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 Mythes, croyances et superstitions
Le monde des dieux » Le Culte divin Nous sommes mal renseignés sur les aspects du culte divin aux plus anciennes époques : la disparition de la plupart des temples de l’Ancien et du Moyen Empire nous prive des informations les plus indispensables. Ce qui semble en revanche certain, et sans doute déjà bien avant, le culte qui se rendait dans les divers temples du pays présentait des caravtères permanents : le nom des dieux, leur nature, leur théologie pouvaient varier ; la forme du culte qui leur était rendu etait, dans ses grandes lignes, identique. Serge Sauneron, Dictionnaire de la civilisation égyptienne, 75, Éditions Fernand Hazan, Paris 1998
Pour les anciens Égyptiens, l’univers est la résultante d’un équilibre toujours précaire entre les forces destructrices et les forces constructives. L’état naturel du monde est le chaos, l’informe, l’indifférencié. Pour obtenir un monde cohérent, il faut donc se battre en permanence contre les forces du chaos. Ce rôle est dévolu par les dieux à Pharaon, qui, de ce fait, est théoriquement le seul prêtre d’Égypte. Il a le devoir de préserver l’ordre, au niveau tant politique et social que mythologique, en protégeant le créateur de ses ennemis.
Le rituel journalier de tous les temples participe donc au maintien de l’équilibre du monde. Celui-ci est basé sur la solidarité non seulement entre les hommes, mais aussi entre les hommes et les dieux. Chacun doit agir s’il veut que l’autre agisse à son tour. Le culte de la divinité, en rendant hommage à sa statue, spécifie alors le lien qui unit les hommes et les dieux. Par des offrandes quotidiennes, le prêtre prouve à la divinité que les hommes ont rempli leur part du contrat. Au dieu d’agir à son tour pour le maintien de l’ordre.
Le moment le plus important du culte journalier est l’offrande symbolique de la Maât, la justice, l’équilibre du monde. Plus que de tous les autres mets, les dieux se nourrissent de Maât. Elle symbolise tous les actes bénéfiques pour l’univers que les hommes ont accomplis en prenant une part active à la solidarité qui unit tous les êtres. À l’inverse, toute action contraire à la Maât menace le monde d’un retour au chaos originel.
Prêtre en prièreDans l’Égypte pharaonique, la caste sacerdotale prit progressivement une puissance telle qu’elle en vint à battre en brèche l’autorité de l’État. À partir de l’Époque Prédynastique et jusqu’à l’Époque Romaine, les rituels divins restent globalement inchangés : l’essence du dieu envahit l’univers, et la statue disposée dans le recoin le plus intime et le plus secret du temple (naos [*], le saint des saints) en est le support matériel. Elle est imprégnée de la divine essence tous les matins, et par cet acte, la divinité devient réellement et physiquement présente dans le monde des vivants dans l’enveloppe de la statue. Le temple est donc physiquement la maison du dieu. Par conséquent, le culte rituel consiste à exécuter toutes les cérémonies susceptibles de permettre au dieu d’atteindre son enveloppe terrestre et de passer la journée comme un dieu sur terre.
Le réveil du dieuÀ l’aube, après s’être purifiés, les prêtres, au nom de Pharaon, brisent les scellés du naos posés la veille au soir, et la divinité est éveillée ou, plus exactement, accueillie quand elle s’incarne dans la statue. Ensuite le prêtre offre Maât et procède à la présentation des autres offrandes, qui constituent une véritable « collation du matin ». Puis on retire à la statue les vêtements de la veille, on la lave, on l’enduit d’huiles aromatiques et de parfums et on la rhabille avec de nouveaux habits. Les offrandes dont le dieu est déjà rassasié sont ensuite présentées aux dieux mineurs. Lorsque toutes les statues sont rassasiées, les offrandes nourrissent plus concrètement les ministres du culte.
Le rituel de la mi-journée consiste en substance en des purifications avec de l’eau et des fumigations d’encens.
Au coucher du soleil, en revanche, le rituel est identique à celui du matin. Le dieu est ainsi mis en « sommeil » ou, plutôt, en état de voyage astral. Le naos est fermé et scellé, et la statue est abandonnée à son essence divine.
Ce rituel quotidien est naturellement plus imposant à l’occasion des fêtes.
Illustration du culte divinSéthi Ier offre l’encens à Osiris représenté avec Anubis. - Temple de Séthi Ier à Abydos, salle d’Osiris Il convient également d’évoquer les cultes des animaux et les cultes solaires. Les premiers, constamment présents en Égypte (surtout durant la Basse Époque), prévoient le soin de l’animal sacré et, par conséquent, varient selon les espèces. Les cultes solaires sont constamment présents à Héliopolis (cité du Soleil), et sont adoptés dans toute l’Égypte sous la Ve dynastie, puis sous Aménophis IV-Akhénaton de la XVIIIe dynastie. Ces cultes sont rendus en plein air et les temples solaires consistent principalement en de vastes cours avec des autels sur lesquels sont déposés ou brûlés les aliments du dieu.
Encens et myrrheDans le cadre du culte, les fumigations rituelles étaient indispensables. Du lointain pays de Pount provenait la myrrhe, gomme résine fournie par Commiphora abyssinica, plante originaire d’byssinie puis transplantée en Égypte, puis l’encens, autre substance résineuse produite par Boswellia thurifera.
Dans la conception égyptienne, le parfum était l’une des manifestations principales des divinités et la fumée une sorte de passage entre les deux mondes. Parmi les parfums, l’encens et la myrrhe étaient les plus sacrés et l’encensement avait donc des vertus purificatrices et protectrices. Initialement, l’encensoir était une écuelle emplie de braises. À la fin du Nouvel Empire, l’écuelle est fixée à un bâton. L’une de ses extrémités a la forme d’une main et l’autre, par laquelle on tenait l’ensemble, était ornée de la tête de la divinité.
La myrrhe était également utilisée pour la momification.
Quelle vie religieuse ? Ce culte est donc pratiqué chaque jour dans tous les temples d’Égypte à des échelles différentes suivant la richesse des sanctuaires. À ces cérémonies journalières s’ajoutent des manifestations exceptionnelles programmées par les calendriers religieux qui célèbrent des événements mythologiques propres à chaque divinité.
Comme nous l’avons vu, le culte apparaît plus comme une succession d’actes formels que comme un exercice spirituel intérieur. Il ne faut cependant pas oublier que le rôle de ces rituels est de préserver le monde : le culte doit donc être assez précis pour solliciter les forces positives. Pas de place pour le sentimentalisme. En revanche, on ne sait que peu de choses sur la piété populaire avant l’époque ramesside. Il semble que des cultes étaient rendus dans les foyers aux défunts de la famille et aux génies protecteurs, auprès desquels on cherchait aide et soutien.
Mais quel était le sentiment du peuple vis-à-vis des grands dieux nationaux ? La question reste largement sans réponse.
[*] Mot grec, signifiant « temple », qui désigne deux choses distinctes : - Le tabernacle ou grand coffre est une niche en bois ou en pierre contenant la statuette du dieu.
- La pièce dans le temple où ce tabernacle est conservé. Le naos est le lieu le plus secret et le plus sacré des temples égyptiens.
Seuls Pharaon et les prêtres ritualistes pouvaient accéder au Naos et vénérer le dieu.
Voir aussi : Qui est Pharaon ? » Le quotidien royal » Le rite journalier, pour plus de détails
Article(s) complémentaire(s)
Catégorie / Titre : Un peu de mythologie / Le Culte divin
Date de création : 12/08/2008 - 15:21 -¤-
A été modifié le : 06/12/2008 - 13:50
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