 L’Égypte pharaonique
Panorama de plus de 5000 ans d’histoire en un clin d’œil !» Ancien Empire ¤ 2700-2200 - L’ère des pyramides
 De la IIIe à la VIe dynastie
L’histoire de l’Ancien Empire ou « Époque memphite » ne nous est connue que dans ses grandes lignes. En revanche, les peintures des tombes privées et les inscriptions des pyramides des rois des Ve et VIe dynasties nous apportent une connaissance étendue de la vie quotidienne et de la religion durant cette époque.
L’Ancien Empire a été marqué par la prospérité de l’Égypte ancienne. Les pharaons ont réussi à unifier les terres grâce à un gouvernement centralisé. L’Égypte était divisée en zones administratives, les nomes, chacun dirigé par un nomarque. Les nomarques étaient généralement de proches parents des pharaons, qui pouvaient ainsi compter sur leur entière loyauté.
Durant toute cette période, le pharaon est la pierre angulaire de la société égyptienne. Élu des dieux, il est le chef du gouvernement, de l’administration, de l’armée, de la justice et de la religion. Le pays se développa en une société sophistiquée, technologiquement avancée et culturellement florissante.
Diagramme de l’Histoire de l'ÉgypteIIIe dynastie IVe dynastie Ve dynastie VIe dynastie- Sanakht, Djoser, Sekhemkhet, Khaba, Néferkarê, Houni - Snéfrou, Khéops, Didoufri, Khéphren, Baoufre (?), Mykérinos, Shepseskaf, Dedefptah (?) - Ouserkaf, Sahourê, Néferirkarê, Shepseskarê, Neferefrê, Niouserrê-Ini, Menkaouhor,Djedkarê-Isési, Ounas - Téti, Ouserkarê, Pépi Ier, Mérenrê-Neltyemsaf, Pépi II, la reine Nitocris
Les rois de cette époque installent, eux-aussi, leur capitale à Memphis (Men-Nefer). Ce choix répondra au double souci de se rapprocher du centre religieux d’Héliopolis (Iounou) ainsi que de mieux surveiller les frontières de Syrie et les routes menant à la péninsule du Sinaï. La proximité de la côte favorisera les relations commerciales avec les peuples des îles méditerranéennes et les ports syriens, notamment Byblos.
Buste du roi Djoser IIIe dynastie - Saqqarah Musée égyptien du Caire | | Buste du roi Snéfrou IVe dynastie Musée égyptien du Caire |
Le premier pharaon de l’Ancien Empire à avoir laissé des traces tangibles est Djoser, qui affirme la puissance de la IIIe dynastie. Il n’y a pas vraiment de coupure entre cette dynastie et les deux premières lignées thinites. Mais c’est avec elle que commence vraiment l’histoire de la civilisation égyptienne. Après la mise en culture des terres fertiles, l’instauration d’une religion, la mise en place d’une langue, d’une écriture, après la prise de conscience de l’existence d’un pays à part entière, les pharaons qui vont succéder à Djoser vont profiter du savoir accumulé au fil des siècles et créer une civilisation originale.
La politique extérieureL’union entre les Haute et Basse-Égypte étant consolidée, la paix règne à l’intérieur du pays. L’Égypte s’intéresse alors aux expéditions étrangères dans l’intention d’accroitre sa richesse. Les pharaons se sont d’abord tournés vers le sud (Nubie) pour l’or, et vers l’est (Sinaï), principalement vers Serabi Khadim pour y extraire de la turquoise et du cuivre. Les Égyptiens y ont établi des colonies et ont livré bataille aux Bédoins, aux Nubiens, aux Syriens, aux Canaanites et aux Palestiniens. Ils se sont également établis à l’ouest, dans le désert, sur l’oasis de Baharièh. L’emplacement était stratégique pour le commerce terrestre. Les expéditions menées dans ces zones ont eu l’effet escompté. L’Égypte s’est enrichie et les pharaons ont pu investir les nouvelles richesses du pays dans la construction de monuments colossaux.
L'Égypte de l'Ancien Empire
L’image de pharaonSi la physionomie rude de Djoser nous est familière à travers les bas-reliefs qui décorent ses caveaux et sa statue monumentale, il n’en va pas de même pour ses successeurs. Snéfrou est principalement connu par la littérature, qui nous le montre sous l’aspect d’un bon vivant, aimant se délasser au milieu d’un essaim de jeunes beautés. Son épouse Hétephérès, est justement fameuse pour le faste de son mobilier funéraire, découvert à Gizeh (Rostja) en 1952 et conservé au musée égyptien du Caire : baldaquin, lit et fauteuil plaqués d’or, bijoux incrustés de pierres fines témoignent du luxe qui régnait à la cour… Par ironie du sort, le seul portrait de leur fils Khéops (Koufou) est une minuscule satuette d’ivoire. Mais son tombeau, la Grande Pyramide, en éternise à jamais la mémoire. Elle domine en effet de sa masse énorme le plateau de Gizeh).
Tête du roi Didoufri IVe dynastie - Abou Roach Musée du Louvre, Paris | | Tête du roi Ouserkaf Abousir - Ve dynastie Musée égyptien du Caire |
La grandeur des pyramides mettait en évidence la représentation, par les pharaons, des dieux sur terre. Elles reflétaient également le pouvoir et la richesse qu’ils détenaient pendant les IIIe et IVe dynasties. Certains historiens estiment que la plupart de la richesse de la nation était dévolue à la construction des pyramides.
Pharaon et la religionAvec la Ve dynastie originaire d’Héliopolis, nous assistons à un développement intensif du culte des dieux solaires (ne rejetant pas pour autant les autres dieux) qui deviendra le point théologique central et de la relation étroite de la personne du roi avec ces dieux : dans la vie, avec la prééminence de Rê, le dieu du Soleil, fait son apparition dans la titulature royale (les noms du pharaon) et le roi, plus que jamais, est désormais « fils de Rê » ; dans la mort, l’esprit du roi monte au ciel et fusionne avec le soleil. Voir aussi : La titulature royale - fiche détaillée
Buste du roi Khéphren IVe dynastie Musée égyptien du Caire | | Tête du roi Pepi Ier VIe dynastie - Hiérakonpolis Musée égyptien du Caire |
La disposition des pyramides reprend la forme du benben, où Atoum-Rê, dieu créateur du culte solaire est devenu plus dominant. Les pyramides de la Ve dynastie se dotèrent de temples dédiés au soleil : le premier souverain de cette dynastie, Ouserkaf a élevé le premier temple de ce type à Abousir (Djédou). Six autres rois, dont Sahourê, Néferirkarê, Niouserrê-Ini ont également construit des temples solaires. Cette époque vit l’apparition des Textes des Pyramides, dans la pyramide d’Ounas.
Entrée de la tombe de Djoser - Saqqarah | | Scènes de travaux agricoles |
Le complexe pyramidalLe complexe pyramidal servait non seulement de demeure au roi défunt, mais il établissait aussi un lien entre la royauté et le cosmos. Il comprenait un temple et un palais auxquels la pyramide permettait d’accéder. Elle représentait l’élévation originelle sur laquelle la création de l’Univers avait eu lieu, et les décorations intérieures dépeignaient le roi dans son rôle de maître du chaos dans le cosmos.
Art et architectureC’est la grande époque de l’Égypte classique ; l’Égypte atteint un degré de raffinement tout à fait exceptionnel. Avec Imhotep, architecte du roi Djoser, l’architecture en pierre taillée fait son apparition - dont l’emploi fut dès lors généralisé et perfectionné - et, rapidement les pharaons se font construire des sépultures en forme de pyramide, à Saqqarah (Dehenet Ankh-Taouy), près de Memphis : Djoser (IIIe dynastie) - gigantesque escalier par lequel le roi défunt accède à l’au-delà, la plus ancienne pyramide d’Égypte -, Ounas (Ve dynastie) ; à Dachour : Snéfrou (IVe dynastie) et à Gizeh : Khéops, Khéphren (Khafrê) et Mykérinos (MenKaourê) tous trois de la IVe dynastie, à côté du Grand Sphinx qui fut sculpté pour Khéphren. Autour des pyramides et dans les métropoles provinciales sont bâties de véritables cités des morts. Ce sont les dernières demeures des notables, princes et princesses, courtisans et hauts fonctionnaires dont le célèbre vizir Ptahhotep, connu par son Enseignement, ont laissé de riches tombeaux. Leurs mastabas, à Abydos (Abedju) et à Saqqarah, souvent, possèdent un décor évoquant la vie terrestre. On y voit le cycle des travaux agricoles rythmé par les saisons, des labours aux vendanges ; la préparation des repas, de l’abattage du bœuf au brassage de la bière ; les chants et les danses au son des flûtes et des harpes… Parfois un texte autobiographique retrace un épisode marquant de la carrière du propriétaire de la tombe.
| | Sékhemka, son épouse Iti et son fils Kaouhem Ve dynastie - Saqqarah Musée du Louvre, Paris |
Ouni, officier du palais et porte-sandales du roi Téti, nous conte comment le pharaon l’envoya à Éléphantine (Abou), l’actuelle Assouan, chercher le granite rose destiné à sa pyramide. Herkhouf, gouverneur su Sud, fait inscrire dans son tombeau la copie d’une lettre envoyée par son souverain, l’enfant-roi Pépi II : apprenant, entre autres, la capture d’Aka, un danseur pygmée, très exité, il ordonne :
 | Scellé par le roi lui-même, en l’an 2, 3e mois de la saison de la Crue, 15e jour. « Ordre royal pour l’Ami unique… Herkhouf. Voici que j’ai connaissance des paroles de cette tienne lettre que tu as faite pour le roi, au palais, afin de faire savoir que tu es descendu en paix de l’Imam (Soudan), avec les soldats qui étaient avec toi. Tu disais, dans cette tienne lettre, que tu avais ramené toute espèce d’envois grands et beaux qu’avait donnés la déesse Hathor, dame de Imam, pour le Ka du roi du Sud et du Nord, Neferkarâ, vivant à jamais et à toujours. Et tu disais, dans cette tienne lettre, que tu avais ramené un Dinga (1), qui danse pour le dieu, de la terre des Gens de l’Horizon oriental, pareil au Dinga que le trésorier royal (Baourzeded) ramena de Pount, au temps du roi Issi (2). - Et tu as dit à ma Majesté : Jamais n’eut occasion d’amener chose pareille aucun autre (messager) qui vit l’Imam auparavant. »
Aussi Sa Majesté rendra tes honneurs nombreux et parfaits, pour la gloire du fils de ton fils, à jamais, et pour que tous les hommes disent, quand ils entendront ce que ma Majesté a fait pour toi :
« Il n’existe rien de pareil à ce qu’on a fait pour l’ami unique Herkhouf, lorsqu’il descendit de l’Imam, à cause de la vigilance avec laquelle il agit pour faire ce que désire, loue et ordonne son Seigneur ! »
« Viens donc, pour toi, en descendant au Nord, à la Cour, sur le champ. Hâte-toi, pour que tu m’amènes, avec toi, ce Dinga que tu ramènes de la terre des Gens de l’Horizon-oriental, en vie, santé, force, pour faire la danse du dieu, pour réjouir le cœur, pour (combler) le cœur du roi du Sud et du Nord, Neferkarâ, vivant à jamais. S’il descend avec toi en bateau, fais que des gens de confiance soient derrière lui, et sur les deux bords, veillant qu’il ne tombe à l’eau ; s’il se couche la nuit, fais que des hommes de confiance couchent avec lui dans sa couverture ; et inspecte les dix fois par nuit ; car ma Majesté désire voir le Dinga plus encore que les (merveilles) rapportées des mines de Pount. »
« Si tu arrives à la Cour, bien entendu, avec le Dinga vivant, sain et fort, ma Majesté te fera (cadeau) plus grand qu’on n’a fait au trésorier royal Baourzeded au temps d’Issi, - en rapport avec la joie de ma Majesté, à la vue de ce Dinga. »
« Des ordres ont été transmis aux Régents des Villes-Neuves, aux Amis, aux Directeurs des prophètes, pour ordonner qu’il (Herkhouf) prélève des subsistances pour lui, dans tout château du Service d’Agriculture et tout temple ; et l’on ne peut pas opposer d’immunité à ce sujet. » |  | | | Histoire de la Nation Égyptienne (extrait), Tome II, par Alexandre Moret, Ed.Plon 1932 | |
(1) Le déterminatif est un nain. (2) De la Ve dynastie.
Un médecin de la cour nommé Ptabouach s’émerveille de ce que son auguste malade lui ait permis d’embrasser son pied, au lieu du sol qu’il foulait ! Autant de témoignages qui nous rendent si proches des hommes disparus depuis plus de quatre mille ans ; et qui nous restituent l’image d’une société quasi « pyramidale »… Au sommet, un pharaon, héritier des dieux sur terre, domine le pays unifié. Il est théoriquement le seul propriétaire du sol et des ressources. Tous les domaines de la vie économique et sociale sont encadrés par une bureauceatie nombreuse, dirigée par les hauts dignitaires de la cour, souvent proches parents du roi : le « vizir » dont le premier fut peut-être Imhotep, homme de lettres, médecin et architecte du roi Djoser. La postérité reconnut son talent visionnaire : Imhotep fut par la suite (à la Basse Époque) divinisé, qui joue le rôle de premier ministre ; le directeur du trésor ; le directeur de tous les travaux du roi ; le directeur des expéditions… Enfin, la masse laborieuse des paysans, dont le travail constitue la richesse du pays. La condition sociale des Égyptiens dépendra des fonctions exercées. Les courtisans toucheront une rente alimentaire quotidienne et disposeront souvent du privilège de posséder un tombeau et d’y pratiquer les rites osiriens. Les artisans et les paysans, rémunérés au prorata de leurs productions, financeront indirectement les fonctionnaires royaux chargés de les surveiller.
L’administrationLes matériaux, l’organisation et la main-d’œuvre nécessaires à la construction des pyramides, de même que les nombreuses classes participant au culte et leurs personnels respectifs, indiquent clairement que le roi avait fermement en main le pays et ses ressources. Depuis les tout premiers temps de son unification, la terre des pharaons est divisée en districts administratifs appelés nomes. Sous l’Ancien Empire, bien que les royaumes du sud et du nord soient réunis, les deux États ont encore une administration distincte. Celle-ci est divisée en deux « maisons » qui gèrenet chacune les biens de ses temples et ses propres ressources agricoles. Les hauts fonctionnaires placés à la tête de l’administration des greniers à blé et du Trésor s’appellent respectivement directeur des deux greniers à blé et directeur des deux trésoreries. Les sources de l’administration de la Basse-Égypte, celle du Delta, nous font défaut mais, les témoignages sont suffisamment nombreux pour que l’on puisse se faire une idée de celle qui régentait la Haute-Égypte, celle de la vallée.
Les « dix grands de Haute-Égypte »L’État est géré par un conseil suprême, « les dix grands de Haute-Égypte », sorte de conseil des sages dépendant directement du vizir. Ces gouverneurs de districts (les nomes) qui gèrent leur circonscription de manière autonome, sont des fonctionnaires à la fois jusdiciaires et administratifs. Ils sont chargés, au nom de pharaon, de percevoir les redevances en grains et en bétail. D’ailleurs ne les nomment-on pas également directeurs des maisons des offrandes et des maisons d’approvisionnement ? Ils ont en outre la charge de la milice et de la justice. Ils sont alors directeurs des scribes royaux ou du greffe judiciaire.
Ankhoudjès, greffier du palais, et sa femme Tepemnéfret devant leur table d’offrandes Ve dynastie - Musée du Louvre, Paris
Certains grands de Haute-Égypte n’ont aucune activité administrative et doivent leur nomination dans ce collège restreint à une faveur du monarque. D’ailleurs parmi ces dignitaires, les fonctions sont hiérarchisées, et tous n’ont pas les mêmes pouvoirs ni le même rang. Certains d’entre eux, bien que faisant partie de l’aristocratie locale, sont de simples sous-directeurs placés sous les ordres du directeur de Haute-Égypte. Enfin, selon le district dont il est responsable, un directeur peut avoir plusieurs fonctions : régent des champs, conseiller intime des commandements du roi, directeur des travaux du roi, grand maître de vénerie du roi, guide des prêtres.
Une administration décentraliséeD’organisation complexe, l’État comprenait une administration centrale, placée directement sous le contrôle du pharaon, et plus de 30 administrations provinciales, responsables devant l’administration centrale. Comme on le voit, l’administration est fortement décentralisée. Chaque circonscription administrative dispose d’une large autonomie, ce qui ne va pas sans risque : l’extension territoriale et l’essor économique favorisèrent la création d’une oligarchie de hauts fonctionnaires centraux et provinciaux, dont la puissance devint une menace pour les souverains. Les nomarques, gouverneurs des nomes dont la charge est devenue héréditaire (sous Pépi II), créent de véritables dynasties, parfois plus puissantes que Pharaon lui-même, et affirment ainsi leur autonomie. Pendant la IVe dynastie, les postes gouvernementaux étaient tenus par des proches parents du pharaon. Ceux de la Ve dynastie n’ont pas suivi cette tradition. Même si le réseau étendu de représentants gouvernementaux est resté en place, les postes n’ont plus été attribués aux parents des pharaons, mais à des membres de la noblesse d’autres familles. Grâce à leur relation étroite avec le monarque, ils ont acquis du pouvoir, sans pour autant lui assurer la loyauté qu’un parent pourrait avoir. L’administration est hautement hiérarchisée, et la multitude des titres permet aux fonctionnaires ambitieux de monter facilement dans l’échelle sociale. Ainsi un petit scribe peut, par sa volonté et son savoir-faire, devenir scribe supérieur, sous-directeur, directeur adjoint ou, mieux encore conseiller intime, c’est-à-dire supérieur des secrets. On trouve ainsi des conseillers intimes de l’appartement du matin, des conseillers intimes des travaux du roi.

L’Ancien Empire demeurera toujours un modèle, une sorte d’âge d’or pour les Égyptiens. Mais l’affaiblissement du pouvoir des pharaons, combiné au renforcement de celui d’autres familles, a été à l’origine de son effondrement. La royauté trop affaiblie par le long règne (94 ans) du dernier pharaon de la VIe dynastie, Pépi II, ne réussit pas à redresser la situation.
Vint ensuite le règne de son fils Mérenrê II, qui dura à peine un an, vite remplacé par la femme de celui-ci, la reine Nitocris. Ce règne d’une femme a sûrement porté un coup à la crédibilité du divin roi, permettant aux dynasties solidement implantées dans les nomes de diriger personnellement leurs régions et le pays plonge dans une période de troubles.
La famine a accéléré la chute du gouvernement central. Le climat avait changé et les moussons, à l’origine de la crue du Nil, cessèrent. Sans inondation, les terres agricoles sont devenues moins fertiles et, finalement, les récoltes n’ont plus été possibles. La base de l’économie a disparu et la population a commencé à s’affamer. Le pharaon, représentant vivant d’un dieu sur terre, ne pouvait régler la situation.
L’Égypte ancienne a éclaté en plusieurs petites communautés, chacune dotée d’un chef régional. Ces chefs s’affirmeront, les clients voudront être patrons. Le gouvernement central avait disparu, « la terre entière » sera entraînée dans la révolution.
Les inscriptions gravées sur les murs des tombeaux royaux de la VIe dynastie attestent de l’affaiblissement du pouvoir pharaonique. Certaines font même état d’une conspiration contre le pharaon Pépi Ier, qui régna vers 2335-2285 av. J.-C., dans laquelle était impliquée la propre femme du souverain.
Pendant ce temps là …Article tiré du logiciel « histoire.exe » de Patrice Henrio -
Le monde à l'Ancien Empire
Grèce (-2800 à -1500) : La Crète et les Cyclades(temps de la IIIe dynastie égyptienne)La civilisation crétoise appelée minoenne, du nom du roi légendaire Minos, se caractérise par des palais et des villes non fortifiées, ce qui indique une civilisation marchande et non guerrière. La céramique, l'orfèvrerie et la métallurgie crétoise étaient recherchées dans toute la Méditerranée orientale. Le palais de Cnossos, le plus célèbre de cette civilisation, montre l'organisation des royaumes crétois : le souverain contrôle l'utilisation des excédents agricoles et prélève une taxe en nature sur toute production ou importation, ces produits sont stockés dans le palais et redistribués ensuite selon les besoins. Les minoens inventent vers -1900 une écriture qui n'est pas encore déchiffrée. D'autres centres, moins importants, apparurent également : c'étaient de grands domaines agricoles et des villes qui étaient dirigés sur place par un gouverneur. La vie minoenne était très marquée par les activités et les croyances religieuses. Le culte se tenait dans des sanctuaires isolés et les chapelles des palais. Les figurines et les fresques reflètent de façon très vivante la vie minoenne, tandis que les poteries peintes rendent compte de l'intérêt des Crétois pour la mer. Le commerce maritime s'étendait jusqu'en Egypte et à Chypre. Des sites apparurent sur nombre de petites îles égéennes qui, bien que certainement indépendants, étaient fortement imprégnés de la culture minoenne : la civilisation de ces îles est appelée cycladique. La plus connue est Thêra (Santorin), dont les habitations ornées de fresques ont été épargnées pour le futur par une éruption volcanique dévastatrice. En Grèce même, les invasions indo-européennes vont supplanter les civilisations pré-hélladiques à partir de -2000. Elles vont durer 1000 ans. Ces invasions se déroulent en plusieurs vagues : ioniens, puis éoliens et achéens, ensuite thraces, Illyriens et enfin doriens. Chaque vague repoussant la précédente. Ces tribus sont à l'origine de la civilisation mycénienne qui au début sera sous l'influence des minoens. Cette domination est rapportée dans le mythe grec du Minotaure et plus généralement par l'importance que la Crète occupe dans la mythologie grecque.
Mésopotamie (-2600 à -2500) : Les cités-états(temps de la IVe dynastie égyptienne)La cité d'Our supplante Uruk après les règnes de Meskalamdug et de Akalamdug. Vers -2550, Lagash, dont aucun roi n'est cité dans les listes sumériennes, se développe rapidement. Son histoire est ponctuée par sa rivalité avec sa voisine Umma. On a retrouvé un arbitrage de Mesalim, roi de Kish, qui fixe la borne entre les deux cités. Cet épisode sera l'occasion de nombreuses guerres par la suite.
Mésopotamie (-2500 à -2330) : Avant Sargon d'Akkad(temps de la Ve dynastie égyptienne)Lagash, sous le règne de Eannatoum puis de son frère Enannatoum Ier, domine le sud sumérien. La rivalité avec Umma s'exacerbe. Dans un premier temps Lagash l'emporte. Urukagina est le dernier roi de la première dynastie de Lagash. On ne sait pas très bien quels sont ses liens avec ses deux prédécesseurs, pour certains c'est un usurpateur, pour d'autres il est de la famille des rois précédents. Il est surtout connu pour ses tentatives de réformes sociales. C'est la première fois dans l'histoire qu'un roi se présente comme le défenseur des plus pauvres, "de la veuve et de l'orphelin". Il est vaincu par son puissant voisin d'Umma, Lugalzaggesi. Ce dernier continue ses conquêtes avec la prise d'Our et d'Uruk. Il se déclare alors "roi d'Uruk et du pays (de Sumer)". En Syrie, les villes de Mari et de Ebla, de même civilisation que la Mésopotamie, et les anciennes cités sumériennes de Kish, Uruk et Akshak connaissent un très grand développement qui ne sera stoppé que par Sargon d'Akkad.
Mésopotamie (-2330 à -2150) : L'empire akkadien(temps de la VIe dynastie égyptienne)Sargon d'Akkad, dont le nom signifie "le roi légitime" est un usurpateur. Serviteur de Ur-Zababa de Kish, il crée la ville d'Akkad, plus au nord. Son ancien suzerain refusant de le reconnaître, il s'empare de Kish, puis du royaume de Lugalzaggesi. Il étend sa domination dans toutes les directions et domine tout le territoire du golfe persique à la Méditerranée. Il se proclame "roi des quatre régions", mettant en relation l'orient et l'occident. L'Empire va rester puissant jusqu'à la mort de Shar-kali-sharri (-2217 à -2193). Après lui une période d'anarchie puis deux souverains dont le pouvoir sera nettement amoindri. Les Gutis commencent l'invasion du pays de Sumer. Dans le même temps la ville de Lagash reprend de l'importance avec en particulier le roi Gudéa qui redonne à sa cité sa splendeur d'antan. Awan, ville élamite (Ouest de l'Iran actuel), bien que vaincue par Sargon a continué de vivre plus ou moins indépendamment sur cette période.

 | |  | | | Pour mémoire Précédé de la « Période Thinite », l’Ancien Empire est suivi de la « Première Période intermédiaire ». Considéré comme l’âge d’or de la civilisation égyptienne, l’Ancien Empire (ou époque Memphite) est la période de stabilité la plus longue de l’histoire de l’Égypte.
RepèresDatationL’Ancien Empire s’étend de 2700 à 2200 avant notre ère.
Dynastie(s)Cette période compte quatre dynasties : la IIIe, la IVe, la Ve et la VIe.
IIIe dynastie IVe dynastie Ve dynastie
VIe dynastie- Sanakht, Djoser, Sekhemkhet, Khaba, Néferkarê, Houni - Snéfrou, Khéops, Didoufri, Khéphren, Baoufre (?), Mykérinos, Shepseskaf, Dedefptah (?) - Ouserkaf, Sahourê, Néferirkarê, Shepseskarê, Neferefrê, Niouserrê-Ini, Menkaouhor, Djedkarê-Isési, Ounas - Téti, Ouserkarê, Pépi Ier, Mérenrê-Neltyemsaf, Pépi II, la reine Nitocris Capitale(s) : Durant toute cette période, la capitale se trouve à Memphis.
Faits importantsDjoser inaugure un nouveau type d’architecture funéraire en faisant évoluer le mastaba vers un édifice pyramidal. C’est l’ère des grandes pyramides.
Politique et militaire» Les deux Pays sont toujours unis.
Architecture» Architecte du roi Djoser (IIIe dynastie), Imhotep construit la pyramide à degrés (étages) de Saqqarah, premier complexe jamais réalisé en pierre. » Toujours à Saqqarah, pyramides de Meïdoum et Dachour. » Construction des trois grandes pyramides lisses de Gizeh : Kéops, Khéphren et Mykérinos. » À Saqqarah, pyramide d’Ounas. À Abousir, temple solaire. Érection d’obélisques. » Pépi Ier (VIe dynastie) est un grand bâtisseur : Bouba, Bubastis, Abydos, Denderah.
Sculpture et arts décoratifs» Statue de Djoser (Le Caire). » Emploi codifié des couleurs dans la peinture (Oies de Meïdoum). » Développement de l’orfèvrerie et du bas-relief. » Statue de Khéphren (Le Caire), le grand Sphinx de Gizeh, le scribe accroupi (Louvre).
Vie sociale et intellectuelle» Sous le règne de Snéfrou (IVe dynastie), les astronomes de Memphis établissent le calendrier solaire de 365 jours. » Apparition des Textes des pyramides, le plus ancien corpus religieux de l’humanité dont le premier a été gravé sur les parois de la pyramide d’Ounas (fin de la Ve dynastie), à Saqqarah. » Prééminence du culte du dieu solaire Râ (ou Rê) et expansion du centre cultuel d’Héliopolis, au nord de Memphis. » Établissement de cultes mortuaires des rois et allocation de terrains à leurs domaines. » Le Mur Blanc prend le nom de Memphis.
Relations extérieures» Expéditions commerciales en Phénicie et en Nubie. » Expéditions minières dans le désert du Sinaï. | |  | |  |
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Catégorie / Titre : Un peu d’histoire / Ancien Empire
Date de création : 05/11/2007 - 10:33 -¤-
A été modifié le : 24/03/2010 - 15:27
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