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 Un peu d’histoire » L’Égypte pharaonique : Pharaons et Reines
Images de la royauté
La titulature royale : les noms de Pharaon - Les attributs de Pharaon : insignes du pouvoir
Tu règnes en juste sur tes sujets, et tes décisions sont incontestables Tableau de Réginald Arthur, vers 1890 © Éditiona Atlas - Iluustration de Lauros-Giraudonn Nous l’avons vu, Pharaon n’est pas un dieu, même si bien souvent il est représenté parmi les dieux, tel leur égal ou paré de leurs attributs. À travers la personnalité de Pharaon, c’est l’identité d’une civilisation qui se dévoile : Dieu est le créateur et l’ordonnateur du monde vivant sur terre, il délègue son pouvoir terrestre au roi. Pharaon, récipiendaire de cette souveraineté, est un monarque de droit divin. Il est aussi l’incarnation de l’essence solaire de la monarchie. La représentation des attributs de cette souveraineté de droit divin constitue un répertoire iconographique fort riche. On découvre dans cette partie les emblèmes du pouvoir régalien - coiffures, sceptres, uraeus - et les différentes représentations du roi : homme, ou animal : sphinx, faucon, lion, taureau…
La titulature royale : les noms de Pharaon Qu’est-ce que la titulature ? La titulature (ou protocole) est le terme utilisé pour désigner l’ensemble des cinq noms et des cinq tires qui les annoncent, choisis par Pharaon, lors de son accession au trône d’Égypte. Thot, son rédacteur, n’est autre que l’inventeur de l’écriture. Sa compagne Séchat, déesse de l’écriture, lui prête main forte. La titulature permet de qualifier le souverain en annonçant son programme politique ; elle doit également le différencier de ses prédécesseurs ou de ses successeurs.
Au départ, lorsque l’unité de l’Égypte est effective, le roi ne possède qu’un seul nom : le nom d’Horus (dans un rectangle, le sérek). Dès les premières dynasties, ce protocole s’enrichit d’un second nom : le nom de Nebty (« les Deux Maîtresses », le vautour et le cobra). Den (Oudimou), 4e roi de la Ière dynastie, ajoute un troisième titre : le nom de Nysout-Bity (« Haute et Basse-Égypte », l’abeille et le roseau), assimilé au prénom et que l’on trouve dans l’un des deux cartouches. Puis, sous Djoser, apparaît le nom d’Horus d’or. À partir de la IXe dynastie, la titulature royale est à peu près régularisée. Au Moyen Empire, s’ajoute un cinquième et dernier nom : Sa-Râ (« fils de Rê » ou Râ).
Nous avons donc une titulature composée de cinq noms (le premier est donné à la naissance et les quatre autres au moment du couronnement) rappelant les caractéristiques et les qualités essentielles de Pharaon, énumérés dans l’ordre qui suit.
La titulature en détails
Nom 1 - Le nom d’Horus
 Le plus ancien, seul porté par les rois des deux premières dynasties. Il présente le roi comme incarnation et comme protégé du dieu-faucon Horus (dieu de Hiérakonpolis), modèle mythique de tout souverain égyptien.
Pendant les premières dynasties il s’inscrit dans un sérek, stylisation d’une façade de palais, sur lequel est perché un faucon coiffé (ou non) du pschent. Cette couronne royale résulte d’un mélange entre la couronne blanche de Haute-Égypte (hedjet) et la couronne rouge de Basse-Égypte (deshret). Les plus anciens pharaons comme Narmer ou Hor-Aha ne sont connus que par leur nom d’Horus.
Au Nouvel Empire, on lui accole l’épithète « Taureau Puissant », une référence à Montou, dieu de Thèbes, protecteur de la royauté.
Nom 2 - Le nom des Deux Maitresses (Nebty)
 Ce nom rappelle que le pharaon domine les deux parties du pays et place le souverain sous la protection des deux divinités tutélaires de l’Égypte, Nekhbet, la déesse vautour pour le Haute-Égypte (Elkab en face de Hiérakonpolis) et Ouadjet, la déesse cobra pour la Basse-Égypte (Bouto), se tenant côte à côte.
Les deux déesses sont posées chacune sur le hiéroglyphe signifiant « maître » ou « maîtresse », d’où la désignation de nbty. Elles interviennent en tant que garantes des deux royaumes d’Égypte : toutes deux doivent assurer la stabilité, l’unification et la paix au sein du pays.
Ce nom sert à définir la nature du pouvoir royal de pharaon.
Nom 3 - Le nom d’Horus d’Or
 Il est introduit (à partir de Khéops, IVe dynastie) par l’image du faucon assis sur le signe du collier d’or, noub (nbw), qui servait à écrire le nom de la ville du dieu Seth, Ombos..
Cette identification du faucon avec le symbole de l’or, image du soleil, traduit le caractère inaltérable du corps d’Horus et, par voie de conséquence, du corps de Pharaon. On disait que la chair des dieux était faite avec de l’or (les os sont en argent, les cheveux en lapis-lazuli) et que le faucon était le seul oiseau à pouvoir voler dans le soleil.
Ce nom indique les grands principes et le programme du règne à venir.
Nom 4 - Le nom de Roi de Haute-Égypte et de Basse-Égypte (Nysout-Bity)
 Il constitue le “prénom” du roi et proclame sa souverainté sur les deux royaumes d’Égypte. Ce nom s’inscrit obligatoirement dans un cartouche , le shenou dont le nom est formé à partir d’un verbe signifiant entourer, encercler. C’est une sorte de boucle (cordelette), à l’origine un cercle magique, étiré en ovale pour s’adapter à l’écriture, allongée symbolisant le règne universel de Pharaon et confirmant sa toute puissance sur le monde.
Il peut également être traduit par “celui qui appartient au roseau et à l’abeille”celui qui appartient au roseau et à l’abeille
» Pourquoi l’abeille ? Parce qu’elle produit le miel, une nourriture très énergétique dont la couleur ressemble à celle de l’or. L’or, selon les mythes, était la chair des dieux ; et Pharaon devait agir à la manière d’un dieu pour nourrir son peuple, en faisant passer l’intérêt général avant les intérêts particuliers. Ce qui est utile à la ruche n’est-il pas profitable à chaque abeille ?
» Pourquoi le roseau ? Parce qu’il avait de multiples usages : on le consommait ; il servait à fabriquer nattes, sandales et bateaux légers ; il était proche du papyrus, utilisé par les Égyptiens comme une sorte de papier.
Abeille et roseau, Pharaon était donc l’être utile par excellence, à partir duquel tout pouvait être construit., le roseau ou jonc (Nysout) étant la plante héraldique du Nord et l’abeille (Bity) l’emblème du sud.
Nom 5 - Le nom de Fils de Rê ou Râ (Sa-Râ)
 Il est formé des hiéroglyphes du canard (sa, fils) et du dieu-soleil (Rê), suivis du nom de naissance inscrit dans un cartouche. Il accorde ainsi (à partir de Khéphren) au roi la filiation charnelle avec le dieu solaire qui a institué la monarchie sur terre et lui attribue ainsi une ascendance divine.
Il est également inscrit dans un cartouche et c’est par ce nom, donné au roi le jour de son couronnement, que nous appelons couramment les pharaons :
Djoser, Khéops, Sésostris, Aménophis, Thoutmosis, Toutankhamon, Séti, Ramsès…
Quelques exemples : Amenhotep III Nekhtnebef Ier Toutankhamon: Sa-Râ « imen hetep heqa Ouaset », Fils de Rê, Amon est satisfait, prince de Thèbes. : Sa-Râ « nekhet nebef », Fils de Rê, puissant est son Seigneur. : Sa-Râ « tout ankh imen heqa iounou shemaou, Fils de Rê », image vivante d’Amon, Souverain de l’Héliopolis du sud.
Plusieurs pharaons portèrent des noms semblables et les égyptologues, pour s’y retrouver plus facilement sans avoir à noter leurs prénoms, les ont numérotés.
L’ensemble de ce protocole était mis en place lors de la cérémonie du couronnement et pouvait être compris comme une sorte de programme de règne idéal que Pharaon se devait de respecter.
Voir aussi La cérémonie du couronnement - fiche détaillée
Titulature de Ramsès II à Karnak
 | |  | | | Le nom de Pharaon
La titulature est rarement inscrite en entier. Elle se limite souvent au nom d’Horus et aux deux cartouches. Ce qui est suffisant pour identifier le souverain. Composée des cinq noms ou simplement des deux cartouches, la titulature n,’est pas complète sans formule de bénédiction, représentée par trois hiéroglyphes : , « Vie, Croissance, Santé ».
Autrement dit : « que Vie, Croissance et Santé soient accordées au pharaon et qu’il les donne à son peuple ».
Titulature complète de Ramsès II
 L’Horus, taureau puissant aimé de Maât ; le Nebty protecteur de l’Égypte qui lie les pays étrangers ; l’Horus d’Or riche en années et grand de victoires ; Celui du Jonc et de l’Abeille, le seigneur du Double Pays, Ousermaâtrâ Setepenrâ ; le Fils de Râ, Ramsès (II) Meryimen, aimé d’Amon-Râ le roi des dieux. | |  | |  |
Les attributs de Pharaon : insignes du pouvoir
 | Toi, Pharaon, tel Horus vivant, Tu vas être sacré souverain de l’Égypte, pays des Deux Terres. Tu vas recevoir les insignes de Ta toute-puissance, la couronne, le sceptre, la crosse et le flagellum, symboles d’Osiris Ton père révéré. |  |
Comme on le voit, Les pharaons sont facilement différentiables des autres hommes représentés sur les bas-reliefs et les peintures de l’Égypte antique car ils portent un certain nombre d’attributs, qui sont autant de symboles de leur fonction et qui nous permettent de les différencier des autres personnages. Les dieux, détenteurs originels du pouvoir, peuvent également porter ces attributs.
Pharaon ne paraît jamais tête nue, ni en public ni dans l’intimité, eu égard à sa fonction divine. Rasé quotidiennement, son crâne se prête à porter toutes les perruques et toutes les couronnes, insignes de son pouvoir terrestre. Les principales couronnes royales sont la couronne blanche du Sud, la couronne rouge du Nord, la couronne bleue, l’atef, ornée de deux plumes d’autruche, la couronne hemhemt et le némès. Chacune de ces coiffes porte en elle des pouvoirs magiques propres à protéger le monarque et à lui insuffler ses pouvoirs. Les Égyptiens rendent d’ailleurs un culte aux couronnes sacrées par des hymnes intitulés « adorer la couronne blanche », « adorer la couronne atef », « adorer la grande magicienne du Nord ».
Le costume Adapté au climat chaud et humide et au désir de propreté lié à l’exigence spirituelle de pureté, le costume égyptien était fait avec des étoffes d’origine végétale, entre autre le lin pour sa couleur blanche, représentation du sacré et de l’hygiène. La pièce principale du vêtement masculin était la shenti, grand rectangle de tissu que l’on ceignait autour des reins et à laquelle s’ajouta vers 1500 av. J.-C. la calasiris, large tunique très fine retenue par une ceinture. Le soush était une sorte de grande cape qui s’enroulait autour de la taille avant de se draper sur les épaules. La longueur des vêtements dépendait de la position sociale de l’individu. Le costume égyptien etait souvent agrémenté d’une parrure.
Évolution du costume de Pharaon Le costume royal est particulier et bien documenté, de même que les coiffes et couronnes des pharaons.
Les pagnes• La chendjit - Le plus ancien des pagnes royaux, qui remonte aux premières dynasties, est la chendjit, pagne plissé court, ne dépassant pas les genoux. Ses deux extrémités sont arrondies, se croisent sur le deavant et sont complétées par une languette (pièce de tissu médiane) qui dépasse à l’avant du vêtement et dont la partie inférieure est rectiligne. Le tissu pouvait être lisse ou plissé. À l’arrière de la ceinture, est attachée une queue d’animal, symbole de force que le roi partage avec les dieux.
• Le pagne à devanteau triangulaire - Plus récent, ce vêtement se range parmi les pagnes réservés exclusivement au roi. Sur le devanteau pend une ceinture terminée par des perles.
Jusqu’à la fin de la civilisation pharaonique, les statues et les reliefs montreront le souverain vêtu de ces deux vêtements, auxquels est toujours suspendue la queue de taureau.
Au Nouvel empire, une nouvelle tenue s’ajoute aux précédentes. Influencé par la mode du temps - déjà ! - le vêtement royal est semblable à celui des hauts dignitaires. Il se compose de deux pagnes, un court et un long, amples et plissés, qui sont superposés.
Pagne à devanteauCe détail d’un relief d’époque très tardive nous montre un pagne à devanteau, orné du motif du pharaon massacrant ses ennemis, autre image emblématique de la royauté egyptienne.
Le gorgerinUne création particulière à l’Égypte ancienne est le gorgerin, assemblage de disques de métal porté à même la peau sur le torse ou sur une chemisette, et noué par derrière.
Coiffes, parures et accessoires Les hommes se rasent la tête (les femmes gardent leur chevelure, frisée, ondulée ou tressée) ; les égyptiens sont les seuls parmi les peuples de l’antiquité à pratiquer systématiquement l’épilation. Pour eux, cela représente l’humanité par opposition à l’animalité symbolisée par les poils.
Les perruquesLes perruques, communes aux deux sexes (ce sont les hommes la portent le plus souvent), sont les parures de tête des classes aisées. Faites de véritables cheveux et de crins, elles comportent d'autres éléments ornementaux incorporés.
Le klaftLe couvre-chef le plus porté est le klaft, carré d’étoffe à rayures porté par les hommes.
Les bijouxLes femmes et les hommes portent des colliers, des bracelets, des boucles et pendants d’oreille. Le cou est souvent agrémenté d’une sorte de large collerette d’or ornée de bijoux. Les bijoux sont longtemps considérés comme propriété exclusive de la royauté et des rites funéraires.
Les bijoux sont pesants et assez volumineux, ce qui dénoterait une influence asiatique. Les bracelets sont également lourds. Les pierres les plus employées sont, outre le lapis-lazuli, la cornaline et la turquoise. Ils sont en simple verroterie dans les classes populaires.
 Les sandalesSouvent représentés pieds nus sur les peintures murales, hommes et femmes portent aussi des sandales. Confectionnées en cuir, en paille tressée, en lanières de feuilles de palmier ou de papyrus, en joncs ou en roseaux des marécages, en or pour les notables et les pharaons, la sandale reste un objet de luxe.
» Voir aussi, sur le site de la RMN :
Cosmétiques La pratique de l’embaumement permet de développer très tôt les produits cosmétiques et la parfumerie. Les parfums de l’Égypte, huiles parfumées, sont les plus nombreux, les plus coûteux et les plus recherchés dans l’antiquité qui en fait grand usage. Les Égyptiens sont le peuple antique qui pratique le plus l’art du maquillage, aucun autre peuple n’aimant tant se farder. Les ongles et les mains sont également peints au henné.
Le khôlLe khôl servant à souligner les yeux de noir est obtenu à partir de la galène. Le fard à paupières est fait de malachite broyée, le rouge qu’on met aux lèvres de l’ocre, produits mélangés à une graisse animale afin de les rendre compacts et de les conserver.
 NémèsAu quotidien, mais aussi lors de certaines cérémonies, Pharaon porte sa plus emblématique coiffe en tissu, le némès (ou nems). Tous les rois la porteront de l’Ancien Empire jusqu’à la période ptolémaïque. Il s’agit d’un cache-perruque fait d’une étoffe de forme quadrangulaire empesée et rayée (les rayures symbolisent les rayons du soleil). Serrée sur le front, elle passe derrière les oreilles en formant une poche ; deux retombées latérales aux extrémités arrondies encadrent le cou et tombent sur la poitrine, une troisième en forme de catogan resserre la coiffe dans le dos. Cette coiffe est également maintenue par le diadème seshed supportant l’ uraeus. Lorsque Pharaon ne revêt pas son némès, il se contente parfois d’une simple perruque, gonflée sur l’arrière, le khat, ceint du bandeau retenant l’uraeus. Les Textes des Pyramides désignent le némès comme étant le symbole de la déesse vautour Nekhbet. Les pans encadrant le visage du roi représentent les ailes protectrices de la déesse. Contrairement à une idée reçue, le roi est le seul à pouvoir porter ce couvre-chef, insigne de sa fonction. - Un superbe site consacré à cette coiffe.  Barbe posticheLa barbe postiche est l’un des attributs qui différencient le pharaon du commun des mortels. Cette fausse barbe, délicatement tressée, est fixée à la tête par un ruban qui encadre les joues et accroché derrière les oreilles. Elle est l’un des emblèmes de sa puissance et la marque de sa filiation divine. - La barbe divine - Lorsque le roi est figuré sous l’aspect d’ Osiris, le dieu des Morts et de la Renaissance, il porte la barbe divine récourbée. Parmi les dieux, seul Ptah, porte la barbe royale droite, souvenir du temps où il a régné sur la Terre. - La barbe royale - Comme l’immense majorité des Égyptiens, le roi ne laisse pousser ni la barbe (sauf en période de deuil), ni la moustache. Mais, lors de certaines cérémonies, il porte une barbe postiche droite qui se range parmi les plus anciens attributs de la royauté. Même la reine Hatchepsout se fait représenter avec la barbe postiche. Queue d’animal sacréTrophée attaché à la ceinture du pharaon, et tombant derrière les reins, pour lui offrir la puissance de l’animal sacré, souvent un taureau. Certains pharaons prirent plus tard dans leur titulature le nom de « taureau puissant ». Difficile à distinguer sur les bas-reliefs, on en connaît des exemples depuis les périodes prédynastiques (notamment portée par Narmer) et de l’Ancien Empire.
Les couronnes
Dans l’Égypte ancienne, les couronnes symbolisent les êtres divins chargés de forces magiques. Elles protègent le roi contre tous les dangers en lui conférant des pouvoirs exceptionnels. Couronnes de Basse-Égypte et de Haute-Égypte, couronnes rouge, blanche ou bleue, pschent, chaque emblème a ses vertus. Les Égyptiens rendent un culte à chaque couronne en lui adressant des prières. Pharaon, en arborant l’une de ces couronnes, devient à son tour un être divin. Le hedjetLe blanc est la couleur de la Haute-Égypte, placée sous la protection de la déesse vautour Nekhbet, dont l’emblème est la couronne blanche. Le blanc vient de Nejhen, cité d’élection de la Haute-Égypte dans les temps reculés, où la fleur de lys, symbole de pureté, s’épanouissait en abondance. Cette couronne blanche ou hedjet (« la blanche » en égyptien), adoptée par les rois de Haute-Égypte, se présente sous la forme d’un haut bonnet (mitre) se rétrécissant vers le haut et se terminant par un renflement. La couronne blanche était également portée par Nekhbet, la déesse vautour, protectrice du sud. Le deshretAux époques les plus anciennes, la principale ville de Basse-Égypte était Bouto, et sa couleur était rouge comme la fleur de nénuphar. Le rouge, emblème de la Basse-Égypte, symbolise à la fois la couleur des yeux et du corps de Seth, synonyme de violence et de colère venant des bas fonds du monde souterrain. Cette couronne prend la forme d’un mortier, plat sur le dessus et prolongé à l’arrière par un appendice ; une tige spiralée, que l’on nomme le khabet, se détache de l’avant. La couronne rouge était également portée par Ouadjet, la déesse cobra, protectrice du Nord et par la déesse Neith. Le skhemty (pschent)Lorsque la Haute-Égypte et la Basse-Égypte ne forment plus qu’un seul royaume, leur union est symbolisée par la combinaison de ces deux couronnes, le skhemty que les Grecs nommèrent pschent, « les deux puissances ». La première représentation conjointe connue des couronnes de Haute et de Basse-Égypte apparaît sur la palette du roi Narmer, unificateur mythique du Double Pays, à la fin de la période protodynastique. Sur l’une des faces de la palette, le roi, terrassant un adversaire, porte la couronne blanche de la Haute-Égypte. Sur l'autre, il arbore la couronne rouge de la Basse-Égypte. Ces deux couronnes, ses successeurs les associeront, créant ainsi le pschent, qui symbolise l’unité du pays. Le KhepreshLe khepresh (appelé casque ou couronne de victoire) est une couronne d’apparat en cuir de couleur bleue, parfois noire, souvent constellée de pois jaunes (des disques d’or) ou blancs qui est portée par les pharaons à partir du Nouvel Empire. Cette coiffure parfois assimilée à un casque de guerre, symbolisait la renaissance et le triomphe du roi. Cette couronne au galbe d’une grande pureté, associée au dieu solaire, est coiffée par le souverain lors des parades militaires ou de certaines fêtes comme celle du dieu Min. Le roi ne porte jamais la barbe postiche avec cette couronne. L’atefL’ atef est une couronne formée du hedjet (couronne blanche) dont le sommet est tronqué pour soutenir un petit disque solaire. Elle est ornée de deux plumes d’autruche. Parfois elle est montée sur deux cornes spiralées de bélier portant deux uraeus. Cette couronne est portée par le dieu Héryshef et parfois par Ausare (Osiris), rarement par Amon, de même que par Pharaon lors de certaines cérémonies en l’honneur de ces divinités. Symbole purement osiriaque, elle est constituée d’un faisceau de papyrus et symbolise la justice et la vérité.  Le hemhemtSon nom signifie « rugissement de guerre ». Formée de trois faisceaux de papyrus avec à la base et au sommet un disque solaire serré dans une double corne de bélier - incarnation de la fécondité et de l’énergie divine d’Osiris - et ornée de deux uraeus, le hemhemt est une forme sophistiquée de la couronne atef. Elle est portée par Pharaon en temps de guerre. Symbole astral, elle est constituée de trois faisceau de papyrus (contre un pour l’atef) et symbolise la justice et la vérité. Selon le contexte, la corne est un symbole solaire (Amon), créateur de la vie ( Khnoum), ou lunaire ( Ha).  Le seshedDepuis l’Ancien Empire, ce diadème ou bandeau seshed, insigne de la royauté (considéré comme étant une couronne), est formé d’un bandeau d’orfèvrerie autour duquel s’enroule un uraeus.  UraeusL’ uræus ou cobra, assimilé à l’œil de Rê, est censée protéger le pharaon en brûlant ses ennemis de son regard. Parfois, on lui associe le vautour, incarnation de Nekhbet, la déesse tutélaire de la Haute-Égypte. Dans ce cas, le cobra personnifie aussi la déesse Ouadjet, qui veille sur la Basse-Égypte. D’abord réservé au némes et au diadème royal (seshed), l’uraeus s’affiche sur toutes les couronnes de pharaon, dont il est un des attributs, à partir du Moyen Empire. L’uraeus est parfois gravé en relief sur les murs des temples funéraires.
Les sceptres
 Sceptre “Ouas”Originaire de l’Égypte ancienne, le sceptre est devenu dans le monde entier l’insigne des souverains. L’ ouas, le sceptre égyptien dériverait d’un bâton fourchu qui servait à tuer les serpents. Objet connu dès l’époque archaïque, il est devenu le symbole des dieux. Ce bâton, sur lequel s’appuient les divinités, est terminé vers le bas par une petite fourche et vers le haut par une tête de lévrier stylisée évoquant l’étrange quadrupède non identifié, animal du dieu Seth. Le sceptre est d’abord l’enseigne du nome de Thèbes, la région administrative de la capitale égyptienne, qui porte le nom de Ouaset, « la ville du sceptre ». Lui servant d’appui quand il est debout, ce sceptre est, très vite, adopté par Pharaon afin de symboliser sa force.
 La crosse et le fléau, insigne du roi-bergerLe souverain égyptien est communément représenté serrant sur sa poitrine l’ heka, la crosse et le nekhekh, le flagellum, symboles d’Osiris, que le dieu a empruntés à Andtjy, « protecteur des morts » primitif de Busiris. Celui-ci est figuré comme un berger tenant la houlette, devenue l’heka, et le fouet, devenu nekhekh. Ainsi, par assimilation à la divinité, le roi est considéré comme le pasteur de son peuple, qu’il conduit avec la houlette et qu’il protège avec le fouet.  La crosse ou sceptre heka, un bâton de bois en forme de crochet, tirant peut-être son origine dans le bâton de berger. Dès l’Ancien Empire, il devient le sceptre des souverains d’Égypte, sculpté et orné de matériaux précieux, symbolisant le pharaon conduisant son peuple comme un pasteur. Il est toujours associé dans les mains du roi au fléau.  Le fléau ou sceptre nekhekh (flagellum), est composé d’un manche d’où pendent trois séries de perles terminées par des pendeloques. Arme symbolique de protection, il est l’instrument d’autorité et de commandement remis au roi lors de son couronnement. Ces deux symboles ne sont portés que lorsque le roi est assis ou représenté en “Osiris”. La massueLe sceptre-massue, le kherp, est sans doute à l’origine une massue à tête cylindrique en pierre sur un manche en bois, une arme habituelle des combattants de la fin de l’époque prédynastique. Au temps du roi Narmer, unificateur de l’Égypte, la massue piriforme (à tête en forme de poire) est déjà une arme d’apparat telle qu'elle fut retrouvée dans le tombeau de Toutânkhamon. Sous le Nouvel Empire, en gage de victoire, le souverain reçoit du dieu Amon le khepesh, glaive recourbé rappelant les armes des rois asiatiques. La massue kherp joue un rôle prépondérant, celui d’assommer, voire de fracasser la tête des ennemis. Dans les représentations murales, Pharaon tient ses ennemis par les cheveux d’une main, de l’autre la massue qui les anéantira. Il faut l’interpréter comme un message de toute puissance du souverain. Cette représentation du roi vainqueur a été sculptée des centaines de fois dans la pierre. Elle ne décrit pas un événement réel mais le devoir et la capacité de Pharaon à protéger l’Égypte. <- Ramsès II triomphantGrand temple d’Abou Simbel Remarquez la queue d’animal sacré (évoquée ci-avant)
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Catégorie / Titre : Pharaons et Reines / Images de la royauté
Date de création : 18/11/2008 - 09:13 -¤-
A été modifié le : 12/12/2008 - 11:49
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