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L’Égypte pharaonique

Panorama de plus de 5000 ans d’histoire en un clin d’œil !
» Troisième Période Intermédiaire ¤ 1070-664


Frontispice 3e Période Intermédiaire
picto troubles

De la XXIe à la XXVe dynastie


Au tournant du premier millénaire, l’Égypte entre dans une époque de déclin qui n’exclut pas quelques brillants réveils tels que celui correspondant à la période de la dynastie saïte. Ce déclin est dû principalement à un environnement extérieur plus menaçant. Les chefs militaires d’origine libyenne à la recherche de sols fertiles, les souverains nubiens de Kouch ou de Napata, les grands empires orientaux assyrien et perse, enfin les conquérants macédoniens affaiblissent la civilisation égyptienne avant de se substituer au pouvoir pharaonique qui, pendant les deux millénaires précédents, avait constitué sur les rives du Nil le premier des grands foyers culturels de l’Orient ancien.

À l’intérieur, enfin, ayant accru leur pouvoir, les prêtres d’Amon finissent par usurper le trône et, avec Hériror, inaugurent l’ère des « rois prêtres » thébains qui règne sur le sud et s’oppose aux souverains de la XXIe dynastie originaire de Tanis qui règne sur le nord. Durant quatre siècles de divisions, l’Égypte va vivre sous domination libyenne, nubienne et assyrienne, avant que Psammétique Ier (664-610 av. J.-C., XXVIe dynastie) ne parvienne à réunifier le pays.


Égypte pharaonique : différentes époques son l’histoire
Diagramme de l’Histoire d’Égypte

XXIe dynastie

XXIIe dynastie

XXIIIe dynastie
XXIVe dynastie
XXVe dynastie
- Smendès, Pinedjem Ier (co-Pharaon à Thèbes), Amenemnesout, Psousennès Ier, Aménémopé, Osorkon
  l’ancien, Siamon, Psousennès II
- Chechonq Ier, Osorkon Ier, Chechonq II, Takélot, Osorkon II, Takélot II, Sheshonq III,
  Pimay, Chechonq IV
- Pedoubastis, Ioupout, Chechonq V, Osorkon III, Takélot III, Roudamon, Ioupout II, Osorkon IV
- Tefnakht, Bocchoris
- Piy ou Piânkhy, Chabaka, Chabataka, Taharqa, Tanoutamon


De nouveaux troubles


Si la décadence de l’État égyptien est patente dès le règne des derniers ramessides, ce n’est qu’avec l’avènement d’une nouvelle dynastie, la XXIe, que l’Égypte entre dans une période de transformations politiques religieuses et socio-économiques profondes. Le pouvoir est à nouveau partagé entre les pharaons de Basse-Égypte et les « rois prêtres » de Haute-Égypte.

La XXIe dynastie

À partir de 1070 av. J.-C, il s’opère un grand changement une Égypte nouvelle s’élève sur les ruines de la vieille Égypte des rois thébains.

Le centre de gravité qui, note Maspéro, après la chute du premier empire, était descendu au Sud, vers Thèbes (Ouaset), par la conquête de la Nubie et le développement de la puissance égyptienne dans le Soudan, remonta peu à peu vers le Nord et oscilla quelque temps entre les différentes villes du Delta. Tanis (Djânet), Bubastis (Per-Bastet), Saïs se disputèrent le pouvoir avec des chances à peu près égales et l’exercèrent tour à tour, sans jamais approcher de la splendeur de Thèbes (Ouaset) ni produire aucune dynastie comparable aux dynasties des rois thébains.

À la mort d’Hérihor, Smendès, un inconnu qui lui est peut-être apparenté, fonde la XXIe dynastie, qui ne règne que sur la Basse-Égypte. Il installe sa capitale dans le nord-est du delta, à Tanis (Djânet). Le clergé d’Amon continue de régner depuis Thèbes (Ouaset), dans une vassalité toute théorique à l’égard du pharaon. Selon Manéthon, le règne de Smendès dura vingt-six ans. Ses réalisations furent peu nombreuses si ce n’est la restauration du temple de Louxor. Visiblement Smendès règne sur toute l’Égypte et s’allie à Pinedjem Ier qui épouse sa fille Hénouttaouy. Ce dernier se préoccupe des momies royales qui avaient été profanées et restaure certains temples dont une partie de Medinet Habou.

Parmi les successeurs de Smendès, nous pouvons citer Psousennès Ier, qui, durant son long règne, laisse un grand nombre de monuments dont le temple d’Amon à Tanis (Djânet), un temple dédié à Isis à l’est de la pyramide de Khéops (Koufou) et une tombe découverte inviolée à Tanis, dont le mobilier funéraire a été retrouvé parfaitement intact ; Aménemopé, connut surtout pour son Livre de Sagesse ; Siamon, le roi le plus actif de cette dynastie. Il érige de nombreux monuments à Tanis (Djânet), Khatana et Memphis (Men-nefer), mène une campagne contre les Philistins, entreprend des actions commerciales en Palestine et signe avec Salomon un traité consolidé par un mariage ; un autre pharaon digne d’intérêt est Psousennès Ier, dont la tombe est la seule a avoir été découverte totalement inviolée.

Statuette de Smendès agenouillé
Statuette de Smendès

Musée royal de Mariemont
 Masque funéraire en or de Psousennès Ier
Masque funéraire en or de Psousennès Ier
Musée égyptien du Caire

La XXIIe dynastie

Pendant ce XIe siècle av. J.-C., des tribus libyennes, les “Machaouach”, s’infiltrent en Égypte et forment des chefferies dans l’ouest du delta. Vers -946, sous le règne de Psousennès II se manifeste l’influence d’une autre dynastie dirigée par le « Grand chef des Ma », Chéchonq dont le fils Osorkon épousa la fille du souverain de Tanis (Djânet), Maâtkarê, ce qui lui permit de monter sur le trône et de fonder la XXIIe dynastie, dite « dynastie libyenne », sous le nom de Chéchonq Ier. Il installe sa capitale à Bubastis (Per-Bastet) et restaure un temps la puissance de l’empire. Une partie du clergé d’Amon se réfugie alors en Haute-Nubie, plus précisément à Napata. Les premiers temps de la nouvelle dynastie (Chéchonq Ier, II, Osorkon I et II) sont glorieux.

Comme tous les fondateurs de dynasties, Chéchonq Ier déploya la plus grande activité. Il intervint dans les affaires de Judée, pilla Jérusalem et envahit le royaume du Nord.

La comparaison de sa liste (gravée à Karnak (Ipet Sout)) avec celle de Thoutmôsis III, notait Maspéro, montre combien était profond l’affaiblissement de l’Égypte, même victorieuse, sous la XXIIe dynastie. Il n’est plus question ni de Gargamish, ni de Qodshou (Qadesh), ni de Damas, ni des villes du Naharanna. Magidi est le point le plus septentrional où Chéchonq soit parvenu.

Sa suzeraineté sur la Palestine ne dura que le temps de son règne. Ses successeurs eurent trop à faire à l’intérieur pour se donner le luxe d’envoyer des armées au dehors.

Osorkon Ier
Osorkon Ier
Musée du Louvre, Paris
 La triade d’Osorkon II
La triade d’Osorkon II
XXIIe dynastie - Musée du Louvre, Paris
bouton+.gif Osorkon II vous en dit plus…

Vie sociale et intellectuelle
La capitale Tanis (Djânet) se couvre de monuments, souvent déménagés de Pi-Ramsès abandonnée.

Le dogme égyptien basculait sur ses valeurs fondamentales, le culte des idoles reprenait le dessus sur celui d’Amon… Paradoxalement c’est Chéchonq 1er qui accueillit sur ses terres l’hébreu Jéroboam obligé à l’exil par son frère Roboam. Sous prétexte que des bandes de bédouins écumaient la région des lacs amers Chéchonq Ier envahit Gaza et mit le siège devant Jérusalem qui, pour être libérée dû livrer le trésor du roi Salomon à l’envahisseur ! Comprenant un peu tard les plans de son prétendu protecteur Jéroboam essaya en vain de s’enfuir, tandis l’usurpateur du trône égyptien étendait sa suzeraineté sur la Syrie et la Palestine.

Temple de Karnak, le portique de Chéchonq Ier
Portique édifié par Chéchonq Ier à Karnak

Sous le règne de Chéchonq Ier, la religion subit également de plein fouet l’influence lybienne et la déesse chatte Bastet devient la grande déesse nationale elle sera associée à la déesse lionne Sekhmet. Le nouveau roi lybien sans complexe alla même jusqu’à nommer son fils : Grand-Prêtre du royaume du Sud et fit même ériger à Thèbes (Ouaset) un nouveau grand temple à la déesse Bastet.


La XXIIIe dynastie

Hor
Statue cube de Hor,
secrétaire de Pétoubastis Ier
La XXIIIe dynastie (Chéchonq III, IV et V) se maintient à Tanis (Djânet) et Memphis (Men-nefer), tandis que deux branches rivales, avec chacune son pharaon et son grand prêtre se disputent Thèbes (Ouaset) : d’un côté Takelot II et le grand prêtre Osorkon, d’autre part Pédoubastis I, Chéchonq VI et le grand prêtre Harsiésé. Le Delta et la Moyenne Egypte sont divisés entre les roitelets d’Hermopolis Magna (Khemenou), Hérakléopolis (Khenensou) et les chefferies mashouash.

Contrairement à ses prédécesseurs qui avaient nommé un de leurs fils grand prêtre d’Amon, Osorkon III confie cette fonction à sa fille Chépenouet avec le titre de « Divine adoratrice d’Amon » pour réconcilier sa dynastie et le clergé : ce sera en vain. L’autorité des femmes qui se succédèrent à cette fonction persistera durant deux siècles.


Les rois de la XXIIIe dynastie ont laissé quelques monuments en Haute-Égypte et en particulier à Thèbes (Ouaset). Sous Osorkon III, une forte inondation à Louxor détruisit une grande partie du temple que le roi ordonna de restaurer.



La XXIVe dynastie

Pendant ce temps, à l’ouest, Saïs voit naître une nouvelle dynastie, la XXIVe : Tefnakht qui se trouve en compétition avec d’autres rois à Hérakléopolis (Khenensou), Hermopolis Magna (Khemenou), Bubastis (Per-Bastet) et Tanis (Djânet). Puissant et ambitieux, il souhaite réunifier l’Égypte et lui redonner sa splendeur passée.


La XXVe dynastie

Statuette de Taharqa, agenouillé.
Taharqa,
« le pharaon noir »
En Nubie, une nouvelle puissance s’est formée autour des rois de Napata, qui se considèrent comme les vrais héritiers des pharaons du Nouvel Empire. Ils ne tardent pas à s’installer dans le sud égyptien. Ensuite à lieu la grande campagne de Piankhy, auquel se soumettent tous les roitelets, sauf Tefnakht. C’est le début de trois-quarts de siècle d’affrontement entre les souverains saïtes (XXIVe dynastie [Bocchoris] et XXVIe [Nékao Ier, Psamétique Ier] dynastie) et les rois nubiens (XXVe dynastie [Chabaka, Chabataka, Taharqa, Tanoutamon]), venus du royaume de Koush (l’Éthiopie actuelle), qui parvient à unifier le Double Pays. Mais cette unité est fragile, et les successeurs de Piankhi, « le Nubien », ne parviennent pas à la préserver.

Les Assyriens savent profiter de la situation de faiblesse où se trouve leur ancien rival et tentent une première conquête en 695 avant notre ère, mais leur armée est décimée par une terrible épidémie de « peste », et l’Égypte connaît alors un temps de répit, jusqu’à la nouvelle invasion, menée par Assurbanipal, qui la ravage en 664. Connus pour leurs qualités militaires, les Assyriens sont redoutables par leur cruauté : après le sac de Thèbes (Ouaset), en 663, Assurbanipal fait graver sur les murs de son palais cet hymne à la violence :

Je capturai beaucoup de soldats vivants. De certains, je coupai les bras ou les mains, d’autres je coupai les oreilles et les extrémités. Jarrachai les yeux de nombreux soldats. Je fis une pile de vivants et une autre de têtes. Je pendis leurs têtes à des arbres autour de la cité.

Après la prise de Thèbes (Ouaset) et le repli de la XXVe dynastie en Nubie, les rois de Saïs s’accommodent d’une autonomie sous la suzeraineté virtuelle des rois assyriens, puis s’émancipent totalement. Pour l’Égypte se termine alors une longue période de troubles et de mutation. C’est une Nouvelle Égypte qui aborde maintenant la renaissance saïte.

 
 

Pour mémoire


Précédée du « Nouvel Empire », la Troisième Période intermédiaire est suvie de la « Basse Époque ». La troisième période intermédiaire n’est pas, comme les deux autres périodes intermédiaires, une période de chaos et de violence. C’est une période où le pouvoir phraonique ne va cesser de s’affaiblir progressivement et où le pays va se diviser avant la réunification par Piânkhy.

Repères


Datation      : La Troisième Période intermédiaire s’étend de 1070 à 664 avant notre ère.
Dynastie(s) : Cette période compte cinq dynasties : la XXIe, la XXIIe, la XXIIIe, la XXIVe et la XXVe.
XXIe dynastie

XXIIe dynastie

XXIIIe dynastie

XIVe dynastie
XVe dynastie
- Smendès, Pinedjem Ier (co-Pharaon à Thèbes), Amenemnesout, Psousennès Ier,
  Aménémopé, Osorkon l’ancien, Siamon, Psousennès II
- Chechonq Ier, Osorkon Ier, Chechonq II, Takélot, Osorkon II, Takélot II, Sheshonq III,
  Pimay, Chechonq IV
- Pedoubastis, Ioupout, Chechonq V, Osorkon III, Takélot III, Roudamon, Ioupout II,
  Osorkon IV
- Tefnakht, Bocchoris
- Piânkhy (ou Piy), Chabaka, Chabataka, Taharqa, Tanoutamon
Capitale(s) : Durant cette période, la capitale se trouvera successivement à Thèbes, à Tanis, à Bubastis et à Saïs.


Faits importants


Politique et militaire
» Rupture de l’unité.

Architecture
» Tombes royales de Tanis.

Sculpture et arts décoratifs
» Période florissante de l’art artisanal.
» Travaux de maître en métal et en faïence.
» Statuaire en bronze : La reine Karomana (Louvre) de la XXIe dynastie libyenne.

Vie sociale et intellectuelle
» Tanis, dans le Delta, devient la capitale du Nord, puis Bubastis.
» Honoration des bêtes sacrées croissante : taureau (Apis), crocodile (Sobek), chat (Bastet).
 
 


Catégorie / Titre : Un peu d’histoire /   3e Période interméd.
Date de création : 05/11/2007 - 10:43  -¤-  A été modifié le : 08/02/2008 - 16:19

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