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Un peu d’histoire » L’Égypte pharaonique : Pharaons et Reines

Les grandes fêtes royales et religieuses



Avant-propos - Sources - Agenda - Le couronnement de Pharaon - Le rite journalier ou culte divin - Heb-Sed : Pharaon renaît - La grande fête du nouvel an

La royauté égyptienne est d’ascendance divine. Ce caractère divin permet de garantir une continuité dans le gouvernement et confère des pouvoirs particuliers au pharaon, deux conditions indispensables au bien-être de l’Égypte.


Avant-propos

Nadine Guilhou et Janice Peyré, La mythologie égyptienne, Marabout (Hachette Livre), 2006 - p. 221 et 222
Vincent Quessandier pour oboulo.com  


L’importance des rites en Égypte ancienne est étroitement liée à une conception du monde ou l’univers était perçu en terme de dualité. Il y avait tension permanente entre les contraires cosmiques qu’étaient le bien et le mal, la lumière et l’obscurité, l’aridité et la fertilité ; et par-dessus tout entre le cosmos, ou ordre harmonique (maât) et le chaos (isfet). L’univers même y participait par le biais de phénomènes cycliques tels que le lever et le coucher du soleil, la ronde des saisons ou encore la crue et la décrue du Nil. Si cet équilibre s’effondrait, il en résulterait alors le chaos. Les Égyptiens en ont déduit que les mortels et en particulier Pharaon, devaient, par leurs rites, tenter d’assurer le maintient de l’ordre cosmique et la bienveillance des dieux, maîtres de l’univers.

C’est ainsi que les Égyptiens visaient, en premier lieu, à entretenir l’image des divinités et à leur offrir subsistance et aliments, notamment par le rituel du culte journalier que nous évoquerons plus loin.

Mais les Égyptiens ne se contentaient pas d’effectuer ces rites du culte journalier, il existait bien d’autres rites encore et il existait une autre façon de célébrer les divinités lors des nombreuses fêtes qui parcouraient les moments clés du calendrier. Elles se déroulaient certains jours précis ou durant plusieurs jours et correspondaient à la fois à des événements de la vie des dieux et aux réalités des saisons. Certaines festivités donnaient lieu à des célébrations à travers tout le royaume quand d’autres étaient liées à des traditions ou à un culte plus localisés. Enfin, quelques sources évoquent des fêtes liées à des événements royaux (l’accession au trône d’un pharaon, le jubilé ou heb-sed, la fête du nouvel an) à l’édification de temples (fêtes de fondation et de dédicace) ou à des rituels funéraires comme les fêtes de Sokar dans la nécropole au cours desquelles chacun rendait visite à ses morts, leur offrant des bottes d’oignons, gage de lumière. La plupart s’inscrivent dans des cycles temporels : cycles quotidien de la naissance du soleil, mensuel des phases de la lune, annuel de la crue du Nil (iterou), mythique de la naissance du monde. Elles se doublent souvent d’une symbolique royale de transmission ou de confirmation du pouvoir, ce dernier étant garant, en raison de sa nature divine, de l’ordre et de la prospérité. Certaines se répondent, d’un sanctuaire à l’autre (en particulier dans le tandem Edfou-Denderah), ou à deux moments de l’année (comme celles de la crue).

Conduites par des prêtres, s’accompagnant de libations, de sacrifices et d’encens, elles se déroulaient sous forme de processions, sur terre ou sur le fleuve, et si certaines revêtaient un caractère relativement confidentiel et se déroulaient dans l’enceinte d’un lieu de culte, sur le toit du temple ou sur le lac sacré, comme les mystères d’Osiris, d’autres au contraire attiraient des foules nombreuses à travers le pays. Ainsi, le peuple se pressait sur les rives du Nil pour regarder le cortège rutilant des barques de l’escorte de la triade thébaine en route vers Louxor, ou les embarcations d’Hathor de Denderah naviguant vers Edfou. Là, entre le grand temple et la nécropole des dieux morts, à la lisière du désert, d’autres fidèles contemplaient le cortège des deux divinités.


Sources


Pour le rituel quotidien nous pouvons nous référer à différentes sources. Nous avons tout d’abord deux papyrus de Karnak datés de la XXIIe dynastie qui concernent le culte d’Amon et de Nout : il s’agit d’aides mémoire à l’usage pratique des prêtres. Ensuite, ce sont les nombreux reliefs des temples qui nous renseignent sur les soins routiniers apportés à la statue du dieu. Les divers gestes qui constituaient le rituel sont illustrés en détail sur trois sites différents : es bas-reliefs du temple de Sethi Ier à Abydos, la grande salle hypostyle du temple d’Amon à Karnak et le temple d’Horus à Edfou. Cependant la disposition des scènes du culte sur les murs ne nous permet pas d’en déterminer l’ordre exact. Leur déroulement doit être reconstruit à partir des différentes sources dont nous disposons. Les textes accompagnant les scènes des reliefs contiennent, eux, des instructions pour les rites et les récitations qui les accompagnent.

Ensuite, nous pouvons nous reporter à Hérodote, historien classique, qui qualifiait les Égyptiens de « plus religieux de tous les hommes ». Dans sa description de l’Égypte qu’il visita au milieu du Ve siècle, il accorde une place importante à l’évocation des fêtes. Il nous livre un récit haut en couleurs des fêtes de Bubastis (Baset ou Per-Bastet), Busiris (Per-Osiris ou Djedou), Saïs (Saou), Bouto (Imet), et Paprémis auxquelles il assista : il chiffre, probablement avec excès, le grand nombre des participants et mentionne les débordements auxquels se livre la foule. Cependant son témoignage est à prendre avec beaucoup de précaution. Nous avons ici un témoin étranger aux mystères de la religion égyptienne, qui est très impressionné par les réjouissances populaires qui accompagnent les sorties des divinités et qui sont pour lui les seuls indices de la vie religieuse du pays.

Comme pour le rituel du culte journalier, les reliefs des temples sont la plus grande source concernant les fêtes. On peut voir sur les murs des différents temples des scènes de fêtes qui y étaient célébrées. On a notamment beaucoup de scènes représentant les sorties processionnelles des divinités, par exemple à Karnak on peut admirer des scènes représentant la sortie annuelle du dieu Amon sur sa barque lors de la fête d’Opet.

Du Nouvel Empire à l’époque ptolémaïque et romaine, les calendriers des fêtes gravés sur les parois des temples ou l’évocation des liturgies figurant sur les lieux mêmes où elles se déroulaient retracent, de façon plus ou moins complète, ces différentes cérémonies : simples dates, listes d’offrandes, comme le grand calendrier des fêtes de Médinet-Habou (Djêmé), hymnes, déroulement des rituels tels qu’ils sont inscrits sur les colonnes de la salle hypostyle d’Esna ou sur les parois des grands temples ptolémaïques… autant d’éclairages qui nous restituent une image très vivante de toutes ces célébrations et qui témoignent d’une vie religieuse intense.

Le culte des dieux avait donc une place importante dans le monde égyptien de l’antiquité car grâce à lui, l’équilibre du monde était maintenu et les dieux veillaient sur l’Égypte. Pharaon lui-même était garant de cet équilibre, car, de part sa nature divine, il lui revenait la tâche d’assurer le culte des dieux.
autrePage.gif Voir aussi Les calendriers - fiche détaillée

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Agenda


Quelques fêtes importantes ou connues de la tradition
FêteJourMoisSaisonDurée
(jours)
Commentaire
Couronnement de Pharaon   1Dès le décès annoncé de pharaon, son successeur est immédiatement nommé. Toutefois, son couronnement est reporté au début d’une nouvelle saison.
Rite journalier
ou culte divin
   1Partagé en trois offices : matin, midi et soir.
Fête sed
ou heb-sed
   1Jubilé Royal célébré, en principe, après trente ans de règne puis à intervalles réguliers.
 
Nouvel an
ou Wep Renpet
1ThotAket1Lever héliaque de l’étoile Sothis et célébration de ce qui fut l’antique crue du Nil.
Fête de Thot Thot À Hermopolis
Fête Ouag18Thot1À Abydos - Célébration des Mystères d’Osiris, honneur aux ancêtres et aux proches défunts.
Fête de l’ivresse Thot À Denderah
Fête d’Opet
ou Heb nefer en Ipet
 Paophi24Déplacement d’Amon, de Mout et de Khonsou depuis Karnak à Louxor.
 
Fête des oignons de Sokar TybiPeret  
Jour de “mâcher des oignons”
pour Bastet
4Pharmouti1 
Fête de Renenoutet Pharmouti  
 
Fête de Min PakhonsShemou1Fêtes des moissons.
Belle fête de la vallée Payni13-14De la nouvelle lune à la pleine lune. Navigation d’Amon-Rê sur le fleuve vers Louxor.
Jour de “mâcher des concombres”
pour Sekhmet
14Epiphi1 
Fête de la Bonne réunion
ou Heb en sekhen nefer
 Epiphi14Débute à la nouvelle lune et dure les 14 jours de lune croissante. Hathor va à la rencontre de son époux Horus d’Edfou.
Fête des lumières d’Aset (Isis)
ou Aset Webenut
2Mésore Commémoration de la recherche d’Isis de son frère-époux Osiris dans l’obscurité aidée par des torches.

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Le couronnement de Pharaon


Depuis l’époque Thinite, Osiris, Seth, Horus et influencent les rites du couronnement des Pharaons et Memphis (Men-nefer), qui se situe à la charnière des Deux Terres, est choisie comme la ville où se déroulent ces cérémonies afin de maintenir un équilibre qui appaise la dualité qui oppose le Sud et le Nord, la Basse et la Haute-Égypte, le lotus et l’abeille. Ces rites du couronnement se perpétuèrent jusqu’au temps des ptolémées. Debout sur une estrade munie d’un trône, le roi, vétu d’un pagne court, tient dans ses mains la crosse du pasteur et le fouet du bouvier. Il coiffe d’abord la couronne blanche du Sud puis la rouge du Nord. Les deux couronnes réunies forment le pschent. Après l’onction avec une huile de libye, le souverain réalise l’union des Deux Terres et dans une procession autour du “mur blanc” il prend possession des territoires d’Horus et de Seth.
autrePage.gif Voir aussi La cérémonie du couronnement - fiche détaillée


Heb-Sed : Pharaon renaît


Jubilé Royal célébré, en principe, après trente ans de règne d’un Pharaon afin de lui rendre la vigueur de sa jeunesse. C’est sous le règne d’Oudimou, quatrième roi de la Ire dynastie que l’on connaît aussi sous le nom de Den, qu’il est fait réfèrence à la fête Sed pour la première fois. Ces fêtes donnaient lieu à diverses cérémonies comme le renouvellement de l’intronisation, l’affirmation du symbole de l’hérédité et l’érection du pilier Djed, au matin de la fête, montrant par là le maintien de sa puissance en s’identifiant à Osiris.
autrePage.gif Voir aussi Heb-Sed : Pharaon renaît - fiche détaillée


La grande fête du nouvel an


En plus des deux événements exceptionnels du règne que sont la céremonie du couronnement et la fête du heb-sed, un autre rite prépare le roi pour une nouvelle année de fonction. Il s’agit de la « confirmation du pouvoir royal au nouvel an ». En effet, le passage vers la nouvelle année est considéré comme particulièrement dangereux, les forces du chaos profitant de ce moment de flottement pour se manifester plus qu’à l’habitude.

En Égypte antique, le jour de l’an était le premier jour du calendrier, soit le premier jour du premier mois de la saison de l’inondation des cultures par le Nil : le I Akhet 1. Le I Akhet 1 correspondait symboliquement à la crue du Nil, même si ce ne fût pas toujours le cas car le calendrier de l'Égypte antique se décalait chaque année. Ainsi, cette date portait en elle une forte connotation de renouveau bénéfique, la crue du Nil étant vitale pour les Égyptiens car elle déposait sur les cultures du limon, permettant ainsi de bonnes récoltes.
autrePage.gif Voir aussi La grande fête du nouvel an - fiche détaillée
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Catégorie / Titre : Pharaons et Reines /     Les grandes fêtes
Date de création : 18/11/2008 - 09:00  -¤-  A été modifié le : 26/12/2008 - 13:24

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