stabilité.
Ancien Empire (dynasties III à VI)
Capitale : Memphis- L’Ancien Empire commence vers -2700. C’est une période très faste, de grande prospérité, durant laquelle le pharaon Djéser construit la pyramide à degrés à Saqqarah, laquelle est suivie un siècle plus tard par les célèbres constructions à Gizeh (non loin de la ville actuelle du Caire). Il s’agit des grandes pyramides de Khéops, Khéphren et Mykérinos. La capitale est Memphis (à vingt kilomètres du Caire) et toutes les régions sont unifiées en une seule Égypte. Le pharaon, c’est maintenant « officiel », est un fils du dieu Soleil (Rê ou Râ). Les campagnes militaires sont encore rares et limitées mais le pharaon Snéfrou (le père de Khéops) ramène néanmoins de Nubie 7 000 prisonniers et 200 000 têtes de bétail.
Première Période Intermédiaire (dynasties VII à X)
Capitale : Thèbes- Cette Première période commence vers -2200. On sait que le passage de l’âge d’or à cette période fut assez brutal mais les sources se contredisent. On suppose que cette période de troubles trouve sa source dans l’opposition entre le pouvoir des pharaons et celui des chefs des nomes (ou provinces, sepat en égyptien). L’alliance des chefs des nomes se fait autour de Thèbes, laquelle devient la capitale dont la puissance se développa jusqu’à la fin du Nouvel Empire.
Moyen Empire (dynasties XI et XII)
Capitale : Thèbes (puis Avaris)- Cette période de restauration du pouvoir central et de reconquête des territoires durera 500 ans. La capitale est Thèbes. À la reconquête des territoires se superpose une conquête de nouveaux territoires, cette conquête est sans doute à l’origine de nouveaux problèmes qui déboucheront sur la Deuxième Période intermédiaire.
Deuxième Période Intermédiaire (dynasties XIII à XVII)
Capitale : Thèbes et Avaris- La Deuxième Période intermédiaire commence vers -1710 et voit se succéder de nombreux pharaons (plusieurs dizaines sur une période de moins de 200 ans). Deux capitales se succèdent : Thèbes puis Avaris. Les troubles durant cette période ne sont plus internes comme lors de la Première Période intermédiaire mais externes. Parmi ceux-ci, on signalera l’invasion des Hyksos. Rapidement chassés (après un siècle), ils laissèrent cependant des traces dans la civilisation égyptienne.
Allée royale bordée de sphinx reliant le temple de Karnak à celui de Louxor (sur la photo) | | Culte d’Aton Akhénaton et Néfertiti vénèrent le soleil divin | | Trône de Toutankhamon Musée du Caire |
Nouvel Empire (dynasties XVIII à XX)
Capitale : Thèbes (puis Akhet-Aton et aussi Pi-Ramsès)- Le Nouvel Empire commence vers -1550. De très grands pharaons régnent durant ce Nouvel Empire : Aménophis Ier, la reine Hatshepsout, Aménophis IV, les Ramsès. C’est également l’époque du règne de Toutankhamon. Thèbes connaît un essor particulier et Amon-Rê domine le panthéon des dieux, il est le « roi des dieux ». De très nombreux temples sont édifiés durant cette période (Karnak, Louxor, etc.) et de nombreuses conquêtes sont programmées : jamais les frontières de l’Égypte n’auront été aussi larges. Signalons cependant un intermède de quelques années durant lesquelles Aménophis IV-Akhénaton installe un nouveau dieu, Aton, résolument monothéiste (c’est ce qu’on appelle la période armanienne). Signalons que le premier des pharaons Ramsès est tout simplement un militaire.
Troisième Période Intermédiaire (dynasties XXI à XXIV)
Capitale : Thèbes et Tanis- Elle dure de -1070 à -664. C’est une période trouble gouvernée par des pharaons étrangers (libyens, saïtes). Cette période est fort mal connue. On sait cependant (par la Bible) qu’un des souverains maria sa fille au roi Salomon.
Renaissance égyptienne (dynasties XXV et XXVI)
Capitale : Napata puis Thèbes et Tanis- C’est l’époque dite des pharaons noirs, c’est-à-dire des pharaons du Soudan. On parlera de dynastie khoushite ou éthiopienne. Les pharaons noirs sont les rois du royaume de Kouch (vassal de l’Égypte). Lorsqu’ils prennent le pouvoir sur l’Égypte (25e dynastie), ils deviennent pharaons d’Égypte et de Kouch (ils marquent cela en arborant deux uraei sur leur couronne). La 26e dynastie est celle des Psammétiques (trois pharaons, dont le dernier fut contraint au suicide par les Perses). La 26e dynastie est dite saïte car les pharaons sont originaires de la ville de Saïs.
Basse Époque (dynasties XXVII à XXX)
Capitale : Saïs et Memphis- C’est l’époque où les Perses (Cambyse, Darius, Artaxerxès, etc.) prennent le pouvoir. L’Égypte a été dominée deux fois par les Perses. La première fois, la plus longue, a duré 120 ans. Il est intéressant de noter que sous les Perses, pour la première fois, l’Égypte perd son indépendance et son identité et devient une partie de l’empire achéménide. Cela se manifeste de plusieurs manières dont l’utilisation, maintenant obligatoire, de Paraméen pour tous les documents officiels. Ainsi, tous les textes deviennent bilingues égyptien-araméen (sous les Ptolémées, ils seront également bilingues égyptien-grec).
Égypte gréco-romaine (dynastie Ptolémaïque ou Lagide)
Capitale : Alexandrie- Elle s'étend de -332 à -30. La guerre qui oppose la Macédoine à l’Empire perse conduit les Macédoniens en Égypte. Cependant, Alexandre le Grand se présente comme un libérateur et se fait désigner pharaon par l‘oracle d’Amon. À sa mort, son demi-frère et, enfin, son fils prennent sa succession. Ensuite, ce sont les Ptolémées (dont le dernier est Césarion, le fils de Cléopâtre et de Jules César). Pendant l’époque grecque, de nombreux dieux égyptiens sont incorporés au panthéon grec et un syncrétisme s’installe entre dieux égyptiens et grecs.
par Auguste Mariette (1821-1881).
Fin de la civilisation égyptienneLa fin de l’histoire égyptienne varie en fonction du point de vue adopté. Elle prend fin : - d’un point de vue ethnologique, à la mort du dernier pharaon autochtone, Nectanébo II en -343 ;
- d’un point de vue politique, à la mort du dernier souverain autonome, Ptolémée XV Césarion en -30 ;
- d’un point de vue religieux, à la conversion du dernier temple égyptien en église copte, le temple d’Isis à Philae en 535.
La redécouverte de cette période faste de l’Égypte pharaonique ne se fit qu’après l’expédition d’Égypte de Napoléon Bonaparte, accompagné de nombreux scientifiques et archéologues en 1798.
Signification des pictogrammesDans les pages qui suivent, en tête de chaque chapitre (lorsqu’il est concerné) figure un des pictogrammes ci-dessous. Leur rôle consiste en une simple information visuelle résumant à elle seule le contexte historique de l’époque évoquée. Voici leur signification :
  Ces très beaux pictogrammes sont une création de Élise Toublanc. Ils ont été réalisés pour la revue Science & vie junior, dossier hors série n°33, juillet 1998.À gauche : « Empire » ou période faste - Pharaon porte la double couronne, le pays est unifié. - Maât règne, l’ordre et l’équilibre sont établis. - Les neufs arcs respectent l’Égypte.
Sécurité à l’intérieur et puissance à l’extérieur = grandes constructions et apogée artistique.
À droite : « Période Intermédiaire » ou néfaste - Les deux couronnes se séparent, l’Égypte perd son unité. - Seth étend son ombre, il provoque la guerre civile. - Le char de guerre : l’Égypte n’est plus respectée.
Guerres intestines et invasion d’étrangers = pauvreté de l’économie et médiocrité (?) dans l’art.
Les historiens avec leurs travaux sur la chronologie, les corégences, les luttes pour le pouvoir, les relations avec les pays voisins, ajoutent régulièrement des chapitres à ce long livre d’histoire dont plusieurs pages ne pourront être écrites qu’à la lumière de nouvelles découvertes. Un des personnages les plus célèbres de l’Égypte ancienne est sans doute le pharaon Akhenaton, qui n’a pas fini de faire couler de l’encre. Or, seules la découverte de sa tombe et l’analyse de sa momie permettront de lever quelque voile sur les énigmes de cet homme au physique si troublant et au règne si atypique.
Catégorie / Titre : Un peu d’histoire / ~ 5000 ans d’histoire
Date de création : 07/05/2005 - 23:30 -¤-
A été modifié le : 22/03/2010 - 20:34
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