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 Un peu d’histoire » L’Égypte pharaonique : Pharaons et Reines
La grande fête du nouvel an
Présentation - Des cadeaux extraordinaires - Chez les plus modestes
Présentation Le nouvel an est sans aucun doute l’une des fêtes les plus prisées des Égyptiens de l’Antiquité. À cette occasion, chacun offre un cadeau pour s’attirer les faveurs des dieux. C’est également le moment où le pharaon va pouvoir faire plaisir à ses principaux favoris. Un façon d’affermir un peu plus son pouvoir. Les présents prodigués par le roi au nouvel an sont parfois somptueux.
 | Tous les Égyptiens redoutent cette période, et le pharaon ne déroge pas à la règle. Pendant cette phase, Sekhmet, la puissante déesse lionne, peut se révéler plus néfaste que jamais. Il s’agit donc pour le roi de se concilier ses bonnes grâces et de s’assurer une protection efficace pour la nouvelle année de règne. La cérémonie consiste en un amalgame complexe d’hommages aux divinités et aux ancêtres, et en une imposition de différents diadèmes et insignes du pouvoir, le tout accompagné de la récitation de prières. Toutes ces cérémonies procèdent du même esprit : il s’agit de légitimer encore et toujours le roi devant les divinités et les ancêtres, et d’accroître son pouvoir par des actes magiques afin qu’il puisse protéger l’Égypte et son peuple.
En Égypte antique, le Jour de l’an (le 15 juin) était le premier jour du calendrier, soit le premier jour du premier mois (Thot) de la saison (Akhet) |  | | © Éditions Atlas - Illustration : Dominique Hé |
de l’inondation des cultures par le Nil (iterou). Cela correspondait symboliquement au début de la crue du Nil, même si ce ne fût pas toujours le cas car le calendrier de l'Égypte antique se décalait chaque année. Ainsi, cette date portait en elle une forte connotation de renouveau bénéfique, la crue du Nil étant vitale pour les Égyptiens car elle déposait sur les cultures du limon, permettant ainsi de bonnes récoltes.
Juste avant que le Nil inonde le pays de ses bienfaits, il se produit un phénomène particulier qui a donné aux prêtres d’Héliopolis (Per-Rê ou Iounou) l’idée de faire commencer le calendrier à cette date. En effet, cette période précise est assimilée au lever héliaque de l’étoile Sirius, que les Égyptiens appellent Sopdet (ou Sopdit), la Sothis des Grecs. Pendant un bref instant, cette étoile est en effet visible à l’orient juste avant le lever du soleil.
Les sages égyptiens, ayant constaté que le début de la crue du Nil - alimentée par les larmes de la déesse Isis - concorde approximativement avec cette apparition céleste, ont aussitôt fait l’amalgame entre les deux phénomènes, et c’est ainsi que Sopdet est devenue la patronne de l’année.
Le calendrier qui fut gravé sur les ordres du pharaon Ramsès III sur les murs extérieurs de son temple de Médinet Habou atteste que la fête de Sopdet coïncide avec celle du nouvel an.
Détail du calendrier des fêtes - Temple de Ramsès III à Medinet Habou Voir aussi Les calendriers - fiche détaillée
Lors du passage dangereux d’une année à l’autre, pendant la nuit, les prêtres conduisent une statue du dieu de leur temple sur le toit de l’édifice. La statue, lavée et parée de ses amulettes, est au lever du jour irradiée par le soleil. Elle se recharge ainsi en énergie pour l’année à venir. La fête du Nouvel An est la fête du renouveau grâce à la venue de l’inondation, le pays renaît comme Osiris.
 | |  | | | Une origine nébuleuse Sopdet ou Sôpdit, la Sothis des Grecs ou Sirius, encore appelée « la pointue » ou « la maîtresse de l’année nouvelle », symbolise à la fois les eaux primordiales qui donnent la vie et l’année nouvelle, qu’elle marque par son apparition dans le ciel. Or, la coïncidence exacte entre l’apparition de l’étoile et le début de l’inondation du Nil n’intervient que tous les 1 461 ans ! Malgré ce laps de temps très long, le calendrier égyptien, inventé par les prêtres d’Héliopolis, repose sur la conjonction précise de ces deux événements. La seule date prouvant avec certitude qu’un tel phénomène s’est produit est l’an 139 de notre ère. En remontant dans le temps et en appliquant le cycle des 1 461 ans (périodes sothiaques), nous obtenons 1322 avant J.-C. (début de la XIXe dynastie), 2783 (début de l'Ancien Empire ) et enfin 4244. Cette dernière date est trop lointaine, bien que certains égyptologues l’aient admise commepoint de départ de la civilisation pharaonique. Or, il est pratiquement établi que l’Égypte historiquen’existe pas encore. 2783 est une bonne date mais lesTextes des Pyramides affirment que le calendrier existe déjà à cette époque. On peut donc supposer que les prêtres héliopolitains de l’époque prédynastique ont fait coïncider la conjonction des deux phénomènes pour des raisons purement religieuses et mystiques. L’avenir en dira peut-être plus. | |  | |  |
Des cadeaux extraordinaires Le Jour de l’an était également l’occasion de faire des offrandes aux défunts et aux dieux, surtout à Rê, dont le jour de naissance était censé être le Jour de l’an. De même, une procession de vases remplis de « l’eau nouvelle » du Nil avait lieu du fleuve jusqu’aux temples. Dans les temples, on procédait à des rites d’illuminations, et on en profitait également pour les reconsacrer aux dieux.
Cette fête pas comme les autres est l’occasion pour le roi de faire des cadeaux à ses principaux favoris. Des scènes gravées sur les parois de la tombe de Kenamon, intendant d’Aménophis II, pharaon de la XVIIIe dynastie, montrent le luxe déployé en la circonstance. Ce haut personnage de la cour était chargé de la distribution des présents, qu’il faisait sortir du Trésor royal et qui devaient au préalable être soumis à l’approbation du monarque.
Les armes, les pierres précieuses, les chars en argent côtoient, dans un luxe inouï, les statues en ivoire ou en ébène et les œuvres des artistes les plus réputés du pays. Les objets les plus prisés sont des statuettes dorées à l’effigie du roi sculptées dans toutes les attitudes et avec tous les costumes possibles, pour bien montrer la force et la vitalité de Pharaon. Les armes sont également appréciées : carquois incrustés de pierreries, poignards, haches et boucliers. La liste est longue mais précise : 680 boucliers recouverts de peau, 30 bâtons en ébène avec garniture d’argent et d’or, 360 glaives en bronze, 140 poignards du même métal, 220 fouets en ivoire incrustés d’ébène et d’or. Sans compter les nombreux sièges à dossier, les éventails, les coffres décorés, les miroirs, les vases précieux, les scènes de chasse.
Le migdolPharaon, au meilleur de sa vigueur, terrasse ses ennemis Médinet Habou, temple funéraire de Ramsès III - XXe dynastie du Nouvel Empire
Chez les plus modestes Le pharaon n’est pas le seul à offrir des présents. La fête de Sopdet est universelle, et tous les Égyptiens échangent leurs bons vœux en se faisant des cadeaux. Les principaux bénéficiaires de cette manifestation sont les sanctuaires. Les villageois se pressent devant les portes des temples pour faire des offrandes aux dieux. Les prêtres les présentent à la divinité, avant de les entasser dans les chambres des trésors en fonction de leur valeur. Les denrées périssables sont distribuées.
Si tous les objets que s’échangent les Égyptiens n’ont pas la magnificence des cadeaux royaux, ils ont pour eux la force symbolique de la superstition. Offrir un cadeau, si humble et si discret soit-il, apporte à celui qui le donne la bénédiction divine et est pour celui qui le reçoit un gage de prospérité personnelle. Il est donc impératif de souhaiter une excellente année : sous-entendu que l’inondation soit le plus bénéfique possible et que les moissons apportent la prospérité au pays. Certains de ces objets - scarabées, petits singes en bronze, animaux en terre ou gourdes - sont assortis d’inscriptions porte-bonheur, telles que “Oupèr renpèt néferèt” « longue vie et bonne année » ou « tel dieu accorde une heureuse année nouvelle à untel ».
Article(s) complémentaire(s) ¤ Rechercher « La grande fête du nouvel an » avec Google ¤
Catégorie / Titre : Pharaons et Reines / Le Nouvel An
Date de création : 18/11/2008 - 09:07 -¤-
A été modifié le : 12/12/2008 - 11:43
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