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Économie et Politique



Économie : Monnaie - Ressources naturelles et industries - Échanges - Utilisation des terres - Agriculture - Aménagement du territoire ¤ Politique : Le pouvoir exécutif - Le pouvoir législatif - Les partis politiques - Le système administratif.

Économie

Dans ce pays où se constitua très tôt un pouvoir central fort, l’État joue toujours un rôle très important dans l’ économie  Le socialisme arabe de Gamal Abdel Nasser s’inscrivait ainsi dans une longue tradition. Nasser nationalisa tous les secteurs de l’économie et mena une politique de grands travaux, symbolisée par la construction du barrage d’Assouan en 1960. Sadate, héritant d’un pays laissé exsangue par la guerre des Six-Jours, amorça en 1971 la libéralisation de l’économie (infitah) qui est toujours en cours. Le programme de privatisation des entreprises se réalise très lentement : en 1994, trois entreprises seulement avaient été rachetées.

L’Égypte, dont le produit national brut (PNB) s’élevait à 39,16 milliards de dollars en 1994, constitue une puissance économique au Proche-Orient. Pourtant la croissance du PNB demeure inférieure à l’accroissement de la population. En 1994, le PNB par habitant n’était ainsi que de 680 dollars, ce qui place le pays parmi les moins riches de la région. L’économie égyptienne repose aujourd’hui sur le pétrole et les services (lesquels contribuent pour 56 % au PNB . En 1994, le chômage touchait 20 % de la population active.

Malgré trois programmes d’ajustements structurels mis en place par le FMI et que le Club de Paris ait annulé une partie des dettes extérieures, le pays est toujours en grande difficulté. Les finances semblent saines mais un taux de chômage très élévé fait planer la menace d’une fracture sociale.



Monnaie

Unité monétaire : Livre Égyptienne, LE ou £E en français ; EGP en anglais (Egyptian Pound) ; ginêh en arabe égyptien, divisée en 100 piastres. Piastre se dit qersh en arabe égyptien. L'essentiel de la monnaie en circulation l'est sous forme de billets.



Carte économique de l'Égypte
L’économie de l’Égypte
Si vous possédez une carte plus complète et à jour, mail.gif je suis preneur. Merci par avance.


Ressources naturelles et industries

Pétrole, gaz naturel, minerai de fer, phosphates, manganèse, pierre à chaux, gypse, talc, amiante, zinc.

La production annuelle de pétrole brut, principale ressource du sous-sol égyptien, avoisinait 3,8 millions de tonnes au début des années 1960. Après la découverte et la mise en exploitation des vastes gisements pétrolifères situés dans la région d’El-Alamein et dans le golfe de Suez, la production annuelle s’est accrue pour atteindre 44,5 millions de tonnes en 1994. Celle de gaz naturel était d’environ 12 milliards de mètres cubes. Depuis 1991, le minerai d’uranium est extrait des gisements proches d’Assouan.

L’industrie égyptienne réalise 21 % du PNB et emploie 19 % de la population active. Au XIXe siècle, les premières tentatives d’industrialisation furent étouffées par les puissances européennes, l’Égypte constituant un important débouché pour leurs produits manufacturés. Après la Première Guerre mondiale, de nouveaux efforts aboutirent au développement d’une petite activité industrielle capable de satisfaire une partie de la demande intérieure. Durant la Seconde Guerre mondiale, l’industrie connut une forte expansion, notamment dans le domaine des textiles. Après le renversement de la monarchie, en 1952, le nouveau régime donna la priorité absolue à l’industrialisation. En 1965, à la fin du premier plan quinquennal, la valeur totale de la production industrielle, y compris la production d’électricité et de minerais, atteignait 2,71 milliards de dollars par an. Vingt ans plus tard, elle s’élevait à 13 milliards de dollars par an. L’industrie égyptienne s’est considérablement diversifiée depuis le début de la libéralisation économique. Le textile, autrefois premier secteur industriel, a été supplanté par l’agroalimentaire, qui réalise 25 % de la valeur ajoutée industrielle et par l’industrie chimique, liée à l’exploitation des hydrocarbures et à la production d’engrais pour l’agriculture. Le développement industriel ne s’est pas accompagné d’un désengagement de l’État ! ; ce dernier contrôle toujours 70 % de l’industrie. La plus grande partie de l’activité industrielle se situe aux environs du Caire et d’Alexandrie.





Échanges

La monnaie est la livre égyptienne, divisible en 100 piastres. La Banque centrale d’Égypte, créée en 1961, reste un organe de contrôle de l’économie très puissant malgré la présence de nombreuses banques à capitaux privés. Le gouvernement mène par son intermédiaire une politique de monnaie forte qui permet de limiter le coût des importations, mais pénalise l’investissement et les exportations. Cette politique a entraîné un conflit avec le Fonds monétaire international (FMI) qui estime que la livre égyptienne est surévaluée de 10 %. En juin 1994, le FMI refusait d’agréer l’effacement de 20 % des dettes égyptiennes par le Club de Paris.

La dette extérieure brute de l’Égypte s’élevait alors à 38 milliards de dollars. Les principales sources de devises étrangères sont le coton, le pétrole (54 % des exportations), les redevances du trafic sur le canal de Suez, le tourisme, les transferts de revenus par les nationaux travaillant à l’étranger et l’aide internationale. Chaque source tend à fluctuer en fonction de la conjoncture internationale. La signature de la paix avec Israël, en 1979, permit la réouverture du canal de Suez, la récupération de territoires pétrolifères et le développement touristique. L’aide financière occidentale s’accrut également. Les ressources du pays s’en trouvèrent notablement augmentées. De la même manière, l’engagement de l’Égypte dans la coalition anti-irakienne durant la guerre du Golfe fut en quelque sorte récompensé par un effacement d’une partie substantielle de la dette égyptienne.

Le tourisme a, en revanche, été fortement affecté par la recrudescence des attentats islamistes depuis le début des années 1990. Néanmoins, l’Égypte accueillait encore 2,4 millions de touristes en 1995, un volume tout à fait comparable à celui de la Tunisie ou du Maroc, les pays les plus touristiques du monde arabe. En 2006, avec un revenu en hausse de 9,3% (2006), le secteur touristique connaît, à nouveau, une croissance notable (15 000 nouvelles chambres sont prévues pour 2007). Le tourisme tient ainsi un rôle de premier plan dans le secteur de la construction immobilière avec la multiplication de projets sur les côtes méditerranéenne et de la mer Rouge.

La balance commerciale est structurellement déficitaire. En 1994, le taux de couverture des importations par les exportations n’était que de 30 %.


Les principaux partenaires

Les principaux partenaires commerciaux sont les pays de l’Union européenne (principalement l’Italie, l’Allemagne, la France avec environ 40 % des importations et exportations), les États-Unis et le Japon.

  • Exportations de la France vers l’Égypte (2003) : 1,010 M€.
  • Importations françaises de l’Égypte (2003) : 321 M€.

Les réseaux de communications sont concentrés sur l’axe nord-sud de la vallée du Nil. En 1993, l’Égypte comptait 38 000 km de routes. Le système autoroutier est limité à la Basse-Égypte. L’avion est le moyen de transport le plus adapté. Le pays possède environ 80 aéroports. Les ports d’Alexandrie, de Port-Saïd et de Suez sont desservis par de nombreuses compagnies maritimes. Le canal de Suez, percé dans l’isthme de Suez, permet, depuis son ouverture en 1869, le passage de la mer Rouge à la Méditerranée.



Utilisation des terres (estimation 1993)

  • Terres arables : 2 %
  • Récoltes permanentes : 0 %
  • Pâturages permanents : 0 %
  • Forêts et régions boisées : 0 %
  • Autre : 98 %
  • Terres irriguées : 32 460 km2


Champs près de Kom Ombo
Champs près de Kom Ombo


Agriculture

L’agriculture occupe toujours 40 % de la population active, mais ne couvre que 60 % des besoins et ne réalise que 20 % du PNB. Les caractéristiques de la propriété foncière ont été profondément modifiées par les réformes agraires de l’époque nassérienne. Les terres, dont les deux tiers étaient alors concentrés dans les mains de 6 % de propriétaires, furent réquisitionnées par le gouvernement et redistribuées aux fellahin (les paysans), mais il subsiste encore un fossé économique entre les fermiers des classes moyennes et les fellahin. Les pouvoirs publics cherchent constamment à augmenter la surface agricole, malgré la concentration des terres arables dans l’étroite vallée du Nil, par le défrichement, le développement de l’irrigation (notamment depuis l’achèvement du barrage d’Assouan en 1970) ainsi que par la mécanisation et l’usage des engrais. Dix-huit mille hectares sont ainsi gagnés chaque année sur le désert, mais l’urbanisation en absorbe 13 000. Le barrage d’Assouan a cependant eu des effets pervers sur l’environnement agricole. Les terres de Basse-Égypte ne sont plus fertilisées par les crues du Nil ; les sols souffrent également d’une remontée des eaux salées et la bilharziose se diffuse de manière inquiétante.



Carte de l'utilisation des terres
Utilisation des terres


Le rendement des terres cultivées d’Égypte se situe désormais parmi les plus élevés au monde. Il est vrai que 100 % des 2,59 millions d’hectares cultivés sont des terres irriguées. Le blé, le maïs, la canne à sucre, le sorgho et le coton occupent 70 % des surfaces cultivées. Le coton est exporté. L’agriculture égyptienne produit également des tomates, des pommes de terre, du coton-graine, des dattes, des agrumes et des oignons. Cette relative diversité des productions de base et la très forte productivité de l’agriculture ne suffisent toutefois pas à assurer l’autosuffisance alimentaire. La balance agricole est structurellement déficitaire. L’élevage est très peu développé : le nombre de bêtes rapporté à la population est trois fois plus faible qu’en France. Le produit de la pêche augmente régulièrement grâce à l’exploitation des eaux très poissonneuses du Nil, des lacs du delta et de la mer Rouge. En 1993, les prises atteignaient 300 000 tonnes dont les deux tiers en eaux douces.

C’est dans ces cultures, proche des eaux, que vit le Cobra à cou noir, serpent venimeux qui sort essentiellement la nuit.



Aménagement du territoire : des “projets pharaoniques”

Carte des projets de l’aménagement du territoire
Naviguer.gif Voir la carte

Station de pompage du projet Tochka
Station de pompage Moubarak

Le projet dit « de Tochka »

Le projet de Tchka, du nom d’un site sacré de l’Égypte pharaonique, veut faire fleurir le désert. Ce projet, près d’Abou Simbel dans le sud du pays, lancé en 1997, permettra en 2017, de fertiliser environ 500 000 ha de terre ingrate et de faire vivre 2 millions d’Égyptiens dans ce qui sera la nouvelle oasis de Toshka.

Ce “futur pôle de développement agroalimentaire tourné vers l’exportation” consiste à forer des puits et à creuser un large canal long de 320 km (se divisant en quatre canaux) entre le lac Nasser et Tochka, alimenté par l’eau pompée (25 millions de m3/jour) dans le lac grâce à la plus grande station du pompage du monde.


Le projet « Nouvelle Vallée »

À plus long terme, le président souhaiterait dessiner dans le paysage égyptien une seconde colonne vertébrale verte, alimentée par un canal venant du Nil et par des puits forés, qui pourrait relier et faire renaître les oasis de la rive occidentale : Kharga, Dakhla, Farafra et Baharîya.


Le projet « Al Salam »

Le but de ce projet est de “faire du Sinaï un jardin”. Le “canal de la Paix”, déjà en fonctionnement, permet de cultiver le désert du Sinaï. Grâce à lui, environ 260 000 hectares devraient être cultivés. Un énorme tunnel (en réalité, ce sont 4 tunnels) a été creusé sous le canal de Suez. Il reste encore à enlever tout le sel contenu dans les terres pas encore cultivées.


Le projet « Kattara »

La dépression de Kattara, dans le désert occidental, commence à 70 km au sud d’El Alamein (site d’une bataille décisive durant la seconde guerre mondiale), décrit une courbe vers l’ouest puis vers le sud sur une distance d’environ 300 km. À son point le plus bas, atteint 133 mètres au-dessous du niveau de la mer.

Ce projet spectaculaire prévoit le creusement d’un canal de 40 km, s’étendant de la Méditerranée au point le plus au nord de la dépression, permettant la submersion par l’eau de mer de la dépression. Ce projet créerait un lac artificiel de 14 000 km2. L’eau se précépitant de la mer pourrait permettre de produire cinq fois plus d’électricité que le barrage d’Assouan et conduire à la création (après déssalage) de centres agricoles et industriels ainsi qu’à l’aménagement d’un vaste port près d’El Alamein.

Soupçonnant la présence de pétrole dans le sous-sol de la dépression, actuellement difficile d’accès en raison de fonds marécageux, des platesformes flottantes pourraient être utilisées pour la prospection. Des industries pétrochimiques seraient créées.

Le canal pourrait également servir aux pêcheries et à la pisciculture.



Assouan : le haut barrage
Assouan, le Haut Barrage
Vue partielle des installations
Début des travaux : janvier 1960

Longueur : 4 km
Hauteur : 111 m
Largeur : (à la base) 980 m
Largeur : (au sommet) 40 m
Ossature : 100 000 t de poutrelles d’acier (15 tours Eiffel)
Volume construit : 43 000 000 m3

Le plus grand lac artificiel du monde.
Longueur : 500 km dont 150 km au Soudan
Largeur : de 5 km à 35 km
Surface : 5 000 km2 (~ 9 fois sup. à celle du lac Léman)
Volume d’eau : 157 milliards de m3, est égal au débit du Nil
   pendant 2 ans

Techniciens : 2 000
Ouvriers : 34 000
Coût en vies humaines : 451 personnes
Coût financier : ~ 10 milliards de francs

Production d’électricité : 10 milliards de kw/an fournis par
   12 turbines

Fin des travaux : 1972


Le haut barrage (Sadd el-Aali), appelé « la pyramide de Nasser » par les Égyptiens.

Le premier barrage égyptien mentionné par les documents, une structure de 15 m de haut destinée à approvisionner en eau Memphis, la capitale, barrait le Nil près du Caire vers 2900 av. J-C.

Sur la route qui relie Assouan à l’aéroport, on peut remarquer le premier édifice, appelé barrage d’Assouan et construit entre 1898 et 1902.

De construction plus récente, le Haut Barrage (le plus grand ouvrage d’art d’Afrique, ayant nécessité 17 fois plus de matériaux que la Grande Pyramide de Chéops à Gizeh) se trouve à quelques kilomètres en amont du fleuve. Il a profondément modifié le paysage en domptant le Nil, d’un côté et en créant une gigantesque retenue d’eau, le lac Nasser également appelé “The Nubian Sea” (la mer nubienne), de l’autre. Aujourd’hui, il délivre en permanence l’eau vitale. Sa construction s’est inscrite dans un contexte politique difficile. Le financement initial devait être américain, mais la construction et la mise en œuvre sont menées à terme grâce aux capitaux et ingénieurs russes.

Ici, la sécurité est primordiale car une ruture du barrage dévasterait la plus grande partie de l’Égypte, emoportant la majeure partie des Égyptiens dans la mer Méditerranée. À cet effet, les colines environnantes sont hérissées d’antennes, de radars et de missiles.

Avantages
Seuls 4 % à peine de la superficie de l’Égypte sont cultivables. Le désert occupe la plus grande partie du pays et pourtant, plus de la moitié de la population vit de l’agriculture. Le barrage est donc d’une importance vitale pour l’Égypte. Les conditions de navigation sur le Nil et les canaux se sont améliorées. Le lac de retenue permet l’irrigation lors des années sèches et la préservation du pays des crues catastrophiques. De vastes régions peuvent être irriguées toute l’année. La surface cultivable a été augmentée de 30 % et l’on y obtient jusqu’à trois récoltes par an, tandis que l’évaporation du lac Nasser a amené la pluie dans des régions auparavant arides. Avec la centrale électrique associée, la production électrique nationale a doublé, favorisant l’indépendance énergétique et l’industrialisation du pays permettant ainsi une substantielle économie annuelle. De plus le lac est très poissonneux, 34 000 tonnes par an.

Inconvénients
Les écologistes et les scientifiques occidentaux s’inquiètent des conséquences du barrage. Appauvrissement du sol, le limon fertile du Nil s’accumule dans le lac de retenue et ne se dépose plus en aval : les paysans doivent utiliser de plus en plus d’engrais chimiques et prélever sur leurs précieuses terres agricoles l’argile nécessaire pour fabriquer les briques traditionnelles ; modification des berges du Nil et du profil des côtes méditerranéennes (le recul du delta face à la mer (~ 30 m/an) et l’augmentation de la salinité des terres impose d’imposantes et constantes irrigations) ; la nappe phréatique monte (le sphinx de Gizeh montre des traces d’humidité) et reçoit le sel des engrais...

Qu’en penser ?
Il est certes moins spectaculaire de parler des bienfaits indéniables que des méfaits apportés par une telle réalisation. Imagine-t-on une Égypte, aujourd’hui si peuplée, vivre encore au rythme des crues annuelles ? D’autant qu’à l’heure actuelle, aucune solution de remplacement n’a encore été suggérée…

Vue du lac Nasser depuis Abou Simbel
Vue du lac Nasser à partir du site d’Abou Simbel
origine wiki en : photo prise par en : User:HamYoyo



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Politique


Nous, arabes, n’avons pas de rêves tristes, et cependant nous n’avons pas réalisé beaucoup. Sans la démocratie et la science, nous n’aurons aucun avenir comme nation.
 Naguib Mafouz 

   Photo de l'actuel Premier Ministre
Le Président de la République et le Premier Ministre

État indépendant de la Grande-Bretagne depuis 1922 mais n’est pleinement souverain qu’après la 2e guerre mondiale. Dans la nuit du 22 au 23 juillet 1952, l’organisation clandestine des « officiers libres », dirigée par le général Néguib, prend le pouvoir en Égypte en renversant le roi Farouk 1er, rendu responsable de la corruption administrative et de la défaite devant Israël. Les officiers libres prennent le pouvoir, les partis politiques sont supprimés, la république est proclamée (18 juin 1953). Néguib est bientôt démis de ses fonctions de président de la République (février 1954) et remplacé (novembre) par le lieutenant-colonel (bikbachi) Gamal Abdel Nasser. Le traité d'évacuation de la zone du canal est signé avec l'Angleterre (octobre 1954), mais le Soudan devient indépendant.

La Constitution de 1971 a été amendée en 1980 pour initié un nouveau régime politique

  • La politique en son sens plus large, celui de civilité ou Politikos, indique le cadre général d'une société organisée et développée.
  • Plus précisément, la politique, au sens de Politeia, renvoie à la constitution et concerne donc la structure et le fonctionnement (méthodique, théorique et pratique) d'une communauté, d'une société, d'un groupe social. La politique porte sur les actions, l’équilibre, le développement interne ou externe de cette société, ses rapports internes et ses rapports à d'autres ensembles. La politique est donc principalement ce qui a trait au collectif, à une somme d'individualités et/ou de multiplicités. C'est dans cette optique que les études politiques ou la science politique s'élargissent à tous les domaines d'une société (économie, droit, sociologie, et cetera).
  • Enfin, dans une acception beaucoup plus restreinte, la politique, au sens de Politikè, ou d'art politique se réfère à la pratique du pouvoir, soit donc aux luttes de pouvoir et de représentativité entre des hommes et femmes de pouvoir, et aux différents partis politiques auxquels ils peuvent appartenir, tout comme à la gestion de ce même pouvoir.

Le legs grec dans la pensée politique ne saurait être sous-estimé, car il est sans cesse réévalué et discuté d'autant plus facilement que les polémiques des Grecs peuvent nourrir nos propres différends.

D'Aristote à Max Weber, de l'anthropologie politique à l'analyse des facteurs économiques, la science politique a cherché à construire une théorie générale des liens entre la société globale et la politique.  afin de faire de ce pays un « État démocratique socialiste ».

Les derniers amendements apportés à la constitution et adoptés par référendum le 26 mars 2007 ont notamment conduit à renforcer le rôle du Premier ministre et du Parlement, à assouplir les conditions fixées aux partis politiques pour présenter des candidats aux élections présidentielles, à interdire la constitution de parti politique sur une base religieuse et à limiter le rôle des juges dans la supervision des élections législatives.



La Constitution

La Constitution actuelle a été promulguée en 1971. La rédaction d’une constitution équilibrée qui détermine les droits et les devoirs des individus, la forme et le modèle de la relation entre l’individu et le pouvoir et qui précise la forme et le rôle des institutions politiques est une revendication constante du mouvement national depuis la fin du XVIIIe siècle. Pendant près de deux siècles, les Égyptiens ont lutté pour la réalisation de cet objectif.

La Constitution est composée de 211 articles répartis en 7 chapitres.

Ce n’est qu’au XIXe siècle que l’Égypte a connu les partis politiques dans leur forme moderne. Leur apparition était l’expression d’interactions sociales, économiques et intellectuelles. À cette époque, qui a été témoin de la naissance et de l’évolution des institutions modernes du pouvoir en Égypte, les ministères, le Parlement, les syndicats, la presse... les partis, naquirent sous la forme d’associations sociales et politiques. Quelques-uns portaient le nom de parti, toutefois le premier mouvement au sens moderne du terme fut le parti national, fondé par Moustafa Kemal en 1907.

La Loi sur les partis politiques promulguée en 1977 autorise la création et la formation des partis politiques, considérés comme organisation nationale et populaire en vue de rassembler les citoyens et de contribuer à la réalisation de progrès d’ordre politique, social, économique, démocratique, ainsi qu’à la paix sociale. Deux ans plus tard cinq partis existaient en Égypte. D’après l’Ambassade d’Égypte à Paris

Petit futé, Égypte, Country guide 2004-2005

Texte de la Constitution   ¤  Forme de l’État 

Le président est désigné par le Majlis al Shaab (Assemblée du Peuple), élu pour 5 ans à la majorité des deux tiers. Il est ensuite élu pour 6 ans par l’ensemble du corps électoral (à partir de 18 ans) votant au suffrage universel. Le président nomme et révoque le Premier ministre et les ministres. Il dispose du droit de dissolution sous réserve de référendum et peut, dans certains cas critiques, gouverner par décrets.



Le pouvoir exécutif

Chef d’État

Hosni Moubarak - Titre : Président de la République.

Mohammed Hosni el Ataye Salaam Moubarak, né le 4 mai 1928, est le président de l'Égypte depuis le 14 octobre 1981. Il était devenu vice-président à l'issue de son ascension dans l'armée de l'air égyptienne, et succéda à Anouar el-Sadate après l'assassinat de ce dernier, le 6 octobre 1981.

En tant que président de l'Égypte, il est considéré comme l'un des chefs d'État les plus puissants du Moyen-Orient. Le contrôle de Moubarak sur l'Égypte est très large et il est considéré globalement par certains comme un dictateur.


Chef du gouvernement

Dr Ahmed Mahmoud Mohamed NAZIF - Titre : Premier ministre, responsable devant l’Assemblée du Peuple.

Le docteur Ahmed Nazif, né le 8 juillet 1952 à Alexandrie, est l'actuel premier ministre de l'Égypte, et ce depuis le 14 juillet 2004. Représentant le Parti national démocratique, il dirige un gouvernement de tendance néo-libérale, qui a cherché entre autres à réduire l'inflation et à réduire les droits de douane en accord avec les exigences de l'OMC.

Avant son entrée au gouvernement, il fut professeur d'Ingénierie à l'Université du Caire. Il est de confession sunnite.



Le pouvoir législatif

Le pouvoir législatif est dévolu à l’Assemblée du peuple composée d’une Chambre unique. Elle comprend 447 membres dont 437 sont élus pour trois ans au suffrage universel direct. Les 10 membres restants, issus de la communauté copte, sont nommés par le président de la République. Les compétences des députés sont, aux termes de la Constitution, proches de celles qui sont dévolues aux représentants du peuple dans les régimes parlementaires occidentaux : ils votent le budget, peuvent constituer des commissions d’enquête et retirer leur confiance au gouvernement. Dans la pratique, l’Assemblée n’a guère le pouvoir de s’opposer au chef de l’État, d’autant que, depuis l’indépendance, elle est dominée par le parti gouvernemental.



Les partis politiques

L’existence des partis politiques d’Égypte date du protectorat britannique. Le plus ancien, le Wafd (délégation), fut le principal mouvement nationaliste jusqu’à la Seconde Guerre mondiale. Il a, depuis, considérablement décliné et représente aujourd’hui une partie de l’opposition laïque sous le nom de néo-Wafd. Favorable au libéralisme économique, il se positionne sur l’échiquier politique au centre droite. Le Parti national démocratique (PND), parti présidentiel, est l’héritier de l’ancien parti unique, l’Union socialiste arabe, constitué sous la présidence de Nasser. Malgré l’adoption du multipartisme, en 1977, le PND a maintenu son hégémonie sur la vie politique égyptienne. À l’issue des dernières élections législatives, en décembre 1995, le PND remportait ainsi 317 sièges. Les candidats indépendants, en fait favorables au pouvoir, obtenaient 113 sièges tandis que les sept partis de l’opposition légale se partageaient quatorze sièges. Ce scrutin fut marqué par la violence (quatorze personnes trouvèrent la mort) et l’opposition dénonça une importante fraude.

Le Parti communiste demeure interdit en Égypte de même que les mouvements islamistes al-Jihad et al-Jamaa al-islamiya, en conflit ouvert, depuis le début des années 1990, avec le pouvoir. Le mouvement des Frères musulmans, fondé en 1928 et qui représenta longtemps seul la mouvance islamiste égyptienne, participe à la vie politique sous le couvert du parti du Travail et a remporté des succès récents dans les élections professionnelles (avocats, médecins, étudiants). Seulement toléré, il n’a cependant pas le droit de se constituer en parti politique ni même en association.





Le système administratif

Les Gouvernorats

(muhafazat, singulier - muhafazah)

Au plan administratif, l’Égypte est divisée en 26 gouvernorats, eux-mêmes divisés en districts, puis en villages et arrondissements, le tout regoupé en 6 grandes régions géographiques : 1. Basse-Égypte ; 2. Moyenne-Égypte ; 3. Haute-Égypte ; 4. Désert occidental ; 5. Désert oriental ; 6. Sinaï.



Carte des 6 grandes régions géographiques
Les grandes régions géographiques

L’administration est centralisée mais chaque gouverneur – désigné par le Président de la République dont il est le représentant – jouit d’une autorité assez grande dans la limite de son gouvernorat.


Processus de création

Les principales étapes de la décentralisation sont :

  • 1960, loi créant les gouvernorats ;
  • 1971, la constitution (art.61) érige les gouvernorats (muhafazat), les villes (madina) et les villages (qarya) au rang de collectivités locales et première loi sur l'organisation de l'administration locale ;
  • 1975, création de deux autres types de collectivités locales : l'arrondissement (hayy) et le district rural (markaz) ainsi que l'instauration des élections au suffrage universel des conseils locaux.


Découpage territorial

Schéma d'organisation institutionnelle :

Diagramme montrant l'organisation institutionnelle de l'administration


Organisation et fonctionnement des collectivités locales

Les institutions locales s'inscrivent dans un sytème décentralisé.
  • Les gouvernorats urbains. Il en existe quatre : Le Caire, Alexandrie, Port Saïd et Suez.
    • Le conseil du gouvernorat est élu au suffrage universel direct.
    • Le chef exécutif du gouvernorat est le gouverneur (muhafiz), qui est nommé et révoqué par décret présidentiel. Représentant de l'État dans le gouvernorat, il veille à l'exécution de la politique générale de l'État et contrôle l'exécution du budget.
  • Les districts locaux. Le chef de district (ra’isal-markaz), également maire de la ville chef lieu du district, est nommé par le Premier ministre. Il détient l'autorité administrative et financière.
  • Les villes. Le maire (ra’isal-madina), nommé et révoqué par décret du gouvernorat, détient le pouvoir exécutif.
  • Les villages. Le chef de village (ra’isal-qatya), nommé par le gouverneur, détient le pouvoir exécutif. Il est secondé par les services décentralisés présents dans les districts ou les villages du gouvernorat.
  • Les arrondissements. Le pouvoir exécutif est exercé par le chef d'arrondissement (ra’isal-hay) nommé par le gouverneur.


Notice documentaire

économie
Nom féminin, du latin oeconomia et du grec oikonomia, organisation. 1. Ensemble des activités d'une collectivité humaine relatives à la production, à la distribution et à la consommation des richesses. 2. Économie dirigée : système dans lequel l'État oriente, régularise et contrôle l'activité économique du pays, par opposition à économie libérale. 3. Économie fermée : système économique dans lequel les échanges internationaux sont très réduits, par opposition à économie ouverte.

L'avènement de la science économique
Les informations économiques sont au premier plan de l'actualité, qu'il s'agisse de la hausse ou de la baisse des indicateurs boursiers, d'un projet de fusion entre deux grandes entreprises ou d'une déclaration ministérielle relative à l'évolution de la fiscalité. À ce titre, l'économie (*) constitue une dimension incontournable du savoir de l'honnête homme du XXIe siècle.

Dès le IVe siècle avant J.-C., le philosophe grec Aristote distingue le politique (de polis, cité), discours sur les règles qui organisent la vie de la cité, et l'économique (de oikos, le domaine familial), qui désigne, cette fois, les principes présidant à la vie de la famille. L'économique est lié à l'obtention des richesses qui permettent la vie et la prospérité du groupe familial, grâce à la mise en valeur du domaine que celui-ci possède. L'étape suivante est marquée par la naissance de l'« économie politique », qui correspond à l'émergence de l'État-nation, à la fin du Moyen Âge et au début des Temps modernes. L'économique ne concerne plus seulement l'organisation familiale, mais s'ouvre à une dimension supérieure : la totalité de la cité, c'est-à-dire l'État. L'économie est donc devenue « politique », selon l'expression d'Antoine de Montchrestien (vers 1575-1621), qui publie en 1615 un Traité de l'économie politique.

Mais le premier grand traité fut publié par Adam Smith en 1776. Vinrent ensuite Ricardo et Marx. Jusqu'à la parution en 1936 de la Théorie générale de l'emploi, de l'intérêt de la monnaie de Keynes, les économistes pensaient que, dans une économie de marché, le volume de la production s'établissait automatiquement sur une longue période, assurant ainsi le plein-emploi. Keynes découvrit que les équilibres de sous-emploi pouvaient également être durables.

À la faveur de l'usage de l'outil mathématique, de l'apparition de la modélisation de la vie économique, de l'abandon de toute référence éthique dans les travaux des économistes, est née la science économique contemporaine. Elle se divise en deux grands domaines : la microéconomie et la macroéconomie. La microéconomie est relative à l'étude des phénomènes économiques que l'on observe au sein des unités économiques de base, telles que les ménages ou les entreprises. La macroéconomie concerne les relations qui unissent l'ensemble des agents économiques et qui constituent un système économique relativement indépendant des comportements individuels.

(*) Quelques définitions de l'économie
L'économie politique se propose d'enrichir à la fois le peuple et le souverain.
Adam Smith (1723-1790), Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations (1776).

L'économie politique enseigne comment se forment, se distribuent et se consomment les richesses qui satisfont aux besoins des sociétés.
Jean-Baptiste Say (1767-1832), Traité d'économie politique (1803).

La science économique est la science de l'administration des ressources rares.
Raymond Barre (1924-2007), Économie politique (1997).



politique
Adjectif et nom. Le mot politique vient du grec politikè, science des affaires de la Cité. Étymologiquement, la politique est donc synonyme d'organisation de la Cité. La Cité visée est celle de l'Antiquité grecque, aujourd'hui appelée Cité-État du fait de la similitude de son organisation avec celle de nos États modernes (pouvoir centralisé, institutions, diplomatie…). Notion polysémique (par opposition à monosémique), la politique recouvre au moins trois sens :
  • La politique en son sens plus large, celui de civilité ou Politikos, indique le cadre général d'une société organisée et développée.
  • Plus précisément, la politique, au sens de Politeia, renvoie à la constitution et concerne donc la structure et le fonctionnement (méthodique, théorique et pratique) d'une communauté, d'une société, d'un groupe social. La politique porte sur les actions, l’équilibre, le développement interne ou externe de cette société, ses rapports internes et ses rapports à d'autres ensembles. La politique est donc principalement ce qui a trait au collectif, à une somme d'individualités et/ou de multiplicités. C'est dans cette optique que les études politiques ou la science politique s'élargissent à tous les domaines d'une société (économie, droit, sociologie, et cetera).
  • Enfin, dans une acception beaucoup plus restreinte, la politique, au sens de Politikè, ou d'art politique se réfère à la pratique du pouvoir, soit donc aux luttes de pouvoir et de représentativité entre des hommes et femmes de pouvoir, et aux différents partis politiques auxquels ils peuvent appartenir, tout comme à la gestion de ce même pouvoir.

Le legs grec dans la pensée politique ne saurait être sous-estimé, car il est sans cesse réévalué et discuté d'autant plus facilement que les polémiques des Grecs peuvent nourrir nos propres différends.

D'Aristote à Max Weber, de l'anthropologie politique à l'analyse des facteurs économiques, la science politique a cherché à construire une théorie générale des liens entre la société globale et la politique.


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Catégorie / Titre : Fiche pays / Économie et Politique
Date de création : 06/10/2004 - 20:05  -¤-  A été modifié le : 03/05/2010 - 19:38

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Réaction n°1 

par Sokaris le 26/09/2006 - 08:43
Bonjour,

Juste une petite remarque, l'Egypte n'est pas une démocratie, les elctions y sont
toujours truquées et le pouvoir en place obtient généralement plus de 90% des voix, de plus depuis l'assassinat du pdt Sadate en 1981 l'état d'urgence est décrétté ce qui autorise au pouvoir en place encor plus de libertés en matière de laxisme des droits, détention arbitraire, puissance de l'armée.

Cordialement,
Sokaris

Posté le Dimanche 24 septembre 2006 à 16:43

Sokaris,

Immortelle Égypte se veut un simple ouvrage de vulgarisation sur l’Égypte pharaonique réalisé par un “pékin lambda” voulant partager sa passion avec le plus grand nombre.

Malgré tout, j’ai voulu ajouter une présentation (succinte) de l’Égypte aujourd’hui (page que vous venez de consulter) car, j’ai pensé que cela pourrait en intéresser plus d’un(e).

Ceci dit, bien que cet espace ne soit un site d’opinion, chacun peu s’exprimer librement, comme vous le faites ici. Si j’écris :
« La Constitution de 1971 a été amendée en 1980 pour faire de ce pays un État démocratique », c’est uniquement parce dans les nombreuses sources d’informations « officielles » (fiches pays et données générales) présentent ainsi le régime politique du pays.

En tout cas, merci de l’intérêt que vous portez à mon humble site et de prendre le temps de participer à la richesse de son contenu.

Cordialement,
Georges

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