 Mythes et croyances » Rites funéraires
Le monde des dieux » Le Culte funéraire (ou culte des morts)Comme les dieux, les morts ont besoin que l'on s'occupe d'eux pour empêcher les forces hostiles de les anéantir. C'est la raison du culte funéraire (ou culte des morts), service offert pour leur entretien. Reposant sur le même principe que le culte divin, le culte funéraire est essentiel à la survie du défunt dans l'Au-Delà.
De quoi vivre dans l'Au-DelàLe support matériel (le corps) doit être préservé et, par conséquent, momifié. Il doit être réveillé et, pour ce faire, on procède au rituel de l'Ouverture de la bouche. Outre le cercueil, les proches du défunt amènent avec eux jusqu'au tombeau un mobilier funéraire réuni pour faciliter sa vie future : meubles, vêtements, outils, objets divers, maquettes représentant des scènes de vie rurale ou de pêche… qui donneront au mort un cadre de vie confortable et l'assurance de ne manquer de rien. Mais surtout, l'alimentation dans l'au-delà est une priorité. Le défunt doit être nourri quotidiennement, comme un être vivant. Ainsi s'expliquent les offrandes funéraires. Ce rituel comprend d'abord les aliments déposés journellement sur la table d'offrandes du mastaba puis, plus tard, dans les chapelles du culte. On faisait d'autres offrandes particulières lors des fêtes des morts, comme la fête ouag.
 Mastaba de MéréroukaDans la grande salle à piliers de son monumental tombeau, le vizir du roi Téti était représenté debout dans l'embrasure de la stèle fausse-porte [*]. Il savançait vers une table doffrandes, bien visible au-dessus d'un escalier destiné à faciliter le culte. VIe dynastie - Ancien Empire | |  Mastaba d'IdouLa stèle fausse-porte est ouverte en bas pour laisser passer le propriétaire qui se présente à mi-corps devant la table doffrandes où avait lieu le service funéraire. VIe dynastie - Ancien Empire |
Le culte risquait de ne pas être éternel… À défaut de pouvoir accumuler dans la tombe une quantité suffisante de nourriture qui périssait inévitablement, il fallait s'assurer des réserves impérissables. On y remédia donc de deux façons : on écrivit sur les parois des tombes, près de la porte dentrée, une formule funéraire qui devait faire apparaître, à la voix de celui qui la lisait, pain, bière, volaille, viande et toute bonne chose pour le défunt. Mieux encore, quand le propriétaire était assez riche ou l'obtenait de la faveur royale, il fit graver sur les parois des chapelles accessibles, depuis l'Ancien Empire jusquà la fin de la civilisation indigène, d'impressionnantes listes de victuailles : plateaux de pain, cruches de bière, cuisses de bœuf et volailles, etc. Les peintures, représentant des scènes de chasse, de pêche ou de culture, sont censées produire pour lui, par les vertus de la magie, tout ce dont il avait besoin. Les plus pauvres n'emportent avec eux que quelques denrées périssables. Mais ne dit-on pas qu'Osiris sait reconnaître les siens et redistribuer aux plus pauvres ce que les riches malhonnêtes ont en surplus dans leur tombe ? À l'Époque Ptolémaïque, ces croyances commencent à déchoir et les défunts doivent se contenter d'une symbolique libation d'eau tous les dix jours ou, tout simplement, de la survivance de leur nom. Celle-ci est assurée parles vivants dont l'unique tâche consiste à le prononcer. Ils offrent au défunt la perpétuation de sa mémoire et garantiseent ainsi son immortalité. Mais plus d'une fois les vieux sages de l'Égypte conseillèrent d'exercer sans cesse la justice et de se conformer à la vérité. L'homme trouvait dans cette attitude morale le plus solide des tombeaux et la plus durable des inscriptions.
Encens et myrrheLa myrrhe était utilisée pour la momification : la cavité abdominale était vidée, puis remplie de myrrhe pure broyée et d'autres essences à l'exception de l'encens. Les arbres producteurs de myrrhe étaient consacrés à Hathor, « Dame de la fragance » et « Dame de Pount ». La bouche et les lèvres du défunt étaient purifiées avec de la myrrhe afin qu'il puisse goûter à l'aliment sacricificiel et les Textes des sarcophages décrivent le défunt qui veut s'alimenter sous l'arbre de la myrrhe, à côté d'Hathor qui enduisait le défunt pour lui donner accès, par cette purification, à la substance de Rê, et ainsi, à la vie dans l'Au-Delà.
[*] Stèle fausse-porteOn donne le nom de stèle fausse-porte à une grande stèle, théoriquement en granit, au moins à l'Ancien Empire (quand elle ne l'était pas, on la peignait de la couleur du granit, comme chez Mehou à Saqqarah), représentant une porte, avec son store, encadrée de redans d'un style ancien. Devant était une table d'offrande. Le “ka” du défunt venait, pensait-on, en ce lieu pour son repas funéraire. Les titres essentiels et le nom du propriétaire sont inscrits en colonne sur les redans.
Voir aussi : Naos | L'ouverture de la bouche - fiches détaillées
Article(s) complémentaire(s)
Catégorie / Titre : Un peu de mythologie / Le Culte funéraire
Date de création : 12-08-2008 - 15:33 -¤-
A été modifié le : 23-11-2012 - 17:25
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