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Société et traditions » Au quotidien


La Société égyptienne est une des plus anciennes sociétés du monde. Les Égyptiens avaient découvert l’agriculture depuis près de cinq mille ans, puis ils ont réalisé la nécessité de jouir d’un gouvernement centralisé, en mesure de fonder les piliers de leur coopération et contrôler les relations entre eux. Grâce à son site géographique distingué l’Égypte a réussi à nouer de fortes relations avec l’Est, l’Ouest, le Nord et le Sud du monde entier.

En ce qui concerne la culture et les arts, l’Égypte dispose d’un grand trésor civilisateur cumulé à travers des milliers d’années. Toutes les civilisations qui se sont succédées : pharaonique, gréco-romaine, copte, et islamique ont, à l’instar de briques bien rangées, permis la construction d’un superbe édifice présentant une grande diversité de pensée, de littérature et d’arts.




Les Arabes : Étymologie - Définition du terme Arabe - Utilisations exonymiques du terme arabe - Les ethnies arabisées - Arabes non arabophones - Arabophones non arabes ¤ Langue ¤ Religions : L'islam (le coran, les anges) - L'islam égyptien (la prière, le ramadan, la mosquée, la culture islamique, la nourriture) - Les Coptes d'Égypte (Inanos le patriarche, Beaux-Arts : la sculpture, l'architecture, les tissus) ¤ Culture : La presse ¤ Les trois calendriers de l'Égypte : grégorien, musulman, copte ¤ Gastronomie : Les repas traditionnels - Les spécialités - Pour accompagner les repas ¤ Arts ¤ Fêtes et évènements annuels : Fêtes nationales - Fêtes musulmanes - Fêtes coptes - Fêtes pharaoniques et manifestations diverses


Les Arabes

Les Arabes (selon Wikipédia  ) sont un groupe ethnique d'individus anthropologiquement différents les uns des autres, qui s’identifient par des liens entre autres linguistiques ou culturels, répartis sur une vaste zone qui s’étend d’Oman au Mauritanie. Ce groupe se compose :

  • de descendants d'anciennes tribus d'Arabie,
  • des ethnies arabisées au long des siècles, au Moyen-Orient et en Afrique du Nord.

Les Arabes font partie des Sémites.
En 2010, les Arabes représentent en nombre 5% de la population mondiale.

Les Arabes sont en très grande majorité musulmans sunnites, avec des minorités chiites, druzes, alawites ; mais on trouve aussi des communautés chrétiennes.

Étymologie

L'origine du mot Arabe demeure obscure, malgré les nombreuses recherches. Selon Toufik Fahd, le radical arab, en arabe, désigne le désert et c'est un mot hébreu “arâbâh”. Le mot arabe peut dériver de la racine sémitique Abhar, se déplacer. Mais l'étymologie arabe considère que le mot arabe dérive du verbe “exprimer”.

Le mot Aribi a été trouvé dans une inscription assyrienne qui date de 853 avant J.-C. Le roi Salmanazar III relate une rébellion du prince Gindibou l'Aribi. Vers 530 av. J.-C., le mot Arabaya est transcrit dans plusieurs documents persans. Le nom de lieu Arabia est transcrit en grec par Hérodote. Par la suite tous les écrivains grecs ou latins élargissent le sens en désignant l'endroit et les habitants par le mot arabique.

Ou il désigne « l’homme du désert » ou encore « l’homme qui a traversé le désert » ; dans cette acception, il représenterait l’identité bédouine, au sens strict, c’est-à-dire l’ensemble des tribus nomades vivant de pastoralisme en Arabie. Ce radical pourrait également désigner « le lieu où le soleil se couche » (cf. Érèbe, la ténèbre), c’est-à-dire l’Occident. Arabe et Europe pourraient provenir du sémitique ereb, qui signifie « coucher du soleil » (donc occident) ; cette hypothèse n’est aujourd’hui plus retenue.



Définition du terme Arabe

L’identité arabe peut reposer sur un ou plusieurs critères.

  • Généalogie. Est arabe celui qui situe ses ancêtres dans l’une des tribus d’Arabie. C’était la définition utilisée à l’époque médiévale, par exemple par Ibn Khaldoun.
  • Nationalité. Est arabe un citoyen d’un des 22 pays membres de la Ligue arabe. Cette définition recouvre environ 300 millions de personnes, mais exclut la diaspora. Elle englobe des minorités linguistiques (Kurdes, Coptes, Syriaques, Berbères) dont les langues sont enseignées dans la langue officielle (arabe standard moderne) de l'État.
  • Langue. Est arabe une personne dont la langue maternelle est l’arabe. Les parlers locaux, appelés à tort arabe dialectal, ne se comprennent pas entre eux. Cette définition réduit considérablement le nombre d'arabophones. Selon le linguiste Mohammed Benrabah, certaines personnes arabophones ne se reconnaissent pas dans ces définitions, notamment au Maroc et en Algérie, et se considèrent comme des Berbères arabisés.

Selon Sati al Housri, un des pères du nationalisme arabe, est Arabe celui qui parle arabe, qui se veut Arabe et qui se dit Arabe.



Utilisations exonymiques du terme arabe

Le nom est souvent employé pour se rapporter à toute personne originaire du Proche-Orient ou de l’Afrique du Nord dont la langue maternelle est un parler local influencé par la langue arabe. De ce fait, ni les Turcs ni les Iraniens ne sont arabes, puisqu'ils parlent des langues distinctes de l'arabe.

Par extension, le terme se rapporte à n’importe quelle personne originaire d’une ethnie qui a adopté cette langue sémitique. De telles personnes peuvent n’avoir aucun autre lien avec l’Arabie, que de vivre dans un pays qui fut annexé pendant l’expansion arabe (Syrie, Liban) ou vivre dans un État membre de la Ligue arabe, laquelle comporte des États à majorité non-arabe, comme Djibouti, ou à majorité non-arabophone comme la Somalie, les Comores et Djibouti, ou à majorité arabophone mais où il existe de fortes minorités non-arabes comme le Soudan.



Les ethnies arabisées

Après l'expansion de la religion musulmane au VIIe siècle, certains territoires s'arabisent petit à petit. La culture bédouine d'Arabie influence notamment le Proche-Orient (Liban, Syrie, Palestine, Jordanie et Irak) et l'Afrique du Nord (Egypte, Maghreb et Soudan).

Les populations locales parle un arabe, décliné en groupes de dialectes.



Arabes non arabophones

Les Arabes d’Asie centrale et d’Indonésie constituent des groupes ethniques distincts, recensés comme tels, mais les recensements ont montré que la majorité d'entre eux ne parlent pas l'arabe ou ne la connaissent que comme langue liturgique et non comme langue usuelle.



Arabophones non arabes

Les Maltais parlent le maltais, une langue qui au départ est un dialecte arabe proche des dialectes tunisiens, mais ils ne se considèrent pas comme arabes. En effet, le mouvement nationaliste maltais, au XIXe siècle, a construit une origine mythique phénicienne à la langue et à la nation maltaises pour contrer les partisans de l’annexion de Malte à l’Italie en processus d’unification, ces derniers utilisant notamment pour argument que l’arabe était « la langue des musulmans ».

Il existe également des Juifs arabophones pour lesquels l’appellation « Arabes juifs » n’est pas utilisée, sauf parfois pour désigner des tribus arabes de confession juive à l’époque antéislamique ou au début de l’ère islamique (hégire), ou dans un sens idéologique, pour désigner par exemple des Juifs non-sionistes se considérant comme judéo-arabes, par exemple Abraham Serfaty au Maroc ou Ilan Halévi, membre de l’Organisation de libération de la Palestine.

Nombre de Somaliens et de Djiboutiens ont pour seconde langue l’arabe qui est langue officielle dans leur pays.

Parmi les populations berbères des pays dont l’arabe est la langue officielle, il existe des mouvements identitaires berbéristes (Parti démocrate amazigh au Maroc, Mouvement pour l'autonomie de la Kabylie et Mouvement citoyen des Aarchs en Kabylie, Algérie) qui militent pour la reconnaissance de l’identité berbère. Les populations berbères d’Afrique du Nord, de cultures distinctes et de langues propres (tamazight, chleuh,…) ne sont pas considérées comme arabes. La langue arabe est d’ailleurs fortement rejetée par une partie des populations berbérophones qui la considèrent comme une langue d’oppression politique et culturelle.



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Langue

L’arabe est la langue  officielle. Le français et l’anglais sont utilisés dans les affaires, l’enseignement et parlés couramment en seconde langue au sein de l’élite urbaine et dans le tourisme. L’influence de la culture française, à travers sa langue, remonte au début du XIXe siècle, plus exactement à l’expédition de Bonaparte. Elle s’est perpétuée à travers le biais d’écoles (notamment religieuses) et d’institutions culturelles, même après que la Grande-Bretagne eût étendu sa domination politique sur le pays.

La langue écrite officielle est différente de celle utilisée dans la vie quotidienne. On parle en outre de nombreux dialectes, notamment le cairote, le nubien et le berbère.


En savoir plus
Données démolinguistiques en Égypte  
sur le site L’aménagement linguistique dans le monde  



Religions

L’Islam

Extrait d'un article de Wikipédia  , l'encyclopédie libre.

Vocable arabe, islãm signifiant soumission à Dieu, l’islam est la religion religion des musulmans. Ce terme (avec une majuscule) désigne également le monde musulman et la civilisation qui le caractérise. L’islam est répandu en Asie, en Afrique et en Europe.

La religion officielle de l'Égypte est l'islam. Dès sa création (comme du temps des pharaons) elle n'a pas séparé la vie civile de la vie religieuse, aussi sa pratique marque très fortement la vie quotidienne.



Le vocable Allah en arabe
Allah en arabe


Le coran


Croissant et étoile

La religion musulmane se veut une révélation en arabe de la religion judaïque d'Adam, de Noé, et de tous les prophètes parmi lesquels elle place aussi Jésus. Ainsi elle se présente comme un retour à la religion d'Abraham (appelé Ibrahim par les musulmans) du point de vue de la croyance, le Coran le définissant comme étant la voie d'Ibrahim (millata Ibrahim).

Le Coran, livre saint de l'islam, a été révélé au monde par le prophète Muhammad (Mahomet). Le dogme islamique assure qu'il contient le recueil de la révélation d'Allah, transmise oralement par son prophète Mahomet. Le Coran reconnaît l'origine divine de l'ensemble des livres sacrés du judaïsme et du christianisme, tout en considérant qu'ils sont, dans leurs écritures actuelles, le résultat d'une falsification partielle : le Suhuf-i-Ibrahim (les Feuillets d'Abraham), la Tawrat (le Pentateuque ou la Torah), le Zabur de David et Salomon (identifié au Livre des Psaumes) et l'Injil (l'Évangile).



Photo du coran et tableau montrant Mahomet recevant l'ange Gabriel
Le coran -- Mahomet et l'ange Gabriel


Outre le Coran, la majorité des musulmans se réfère à des transmissions de paroles, actes et approbations de Mahomet, récits appelés hadiths. Cependant, les différentes branches de l'islam ne s'accordent pas sur les compilations de hadiths à retenir comme authentiques. Le Coran et les hadiths dits « recevables » sont deux des quatre sources de la loi islamique, la charia, les deux autres étant l'unanimité (ijma’) et l'analogie (qiyas).

En 2009, le Pew Research Center estime que l'islam comprend 1,57 milliard de fidèles, appelés « musulmans », ce qui en fait la seconde du monde par le nombre de fidèles, après le christianisme et devant l'hindouisme. C’est, chronologiquement parlant, le troisième grand courant monothéiste de la famille des religions abrahamiques, après le judaïsme et le christianisme avec lesquels il possède un certain nombre d'éléments communs.

L’islam se répartit en plusieurs courants, notamment le sunnisme, qui représente entre 80 et 85 % des musulmans, et le chiisme rencontré principalement en Irak et en Iran. Ces deux courants se combattent depuis leur origine.

La religion musulmane a été désignée autrefois en français par le mot islamisme (comme judaïsme, christianisme, bouddhisme, animisme, etc). Mais ce terme tend à être remplacé par celui d'« islam », le mot « islamisme » s'étant spécialisé pour désigner les courants politiques radicaux ou non du revivalisme musulman. Le mot Islam, qui peut alors porter une majuscule, a toutefois aussi en français un sens différent : il désigne, au-delà de la religion proprement dite avec sa foi et son culte, une puissance politique et un mouvement de civilisation général.


Les anges

Le Coran affirme l'existence des anges, qui sont les « messagers » d'Allah et qui sont reliés, ou identifiés, à des attributs et Noms divins, notamment les 99 Noms d'Allah. L'ange Gabriel joue un rôle d'une importance considérable en islam. Les anges exécutent ou transmettent les ordres d'Allah. L'« invocation des anges » est rigoureusement orthodoxe en islam en vertu du verset coranique : Invoquez Dieu par Ses Noms (Coran, 7:180).




Omeyyades et Abbassides

Après la mort du Prophète Mahomet (632), la communauté musulmane fut dirigée par une succession de quatre califes : Abou Bakr, Omar, Othman et Ali, appelés par la tradition musulmane les « biens dirigés » (rachidoun). Le dernier d'entre eux fut détrôné par un général arabe, Moawiya, fondateur de la première dynastie musulmane, les Omeyyades, qui régnèrent depuis leur capitale Damas de 660 à 750. Cette année là, les Omeyyades furent renversés par les Abbassides, qui se proclamaient descendants de Abbas, oncle du Prophète. Ces derniers transférèrent le siège de leur pouvoir à Bagdad. Un des califes abbassides les plus célèbres fut Haroun el-Rachid, contemporain de Charlemagne. À partir de la fin du IXe siècle, la puissance des Abbassides déclina en même temps que s'affirmait le pouvoir des gouverneurs locaux qui aspiraient à l'indépendance. Pourtant, jusqu'à sa destruction par les Mongols en 1620, le califat abbasside continua d'exercer une autorité religieuse certaine sur l'ensemble du monde sunnite.
Guide bleu évasion, Égypte Vallée du Nil, Éditions Hachette, Paris 2000

Carte montrant la répartition des musulmans sunnites et chiites
Sunnites et chiites en 2006
Sunnites et chiites

Les sunnites, partisans de la Sunna - la tradition - seraient les musulmans « orthodoxes », par opposition aux chiites, qu'ils considèrent comme shismatiques. Au plan historique, les sunnites sont les héritiers des musulmans qui se rangèrent aux côtés de Moawiya - le fondateur de la dynastie ommeyades de Damas - qui s'opposa victorieusement à Ali, neveu et gendre du Prophète, pour le titre de calife. Les chiites se divisent en deux grandes tedances. Les uns reconnaissent, à la suite d'Ali, une succession des sept imams à la tête de la communauté des croyants : ce sont les ismaéliens. D'autres prolongent cette lignée jusqu'au douzième imam. Les deux branches considèrent que leur imam respectif a « simplement » disparu et qu'il reviendra à la fin des temps. Cette dimension messianique a suscité chez les chiites une dimension ésotérique qui leur est propre. Les musulmans égyptiens sont sunnites dans leur quasi totalité.
Guide bleu évasion, Égypte Vallée du Nil, Éditions Hachette, Paris 2000


L’Islam égyptien

(inspiré par Égypte, guide Gallimard, Éditions Nouveaux-Loisirs 1998 et France 5 Éducation  )

94% des égyptiens se réclament de l’islam, une religion abrahamique fondée par Mahomet en Arabie au début du VIIe siècle après Jésus-Christ par Mahomet, introduit en Égypte en 642.



 
 Les cinq piliers de l’islam

L’islam est la religion professée à La Mecque par le prophète Mahomet (né en 570 ou 580, mort en 632). Le 16 juillet 622, Mahomet et ses compagnons quittent La Mecque pour Médine : cette date marque le début de l’hégire, l’ère musulmane. L’islam est la soumission à un seul dieu, Allah, à son prophète, Mahomet, et au livre qui lui a été révelé, Le Coran, révélé à Mahomet par Dieu (Allah), est, avec la Tradition, le fondement de la vie religieuse et politique. Le dogme fondamental de l’islam est un strict monothéisme. La loi canonique (charia) fixe les cinq devoirs fondamentaux (« les cinq piliers ») des croyants :

le chahada
Le premier, et le plus important, est la profession de foi : « Il n’y a de dieu qu’Allah et Mahomet est son prophète » L’islam qui signifie soumission et vient du mot « paix » est considéré par les musulmans comme la réaffirmation de la même vérité qui fut révélée aux chrétiens et aux juifs - la croyance en un Dieu unique.

La foi fut révélée par le biais des prophètes de Dieu, parmi lesquels Moïse et Jésus, ou Musa et Isa ainsi qu’on les appelle en arabe. Les musulmans croient que le dernier message de Dieu, le plus universel, a été révélé au dernier des prophètes, le Prophète Mahomet. La croyance en ce Dieu unique est la base de la religion islamique.

la salat [1]
Dans l’islam, la prière rituelle (cinq fois par jour), exprime la foi à travers la communication personnelle avec Allah. La prière peut s’effectuer dans l’intimité ou en public. La prière commune du vendredi à midi - salat al-juma’a - est un devoir pour chaque musulman. Elle est doit être obligatoirement prononcée à la Grande mosquée ; elle est conduite par un imam, littéralement « celui qui se tient devant », et qui peut être n’importe quel membre respecté de la communauté. Il prononce à cette occasion une khutba, un sermon.

le ramadan [2]
Mahomet reçut la première révélation du Coran durant le neuvième mois lunaire, celui de ramadan. Ce mois possède donc une signification particulière dans l’islam. Chaque jour durant le mois de ramadan, les musulmans jeûnent du lever au coucher du soleil ; ils s’abstiennent de manger, de boire et d’avoir des relations sexuelles. Toutefois, bien que ce jeûne, sawm, soit un des piliers de l’islam, ceux qui sont trop malades, les femmes enceintes et les très jeunes enfants peuvent en être dispensés.

la zakat
L’aumône envers les pauvres et les nécessiteux occupe une place importante dans l’islam. Parmi toutes les manières possibles de faire l’aumône, la plus formelle consiste à payer un impôt, la zakat. Le montant de la zakat que doit verser une personne est un pourcentage de sa fortune. L’impôt est ensuite réparti entre les pauvres, mais il peut également servir à aider d’autres membres de la société dans le besoin.

le hadj
Le dernier des piliers de l’islam est le pèlerinage. Tous les musulmans ont pour objectif d’accomplir ce « grand pèlerinage » une fois dans leur vie si leurs finances et leur santé le leur permettent. Le hadj comporte une série de rites qui se déroulent chaque année à la mosquée sacrée de La Mecque et dans les régions voisines de Mina, Muzdalifa et Arafa. Un pèlerinage plus court à La Mecque, appelé umra, fait partie du hadj, mais il peut s’effectuer dépendamment, à tout moment de l’année.

Cette loi comporte aussi des prescriptions d’ordre politique, juridique, alimentaire et hygiénique.

Dans les deux grandes tendances de l’islam, le sunnisme et le chiisme, il n’y a pas de clergé, mais seulement des guides religieux (ulémas, mollahs) qui interprêtent la loi et veillent à son application.
 
 


Islam : les différentes attitudes à respecter durant la prière

[1] La prière

La prière a lieu cinq fois par jour : à l’aurore, à midi, à trois heures de l’après-midi, au coucher du soleil, deux heures après le coucher du soleil. L’heure est annoncée par l’appel du mu’addin, qui tournait jadis autour du balcon du minaret et utilise désormais des hauts-parleurs.

Ce devoir religieux exige une absolue netteté des vêtements, du lieu où l’on prie et une purification préalable du corps. Le fidèle, tourné dans la direction de la Mecque (Qibla), récite un nombre fixe de formules rituelles en prenant successivement diverses attitudes rigoureusement codifiées :

1, debout, les mains ouvertes à hauteur des épaules, il prononce la formule de consécration : Allah est grand. 2, baissant les mains (ou les croisant sur la poitrine, ou plaçant la gauche dans la droite), il récite la fätiha, première sourate du Coran. 3, il s’incline, les mains sur les genoux. 4, il se prosterne. 5, il se rassied sur son séant, puis se prosterne une seconde fois. Cette suite d’attitudes (2 à 5) constitue une rak’a, la prière complète en comportant de deux à quatre, selon l’heure. 6, à nouveau assis, il récite la shahäda, et une prière pour le Prophète, puis prononce une formule de désacralisation mettant fin à la prière.

La purification
Dans l’Islam, le croyant ne peut accomplir aucun acte religieux sans s’être purifié, se protégeant des souillures ou les éliminant : tapis de sol pour prier, abandon des chaussures pour ne pas souiller la mosquée des poussières de la rue, ablution des mains, des bras,, du visage, de la bouche, des oreilles et des pieds, avant la prière, avec de l’eau légalement pure ; cette ablution peut prendre la forme d’un lavage total du corps en cas d’« impureté majeure ». Si l’eau manque, l’ablution peut être remplacée par une « lustration pulvérale » effectuée symboliquement avec du sable, voire de la terre, voire encore simplement par l’attouchement d’une pierre.


À noter que la prière ne comporte jamais aucune de demande.

En savoir plus
sur la prière   et sur le Coran  , voir Wikipédia, l’encyclopédie libre.


Coucher de soleil sur une mosquée



Une foule en prière



Un buffet bien garni, bon appétit !

[2] Le Ramadan

(Site internet fr.msn.com

En 2007 en France, par exemple, le Ramadan aura eu lieu du 13 septembre au 13 octobre. Cette période, qui n’est pas fixe puisqu’elle suit un calendrier lunaire, peut donc tomber à n’importe quel moment de l’année. Zoom sur l’un des cinq piliers de l’Islam.
Qu’est-ce que le Ramadan ?
Le Ramadan est le quatrième pilier de l’Islam. Il dure le temps d’un mois lunaire (29 ou 30 jours). C’est au cours de ce mois, qu’en 610, l’ange Gabriel est apparu à Mohammed pour lui révéler le Coran et lui annoncer que Dieu l’avait choisi pour être son messager.

Vers la fin du Ramadan, généralement la 27e nuit, au Lailat al Qadr (« La nuit du prestige »), on célèbre par la nuit la plus sainte de l’année - une nuit de repentir et de prière - la révélation du début du Coran à Mohammed.

Pendant le Ramadan
On jeûne : c’est l’obligation essentielle et en même temps la plus stricte du Ramadan. Du lever au coucher du soleil, les musulmans s’abstiennent de nourriture, de boissons et d’activité sexuelle. Le jeûne (Siam) est un exercice spirituel qui permet à l’homme de prendre conscience du fait qu’il est capable de se priver pour un temps de ce qui lui paraissait indispensable. Il lui révèle ainsi que vouloir, c’est pouvoir.

On se rapproche de Dieu : c’est l’obligation la plus importante. Pendant le Ramadan, les musulmans accueillent la parole de Dieu par la lecture du Coran et prient avec beaucoup de ferveur (dans certaines mosquées, la prière se poursuit pendant la nuit).

On s’acquitte d’une aumône (zakât al-ftir) : une taxe donnée au plus tard la veille de l’Aïd el Fitr (« fête de la rupture du jeûne ») et qui est redistribuée aux pauvres et aux plus démunis, pendant l’Aïd el Fitr.

À la fin du Ramadan
Une fête, l’Aïd el Seghir (« petite fête ») marque la fin du Ramadan, on l’appelle aussi Aïd el Fitr (« fête de la rupture du jeûne »). C’est un moment de joie intense pour tous les musulmans qui, après une prière tôt à la mosquée, se retrouvent en famille, entre amis pour partager un repas de fête et s’offrir des cadeaux.

La tradition veut que pour l’occasion, les gens portent des vêtements neufs. Et dans beaucoup de pays, on se rend au cimetière pour célébrer dans la joie la mort de ses ancêtres.

L’islam sunnite s’est imposé à l’ensemble de l’Égypte. Malgré deux siècles de domination fatimide chiite (969-1169), l’islam égyptien est un islam orthodoxe, dont le rite dominant est celui de l’école Chafiite. Les seuls chiites restent les commerçants persans du Caire.

La mosquée el-Azhar assure la reproduction de cette orthodoxie, formant l’essentiel des docteurs de la loi (uléma ou ouléma) appelés à dire la prière en Égypte. Depuis l’époque mamelouke, les grandes questions qui ont agité le premier islam sont résolues. Les sciences religieuses ont trouvé leur méthode et la mystique est incluse dans l’enseignement technique et moral que diffuse la classe intermédiaire des “ouléma”.



La mosquée

Sanctuaire de la religion musulmane, où les fidèles se réunissent pour prier, écouter les prédicateurs ; dès les origines, la mosquée constitue ainsi le cœur (centre) de la vie socioculturelle de l'islam. Elle rassemble les fonctions de lieu de prière collective, école, centre social d’aide, etc. Cet édifice comprend généralement une salle de prières, des salles voûtées et, très souvent, une cour bordée de portiques. Elle compte une ou plusieurs tours (ou minarets). Le toit est souvent en forme de dôme. Toutes les mosquées sont orientées vers La Mecque, dont la direction est indiquée par une ou plusieurs niches.



Vue et plan de la Grande Mosquée de Kairouan
Ensemble et plan de la Grande Mosquée de Sidi Uqba, à Kairouan en Tunisie - VIIIe-Xe siècles
© Petit Larousse illustré, édition 2010


Il existe de nombreuses petites mosquées de quartier, mais chaque ville possède sa mosquée principale où se déroulent les prières communes du vendredi. Les mosquées sont ouvertes toute la semaine pour la prière, mais il est possible de prier au travail ou chez soi. La mosquée est également un endroit où l’on peut parler de religion et régler les questions qui touchent à la communauté, à l’enseignement ou à la charité. Les mosquées sont construites et administrées par la communauté ou fondées par des dirigeants ou des gens fortunés.



Culture islamique

Très vite, l’islam a développé son propre style, qui trouva une expression unique dans chacune des diverses cultures qui fleurissaient à l’intérieur de son empire. Un célèbre hadith (récit islamique) dit : « Allah est beau et il aime la beauté. » La beauté était donc très importante, et les arts décoratifs comme l’architecture, la calligraphie, la peinture, le travail du textile, du métal et de la céramique furent encouragés.

Une des caractéristiques frappantes de l’art islamique est l’usage très répandu des motifs dans la décoration, inspiré par l’amour de la géométrie. La poésie et la musique figuraient, elles aussi, parmi les principales formes d’art.



La nourriture

Bien que beaucoup plus simple que les règles alimentaires suivies par les Juifs et les premiers Chrétiens, le code que les Musulmans observent interdit la consommation, entre autres, de viande de porc, ou n'importe quelle boisson toxique. Les animaux doivent être vidés de leur sang, donc égorgés d’une manière appropriée (halal). Le Prophète (PBAL) enseigna que « votre corps a des droits sur vous », et la consommation de nourriture saine et un style de vie sain sont considérés comme des obligations religieuses.

Le Messager (PBAL) a dit : « Demandez à Dieu la certitude [de foi] et la santé ; car après la certitude, personne n’a reçu de meilleur cadeau que la santé ! ».



En savoir plus
sur l’islam  , voir As-Sajidine | L’islam et les musulmans   (Islam France)


Les coptes d’Égypte

(inspiré d’un article de Djénane Kareh Tager pour Le Monde des Religions, n° 22, mars-avril 2007, adapté et complété par Immortelle Égypte)

Ils sont les véritables héritiers des pharaons. En fait, le terme « copte », syllabe unique et sonore comme un petit coup sec, se confond avec chrétien d'Egypte. Mais étymologiquement, il est la déformation arabe du terme grec Aigyptos, égyptien, lui-même dérivant d'ho ko Phtah, temple de l'esprit de Phtah, dieu créateur de Memphis, antique capitale égyptienne. Les envahisseurs arabes au VIIe siècle appellent l’Égypte “Misr” (la forteresse) selon son vieux nom sémitique, ils réservent le mot « Qopte » aux chrétiens. Les Coptes, qui abandonnent la religion pharaonique pour devenir chrétiens, perpétuent des rites de l'Égypte pharaonique qui seront adoptés par le reste du monde chrétiens (chants liturgiques, processions, encens, etc.), mais conservent également dans leur langue liturgique des traces de l'égyptien ancien. On souligne souvent que c'est grâce aux Coptes que sont conservées les dernières traces de la religion égyptienne, principalement dans l'iconographie et la liturgie.

Si le Christ et ses disciples sont Hébreux, la religion se développe dans un premier temps en Palestine, avec les premiers groupes de pratiquants (en majorité Hébreux), puis en Égypte, terre où depuis toujours se réfugient les « Asiatiques » en cas de difficultés au pays. C'est donc en Égypte, à Alexandrie, que se forme la première église chrétienne.

De la religion égyptienne, la liturgie ne retient que certains détails. En revanche, l'iconographie transmet d'innombrables images (notamment au Moyen Âge) telles la Vierge à l'enfant (Hathor avec Horus enfant ou avec le pharaon), saint Georges et le dragon (Seth contre Apophis), ou les nombreux démons au serpent, symbole du mal.

Les Coptes, membres de l'Église chrétienne orthodoxe  d'Égypte, considèrent la visite du Christ comme une bénédiction. Dans leurs épopées, qui servent de catéchisme, abondent saints et archanges et le merveilleux le dispute aux miracles. Car les Coptes, chrétiens d’Égypte perpétuent une tradition remontant aux Apôtres, sans rien ajouter ou retirer aux écrits des Pères fondateurs de l’Église. Ils constituent la plus grande communauté chrétienne du Proche-Orient.



Livre sacré, le Pentateuque écrit en copte et en arabe
Pentateuque copte-arabe, Basse-Égypte, 1356-1359 - BnF, Manuscrits, Copte 1


L’histoire de l’Égypte ne s’est pas interrompue lorsque disparut la civilisation pharaonique. Il est une autre Égypte moins connue qui resplendit aux premiers temps du christianisme : celle qui conserve le souvenir des Hébreux et du passage de la Sainte Famille, venue s’exiler jusqu’à la mort d’Hérode, celle des premiers ermitages dans le Wadi Natroun, par exemple et des églises coptes.

Les chrétiens coptes et autres ne représentent que 6% de la population.



L’Éternel enverrait un Sauveur aux Égyptiens et ils se convertiraient.
 La prophétie d’Isaïe, semble-t-il se confirma. 

 
 

Les grandes dates de l’Égypte copte

-30Octave (futur Auguste) conquiert l’Égypte qui devient province romaine.
40-49Saint Marc évangélise l’Égypte
284Grande persécussion de Dioclétien, l’année copte débute à cette date (« l’Ère des Martyrs »).
313Édit de Milan : l’empereur Constantin proclame la liberté des cultes.
350Traduction de la Bible en copte.
380Théodose Ier proclame le christianisme comme religion d’État.
391Théodose Ier interdit les cultes païens (destruction du Sérapeum d’Alexandrie).
451Concile de Chalcédoine : l’Église copte se sépare de l’Église officielle [3].
452Dernière inscription en caractères hiéroglyphes au temple de Philae.
543Fermeture définitive du temple de Philae au culte païen (551 selon certaines sources).
641Conquête de l’Égypte par les Arabes (fondation de Fostat, capitale du pays, non loin du Caire).
Depuis 1971, Chénouda III, patriarche d’Alexandrie, est le chef de l’Église copte, laquelle compte (en 2007) 15 millions de membres.
 
 


[3] Cette séparation est basée sur la condamnation du monophysisme par le Concile. Pour les monophysites (dont les coptes), il n’y avait qu’une seule nature en Christ : sa nature divine et sa nature humaine étant confondues. Pour l’Église officielle, il y avait bien deux natures en Christ (vrai homme et vrai Dieu ; « les deux natures ne sont ni confondues, ni séparées ») mais elles sont réunies en une seule personne. Dès lors, la mère du Christ n’était pas seulement Christotokos (mère du Christ) mais Théotokos (mère de Dieu).
À ce sujet, voir Les Religions de Quentin Ludwig, aux Éditions Eyrolles, Paris 2007



Représentation de la croix orthodoxe copte
Croix orthodoxe copte
Inscription traditionnelle :
« Jésus Christ, le fils de Dieu »


Inanos le patriarche

L’histoire officielle de l’église copte commence en 58, année où l’apôtre Marc est envoyé en Égypte par saint Pierre pour y prêcher la parole du Christ. De longues heures de marche à Alexandrie ont raison des sandales de Marc : il s’arrête chez le savetier Inanos pour les réparer ; celui-ci se blesse avec son aiguille et invoque le nom du Dieu unique. Marc guérit le savetier de sa blessure en lui appliquant de la boue. Une amitié naît entre les deux hommes, mais bientôt, Marc est contraint de fuir les persécussions romaines qui s’abattent sur lui. Auparavant, il ordonne Inanos qui devient ainsi le premier patriarche copte - et donc le premier successeur de Marc, l’actuel pape copte étant son 171e successeur (2007).



Coptes d’aujourd’hui devant une image du Christ peint sur un mur
Les coptes s’enorgueillissent d’être à la fois les premiers chrétiens et les authentiques descendants des pharaons : Nous gardons la maison depuis 2000 ans. Et nous continuerons…

L’Église copte s’est maintenue dans le pays après l’islamisation de celui-ci et forme la principale minorité religieuse. Avant l’arrivée de l’islam, le christianisme était la religion prédominante dans le pays, l’un des premiers à avoir embrassé cette nouvelle foi. Il existe un important quartier copte au Caire. La cohabitation entre les différentes communautés se passe à peu près en harmonie.



Beaux-Arts

L'art copte, d'inspiration gréco-romaine, se caractérise notamment par la simplification des détails.


L'art des premiers chrétiens d'Égypte prend naissance vers le IIe siècle et persiste jusqu'au XIIe siècle. La période de formation (IIe s.-première moitié du Ve s.) correspond à l'assimilation de thèmes hellénistiques et surtout alexandrins, auxquels sont adjoints des sujets chrétiens. Les églises sont souvent construites selon l'antique plan basilical avec nef et bas-côtés (Le Caire, chapelle Saint-Serge). Peintures et portraits trahissent encore le naturalisme gréco-romain des portraits du Fayoum, alors que, dans les reliefs traités selon la manière douce, déjà le canon diffère. Peu à peu, les monastères s'organisent et se multiplient (Couvent Blanc, Couvent Rouge, près de Sohag, Saqqarah, Baouit, etc.). Entre le Ve et le VIIe siècle, l'idée et le concept l'emportent, et la stylisation des feuillages et des rinceaux devient presque monotone, alors que l'opposition des pleins et des vides est violemment accusée. La peinture reflète la même évolution et, si l'intensité du regard demeure, la schématisation domine les compositions (l'abbé Ména, provenant de Baouit, Louvre ; peintures murales de Saqqarah…). Parmi les arts mineurs, la tapisserie est l'un des moyens d'expression privilégiés des Coptes et qu'ils continueront à pratiquer après la conquête arabe.

Une des problématiques récurrentes de l'art copte est sa difficulté de datation : elle se fait souvent à un ou deux siècles près, du fait des lacunes de documentation et du manque de rigueur des fouilles archéologiques du début du XXe siècle.


Les principaux musées accueillant des collections coptes sont :
le Musée copte du Caire   et le Musée du Louvre  .


Peinture montrant l'abbé Ména en compagnie du Christ
Le Christ et l'abbé Ména - Musée du Louvre, Paris


Un art original

L'importance de ces influences ne doit pas nous faire perdre de vue que l'art copte est un art original, avec des caractéristiques qui lui sont propres. Une œuvre copte est reconnaissable grâce aux critères suivants :

  • les représentations présentent presque toujours une stricte frontalité ;
  • les formes ont un aspect arrondi, voire ovale ;
  • les proportions du corps humain sont rarement respectées : le corps semble “tassé” et la tête surdimensionnée ;
  • les représentations vont droit au but et à l'expressivité : les détails sont rares ;
  • enfin plus anecdotique, les personnages sont la plupart du temps pourvus de grands yeux ronds écarquillés.

La sculpture copte

La sculpture copte concerne deux matériaux principaux : la pierre et le bois. Elle se caractérise, entre autres par l'extrême rareté de la représentation en ronde-bosse  : la quasi totalité des sculptures sont des reliefs. Ces sculptures sont ou bien des éléments de décor architectural, ou des sculptures associées aux nécropoles, comme par exemple celle d'Ahnas-El-Medineh (Sud du Fayoum). Les formes sont diverses : ce sont la plupart du temps des reliefs figurés ou des frises végétales ou géométriques ou encore des corniches.

Pour la sculpture sur bois, les essences utilisées sont principalement le figuier, l'acacia et le tamaris.

En ce qui concerne la sculpture sur pierre, les matériaux utilisés sont le calcaire et le grès, mais aussi parfois le marbre et le granit. Les pierres sont fréquemment récupérées dans des monuments antérieures, d'époque pharaonique par exemple. Ces sculptures sont souvent associées à une polychromie, aujourd'hui largement disparue.


L'architecture copte

La sculpture joue dans l'art copte un rôle essentiellement décoratif. La statuaire n'est plus à l'honneur. Elle a disparu durant l'occupation romaine du pays. Les Coptes développent en revanche la sculpture architecturale, au point d'en faire un aspect majeur de l'art copte. Tous les éléments architectoniques sont soulignés : les colonnettes, les chapiteaux, les architraves et les linteaux, sans oublier les niches, si nombreuses dans les constructions coptes. Les murs sont animés par des frises, qui ceinturent les édifices à différents niveaux et encadrent puissamment les portails.



Photo de la cathédrale copte d'Assouan
Cathédrale copte d'Assouan


Les tissus coptes
D'après Lorquin Alexandra, Les tissus coptes au musée national du Moyen Âge - Thermes de Cluny, Réunion des musées nationaux, 1992.

Les tissus coptes sont les vestiges privilégiés d'une production répandue sans doute dans tout le monde romain, au moins méditerranéen et moyen-oriental, durant l'Antiquité tardive et le Haut Moyen Âge. Ils ont eu la chance de se conserver grâce à la sécheresse du climat égyptien, parfois à l'état fragmentaire.

Utilisation : les tissus retrouvés appartenaient au mobilier des tombes. Ils proviennent souvent des vêtements que portaient les défunts. Les tuniques en toile écrue étaient décorées d'éléments polychromes tissés ou cousus : bandes latérales verticales (clavi), éléments circulaires, carrés ou rectangulaires placés aux épaules ou aux genoux (orbiculi et tabulae), galons, plastrons…
Des textiles d'ameublement ont également été réutilisés pour servir de suaire, de pièces d'emmaillotement ou encore de coussins funéraires…



Tissu copte avec pour décor Dionysos et son thyase
Tissu copte : Dionysos et son thyase - Crédit photographique : RMN


Fabrication : les tissus coptes qui subsistent sont majoritairement des tapisseries tissées sur métier vertical (haute-lisse) avec des fils de lin écru ou blanchi et de laine aux vives couleurs. D'autres techniques ont été utilisées : comme le sprang (entrelacement et tressage de fils dont le résultat ressemble au tricot ou à la dentelle). Le décor peut aussi être obtenu par broderie ou teinture de type batik laissant certaines zones en réserve.

Décor : les motifs ornant les tissus coptes sont nombreux : personnages (putti, cavaliers…), animaux, végétaux (feuilles ou bordures fleuries), décors géométriques… Si certaines pièces présentent des thèmes et des symboles chrétiens, les tisserands coptes ont largement puisé leur inspiration dans le répertoire décoratif gréco-romain, mythologique ou profane, commun à d'autres artistes comme les mosaïstes.



 
 Les caractéristiques de l’Église copte

Les coptes constituent à la fois un peuple, une langue, un rite et une Église.

L’Église copte est dite pré-chalcédonienne, c’est-à-dire qu’elle reconnaît les trois premiers conciles œcuméniques : Nicée en 325, Constantinople en 381 et Éphèse en 431. La rupture avec le reste du monde chrétien est intervenue au concile de Chalcédoine qui a affirmé la double nature, humaine et divine, du Christ. Les coptes, monophysites, reconnaissent au Christ une nature divine, et considèrent que le Saint-Esprit ne procède pas du Père et du Fils, mais du Dieu un et unique.

La langue copte (chamito-sémitique issue de l’égyptien ancien), longtemps reléguée à la liturgie, connaît aujourd’hui une nouvelle vigueur. Elle s’écrit en alphabet copte, proche de l’alphabet grec, avec des lettres supplémentaires.

Le calendrier copte est composé de douze mois de 30 jours, auxquels s’ajoute un « petit mois » intercalaire de cinq ou six jours (dans la deuxième semaine de septembre). Il démarre le 29 août 284, avec l’accession au pouvoir de l’empereur Dioclétien, qui ouvrit une ère de persécussion et de matyre pour les chrétiens.

L’année liturgique copte compte 264 jours de jeûne.

Le nombre estimé de coptes en Égypte varie entre les chiffres de l’État (3,5 millions) et ceux de l’Église (10 millions). À côté de la très largement majoritaire Église copte orthodoxe, il existe une petite Église copte catholique (à peu près 200 000 fidèles) et une Église copte protestante (quelques dizaines de milliers de fidèles).

   

Les lieux de culte coptes sont encore très nombreux en Égypte. Parmi les plus célèbres :

Le monastère de Saint-Mena (sud-ouest d’Alexandrie). Ce monastère moderne a été construit au début des années soixante à coté du site archéologique du plus ancien centre de pèlerinage dans l’histoire de l’Église.

Le monastère de Saint-Macaire (sud-ouest d’Alexandrie). Construit au IVe siècle, le premier qui fut bâti dans cette région, le Wadi Natroun où les Anciens Égyptiens y extrayaient le natron (sel naturel), pour la momification.

Les églises Saint-Georges, Sainte-Barbara et Saint-Serge dans Le Caire copte, construites dès le Ve siècle, rappellent que l’Égypte s’est convertie très tôt au christianisme. L’église Sainte-Barbara, remaniée au Xe siècle conserve un remarquable portail de bois, et des cloisons dont le travail rappelle l’influence des Fatimides. Fondé sur une initiative privée au début du siècle dernier pour protéger et sauver tous les documents et objets historiques et archéologiques en relation avec la période Copte de l’histoire de l’Égypte, le Musée Copte renferme la collection d’art Copte la plus riche du monde.

Façade de l'église copte « suspendue » du Caire
L'église copte El Mo'allaqahL'église copte El Mo'allaqah (la « Suspendue ») fut probablement construite au VIIe siècle après Jésus-Christ puis démolie en 840, ensuite reconstruite et remaniée plusieurs fois. Elle est bâtie au-dessus de la forteresse romaine qui lui sert d'assise. Lorsque le niveau du Nil n'est pas trop haut, il est possible de descendre et visiter les arches de l'ancienne enceinte, à moitié submergée par les eaux et envahies de chauves souris.
Cette église fut le siège du patriarcat copte du XIe au XIVe siècle.
Un des éléments les plus importants de l'église est l'ambon (*) en marbre. Une riche iconographie copte y est très présente.
Le Caire - Quartier copte
(*) ambon. Nom commun, du grec byzantin ambôn, chaire. Dans certaines églises paléochrétiennes et médiévales (IVe-XIIe s.), petites tribunes symétriques, à l'entrée du chœur, utilisées pour les lectures du rituel de la messe et pour la prédication. (Jubé et chaire à prêcher les ont remplacés par la suite.)


Le couvent Saint-Antoine (vers la Mer Rouge). Construit au VIIe siècle. Il rappelle le souvenir de celui qui a appliqué à la lettre l’Évangile de Mathieu : « Si tu veux être parfait, va, vends tout ce que tu as, donne-le au pauvre, puis suis-moi. » L’église principale est décorée de fresques des Xe-XIIIe siècles.

Le couvent Saint-Paul (vers la Mer Rouge). Derrière ses murailles, le temps s’est arrêté depuis les premières périodes du christianisme. La bibliothèque de ce couvent-forteresse conserve près de 700 manuscrits anciens.

Le monastère Sainte-Catherine (Sinaï), le plus célèbre. La renommée du Sinaï est faite d’histoire et de tradition biblique. C’est là que Moïse reçut les Tables de la Loi alors que les Hébreux fuyaient l’Égypte. C’est là que brûla le buisson ardent. C’est là encore que des anges transportèrent le corps martyrisé de Sainte Catherine. Sa bibliothèque contient pas moins de 3 500 manuscrits. À voir également, son Musée des Icônes.
 
 

Image titre « En savoir plus »
Le monde copte

L'Égypte copte   par Marie-Hélène Rutschowscaya, Conservateur en chef au département des antiquités égyptiennes du musée du Louvre chargée de la section copte.
Chrétiens du Moyen-Orient   | Les Coptes et leur alphabet   sur Wikipédia

Les mots des religions « les coptes » avec Sylvie Barnay, maître de conférences à l’Université de Metz et chargée de cours à l’Université catholique de Paris, découvrez l’histoire des coptes, l’implantation du christianisme en Égypte et l’originalité de ces chrétiens du Nil.

Émission (*) proposée par Sylvie Barnay : Les mots du christianisme
Adresse de cet article : http://www.canalacademie.com/Les-mots-des-religions-les-coptes.html  
Référence : TOR204

(*) Sur le site, vous pourrez écouter cette émission en ligne (durée : 11mn 20)

» À visiter : le musée copte   en ligne


 
 Ils s’appellent Gypt

Paysans, artisans, artistes ou intellectuels, ils sont plusieurs millions à se vouloir « Gypt ». Cette appellation signifie « Ancien Égyptien ». Elle recouvre une religion dont le nom, en français, est devenu « copte ».

Les patriarches coptes furent les premiers à succéder aux pharaons. Selon les hagiographes, l’apôtre Marc évangélisa l’Égypte vers l’an 40. La population qui adorait Amon-Rê, Aton, Horus,... se convertit au monothéisme chrétien. Puis il fallut lutter pour préserver la nouvelle croyance. Repoussés par les Arabes, les coptes se réfugièrent en Haute-Égypte, dans le Fayoum ou dans les étendues alors dépeuplées du Delta. La plupart sont fellahs, mais il y a un quartier copte dans le vieux Caire. Il se situe autour de la cathédrale que surmonte la croix, symbole de la foi copte.

En Égypte où l’islam est religion d’État, les coptes sont tout juste tolérés. L’islam interdit aux musulmans de se convertir au christianisme et le mariage entre coptes et musulmans est rare. Les fellahs coptes n’en portent pas moins une croix bleue tatouée le plus souvent sur le poignet.

puceAnkh.gifSources bibliographiques
- Collectif sous la direction de Pierre Minvielle, Égypte, Larousse - collection Peuples et Horizons, Paris 1987
 
 

Les coptes sont toujours une communauté importante dans l'Égypte d'aujourd'hui et ce, malgré l'émigration vers le Canada, les États Unis, et l'Australie. Si les coptes avancent des chiffres allant de 7 à 15 millions (10% à 20% de la population), un recensement récent donne un chiffre bien inférieur de l'ordre de 3,5 millions soit 6% de la population.



Éducation

À l’avènement du régime républicain, seuls les enfants de l’élite urbaine avaient accès à l’éducation. Dans les campagnes, un enseignement rudimentaire, fondé sur la mémorisation plus que sur la réflexion, était assuré dans les écoles coraniques. Le nouveau régime, en 1952, entreprit de démocratiser l’enseignement, rendu obligatoire et gratuit pour les enfants de six à douze ans. L’analphabétisme recula de manière non négligeable. Cependant, en 1995, il concernait encore 48.6 % de la population, ce qui constitue un taux relativement élevé dans le monde arabe. Un tiers seulement des enfants accomplissait une scolarité primaire et secondaire en 1970. Ils sont deux fois plus nombreux aujourd’hui et près de 20 % des jeunes Égyptiens poursuivent leurs études dans l’enseignement supérieur.

L’université islamique al-Azhar occupe une place particulière dans l’enseignement supérieur. La mosquée, fondée au Caire, en 970 apr. J.-C. devint un prestigieux centre d’enseignement de la théologie musulmane en même temps qu’un lieu d’élaboration du droit musulman. Son rayonnement au sein de la umma (communauté) musulmane demeure grand. Al-Azhar compte aujourd’hui 90 000 étudiants, égyptiens et non-égyptiens, versés dans les sciences islamiques mais de plus en plus ouverts aux enseignements profanes. Méhémet Ali, dirigeant réformateur de l’Égypte au XIXe siècle, dota le pays d’un réseau d’écoles supérieures spécialisées (médecine, administration, agriculture, etc.) dans le but de former les cadres supérieurs du nouvel État égyptien. En 1907 s’ouvrit la première université d’État, l’université du Caire et, en 1919, des missionnaires protestants fondèrent l’Université américaine. Les universités provinciales se multiplièrent à partir des années 1950. Les jeunes femmes furent autorisées à s’y inscrire en 1962.

Le système d’enseignement égyptien est aujourd’hui confronté au problème de l’adéquation de la formation universitaire au monde du travail. Le président Nasser s’était engagé à trouver un emploi à tous les diplômés des universités égyptiennes, qui vinrent gonfler les effectifs de l’administration. Mais depuis le début des années 1970, le chômage des jeunes diplômés est devenu l’une des questions cruciales dans la société égyptienne.




Culture

La culture de l’Égypte ancienne a nourri la civilisation grecque et l’histoire biblique, dont procède notre civilisation . Plus tard, la chrétienté égyptienne apportera une contribution essentielle au développement du monachisme chrétien.

L’Égypte fut également, avec le Liban et la Syrie, le berceau de la renaissance culturelle arabe (la Nahda du XIXe siècle. Poètes, écrivains, dramaturges ont façonné l’histoire de la littérature égyptienne. L’Égypte se distingue, par ailleurs, du reste du monde arabe par une abondante production cinématographique : elle produit chaque année des centaines de films et de séries télévisées qu’elle exporte dans tout le monde arabe et au-delà. La littérature égyptienne, comme le cinéma, ont gagné une reconnaissance récente en Europe particulièrement en France, comme en témoignent l’attribution du prix Nobel de littérature en 1988 à l’écrivain égyptien Naguib Mahfouz ou les succès remportés par le réalisateur Youssef Chahine qui traite de sujets actuels de façon critique.

L’Égypte possède des musées remarquables, parmi lesquels le Musée national égyptien ou musée des Antiquités égyptiennes. Le patrimoine est riche et varié de même que l’art et l’architecture de l’Égypte.



La presse

La presse égyptienne est la plus développée du monde arabe, et Le Caire est le principal centre d’édition du Proche-Orient.

  • L’hebdomadaire le plus important : Al-Arham (les pyramides) tire à près d’un million d’exemplaires, soit le tiers de la diffusion quotidienne totale. Il paraît également en français, chaque mercredi.
  • Deux quotidiens : Le Journal d’Alexandrie et Le Progrès Égyptien sont publiés en français.
  • Autres journaux : le Al-Akhbar et plusieurs hebdomadaires et publications périodiques.

Malgré une histoire ancienne (elle est née dans les années 1860), la presse reste contrôlée par le gouvernement.




Les trois calendriers de l’Égypte


Le calendrier grégorien

À côté du calendrier grégorien, utilisé dans tous les domaines de la vie publique, les Égyptiens utilisent les calendriers musulman et copte pour déterminer les dates de leurs fêtes religieuses.



Le calendrier musulman

Le calendrier musulman prend pour date fondatrice l’année 622, celle de l’Hégire, c’est-à-dire de la fuite du prophète Mahomet vers Médine. Fondé sur un cycle lunaire, il ne comprend que 354 jours ; les fêtes musulmanes sont ainsi en perpétuel décalage de 10 ou 11 jours avec le calendrier grégorien.

Calcul de l’année de l’Hégire (h) correspondant à l’année grégorienne (g) :

Formule pour calculer l’année de l’Hégire

En savoir plus le calendrier musulman 



Le calendrier copte

Le calendrier copte part de l’année 284, début du règne de l’empereur Dioclétien, qui ordonna de terribles persécutions contre les chrétiens. C’est l’« ère des Martyrs ». Fondé sur le cycle solaire, il comprend 365 jours - 12 mois de 30 jours et un mois supplémentaire de 5 ou 6 jours. L’année copte, comme l’année des Pharaons, débute le 11 septembre. Ainsi, le 1er janvier 2005 correspond à l’an 1425 pour les musulmans (l’année 1426 débutant le 10 février) et à l’an 1721 pour les coptes.

En savoir plus le calendrier copte 




Gastronomie

Article paru sur linternaute.com  .

Située entre l’Afrique et l’Asie, l’Égypte en a profité pour prendre ce qu’il y a de meilleur chez ses voisins. La cuisine égyptienne, très relevée, est un mélange de nombreuses spécialités méditerranéennes. La moitié des plats que vous mangerez sont d’origine turque. Des influences viennent aussi du Liban, de Perse, de Grèce et même d’Angleterre !



Les repas traditionnels

Les repas égyptiens diffèrent peu des nôtres. Le petit-déjeuner est généralement composé de pain et de fromage, il peut aussi commencer avec du foul. Ensuite, le déjeuner se prend vers 14h et même un peu plus tard pour que toute la famille soit réunie. Le plat principal est en général de la viande avec comme accompagnement du riz, des pâtes ou des légumes. Lors des repas, les convives piochent à volonté dans tous les plats posés sur la table. Le dîner ne commence pas avant 21h. Lorsque les égyptiens sortent en ville pour manger, les repas s’attardent souvent jusqu’à 1 ou 2h du matin sans problème.

Les Égyptiens préparent à merveille le Esch Baladi, galette molle que l’on utilise abondamment pour préparer toutes sortes de sandwiches orientaux.



Les spécialités

Le plat égyptien le plus courant est le foul préparé à base de fèves mijotées toute la nuit pour en faire une purée généralement servie dans un morceau de shami (pain ressemblant à de la pitta). Le ta’amiva (ou falafel), est l’autre plat traditionnel. La pitta est fourrée de purée de pois chiche, d’épices, de salade et de tahina (pâte de graine de sésame).

La viande est généralement grillée et hachée, vous trouverez surtout du poulet et de l’agneau. Bien sûr, vous goûterez à leur fameux shishkebab (brochette de viande épicée) très populaires ainsi qu’au kushari, mélange de nouilles, riz, lentilles, oignons frits et sauces tomate. Le molokhiyya est un plat à base de feuille de molokhiyya trempée dans du bouillon de volaille avec du riz. Pour les plus curieux, osez goûter au pigeon grillé, en sauce ou farci.

Vous trouverez aussi différents poissons provenant de la mer Rouge : perche et thon frits. Les poissons d’Alexandrie sont très réputés.

Pour finir le repas, les égyptiens adorent tout ce qui est sucré et collant à souhait ! Bien que rares, les desserts sont souvent parfumés à l’eau de rose et saupoudrés de pistaches. Goûtez au Om’ali mais ne craignez pas alors de prendre des kilos ! Ces fines feuilles de pâtes sont baignées dans un lait très sucré et mélangées à de la noix de coco et à des pistaches. Ce sont les pâtisseries qui prédominent. Les baklava sont diverses pâtisseries fourrées de noix et nappées de sirop de sucre.

Les fruits frais abondent, profitez des succulentes figues, dattes, pastèques… selon la saison.



Pour accompagner les repas

Partout vous trouverez des jus de fruits délicieux, très appréciables sous une chaleur torride. Véritable cocktail vitaminé : banane, mangue, grenade, citron, goyave, canne à sucre (assab)…

Le karkadé glacé est une infusion à base de fleurs d’hibiscus : très désaltérante.

Le café, à la turque, est servi avec le marc. Vous devez attendre qu’il tombe dans le fond de la tasse avant de le boire. Le café (qawa) se boit sokkar ziâda (très sucré), masbout (moyen) ou saâda (sans sucre). Si vous voulez un petit café, demandez un café français. Le café instantané est appelé partout Nescafé.

Évidemment, vous ne pourrez pas échapper au thé (chaï) à la menthe. Il est infusé suivant le goût ; mais il peut être très fort et surtout très chaud. Il se boit partout à toute heure.

Malgré leur religion, les boissons alcoolisées sont tolérées par la majorité des égyptiens. La bière locale stella est la plus répandue. Elle est très bonne servie fraîche. Le pays possède quelques vins tout à fait acceptables mais souvent à un prix élevé. Notez qu’il faut faire attention si on vous invite à boire chez l’habitant. En effet, vous risquez de tomber sur de l’alcool frelaté qui peut entraîner des conséquences très graves. Notez également qu’il est préférable de boire de l’eau minérale plutôt que de l’eau du robinet.



 
 Quelques plats populaires

Ataief : pâte farcie de noix ou d’amandes, frite et trempée dans le sirop.
Babaghanouss : aubergines écrasées avec huile, vinaigre et tahina.
Baklâva : pâte feuilletée farcie comme l’ataief, cuite au four et recouverte de sirop.
Konafa : pâte effilée, farcie et cuisinée comme la baklâva.
Bamiah : cornes grecques cuites à la sauce tomate.
Coussa : courgettes généralement farcies.
Dolma : feuilles de vignes farcies.
Foul moudammas : fèves sèches bouillies, servies chaudes avec huile et citron. Le foul est le plat national, il est courant de manger pour le petit déjeuner une galette abondamment garnie de foul. Il existe mille et une manières de le cuisiner.
Hommos : purée de pois chiches parfumée à la tahina.
Kebâb : brochettes d’agneau servies sur du persil.
Kalaoui : rognons grillés.
Kofta : boulettes de viande hachée.
Kochari : autre plat très populaire et délicieux. Un mélange de macaronis, et lentilles brunes, d’oignons frits et de sauce tomate.
Mouloukhiyya : soupe très épaisse préparée à base d’herbes du même nom, aromatisée à l’ail et servie avec du riz.
Mahallabeya : sorte de riz au lait avec des pistaches et parfumé à l’eau de rose.
Om’Ali : mélange de pâte feuilletée, raisins secs, amandes et lait chaud.
Salata Baladi : salade mélangée de concombres, laitue, tomates et oignons.
Taâmeya : boulettes frites, préparées avec de la purée de fèves.
Tabboula : salade à base de persil, menthe, tomates, oignons.
Tahina : pâte de sésame parfumée au citron.
 
 


Arts

© 2006 Lonely Planet Publications.

La culture musicale est omniprésente en Égypte. La musique classique a connu son apogée dans les années 1940 et 1950, incarnation du nationalisme qui fit alors du Caire le cœur du monde arabe. Emblème et star, Oum Khalsoum, dont les chansons d’amour et les qasa’id (longs poèmes) exprimaient au mieux l’identité collective.

La musique populaire a connu un renouveau dans les années 70 avec Ahmed Adawayya, qui a lancé un style de musique appelé al-jeel (la génération). Autre héritage d'Adawayya, le shaabi, beaucoup plus cru et provocant, est considéré comme le véritable vecteur de la classe populaire égyptienne.

La danse, institutionnalisée au Moyen-Âge sous la forme des ghawazee, assez semblables à nos troubadours, changea de nature au XIXe siècle avec l’arrivée des premiers voyageurs : les autorités religieuses, offusquées de voir des musulmanes danser devant des “infidèles”, les taxèrent si lourdement qu’elles se prostituèrent pour survivre. La danse du ventre ne regagna un semblant de crédibilité qu’avec l’arrivée du cinéma, mais elle n’est toujours pas “respectable”.



Trois instruments de musique : Oud, Nay et QanounOrchestre ancien


Oud - Ancêtre du luth, remontant en Égypte à la haute Antiquité, l’oud est l’instrument clé de la musique arabe classique.

Nay - Flûte en roseau, plus ancienne encore que l’oud, est l’instrument de prédilection des derviches tourneurs.

Qanoun - Cet instrument appartient à la famille de la cithare. Posé horizontalement sur les genous, il est joué au moyen de deux onglets enfilés au bout des deux index.






Ces trois instruments forment le taht, l’orchestre ancien, aujourd’hui constitué en répertoire classique.


L’industrie égyptienne du cinéma, autrefois si vivante qu’elle s’exportait dans tous les pays arabes, est actuellement en sommeil, victime d’une lourde imposition et de la censure - avec une exception de taille, Youssef Chahine.

Enfin, nul ne revient d’Égypte sans évoquer l’architecture : depuis 5 000 ans, les temples et les tombeaux, les pyramides, les mastaba, les colonnes, les statues de dieux et de déesses fascinent et émerveillent.




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Société et traditions » Fêtes et Événements annuels

La vie sociale des Égyptiens, toutes confessions confondues, est rythmée par des fêtes et des pélerinages religieux, à la seule exception du Cham el-Nessim, qui célèbre l’arrivée du printemps.

La période la plus festive est celle du ramadan, neuvième mois du calendrier musulman, durant lequel le prophète Mohamed reçu la révélation du Coran : c’est celui du jeûne rituel.

Un autre temps fort de l’année musulmane est son dernier mois, au cours duquel s’effectue le pélerinage à La Mecque. La dévotion aux saints, dont les mouled commémorent la naissance, représente également un aspect important et assez spécifique de la piété populaire égyptienne.



Fêtes nationales


 1er janvier Jour de l’an international
 25 avril Jour dédié à la paix et à la libération du Sinaï après la signature d’un traité entre l’Égypte et Israël
 28 avril Cham el-Nessim, la fête du Printemps (systématiquement jour férié)
 1er mai Fête du Travail
 18 juin Jour de l’Évacuation, qui marque l’anniversaire du départ des dernières troupes britanniques en 1956
Anniversaire de la République
 23 juillet Jour de la Révolution de 1952
  6 octobre Fête Nationale

À ces fêtes s’ajoutent les fêtes musulmanes, les fêtes coptes et les fêtes pharaoniques


Fêtes musulmanes

Le calendrier musulman est décalé de dix à onze jours par rapport au calendrier grégorien, et les jours de fêtes sont liés à la révolution de la lune : les dates varient donc chaque année.


Moulid en-Nabi le Nouvel An musulman marque l’anniversaire de la naissance du prophète. Une procession se déroule au Caire de la mosquée el-Rifai à la mosquée el-Hussein en passant par la Citadelle. A cette occasion, on donne aux enfants de grands sucres d’orge
Ramadan Fête qui dure un mois
Aïd el-Fitr ou Petit Baïram. Cette fête marque la fin du jeûne du ramadan
Aïd el-Adha ou Grand Baïram commémore le sacrifice d'Abraham, soixante-dix jours après le ramadan


Fêtes coptes


  7 janvier Noël
19 janvier Épiphanie
21 mars Annonciation et la pâque (fête mobile), qui est la fête la plus importante de l’année pour la communauté copte
Avril-mai Pâque
11 septembre Nouvel An

Depuis 2003, le Noël et la Pâque coptes sont des jours fériés officiels pour tout le pays.


Fêtes pharaoniques et manifestations diverses


Janvier Le Caire : festival artistique Wust el-Balad - expositions, théâtre, poésie et musique
fin janvier Le Caire : salon du livre, au parc des expositions
Février Hourgadah : Tournoi international de pêche en mer Rouge
22 février Ascension de Ramsès II. Les rayons du soleil traversent le temple pour illuminer les statues placées dans le sanctuaire ( à voir également le 22 octobre)
Avril Alexandrie : festival international du film expérimental
17/18 juin Louxor : deux à trois semaines avant le ramadan, on célèbre
la sortie du saint Mouled Abou el-Haggag
et Wafa’a el-Nil, le débordement du Nil
Juillet Le Caire : festival international de danse orientale - spectacles et leçons proposés par des danseuses célèbres
Août Partout : festival du tourisme et du shopping - promotion des produits locaux et rabais
Septembre Alexandrie : festival international de cinéma - un festival à petite échelle
Le Caire : festival de théâtre expérimental - dix jours de spectacles d’avant-garde
Octobre Alexandrie : festival des Alexandries avec des délégations des 40 cités homonymes
Gizeh : rallye des Pharaons - onze jours et 4700 km à travers le désert
22 octobre Naissance de Ramsès II. Les rayons du soleil traversent le temple pour illuminer les statues placées dans le sanctuaire ( à voir également le 22 février)
23 octobre El-Alamein : Commémoration d’El-Alamein - cérémonies en hommage aux combattants
Novembre Le Caire  en début de mois, festival de musique arabe - dix jours de musique traditionnelle
Décembre Le Caire : festival international du film présente, en présence de vedettes mondailement connues, des films du monde entier dans les grands hotels de la ville



puceAnkh.gifSources bibliographiques
- Mahmoud Zibawi, Les Coptes, l’Église du peuple des pharaons, Éditions La Table ronde, 2006
- Quentin Ludwig, Comprendre l’Égypte ancienne, Éditions Eyrolles, Paris 2007
- Christian Cannuyer, L’Égypte copte, les chrétiens du Nil, Éditions Gallimard Découvertes, 2000
- Rachel et Alphonse Goettmann, La Voix d’un Père du désert, entretiens avec Sa Sainteté Shenouda III, Éditions
  Desclée de Brouwer, 2006




Notice documentaire

langue
Une langue est un système de signes linguistiques, vocaux, graphiques ou gestuels, qui permet la communication entre les individus.
Une définition linguistique de la langue précise que c'est un système de signes doublement articulés, c'est-à-dire que la construction du sens se fait à deux niveaux d'articulation. On trouve tout d'abord celui des entités signifiantes (morphèmes et lexèmes, ou monèmes) formant les énoncés puis celui des unités distinctives de sens (phonèmes) formant les unités signifiantes. Ces deux niveaux d'articulation déterminent les premiers niveaux de la description linguistique : phonologie, morphologie et syntaxe. André Martinet précise que l'ordre de description est nécessairement inverse de l'ordre de perception ou d'usage de la langue : la description commence par le deuxième niveau d'articulation (les phonèmes) pour aller vers le premier (la combinatoire des unités signifiantes).

Langue et parole
On distingue également, depuis Ferdinand de Saussure, la langue et la parole (c'est-à-dire l'utilisation effective du système de la langue par les locuteurs).

Langue et langage
On distingue généralement la langue (système de signes) et le langage (faculté humaine mise en œuvre au moyen d'un tel système). La langue doublement articulée n'est qu'un langage parmi d'autres, que rien ne doit privilégier : la faculté de langage est aussi mise en œuvre par d'autres systèmes de signes, comme le geste, le dessin, le vêtement, etc. La linguistique, comme science du langage au sens strict, est donc nécessairement englobée dans une discipline aux objets plus nombreux : la sémiologie ou sémiotique, science générale des signes et de la signification.

Langue et dialecte
Dans une perspective sociolinguistique (étude des langues dans leur rapport aux sociétés), le terme « langue » définit tout idiome remplissant deux fonctions sociales fondamentales : la “communication” (c'est au moyen de la langue que les acteurs sociaux échangent et mettent en commun leurs idées, sentiments, pensées, etc.) et l'“identification” (de par son double aspect individuel et collectif, la langue sert de marqueur identitaire quant aux caractéristiques de l'individu et de ses appartenances sociales). Par conséquent, les « langues » sont des objets vivants, soumis à multiples phénomènes de variations et les frontières entre les langues sont considérées non hermétiques car elles relèvent d'abord des pratiques sociales (par ex.: en quoi l'énoncé La réunion est schédulée pour le week-end ne serait-il pas du “français” ?). En prenant en compte la valeur des représentations des mots en société, les sociolinguistes substituent donc le terme « langue » à ceux pouvant renvoyer à des connotations péjoratives ou dévalorisantes (ex.: “dialecte”, “patois”…).

Langue naturelle et langue artificielle
Si la grande majorité des langues parlées dans le monde sont des langues naturelles, qui se sont formées spontanément à partir d'états de langue antérieurs, il existe cependant aussi des langues artificielles ou langues construites, comme l'espéranto, le volapük, l'ido l'interlingua, le lojban, ou encore le klingon, qui ont été créées consciemment par des individus.

Langue vivante et langue morte
Une langue est dite vivante lorsqu'elle est utilisée oralement par des personnes dont elle est la langue maternelle, ou par une communauté suffisamment nombreuse — et de façon suffisamment intensive — pour permettre une évolution spontanée de la langue (cas de l'espéranto).
On appelle langue morte ou éteinte une langue qui n'est plus pratiquée oralement comme langue maternelle, mais qui peut être encore utilisée dans certains domaines (tels que la religion). La connaissance des langues mortes, en permettant l'étude des textes anciens, est utile notamment à la linguistique historique, ainsi qu'à l'histoire et à ses disciplines annexes. Les deux langues mortes les plus importantes de la culture occidentale sont le latin et le grec ancien. L'expression « langue morte » est contestée par beaucoup de ceux qui les pratiquent. On lui préfère alors « langue ancienne ». Il est possible de « ressusciter » des langues mortes, comme le montre l'exemple de l'hébreu.
Une langue vivante est rarement un système uniforme et rigide, elle varie généralement selon le lieu géographique (dialectes), le milieu social (sociolectes) et les individus (idiolectes) et, bien sûr, selon le temps (diachroniquement), ce qui fait que, considérée à un moment donné, une langue est toujours en évolution et contient plusieurs états. Par exemple, le système phonologique des langues est en évolution constante, ce qu'étudie la phonétique historique. Une langue vivante est définie dans une géographie linguistique internationalement reconnue et se définit par sa frontière linguistique. Si cette dernière est traversée par une frontière, c'est une langue transfrontalière.

Autre
On appelle langue maternelle d'une personne la ou les langue(s) que cette personne a apprise(s) dans son enfance au cours de son apprentissage du langage.

Carte du monde avec localisation des difféentes langues parlées


On parle sur la Terre de trois à quatre mille langues. On ne peut avancer un nombre précis, car il est souvent difficile de décider si deux parlers sont des « langues » ou des « dialectes » de la même langue. Les linguistes se sont efforcés d'établir une classification des langues du monde (vivantes et mortes). La classification typologique, qui consiste à regrouper les langues présentant des structures grammaticales semblables, n'a pas encore donné de résultats satisfaisants. La classification génétique consiste à réunir les langues auxquelles on présume une origine commune ; ainsi, les langues indo-européennes proviendraient toutes d'une même langue mère (hypothétique) ,: l'indo-européen commun.
Parmi les principales familles, on compte les langues : indo-europénnes, afro-asiatiques (sémitiques, notamment), turco-mongoles ou altaïques, ouraliennes (finno-ougriennes, notamment), sino-tibétaines, austro-asiatiques (langues thaï, khmères, …), austronésiennes (dites autrois malayo-polynésiennes), nigéro-Kordofaniennes (la principale famille d'Afrique subsaharienne), nilo-saharienne, khoisan, caucasiennes, dravidiennes, algonquines, iroquoises, sioux, mayas. Le japonais et le coréen constituent des entités autonomes.


langage
Nom masculin, de langue. 1. Faculté humaine de communiquer au moyen de signes vocaux ou de leur notation graphique (écriture) ; usage de cette faculté. 2. Tout système de signes, socialement codifié : langage des sourds-muets, langages symboliques. …
Le langage peut être défini selon plusieurs caractéristiques :
  • La première est la fonction symbolique. En effet, le langage est l'utilisation de signes chez des individus qui sont capables de manier des représentations mentales associées.
  • La deuxième est la conjugaison, c’est-à-dire la perspective du temps ou des souvenirs et de l'espoir, prise en compte dans le discours.
  • La troisième est la grammaire. Elle permet d'intervertir les mots afin de changer le sens de ce qui est dit.
  • La quatrième est la phonétique. En changeant les phonèmes on change le sens.
  • La cinquième est l'intonation, qui permet de transformer une affirmation, pour qu'elle devienne un ordre, un souhait ou une question.


Quelques remarques sur le langage
On considère souvent le langage comme le moyen d'exprimer une idée ; il serait donc un instrument de la pensée. Il y a pourtant des cas où le langage semble nous dépasser : dans le cas du lapsus, nous disons autre chose que ce que nous voulons dire ; et dans le cas où l'on parle pour ne rien dire, comme quand on parle de la pluie et du beau temps.
Le langage n'est-il qu'un instrument de communication et d'expression ? Ne fait-il qu'exprimer une pensée ?
Cette problématique philosophique du langage concerne le statut métaphysique de la pensée : si la pensée préexiste au langage, il est possible de se passer de cette forme matérielle ; mais si la pensée ne peut se réduire au langage, alors ce dernier a un pouvoir spécifique, indépendant des autres facultés.
Ce problème de la liaison du langage et de la raison est lié également à la question de savoir si le langage révèle la nature spirituelle de l'Homme.

Il existe plusieurs sortes de langages : - le langage familier (employé par les jeunes) - le langage commun (employé tous les jours c'est la langage que nous parlons) - le langage soutenu (employé dans des poésies, pour des discours… c'est le langage employé par les hommes important et par les auteurs comme Corneille ou Molière).


Religions


L’islam

Le Coran
Coran ou Koran (ar. al-Quran, récitation, lecture récitée). Livre sacré des musulmans. Considéré dans la perspective islamique, il est le guide infaillible de l’homme dans la totalité de sa vie spirituelle, temporelle, individuelle et collective. Source principale de la doctrine musulmane, il proclame l’Unité divine et appelle les hommes à se préparer au Jour dernier. Ses prescriptions sont les fondements de la pratique religieuse, du droit et de la morale de l’Islam. Il contient aussi de nombreux éléments narratifs correspondant souvent aux récits bibliques et se rapportant surtout à Abraham (Ibrahim), à Moïse (Musa) ainsi qu’à Jésus (Isa) et à sa mère (Maryam).

Le Coran a fait, au cours des siècles, l’objet d'incomparables commentaires théologiques, juridiques ou mystiques. Sa récitation, psalmodiée ou non, est un acte liturgique, mais seulement dans la version originale arabe. Il a néanmoins été traduit dans un grand nombre de langues d’Orient et d’Occident.

Les musulmans qui le considèrent comme la parole de Dieu livrée au prophète Mohammed par l’intermédiaire de Gabriel, l’ange de la révélation ; ils croient que Dieu lui-même, et non Mohammed, en est l’auteur et par conséquent que le Coran est inimitable et infaillible. Le texte du Coran est l’ensemble des passages révélés à Mohammed au cours des vingt-deux années de sa vie prophétique (610-632).

mosquée
n.f. Le mot mosquée est un emprunt à l’italien mosche(t)a, venant lui-même de l’arabe masjid (emprunté au persan mazget), dérivé d’une racine signifiant « poser le front au sol ».

minaret
Tour d’une mosquée du haut de laquelle le muezzin fait cinq fois par jour l’appel à la prière. Modeste kiosque dans le cas de nombreuses mosquées de village ou de quartier, le minaret (du turc minare) est un élément majeur de l’architecture musulmane et sa forme varie considérablement selon les pays. Une mosquée peut compter plusieurs minarets, dont le nombre est limité à six pour ne pas excéder celui de la mosquée de La Mecque qui en compte sept.

muezzin
n.m. (du turc müezzin, de l’arabe mu'adhdhin). Dans l’islam, fonctionnaire religieux chargé d’appeler, du haut du minaret de la mosquée, aux cinq prières quotidiennes.

De nos jours, ce fonctionnaire n’a plus besoin de monter en haut du minaret : un haut-parleur y est installé.


Coptes
Les Coptes, membres de l'Église chrétienne orthodoxe d'Égypte, qui fait partie du rameau monophysite opposé aux décisions christologiques du concile de Calcédoine (451) et qui, après avoir gagné l'ensemble du pays, fut submergé par l'islam. Comptant aujourd'hui (en 2009) 7 millions de fidèles, elle a pour chef le patriarche d'Alexandrie, qui réside au Caire, et elle suit le rite copte (en langue copte).

Le terme, qui désigna d'abord un peuple, sa langue et sa culture, puis exclusivement sa religion, a été étendu de façon abusive à l'Église orthodoxe éthiopienne, qui appartient, elle aussi, à la tradition monophysite et qui, avec 14 millions de fidèles en Éthiopie et en Érythrée, a adopté le rite copte, mais en langue guèze ou en amharique.


orthodoxe
Adjectif et nom, du grec orthos, droit, et doxa, opinion. Conforme au dogme, à la doctrine d'une religion. Ce dit des Églises chrétiennes d'Orient qui ont rejeté la juridiction de l'autorité de Rome, dont elles se sont séparées en 1504, mais restées fidèles à la doctrine définie par le concile de Chalcédoine (451).

Un long processus de séparation des Églises d'Occident et d'Orient s'était engagé à partir du IXe siècle, bien avant le schisme d'Orient (1054). Les conceptions de l'Église, formulées par Rome et par Byzance, devinrent rapidement divergentes. Les différences essentielles entre l'Église orthodoxe et l'Église catholique portent sur trois points de doctrine et leurs usages particuliers.
1. Le filioque. Pour les orthodoxes, la seule profession de foi admise en ce qui concerne la Trinité est le Credo de Nicée (325) ; l'Esprit saint procède du Père par le Fils, alors que Rome avait, au VIIIe siècle, proclamé unilatéralement qu'il procède du Père et du Fils.
2. Les orthodoxes nient la juridiction universelle du pape. La conception orthodoxe en matière d'infaillibilité de foi, de dogme et de morale repose sur le concile œcuménique ou local.
3. L'Immaculée Conception est considérée par les orthodoxes comme une innovation doctrinale qui n'est pas nécessaire. En outre, les Églises orthodoxes admettent le divorce, ainsi que le mariage des prêtres s'il a été célébré avant le diaconat (dignité, fonction de diacre).

Rassemblés sous la primauté d'honneur du patriarche œcuménique de Constantinople, les Églises orthodoxes comprennent notamment les tois anciens patriarcats d'Alexandrie, d'Antioche et de Jérusalem, les patriarcats plus récents de Géorgie, de Bulgarie, de Serbie, de Russie et de Roumanie, ainsi que les Églises autocéphales (*) de Chypre, de Grèce, de Pologne, d'Albanie, de la République tchèque et de Slovaquie.

(*) Autocéphale (adjectif). Se dit des Églises et des évêques métropolitains orthodoxes non soumis à la juridiction d'un patriarche.



ronde-bosse
La sculpture en ronde-bosse est un nom peu connu du grand public. Son appellation date cependant (dans sa terminologie actuelle) de 1671 mais était déjà employée précédemment sous la forme bosse ronde, depuis 1558. Ce terme n'a cependant rien de bien mystérieux : il s'agit tout simplement d'une dénomination technique commune pour désigner les sculptures réalisées en trois dimensions, et donc -le plus souvent- les statues, et tout autre type de sculpture dont on peut, en tournant autour d'elle, observer sa forme générale ou détaillée, même si la partie postérieure n'est pas toujours achevée (comme Hermès portant Dionysos enfant ou certaines statues médiévales au dos évidé).

La ronde-bosse repose souvent sur le sol et elle est parfois logée dans une niche ; elle est le plus souvent utilisée pour des représentations figuratives. Cependant, les chapiteaux comportant plusieurs sujets ne semblent pas pouvoir être assimilés au qualitatif de ronde-bosse.

Synonymes : bossage, sculpture, statue.


Fêtes


Cham el-Nessim
Cette grande fête païenne transmise par les Coptes dont le nom signifie « respirer la brise » rassemble tous les Égyptiens, quelque soit leur confession, dans des festivités directement héritées de l’Égypte ancienne. Pour marquer la résurrection d’Osiris et le retour du printemps. Toute la population du Caire et des grandes villes envahit les quartiers chics, se promène le long du Nil et les familles sortent manger, dans les jardins publics, un pique-nique composé du traditionnel fiskh : un poisson séché accompagné d’œufs et d’oignons. À cette occasion, on donne des sucres d’orge aux enfants.

Ramadan
Pendant cette période de trente jours, les musulmans pratiquants observent un jeûne strict : ils ne doivent ni fumer, ni manger ni boire du lever au coucher du soleil. Lors du dernier jour de jeûne (l’iftar), le repas du soir (le sohour) revêt alors un air de fête. Ces célébrations, accompagnées de cadeaux, s’appellent Aïd el-Fitr.

Aïd el-Adha ou Grand Baïram
La fête du mouton. Idée reçue par bon nombre de gens, de la Bible, en France métropolitaine. C’est surtout et avant tout le rappel d’une tradition abrahamique. Abraham (sur lui la Paix !) ayant reçu l’Ordre divin d’égorger son fils, l’ayant accepté et ayant obéi ; son Seigneur lui ordonnera alors d’égorger un animal à sa place et qui sera sa rançon. Aujourd’hui encore c’est un manifestation religieuse et sociale très importante. À cette occasion, familles et voisins immolent un mouton qu’ils partagent.

Mouled Abou el-Haggag
C’est une survivance de la fête d’Opet, lorsque le Dieu Amon était porté en procession sur sa barque de Louxor à Karnak. Aujourd’hui, le 14 du mois de shaaban, on sort le saint de la mosquée et on le promène dans la ville sur une barque bleue, blanche et rouge, posée sur un char.

La procession, qui se forme devant l’obélisque, est suivie par des muezzins à dos de chameau appelant à la prière. Le cortège est également accompagné de chants et de coups de fusils.

Wafa’a el-Nil
Festival tirant son origine d’une très ancienne légende de l’époque des pharaons : le fleuve était considéré comme le symbole de la vie. Pour l’honorer, les Égyptiens continuent à célébrer cette fête où se mêlent processions, épreuves sportives et performances diverses. À ne manquer sous aucun prétexte, si vous êtes dans les environs.


Gastronomie


Foul (© Égypte, guides Gallimard)
Le foul est le plat égyptien par exellence. Vendu à tous les coins de rue, dans des échopes ou par des marchands ambulants, il est surtout servi au petit déjuener, mais les Égyptiens le consomment à toute heure de la journée. Traditionnellement, on faisait mijoter le foul toute la nuit sur des braises, en particulier celles destinées à chuffer les canalisations des hammams. Pour ce faire, les vendeurs déposaient, le soir, au hammam l’edra (le récipient en cuivre dans lequel on met le foul) pour la récupérer fumante, le matin.

Le foul : présentation des ingrédients
Les ingrédients

500g de fèves sèches, de qualité égyptienne - 30 g de bicarbonate de soude (sel) - 20 g d’ail - 2 cuillères à soupe de persil haché. - un verre et demi d’huile d’olive - 5 citrons - sel fin, gros sel, oignons blancs, radis, œufs durs, paprika.

Le foul :  préparation - étapes 1 et 2
La préparation (début)

1. Débarrasser les fèves de leurs impuretés puis les rincer à l’eau courante. - Diluer le bicarbonate de soude dans deux litres d’eau et y tremper les fèves pendant vingt-quatre heures.

2. Rincer à nouveau les fèves, les plonger dans une marmite en terre avec deux fois leur volume d’eau. - Bien couvrir et cuire à feu vif jusqu’à ébullition.

Le foul :  préparation - étapes 3 et 4
La préparation (suite)

3. Laisser mijoter à feu doux jusqu’à cuisson complète (deux heures environ) en rajoutant de l’eau bouillante si nécessaire.

4. Peler les gousses d’ail, les piler dans un mortier avec du gros sel, jusqu’à l’obtention d’une purée.

Le foul :  préparation - étapes 5 et 6
La préparation (fin)

5. Mettre l’ail dans une assiette, ajouter le jus de citron et l’huile d’olive puis verser les fèves encore chaudes, avec un peu de leur jus de cuisson.

6. Mélanger le tout et saupoudrer de sel, de persil haché et de paprika.

Le foul : service
Le service

Servir très chaud, accompagné de pain arabe, de radis, d’oignons blancs et d’œufs durs.   Bon appétit !

Catégorie / Titre : Fiche pays / Société et traditions
Date de création : 10/10/2004 - 17:59  -¤-  A été modifié le : 12/05/2010 - 02:03

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