 L’Égypte pharaonique
Panorama de plus de 5000 ans d’histoire en un clin d’œil !» Moyen Empire ¤ 2046-1710 - Paix, richesse et rayonnement
De la fin de la XIe à la XIIIe dynastie
 Après les troubles de la Première Période intermédiaire, les pharaons de la XIe dynastie rétablissent l’unité. Dès le début du Moyen Empire, c’est la « renaissance », l’Égypte reconnaît une nouvelle fois les pharaons comme souverains suprêmes des terres. Les conditions avaient cependant profondément changé depuis l’Ancien Empire. Le pouvoir acquis par les chefs religieux pendant la première période intermédiaire a subsisté au cours du Moyen Empire, et les pharaons ont consacré toute leur attention à essayer de garder leurs nomarques sous contrôle. De nombreux nomarques disposaient de forces armées, que le pharaon tolérait à condition que ceux-ci envoient leurs troupes lorsqu’il le leur demandait.
Sous la protection de sa divinité, Amon, un temple lui est dédié à Karnak - même si la prééminence d’Osiris et d’Abydos, le principal centre de pélerinage) reste immuable -, Thèbes devient la capitale d’un royaume à nouveau prospère et puissant, suivie, pour des raisons stratégiques par Licht, dans la région du Fayoum (« la mer »).
Diagramme de l’Histoire de l’ÉgypteXIe dynastie XIIe dynastie
XIIIe dynastie- (fin) Mentouhotep II, Mentouhotep III, Mentouhotep IV - Aménémès Ier, Sésostris Ier, Aménémès II, Sésostris II, Sésostris III, Aménémès III, Aménémès IV, Reine Sebknefrouré - (début) ?
La XIe dynastie thébaine (fin)
 | L’unité à établirLes choses ne furent pas aussi simples. Lorsque Mentouhotep II coiffa la couronne de Haute et Basse-Égypte, son autorité n’était pas unanimement reconnue sur tout le territoire, et la pacification complète du pays dura plusieurs années. Le nouveau roi dut notamment chasser les opposants politiques réfugiés dans l’oasis de Dakhla, dans le désert de l’Ouest. Il maintint les nomarques en place dans les provinces, à quelques exceptions près. Il mit particulièrement sous haute surveillance les régions d’Héracléopolis (Khenensou) et d’Héliopolis (Per-Rê), et nomma un gouverneur pour les nomes du nord. Il dut aussi régler les problèmes du Delta, où sévissaient des tribus de nomades, poursuivant ainsi la politique des souverains héracléopolitains. | | Ce sont les rois de la XIe dynastie qui, en redonnant son unité à l’Égypte, vont rendre au pouvoir pharaonique son lustre perdu. - © Éditions Atlas - Illustration R. Roussel |
Après avoir réunifié l’Égypte, Mentouhotep II (fils d’Antef III et de la reine Iah), pendant de nombreuses années, guerroie dans les pays voisins, au nord-est contre les Asiatiques, au nord-ouest contre les Libyens, au sud contre les Nubiens, pour éliminer les ennemis et tirer parti des ressources naturelles disponibles. Les mines du Sinaï et de Nubie ont de nouveau produit les matières premières nécessaires à la fabrication d’objets d’art fins. Enfin, il fit édifier des fortifications pour protéger l’Égypte des envahisseurs, système de défense qui fut adopté sous tout le Moyen Empire.
L'Égypte du Moyen Empire
La XIe dynastie a également vu le renouvellement des relations commerciales avec d’autres pays. Les anciennes routes du commerce ont été réouvertes, y compris l’ouadi Hammamat, le lit sec de la rivière qui avait servi de lien entre la mer Rouge et Coptos (Gebtyou). Mentouhotep II a également entrepris un voyage au pays de Pount (Pwenet), pourtant très éloigné, pour acquérir de la myrrhe.
Buste de Mentouhotep II XIe dynastie Musée égyptien du Caire | | Buste de Mentouhotep III XIe dynastie Musée des Beaux-Arts de Boston |
La dernière action entreprise au cours de la XIe dynastie fut une expédition dans l’ouadi Hammamat pour extraire des pierres destinées à orner le sarcophage de Mentouhotep IV, fils de Mentouhotep III (?) et de la dame Imi. Le chef de cette expédition minière était Aménémès (Amenemhat), vizir de la Haute-Égypte. À la mort de son souverain, Aménémès est parvenu au trône et s’est élevé au rang de pharaon, démontrant ainsi que même les souverains provinciaux pouvaient devenir pharaons s’ils étaient particulièrement brillants. Des études récentes tendent à prouver que cette XIe dynastie n’a compté que trois rois, trois Mentouhotep. xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxx
 | Nombreux sont les modèles de navires issus des tombes égyptiennes. Ils témoignent aussi bien de l’intense trafic qui sillonnait le Nil et la Méditerranée que des préoccupations religieuses selon lesquelles l’âme devait être convoyée sur une nacelle dans les cieux inférieurs.
Tombe du vizir Méket-Rê à Deir el-Medineh XIe dynastie | La cabine formée d’arceaux est recouverte d’une bâche. Sous la surveillance d’un maître d’équipage muni d’un bâton, les marins hissent la lourde vergue à laqelle est fixée la voile.
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La XIIe dynastie memphite C’est “la” dynastie du Moyen Empire, une des plus glorieuses de toute l’histoire de l’Égypte. Grâce à elle, le pays présente une stabilité durable, rayonne à l’étranger par une politique commerciale très élaborée, réhabilite la région du Fayoum en exploitant ses richesses, entreprend des réformes administratives, construit des temples, des forteresses, intègre la basse Nubie et la vallée du Nil au pays. Les rois s’installent de nouveau dans la région de Memphis (Men-nefer), à Itchtaouy (« qui saisit les deux pays »), pour mieux surveiller le Nord et le Sud.
Des débuts difficilesMentouhotep IV, dernier roi de la XIe dynastie, est un faible qui, de toute évidence, met le pays en danger. C’est son vizir, un nommé Aménémès, qui, à la faveur d’une guerre civile, s’appuie sur la classe dirigeante et usurpe (peut-être) le trône. Devenu roi sous le nom d’Aménémès Ier, dont le nom signifie « Amon est en tête »), il fonde alors la XIIe dynastie, qui devait régner sur l’Égypte pendant plus de 200 ans. Pour affermir son pouvoir naissant, il utilise tous les moyens, y compris la propagande : la Prophétie de Néferty, dont l’action se situe au temps des pyramides, annonce l’arrivée d’un sauveur sous lestraits duquel il est facile de reconnaitre le souverain en exercice. Il s’intéresse principalement à l’administration, renforçant le rôle des scribes, mais s’occupe aussi de consolider les frontières en construisant des forteresses pour défendre le Delta oriental contre les invasions asiatiques et en menant de nombreuses incursions en Nubie, en Palestine et en Lybie. Mais les troubles ne sont pas totalement éradiqués, et il succombe à un complot lors de sa trentième année de règne. Son fils, Sésostris Ier, corégent depuis dix ans, qui se trouve en Lybie, peut heureusement revenir à temps pour prendre le pouvoir.
Sésostris Ier : un grand pharaonSésostris Ier mate la rebellion et fait face à la crise politique. Poursuivant l’œuvre de son père, il pénètre en Nubie jusqu’à la troisième cataracte et prend possession des mines d’or de la région. La paix revenue, il consolide les réformes administratives d’Aménémès Ier et, surtout, s’occupe activement de redonner aux temples, endommagés par les désordres et les guerres civiles, leurs fastes d’antan. Il met en place un important système de rénovation et de restauration, fait construire de nouveaux lieux de culte, ériger des obélisques, des statues. Comme l’avait fait son père, il associe son fils Aménémès II au pouvoir.
Si ce dernier - il régna trente huit-ans - fut assez effacé, de même que son fils Sésostris II, ce ne fut pas le cas de Sésostris III, qui est considéré comme l’un des plus grand pharaons de tous les temps.
Buste de Sésostris Ier et sa chapelle blanche à Karnak XIIe dynastie - La statue est conservée au Musée égyptien du Caire Sésostris vous en dit plus…
Sésostris IIISésostris III est un conquérant. Une fois pour toutes, il pacifie la Nubie, qui le vénéra comme un dieu, entreprend pas moins de quatre expéditions pour mater des populations hostiles, prend la ville de Sichem en Palestine, fait creuser un canal se Sahel pour faciliter la navigation sur les rapides de la première cataracteet, à son tour, fait construire des forteresses pour protéger le pays. Ces tâches militaires ne l’empêchent pas d’être un roi constructeur. On lui doit de nombreux temples et, surtout un complexe pyramidal à Dachour. Il sera, plus tard, à l’origine de la légende grecque de Sésostris.
Son fils, Aménémès III profite de la paix retrouvée pour s’occuper de la mise en valeur économique du pays. On ne sait pas grand chose de son successeur, Aménémès IV ni de la femme de ce dernier, Sebekneferourê, fille d’Aménémès III, qui régna comme pharaon à la mort de son mari. Les listes royales lui attribuent un règne de trois ans qui marque la fin de cette dynastie disparue sans laisser d’héritier.
À partir de là, c’est de nouveau la décadence qui va favoriser une seconde période de troubles appelée Deuxième Période intermédiaire.
Les Empires nubiens d’ÉgypteLa Nubie, à la frontière sud de l’Égypte, fut conquise et occupée par les pharaons de la XIIe dynastie. Des forts en brique furent construits aux points stratégiques, tandis que sa main-d’œuvre et ses ressources étaient mises au service de l’Égypte. À la fin du Moyen Empire, le contrôle de cette région fut perdu, mais le territoire fut reconquis par les pharaons de la XVIIIe dynastie, qui repoussèrent ses frontières sud. L’Égypte maintint sa domination avec difficulté, avant que la Nubie ne fasse sécession, à la fin du Nouvel Empire. Voir une version agrandie (600x770 px - 126 Ko)
La politique innove Alors qu’il s’était absenté pour mener ses expéditions, ses rivaux ont tenté de s’emparer du trône. Pour mettre fin à ces tentatives, Aménémès Ier a introduit le principe de co-régence, qui devint l’une des clés de la longévité de sa dynastie. À la vingtième année de son règne, il a nommé son fils et héritier, Sésostris, co-régent. Ils ont régné ensemble jusqu’à la mort d’Aménémès Ier. Grâce à ce principe par lequel le nouveau pharaon règne bien avant la mort du pharaon précédent, il était devenu difficile pour les prétendants au trône d’usurper le pouvoir du pharaon.
La politique extérieure est florissante. Les carrières du Sinaï sont de nouveau exploitées. La Syrie et la Palestine sont des points de mire. De nombreux gisements d’or sont découverts en Nubie, qui fait à nouveau partie du paysage. Cette nouvelle ère de prospérité se caractérise également par de nombreuses réformes tant politiques, administratives que religieuses. Sésostris III, cinquième pharaon de la XIIe dynastie, réorganise totalement l’administration de son royaume. Pour limiter les pouvoirs du vizir unique, il partage les responsabilités et crée trois ministères : un pour le Nord, un pour le Sud et un pour la « Tête du Sud » (c’est-à-dire la Nubie). Chaque ministère a un rapporteur, un rapporteur en second et un conseil. Ce sont eux qui décident et transmettent leurs ordres à des officiers qui, à leur tour, ordonnent aux scribes. Telle est la grande nouveauté du Moyen Empire : la noblesse perd de son influence au profit d’une classe moyenne plus nombreuse et donc moins dangereuse pour le pouvoir royal. Cette nouvelle classe sociale, intermédiaire entre le peuple et les hauts dirigeants regroupe les scribes et les artisans qui sont d’une grande utilité au pharaon.
Relations extérieures Le Moyen Empire a également assisté au développement des relations commerciales. L’expansion vers l’Asie s’accompagne d’une politique commerciale pacifique. Des partenariats ont été établis avec la Syrie, le Liban et la Palestine. La Méditerranée devient aux yeux des souverains memphites un passage obligé pour développer les échanges. Les bateaux du Delta n’hésitent pas à se lancer dans des expéditions marchandes, faisant du cabotage le long des côtes africaines, traversant « la Grande Verte » (la Méditerranée). C’est ainsi que des relations s’instaurent avec la Crète et Chypre. Byblos, qui entretient depuis longtemps de bonnes relations avec l’Égypte, sert de base privilégiée. Il en est de même pour les ports de Meggido et d’Ougarit, situés plus au nord et contrôlés par des hauts commissaires égyptiens. Sous la XIIe dynastie, l’Égypte détient ainsi le monopole de la majeure partie du commerce asiatique. En effet, c’est dans ces ports qu’arrivent les caravanes venant de Mésopotamie et de Babylone, chargées d’or, d’objets manufacturés en lapis lazuli, de perles ou de pièces d’orfèvrerie.
Des objets datant de cette époque ont été retrouvés dans la région de la mer Égée. Ces objets laissent à penser que le commerce s’était aussi développé avec des nations environnantes, directement ou par le biais du Liban.
 Détail du sarcophage intérieur du chancelier Nakhti (XIIe dynastie) Région d’Assiout, Haute-Égypte | |  Portrait d’Amenemhat III (XIIe dynastie) Fitzwilliam Museum - Cambridge |
La renaissance artistique Durant les temps troublés de la Première Période intermédiaire, le bois remplace l’albâtre, le granit et l’or, qui font défaut. Les statues, plus petites et moins riches, sont plus touchantes et plus humaines. En l’absence de blocs de pierre à tailler et de murs à sculpter, les scènes de la vie quotidienne sont réalisées sous la forme de petits modèles, dans un style proche de celui des jouets.
Avec l’arrivée de matières premières et le renflouement des coffres de l’État, l’architecture et l’art égyptiens ont refleuri. Au Moyen Empire, une vie intellectuelle et brillante reparaît à la cour et dans l’aristocratie. C’est l’âge classique de l’Égypte pharaonique, comme les anciens Égyptiens le pensaient eux-même. La langue de cette époque est un modèle de pureté, admiré jusqu’à l’époque romaine. En littérature, de nombreux genres littéraires se développent tels que contes, romans, analyses psychologiques, poèmes, traités scientifiques et surtout beaucoup de documents médicaux très avancés sont rédigés par les scientifques. En architecture, dans la statuaire ou en orfèvrerie, les artistes atteignent un rare degré de perfection avec des instruments d’une grande simplicité.
Les monuments de la XIIe dynastie ont rompu avec les tombes sculptées dans la roche. De nouvelles pyramides virent le jour, et les Textes des Sarcophages, dérivés des Textes des Pyramides de l’Ancien Empire, firent désormais partie du rite funéraire. Les pharaons de cette dynastie ont éparpillé leurs pyramides dans toute l’Égypte. Plusieurs d’entre eux ont construit la leur à Dachour, d’autres ont choisi les alentours de Licht (Itj-Taouy), et Aménémès III a construit sa seconde pyramide à Hawara, dans le Fayoum. La plupart de ces pyramides étaient construites en brique crue enveloppée d’une couche de calcaire de Tura. Construite en partie en basalt, qui lui donne sa couleur caractéristique, la pyramide noire d’Aménémès III fait cependant exception.
 La pyramide noire d’Aménémès III XIIe dynastie - Dachour | |  Pyramide d’Aménémès III XIIe dynastie - Hawara, dans le Fayoum |
En dehors des pyramides, les pharaons du Moyen Empire ont également couvert l’Égypte de nombreux autres monuments : Mentouhotep II, a fait construire un grand complexe mortuaire sculpté dans une colline à Deir el-Bahari (Djeseru-Djeseru) ; Mentouhotep III a fait construire de nombreux temples dans toute l’Égypte du sud, y compris à Éléphantine (Abou), Abydos (Abedju) et Thèbes (Ouaset). Les temples ont été décorés de magnifiques reliefs et dessins, qui prouvent que les talents artistiques subsistaient encore en Égypte malgré les agitations qu’elle avait connues.
Malheureusement, il subsiste très peu de témoignages des constructions élevées pendant le Moyen Empire, car lorsqu’elles ne furent pas détruites, les souverains du Nouvel Empire réutilisèrent les matériaux de ces édifices pour reconstruire à moindre frais d’autres monuments.
Art et ArchitectureExtrait d’un article issu de Wikipedia (lire l’article ) et diffusé sous la licence GNU
La sobriété domine cette époque ; elle se reflète dans l’architecture par des lignes pures et nettement marquées : le kiosque (reposoir) de Sésostris Ier à Karnak ; le Labyrinthe du Fayoum, le temple de Montouhotep II à Thèbes-Ouest (Ouaset), les tombes de Beni Hassan et d’Éléphantine (Abou). Les sculptures prennent des formes délicates, plus subtiles et plus plaisantes. La statuaire atteint un véritable classicisme.
Architecture religieuse
Temples divinsOn connaît plusieurs exemples de temples divins, construits à la XIIe dynastie. Le temple de Tôd, où fut découvert un important trésor d’argenterie aujourd’hui conservé au Louvre, fut établi par Sésostris Ier en l’honneur du dieu Montou. Il n’en reste actuellement que le plan au sol, qui est constitué de deux grandes salles : la première est une sorte de vestibule à quatre piliers, la seconde contient un naos au centre, entouré d’un couloir sur lequel ouvrent des pièces annexes. Le trésor, composé de lingots et de vaisselle d’argent, ainsi que de lapis-lazuli, se trouvait dans une de ces salles, qui devaient donc servir à des dépôts d’offrandes ou à la conservation de tributs.
C’est encore pour Sésostris Ier, à l’occasion de sa première fête-Sed (ouheb-sed) que fut élevée la chapelle blanche (voir plus haut), retrouvée entièrement démontée dans les fondations d’un pylône du temple d’Amon à Karnak, et actuellement remontée dans le musée en plein air à côté du temple. Cette chapelle est en fait un bâtiment cubique auquel on accède par deux rampes opposées. Elle présente des éléments tout à fait caractéristiques de l’architecture égyptienne, comme le tore et la corniche à gorge, mais également le premier exemple de mur-bahut. Seize piliers extérieurs et quatre intérieurs soutiennent le toit plat. On peut comparer cette architecture à celle des chapelles situées à côté des temples pour recevoir la barque du dieu, et dont on a retrouvé un exemple aussi dans les fondations d’un pilier du temple d’Amon à Karnak.
Le décor de la chapelle blanche est en bas relief très marqué, une caractéristique du style thébain. Il marque la liaison entre le dieu Amon, représenté sous la forme ithyphalliqueithyphallique Ithyphallique est un adjectif (du grec ithus, droit) qui désigne celui qui a un phallus (pénis) en érection. Ce terme s’applique surtout en ce qui concerne des représentations, le plus souvent de façon symbolique.
Exemple : Dans la mythologie égyptienne, le dieu Min est représenté ithyphallique, en tant que dispensateur du pouvoir sexuel. C’est là un signe de fertilité et de fécondité. d’Amon-Min et le pharaon. La fonction d’un tel bâtiment est discutée : non seulement, il servait dans les fêtes sed, mais aussi dans des processions, accueillant la statue du dieu Amon de Karnak.
À Médamoud, Sésostris III édifia un temple consacré à Montou. Les vestiges de ce temple remanié plusieurs fois aux périodes qui suivirent le Moyen Empire, ont été dispersés dans différents musées du monde, dont notamment le Louvre et le musée du Caire. Stylistiquement proche de la chapelle blanche de Sésostris Ier, on y a également retrouvé de nombreuses statues du roi sous différents aspects.
Sésostris III édifia également en Abydos (Abedju) un temple cénotaphe consacré à Osiris, dont le plan et la structure annonce déjà ceux des temples divins du Nouvel Empire.
Le Fayoum fut une région particulièrement favorisée par les pharaons de la XIIe dynastie qui outre les complexes funéraires édifiés à proximité de la nouvelle résidence fondée à Licht (Itj-Taouy), fondèrent plusieurs temples autour du lac Karoun qui occupe le centre de la dépression du Fayoum.
Celui de Qasr el-Sagah est de loin le plus énigmatique de par son architecture qui rappelle ceux de la IVe dynastie et son aspect inachevé. Il reste cependant rattaché à la XIIe dynastie au vu des découvertes épigraphiques qui y ont été faites.
Celui de Médinet Mâdi, actuellement englobé dans des bâtiments d’époque ptolémaïque, était dédié au dieu Sobek ainsi qu’à sa parèdre Renenoutet, et fut réalisé par Aménémès III et Aménémès IV. Il contient lui aussi toutes les caractéristiques de l’architecture égyptienne (murs droits, corniche à gorge, tore, etc.), et un exemple intéressant de colonnes papyriformes fasciculées.
C’est encore Aménémès III qui fit ériger deux colosses à son image au bord du lac sur le site actuel de Bihamou. Ces deux statues représentant le roi assis sur son trône, auxquelles on rendait un culte en tant que manifestation du Nil, faisaient face au lac. Seuls les vestiges des deux socles massifs qui les supportaient restent aujourd’hui encore visibles.
Architecture funéraire
Architecture funéraire royaleLes premiers pharaons du Moyen Empire étaient enterrés dans la région de Thèbes, dans des hypogées creusées à même la roche. Le pharaon Nebhepetrê Montouhotep II fit construire la sienne à Deir el-Bahari (Djeseru-Djeseru), à côté du futur temple d’Hatchepsout (XVIIIe dynastie). Consacré en partie à Amon, ce complexe funéraire se compose d’un temple d’accueil, d’une grande cour avec en son centre une plateforme sur colonnes de 22 m de côté, sur laquelle se trouvait un mastaba. Deux tombeaux furent creusés pour le roi, dans la falaise à partir d’un temple qui comportait également une cour à portiques et une salle hypostyle. Des statues royales longeaient les rampes d’accès à ce complexe remarquable par son immensité et le fait qu’il fut à moitié construit et moitié creusé dans la falaise. Des bas reliefs très marqués et anguleux sont à rapprocher de ceux de la première période intermédiaire. La construction d’un ensemble aussi impressionnant rappelle que Montouhotep II fut l’homme qui ramena l’unité et le calme en Égypte, et par là-même la possibilité d’utiliser les finances à de tels travaux.
Dans un désir d’identification à l’Ancien Empire autocratique, les pharaons de la XIIe dynastie remettent à l’honneur le complexe pyramidal, mais y intègrent des éléments souterrains inhabituels rappelant la sépulture mythique d’Osiris. Sésostris Ier fait édifier sa pyramide à Licht (Itj-Taouy). Haute de 61 m, elle mesure 106 m de côté, et marque l’apparition des Textes des Sarcophages en remplacement des Textes des Pyramides. Le complexe est entouré d’une première grande enceinte, derrière laquelle se trouve la cour du temple funéraire. Une seconde enceinte enserre la partie privée, où des barques en bois et dix statues du roi ont été retrouvées. La pyramide de Sésostris II se trouve à el-Lahoun : on peut encore y voir un beau sarcophage de granit rouge. À Daschour est élevée celle de Sésostris III (105 m de côté, 78 m de haut), et à Hawara (dans l’oasis du Fayoum), celle d’Aménémès III. Ce dernier édifice, large de 100 m, se compose d’un dédale de couloir, et contient une cuve monolithique en granit. Son temple funéraire, situé sur sa face sud, était gigantesque (200 x 300 m de côté) ; englobé dans une muraille, il se composait de douze cours parfois à colonnade, sur deux étages.
Architecture funéraire des particuliersLes riches particuliers au Moyen Empire étaient inhumés principalement dans les nécropoles de Beni Hassan et d’Éléphantine (Abou), l’actuelle Assouan. Dans la première se trouvent ainsi creusées dans la falaise près de trente tombes datant de la XIe et surtout de la XIIe dynastie. Sous la XIIe dynastie, les tombes se décomposaient de cette manière : une cour, menant à une chapelle creusée dans le massif rocheux d’où partent un ou plusieurs puits funéraires vers les caveaux. Les stèles étaient placées vers l’entrée, et non plus dans la chambre funéraire, tandis que la chapelle enfermait une niche avec une statue. Les décors de peinture et de bas-reliefs sont souvent somptueux, avec des scènes de pêche, de chasse ou d’agriculture, avec un grand sens du réalisme.
Scène de lutte - Tombe de Beni Hassan De nouveaux thèmes apparaissent, comme les scènes de lutte, les guerriers, les fabrications d’armes et les thèmes exotiques. Chez Khnoumhotep III, à Beni Hassan, on observe ainsi une caravane d’Asiatiques, une récolte de figues et une chasse aux canards. À Éléphantine (Abou), dans la tombe d’Aménémès II, on peut voir des scènes de lutte où le mouvement est minutieusement décomposé.
Mobilier funéraire
SarcophagesAu Moyen Empire se développe un type de sarcophage rectangulaire et emboitable, le plus souvent en bois stuqué et peint, mais parfois en pierre. Le sarcophage de Sopi, conservé au Louvre, comporte à l’extérieur une fausse porte surmontée d’yeux Oudjat, et à l’intérieur, la frise des sarcophages, représentant les objets dont le défunt aura besoin dans l’au-delà, les textes des sarcophages, un recueil magico-religieux, et le texte des deux chemins, une sorte de carte du monde souterrain. Sur celui du chancelier Nakhti, également conservé au Louvre, on aperçoit aussi les yeux Oudjat surmontant la fausse porte, au niveau de la tête.
Sarcophage du chancelier Nakhti XIIe dynastie - Musée du Louvre, Paris
StèlesLes stèles sont tout d’abord de forme rectangulaire, puis cintrées, représentant comme auparavant les défunts, le plus souvent devant leur table d’offrande. Elles sont à la fois sculptées, en bas relief ou en relief en creux, et peintes.
 Stèle de Sasatet | |  L’intendant Sénousret devant sa table d’offrandes | Ces deux pièces de la XIIe dynastie sont conservées au Musée du Louvre, à Paris
La peintureDurant le Moyen Empire, les nobles conservent l’habitude de faire édifier leur tombeau sur leur lieu de résidence, plutôt que dans la capitale du pharaon. Si nombre de ces tombes sont ornées de reliefs sculptés, comme les tombeaux d’Assouan dans le sud, celles de Beni-Hassan et d’El Bersha en Moyenne-Égypte ne sont en revanche décorées que de peintures. Les exemples qui subsistent sont le fruit du travail d’artisans locaux qui s’efforcent de respecter les normes des ateliers royaux. Certains types et certains motifs nouveaux voient alors le jour, mais les anciens canons pour les sujets et pour les compositions ne sont pas totalement abandonnés. Des peintures décorent également les cercueils de bois rectangulaires typiques de cette période.
ModèlesHérités de l’Ancien Empire, les modèles deviennent plus sophistiqués et plus nombreux. Il sont généralement en bois stuqués et peint, et remplacent parfois les bas-reliefs. Leur taille est souvent également plus importante, comme chez certaines porteuses d’offrandes. D’autres combinent de nombreux personnages, comme les modèles de greniers ou de bateaux.
Modèle d’embarcation datant de la XIIe dynastieÀ partir du Moyen Empire, de telles barques furent installées directement dans la tombe, ce qui était censé permettre au défunt de voyager jusqu’à Abydos, le principal centre cultuel osirien où étaient célébrés les mystères et la fête du dieu. En effet, chaque défunt étant considéré comme un Osiris, sa proximité avec le dieu des Morts augmentait ses chances de résurrection et de vie éternelle dans l’au-delà. - © British Museum, Londres
La faïence égyptienneL’utilisation de ce matériau siliceux de couleur bleu turquoise, typique de l’Égypte antique, se développe notamment au Moyen Empire, et ce sous deux formes : les hippopotames et les “concubines”.
Animal du fleuve, l’hippopotame représentait un grand danger pour les pêcheurs et les chasseurs, dont il risquait de faire chavirer les embarcations : pour cette raison, il était associé au mal. On peignait donc sur les statuettes de faïence des plantes des marais pour qu’il reste dans son élément.
Hippopotame en faïence égyptienne Les concubines, quant à elles, sont des statuettes féminines, souvent couvertes de points et de traits noirs qui pourraient symboliser des vêtements, des bijoux ou des tatouages. En général, elles ne possèdent pas de jambes mais ont des caractères sexuels bien marqués. Leur symbolique et leur utilisation restent cependant assez mystérieuses.
L’anhydrite L’anhydrite (“marbre bleu”), forme diaphane et bleutée du gypse, était travaillé au Moyen Empire dans la région de Girgeh en Moyenne Égypte. Cette ravissante oie troussée (ci-dessous), un des plus beaux objets de la collection, était en fait un flacon. Objet de toilette de luxe, il contenait peut-être un onguent ou un fard à base de graisse d’oie.
Oie troussée Photo et texte : site de l’
Pour renforcer le vœu du défunt, on déposait dans les tombes des victuailles réelles - retrouver des pains, des fruits ou des légumes dessechés est très émouvant - mais aussi des modèles d’offrandes. L’oie, signe d’aisance, est figurée avec beaucoup d’attention. Les reliefs des tombes reproduisent le gavage de ces animaux, leurs troupeaux, ailleurs on les déplume, on les rôtit… ou on les mange avec les doigts !
La statuairePlusieurs styles se succèdent dans la statuaire : l’un, un peu rude, se caractérise par des visages ronds, de grands yeux ouverts et une position assez raide. Il est principalement employé à la XIe dynastie, et se retrouve notamment dans une statue de Montouhotep II conservée au musée égyptien du Caire (voir ci-dessous).
Le “style classique”, présent principalement à la XIIe dynastie, montre plus d’élégance, avec des visages plus personnalisés, moins stéréotypés, et un modelé du corps plus souple, comme dans le sphinx d’Aménémès II du musée du Louvre, ou encore les statues de Sésostris Ier.
Il faut évoquer, pour les statues royales, le cas de celles de Sésostris III, qui montrent le roi à différents âges de la vie, tantôt jeune et vigoureux, tantôt plus vieux, le visage émacié et les traits affaissés. La signification de ces différences est assez mystérieuse : il semblerait que ce ne soit pas des représentations de la réalité (les deux types ont pu être réalisés au même moment), mais plutôt le résultat de la volonté de montrer le roi humanisé, ou sous ses facettes diurne et nocturne, ou encore siège de la force (jeunesse) et de la sagesse (vieillesse).
Dans le domaine privé, des changements aussi ont lieu dans les perruques, les vêtements et les attitudes : on note en particulier l’apparition de la statue-cube. Le bois est également de plus en plus utilisé. La statuette de “la femme aux pouces coupés” est représentative du premier style, ave sa raideur, ses yeux grand ouverts et ses longs doigts. Il faut imaginer qu’elle ne se présentait pas ainsi, nue, mais était parée de vêtements.
 Le groupe de Senpou | |  La femme aux pouces coupés | Ces deux pièces de la XIIe dynastie sont conservées au Musée du Louvre, à Paris Le groupe de Senpou, en calcaire mais avec une table d’offrande en albâtre, est l’un des nombreux ex-voto retrouvés à Abydos (Abedju). Cette mode semble avoir été particulièrement importante à la fin de la XIIe dynastie et au début de la XIIIe dynastie. Le défunt, entouré de ses parents est adossé à un fond cintré tandis que devant lui s’étale une table d’offrande avec la signe hetep, qui signifie « offrande », des vases et une gouttière pour les libations.
BijouxJoaillerie et orfèvrerie sont des arts particulièrement importants au Moyen Empire, et assez bien connus grâce à la découverte au XIXe siècle de tombes de princesses inviolées à Daschour.
Ces deux pièces de la XIIe dynastie sont conservées au Musée égyptien du Caire Images et légendes proviennent du . Merci beaucoup. Le lapis-lazuli, la cornaline, et la faïence sont incrustés sur l’or par la technique du cloisonné, pour créer diadèmes et pectoraux. Celui de la princesse Mereret, la fille de Sésostris III, est particulièrement remarquable : il se compose de manière symétrique, autour du cartouche du pharaon que tient dans ses serres un vautour. Deux sphinx lèvent la patte en direction du cartouche et dominent les « Neuf Arcs », les ennemis traditionnels de l’Égypte. Il faut noter que si la scène est incrustée de pierres précieuses au recto, elle est également gravée dans l’or au verso. Ce type de bijoux avait évidemment une valeur protectrice.
L’âge d’or de la littérature Durant l’Ancien Empire, la littérature égyptienne consiste essentiellement en textes funéraires. Les premiers Textes des Pyramides apparaîssent sur les parois de la pyramide d’Ounas (Ve dynastie), à Saqqarah (Dehenet Ankh-Taouy). Ces textes sont composés de formules magiques, d’incantations destinées à assurer le bien-être du pharaon dans l’au-delà. Les biographies et les enseignements moraux (sagesses) apparaîssent également à cette période. En matière d’épigraphie, les inscriptions commémorant les victoires et les expéditions en terres lointaines abondent.
Durant la Première Période intermédiaire, les « lamentations » se développèrent, annonçant tout à la fois les prophéties et les enseignements politiques.
La littérature de l’Égypte ancienne a atteint son apogée au cours de la XIIe dynastie. Un nouveau canon de textes a émergé, sous la forme de textes instructifs et de récits. De nombreuses inscriptions commémoratives et stèles ont été retouvées, mais cette période se distingue avant tout par de célèbres récits.
L’Enseignement d’Aménémès Ier à son fils, sorte de testament politique apocrypheapocryphe On qualifie d’apocryphe (du grec apokruphos, tenu secret) un écrit « dont l’authenticité n’est pas établie » (douteux, suspect).
Toutes les littératures connaissent des apocryphes, certaines se sont même fait une spécialité d’autobiographies apocryphes (littérature italienne). En France, l’Histoire apocryphe de Martin Guerre. , est à la fois une sorte de légitimisation de Sésostris Ier et un constat amer, encore très proche des désillusions de la Première Période Intermédiaire. Celui-ci lui dit, entre autres :
 | Toi qui va te manifester comme dieu, écoute ce que je te dis, pour que tu sois un roi sur terre et un chef des Deux rives, et que tu puisses augmenter le bien du pays. Tiens-toi en garde vis-à-vis de tes sujets ; le peuple prend en considération celui qui se fait craindre. Ne t’approche pas d’eux tout seul, et cependant ne donne pas ton cœur même à un frère, ne connaît pas d’amis, ne te crée pas d’intimité, cela ne sert de rien. Lorsque tu dort, garde-toi toi-même, car un homme n’a plus personne au jour du malheur. |  |
Le Conte prophétique est un ouvrage du Moyen Empire, dont il semble plausible que la première rédaction remonte à Aménémès Ier, fondateur de la dynastie. Neferrahou annonce la venue d’un roi sauveur, originaire de Haute-Égypte, nommé Amény, nom abgrégé d’Amenemhat, et la construction des « Murs du Prince », l’ensemble de forteresses érigées par Aménémès Ier.
Le Conte de l’Oasien, connu aussi sous le nom de Plaintes du Paysan ou Le paysan éloquent, est d’un genre très différent. Cette œuvre, fort longue,, met en évidence le goût des Égyptiens du Moyen Empire pour les discours. Elle sera moins appréciée aux époques suivantes.
Le Conte du Naufragé, écrit au début de la XIIe dynastie, appartient à un genre très particulier et fort répandu dans l’Antiquité. Il s’agit d’un récit fabuleux tel que les marins de tous les temps aiment à en raconter à leur retour de voyages lointains et périlleux, enjolivant à plaisir leurs aventures.
La Satire des Métiers. Que cette œuvre ait été si populaire parmi les scribes n’a rien d’étonnant. Il s’agit en effet d’un texte instructif louant les vertus des scribes en critiquant de façon humoristique tous les autres métiers.
Le Conte de Sinouhé, qui déborde avec talent le thème de la clémence royale, est sans doute le plus célèbre de la littérature égyptienne (conservé en plusieurs exemplaires). Il inaugure deux genres nouveaux : le roman historique et l’autobiographie. Ces textes étaient assez populaires dans les écoles de scribes. Ceux-ci ont appris plus tard leur art en copiant et recopiant les manuscrits. C’est ainsi qu’il existe, par exemple quatre papyrus, deux plaques dessinées et environ 100 ostracas, ou tessons de poteries, qui représentent La satire des métiers. Bien que le manuscrit ait été écrit au cours du Moyen Empire, toutes les copies conservées datent du Nouvel Empire, ce qui tend à prouver la popularité du texte.
L’Enseignement Loyaliste, rédigé à la même époque, est un plaidoyer pour la monarchie : le roi est le garant de l’ordre et de la justice contre le chaos.
Si l’on ajoute que le Moyen Empire a livré des ouvrages médicaux déjà fort élaborés et spécialisés (gynécologie), des fragments d’un traité vétérinaire et des papyrus mathématiques, on aura de la richesse de cette grande époque une image assez précise. C’est un âge classique qu’a marqué le sens des limites, acquis au contact des épreuves. Une raison plus humanisée est venue tempérer le sens de la puissance lourde et absolue qui paraît avoir été une des caractéristiques de l’Ancien Empire.
La religion La théologie égyptienne a continué d’évoluer pendant le Moyen Empire. Le dieu impérial de l’époque est Montou, adoré à Ermant et à Thèbes (Ouaset), mais aussi Amon. Montou, à l’origine divinité astrale qui s’assimile à un dieu faucon et devient un dieu guerrier, donne son nom au pharaon. Le nom de Montouhotep signifie « puisse Montou être satisfait ». Montouhotep II, pour marquer l’importance de son œuvre, prendra cependant un nom d’Horus significatif : « celui qui réunit les Deux Pays ».
Parallèlement à L’émergence d’Amon, Osiris a acquis encore davantage d’importance en tant que dieu de la mort. L’idée d’un jugement précédant l’entrée dans la vie après la mort, a germé au cours de la première période intermédiaire. C’est au cours du Moyen Empire qu’Osiris est devenu le juge suprême. Les pharaons ont cherché à l’honorer et le nombre de monuments raffinés qui se dressent à Abydos (Abedju), l’une des cités du dieu, atteste de son importance.
La multiplication des statues de particuliers, souvent de petite taille et de facture moin soignée, traduit une démocratisation des coutumes funèbres. Les textes religieux, à l’origine réservés au pharaon, apparaissent sur les sarcophages privés, assurant l’accès à l’Au-Delà. Petits fonctionnaires et artisans peuvent se prévaloir dorénavant du statut de « bien-heureux » auprès d’Osiris, dieu des Morts. La piété populaire se manifeste auprès de son grand temple d’Abydos (Abedju), où s’entassent des ex-voto représentant des familles entières.
La fin de la XIIe dynastie marque le début du déclin du Moyen Empire. Le dernier pharaon de cette dynastie (Aménémès IV), à l’instar de celui qui a gouverné à la fin de l’Ancien Empire, a connu un règne exceptionnellement long. À sa mort, des troubles ont éclaté lorsqu’il a fallu désigner son successeur légitime. Sa sœur et épouse, la reine Sebknefrouré, prend le pouvoir. En plus de ces problèmes politiques, l’Égypte a subi un changement de climat. Les crues du Nil, exceptionnellement hautes et longues, ont raccourci d’autant la saison de croissance.
Bien que la situation ait été moins terrible qu’à la fin de l’Ancien Empire, les difficultés de l’agriculture n’en ont pas moins affaibli la puissance des pharaons. La XIIIe dynastie, au cours de laquelle Memphis (Men-nefer) est redevenue la capitale, a vu se succéder des dizaines de pharaons aux règnes très courts. La confusion régnait aux plus hauts postes du gouvernement. Pendant cette dynastie, les vizirs ont vécu plus longtemps que les pharaons. Certains ont même servi plusieurs monarques. Ils ont ainsi contribué à préserver l’intégrité du pays.
En l’absence d’un véritable guide, l’Égypte a fini par éclater et entre alors pour la seconde fois dans une période de troubles, appelée « deuxième période intermédiaire » durant laquelle de nombreux rois se bousculent sur le trône. Une nouvelle lignée de pharaons s’est installée à Xois, ville située dans la partie occidentale du Delta du Nil. Ces pharaons ont régné à la même époque que ceux de la XIIIe dynastie.
C’est dans ce contexte qu’a pris fin le Moyen Empire, le pays étant de nouveau divisé entre la Haute-Égypte et la Basse-Égypte.
 | |  | | | Pour mémoire Précédé de la « Première Période intermédiaire », le Moyen Empire est suvi de la « Deuxième Période intermédiaire ».
Repères Datation : Le Moyen Empire s’étend de 2046 à 1710 avant notre ère. Dynastie(s) : Cette période compte trois dynasties : la XIe, la XIIe et la XIIIe.
XIe dynastie XIIe dynastie
XIIIe dynastie- (fin) Mentouhotep II, Mentouhotep III, Mentouhotep IV - Aménémès Ier, Sésostris Ier, Aménémès II, Sésostris II, Sésostris III, Aménémès III, Aménémès IV, la Reine Sebknefrouré - (début) ? Capitale(s) : Durant toute cette période, la capitale se trouve à Thèbes (Haute-Égypte) puis sera délocalisée à Itch-Taouy au sud de Memphis.
Faits importants Après la période de trouble de la première Période intermédiaire, l’Égypte retrouve enfin toute sa puissance.
Politique et militaire » Réunification de l’Égypte. » Instance d’une corégence effective entre le roi et son héritier désigné pour éviter les conflits de succession. » Reconquête de la Nubie. » Réorganisation de l’administration, trois ministères sont créés : un pour le Nord, un pour le Sud et un pour la Nubie.
Architecture » Temple funéraire de Mentouhotep Ier à Deir el-Bahari (Thèbes-Ouest). » Essor monumental du temple d’Amon à Karnak la chapelle blanche. Chaque pharaon voulant y laisser son empreinte, il sera constamment agrandi et embelli durant plusieurs siècles, devenant ainsi le plus grand ensemble architectural de l’Égypte. » Construction massive de forteresses près de la deuxième catarcte du Nil pour refouler les incursions nubiennes, favoriser le commerce avec le sud et surveiller les mines d’or. » Temple des morts d’Aménémès III (Labyrinthe du Fayoum).
Sculpture et arts décoratifs » Apparition des oushabtis (figurines magiques au service des morts dans l’au-delà).
Vie sociale et intellectuelle » Le culte d’Amon sur lequel s’est bâtie la ville de Thèbes émerge. Celui-ci sera honoré dans tous le pays. » Osiris prend de plus en plus d’importance comme dieu de la mort en devenant “juge suprême”. » Le sceau scarabée remplace le sceau cylindrique. » Développement agricole du Fayoum, suprématie du dieu-crocodile Sobek. » Importants écrits littéraires : enseignements, prophéties ou contes, tel celui de Sinouhé où l’histoire, la magie et la fiction apportent quantité de précisions sur la vie des égyptiens.
Relations extérieures » Renforcement de l’influence en Syrie et en Palestine. » Exploitation de carrières dans le désert su Sinaï. | |  | |  |
 Notice documentaire ithyphalliqueIthyphallique est un adjectif (du grec ithus, droit) qui désigne celui qui a un phallus (pénis) en érection. Ce terme s’applique surtout en ce qui concerne des représentations, le plus souvent de façon symbolique. Exemple : Dans la mythologie égyptienne, le dieu Min est représenté ithyphallique, en tant que dispensateur du pouvoir sexuel. C’est là un signe de fertilité et de fécondité. apocrypheOn qualifie d’apocryphe (du grec apokruphos, tenu secret) un écrit « dont l’authenticité n’est pas établie » (douteux, suspect). Toutes les littératures connaissent des apocryphes, certaines se sont même fait une spécialité d’autobiographies apocryphes (littérature italienne). En France, l’ Histoire apocryphe de Martin Guerre.
Catégorie / Titre : Un peu d’histoire / Moyen Empire
Date de création : 05/11/2007 - 10:38 -¤-
A été modifié le : 29/03/2010 - 11:53
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