 L’Égypte pharaonique
Panorama de plus de 5000 ans d’histoire en un clin d’œil !» Période Thinite ¤ 3100-2700 - L’émergence d’une nation
Après la nuit de la préhistoire, c’est l’aube de l’histoire, le début de la période dynastique - ou pharaonique. Cette période est le creuset de mutations considérables. Les rois d’alors furent originaires de This ou Thinis (d’où le nom de « dynastie thinite ») : leurs cimetières ont effectivement été trouvés non loin de là, en Abydos (Abedju). Au cours de cette période, parfois appelée “archaïque”, les deux communautés qui se sont précédemment formées coexistent toujours :
La Haute-Égypte appelée Ta-shema, le « pays de roseaux ». Son monarque porte une couronne blanche, la mitre hedjet. La déesse-vautour Nekhbet est sa protectrice, le lotus sa plante emblématique.
La Basse-Égypte (le Delta) appelée Ta-mehu, le « pays du papyrus ». Son monarque porte une couronne rouge, le mortier desheret. La déesse-cobra Ouadjet est sa protectrice, le papyrus sa plante emblématique.
Égypte dynastiqueOn se sert encore aujourd’hui encore (avec, bien entendu, quelques corrections) de la liste de Manéthon qui décrivait trente dynasties et six périodes (ces nombres ont été amplifiées aujourd’hui). Pour voyager en Égypte ou lire des ouvrages qui lui sont consacrés, il est important de bien connaître les caractéristiques essentielles des périodes ainsi que le nom de la ville qui était la capitale de l’époque. Ces périodes sont celles qui suivent…
Diagramme de l’Histoire d’ÉgypteIre dynastie IIe dynastie- Narmer/Ménès, Aha, Djer, Djet, Ouadji, Den, Andjib, Semerkhet, Kâ - Hotepsekhemouy, Rêneb, Nynetjer, Ouneg, Sened, Peribsen, Khâsekhem
Les Ire et IIe dynasties
C’est à une époque où de puissants chefs régionaux régnaient que l’Égypte ancienne fut pour la première fois unifiée. Les opinions des historiens concernant le premier unificateur divergent cependant. La tradition égyptienne attribue cette prouesse au pharaon mythique Ménès (roi « serpent »), de This ou Thinis (Tin ou Téni). Aucun objet retrouvé de l’époque où Ménès aurait vécu ne fait toutefois mention de son nom.
Étiquette d’une jarre d’huile, au nom du roi Aha
La plupart des historiens pensent cependant que Narmer a été l’un des premiers à gouverner l’Égypte, bien que personne ne puisse affirmer quelle partie il gouvernait. La palette de Narmer, objet découvert à This, représente Narmer portant la couronne de Haute-Égypte d'un côté et celle de la Basse-Égypte de l’autre. Certains historiens en concluent que Narmer régnait sur les deux parties de l’Égypte. et l’on tendrait à penser que Narmer et Ménès ne feraient qu’un ; Ménès étant alors la forme grecque du nom de Narmer (?)
Palette de Narmer | |
Satuette de Ptah, dieu de Memphis | Massue de cérémonie de Narmer | | La stèle de Djet, roi-serpentDe par sa sobriété et sa qualité, c’est un monument exceptionnel. Ire dynastie - Musée du Louvre, Paris |
Son successeur, Hor-Aha règne sur une Égypte unifiée et établit sa capitale au centre de l’Égypte, entre les deux territoires. La fondation de cette capitale, qu’il nomma « murs blancs » prendra plus tard le nom de Men-nefer (la Memphis des grecs), symbolise de façon éclatante l’unification du pays sous l’autorité d’un seul roi. Il a entrepris des expéditions militaires et marchandes vers la Nubie, le Liban et le Sinaï. Il a également proclamé Ptah dieu principal. Hâpy est le dieu du Nil : il commande les crues annuelles apportant la terre nourricière. Il dispense également la rosée nocturne.
Ruines de Memphis
Fondation de MemphisPour pouvoir créer sa capitale, Hor-Aha fit détourner le flot du Nil par une immense digue.
Le plus vieil État du monde
L’Égypte ne brille pas seulement par la grandeur de ses monuments qui ont traversé les siècles et par l’éclat de sa civilisation. C’est aussi le plus vieil État du monde. Deux siècles ont suffi pour mener à bien la réunion de deux cultures. Si le Sud a triomphé, le Nord imprime fortement sa marque sur les structures de la société.
En quelques centaines d’années, le pays a franchi les étapes, faisant d’une multitude de principautés agricoles un État constitué. L’Égypte se distingue ainsi nettement des pays voisins, où règne, et pour longtemps encore, le système des cités-États. Même si, à certaines époques, l’union est bien fragile, un équilibre, artificiel mais néanmoins solide, est maintenu par le biais des structures politiques et religieuses.
La monarchie s’appuie sur une administration parfaitement organisée et sur un clergé puissant. Seul un État très centralisé est en mesure de gérer des contrées et des hommes à l’individualité si marquée et aux croyances hétérogènes.
 | |  | | | Dieux protecteurs
La religion s’est développée en Égypte avant tout sur le plan régional. Avec le temps, tous les dieux ont été regroupés au sein d’un panthéonpanthéon n.m. du grec pan, tout et théos, dieu. Un panthéon est un temple que, dans l’Antiquité, Grecs et Romains consacraient à tous leurs dieux. Par extension, le mot désigne l’ensemble des dieux d’une religion. Le panthéon égyptien est l’un des plus imposants du monde. Un monument consacré à l’inhumation ou au culte des “grands hommes” peut aussi être appelé un panthéon.. La plupart des cités ont cependant continué de faire allégeance à leurs propres divinités locales. Certaines vouaient une préférence à un dieu particulier, qu’elles considéraient comme leur protecteur. Bubastis, par exemple, avait comme dieu protecteur Bastet. Nagada vénérait Seth, Hiérakonpolis, Horus, tandis que les cités d’Abydos et de Busiris vouait un culte à Osiris.
Différents dieux ont occupé une position dominante selon les époques. Souvent, leurs attributs étaient interchangeables. L’un des premiers pharaons, par exemple, Hor-Aha, considérait Ptah comme son dieu protecteur. Cette divinité a donc pris une importance de plus en plus grande sous son règne, jusqu’à devenir le créateur de tous les dieux. Par la suite, Rê a été vénéré comme le dieu créateur, avant d’être supplanté par Amon au sommet du panthéon.
La fidélité à un dieu protecteur a parfois empreint les conflits politiques de sous-entendus mythologiques. Ainsi, à la fin de la période archaïque (prédynastique), Khasekem, allié à Horus, battit Peribsen, qui s’était lui-même associé à Seth, pour la domination de l’Égypte. Or, dans la mythologie égyptienne, Seth est décrit comme un usurpateur, d’abord de la puissance d’Osiris, puis celle d’Horus. Dans cet exemple, on ignore si la vie imite la mythologie ou si la mythologie imite la vie. | |  | |  |
L’État pharaonique se met en place… pas toujours sans heurtsLes successeurs de Hor-Aha ont suivi son mode de souveraineté et l’Égypte a alors connu une période florissante. Après Ménès le « roi Serpent » et Hor-Aha, Den et Peribsen marquent de leur règne ces deux premières dynasties au cours desquelles l’État pharaonique se met en place. La capitale et la cour royale s’implantèrent à Memphis avec Abydos, important centre culturel abritant aussi la nécropole principale. Les structures bureaucratiques, qui formèrent l’assise de la politique dynastique, se développèrent : tout en respectant son morcellement historique en petites provinces (ou nomes) dont ils font la base de leur administration, ils dirigent eux-mêmes depuis leur palais l’unification et la mise en valeur de l’Égypte, notamment par une politique nationale d’irrigation. Les pharaons qui ont succédé à Hor-Aha ont poursuivi la consolidation de l’union et l’élargissement du pays. La fin de la seconde dynastie a cependant marqué la chute de l’union. Deux hommes, Peribsen et Khâsekhem, ont revendiqué le trône. S’écartant de la norme, Peribsen a pris un « nom Seth » au lieu du traditionnel « nom Horus ». Outre le fait qu’il était fortement associé à la Basse-Égypte, Seth, dans la mythologie égyptienne, était l’ennemi d’Horus. Khâsekhem, quant à lui, a conservé un « nom Horus », comme le voulait la tradition. Au cours du conflit qui a opposé les deux belligérants, Khâsekhem a été repoussé vers le sud jusqu’à Hiérakonpolis (Nekhen), mais a finalement réussi à écraser Peribsen et son armée, réunifiant ainsi l’Égypte. Après la réunification, Khâsekhem a pris le nom de Khâsekhemwy qui signifie « deux forces sont apparues ». C’est sous le règne de Nynetjer, troisième roi de la IIe dynastie, qu’apparaît la pratique du recensement bisannuel de la population, qui restera en vigueur tout au long de l’histoire égyptienne.
La religionLa religion est également en place, et la plupart des dieux du panthéon egyptien existent dès cette époque, représentés sous la forme soit de l’animal qui leur est associé, soit de leur objet symbolique, soit encore sous leur aspect humain. C’est le cas pour Anubis, Apis, Hathor, Horus, Isis, Khnoum, Min, Neith, Nekhbet, Osiris, Ouadjet, Oupouaout, Ptah, Rê, Seshat, Sobek, Seth, Sokaris, Thot, Thouéris. Le rituel du culte et les pratiques funéraires sont également fixés. Les grands textes religieux sont en pleine élaboration.
Le pharaonLe concept de royauté se mit en place, le roi étant doté d’un pouvoir séculier en tant que « seigneur du Double Pays » et religieux en tant qu’incarnation d’Horus sur la Terre. C’est au cours de la IIe dynastie que furent institués le rite du couronnement et la fête Sed ou heb-sed, rituel de régénération célébrée pendant la trentième année de règne du pharaon. On voit le roi paré des attributs du pouvoir que conserveront tous les souverains d’Égypte : la double couronne, le pschent (dérivé de l’égyptien pa-sekhemty, « les deux puissances ») qui est une superposition de la couronne rouge et de la couronne blanche, symbolisant la double royauté du pharaon sur les deux moitiés du pays ; une barbe postiche et une queue d’animal attachée à la ceinture, héritage des chasseurs de l’époque prédynastique ; une lourde massue qu’il abat sur des captifs, proclamant ainsi sa victoire sur les ennemis de l’Égypte. Ainsi affublé, le roi ne peut se confondre avec aucun de ses sujets.
Les recherches archéologiques portant sur les nécropoles d’Abydos et de Saqqarah confirmeraient que ce sont bien les deux dynasties thinites qui jetèrent les bases de la monarchie de droit divin et de l’administration centrale.
Voir aussi : Le couronnement | La fête Heb-Sed - fiches détaillées
Art et architectureL’art des deux premières dynasties est celui qui met réellement en place les conventions de l’art égyptien, en parallèle avec l’émergence du système politique et social. On connaît à la fois une architecture funéraire qui se développe et un mobilier funéraire varié. Les conventions du dessin sont arrêtées (représentation des différents motifs sous l’angle le plus reconnaissable : œil de face, visage et nez de profil…). La pierre fut pour la première fois utilisée principalement pour la sculpture. L’architecture progresse avec, en particulier, la généralisation de la voûte à encorbellement, inaugurée sous le règne de Kâ, dernier pharaon de la Ire dynastie (la grande galerie de la pyramide de Khéops à Gizeh (Rostja), bâtie sous la IVe dynastie, en comportera d’ailleurs une). L’architecture funéraire, qui jusque-là n’utilisait que la brique et le bois, commence à intégrer des éléments en pierre, notamment pour les encadrements de portes, les herses condamnant les passages ou les appartements souterrains creusés dans la roche. La sépulture de Khâsekhem, dernier pharaon de la IIe dynastie, à Abydos comporte un caveau dont les parois sont entièrement recouvertes de calcaire. Imhotep, l’architecte de Djoser, deuxième souverain de la IIIe dynastie, étendra l’emploi de la pierre à la totalité de l’édifice funéraire.
Vases encore scellés Tombe de Khâsekhem(oui), IIe dynastie Musée égyptien du Caire
L’écriture et les textesCette époque voit naître l’une des plus grandes inventions de l’humanité, celle de l’écriture qui se révèle être un outil formidable pour la gestion des biens. Elle apparaît déjà comme très élaborée, avec toute sa panoplie de signes hiéroglyphiques dont la naissance est considérée comme un emprunt à la Mésopotamie. En réalité, ce système est le résultat d’une lente évolution amorcée bien avant les Ire et IIe dynasties. Dès 3800 avant notre ère, apparaissent des motifs décoratifs qui deviendront des hiéroglyphes. Leur signification ne sera comprise que bien plus tard par Champollion qui parvient à décrypter la pierre de Rosette. L’utilisation du papyrus et des hiéroglyphes s’est développée, et l’écriture, qui permettait de tenir des registres, a largement contribué à centraliser le gouvernement. Ce dernier a également commencé à mesurer les crues du Nil et à gérer directement le travail agricole. Un calendrier fondé sur le mouvement du soleil fut élaboré.
Juste avant l’apparition de la Ire dynastie, une trentaine de signes sont attestés. Leur nombre s’accroît sous la Ire dynastie, comme en témoignent les tablettes et les stèles funéraires. L’utilisation de feuilles de papyrus est certaine dès cette époque, ce qui prouve que les Égyptiens disposaient de ce qui était nécessaire à la pratique élaborée de l’écriture. Ce développement se poursuit bien évidemment sous la IIe dynastie. Le hiératique, forme cursive du hiéroglyphe, apparut alors. On trouve des textes non seulement sur des étiquettes comptabilisant les stocks de matière première, mais aussi sur les stèles royales et celles des particuliers, éternisant le nom, élément essentiel de la personnalité. Des papyrus médicaux font également fait leur apparition. La vie religieuse et le rituel monarchique ont une grande importance. Inscrits sur des tablettes, des textes brefs mentionnent les rois et les événements marquants : célébrations de fêtes, consécration de statues et de temples…

À la fin de la période thinite, l’Égypte a encore une fois été réunifiée. L’invention de la roue de potier a permis de réaliser des ouvrages en céramique plus solides. Le commerce avec les pays voisins a permis au pays de se procurer des biens et des matières premières. En outre, en raison du conflit entre Khâsekhemwy et Peribsen, Horus fut fermement établi comme la divinité des pharaons. Les principaux dieux égyptiens sont attestés et les conventions de l’art sont fixées.
La dualité, symbole fort de l’Égypte unifiée, prend corps. Elle sera le principe fondamental qui guidera la société égyptienne et expliquera la longévité de cette civilisation.
Inaugurant l’Ancien Empire, Djoser, fondateur de la IIIe dynastie portera brusquement à son sommet le « miracle égyptien » que l’Époque Thinite vient d’esquisser. Voir aussi dualité, fiche détaillée
Pendant ce temps là …Article tiré du logiciel « histoire.exe » de Patrice Henrio -
Le monde à la période Thinite
Mésopotamie (-3100 à -2600) : Le temps des hérosLa Mésopotamie, « pays entre les fleuves », a vu émerger entre le Tigre et l'Euphrate les premières inventions cruciales pour l'humanité, en particulier l'écriture. Cette région très riche abrite plusieurs civilisations néolithiques qui se sont succédées. Peu de temps avant la période historique, on trouve la période de Jemdet Nasr (-3100 à -2900). L'ébauche des Cités-États des temps historiques s'amorce durant cette période qui est caractérisée par une céramique peinte élaborée. On a retrouvé aussi remontant à cette époque plusieurs tablettes inscrites. Elle est suivie de la période dite Dynastique Archaïque (-2900 à -2334) qui verra se constituer une multitude de Cités-États dont l'autorité ne dépasse guère les environs proches de celle-ci. Pour le Sud de Sumer (Our, Lagash, Uruk…) le gouvernement est essentiellement religieux. Pour ce qui concerne le Nord (Kish, Mari, Akshak, Ebla…), les États sont plus étendus, même s'il est difficile d'en préciser les limites. Les pouvoirs religieux et civils sont distincts et il n'y a pas de confusion entre le palais et le temple. Les souverains sont nommés « en » ou « ensi » (seigneur), et l'on retrouve ce terme dans beaucoup de noms de personnages (En-Mebaraggesi) ou encore « lugal » qui veut dire roi (Lugal-Zaggesi). Kish, au Nord du pays de Sumer, est la première cité à exercer la royauté après le Déluge d'après la tradition sumérienne. Les listes dynastiques, pour les débuts de la royauté, mêlent les rois réels et mythiques en leur attribuant des règnes de plusieurs siècles. Elles ont été écrites vers -1800 pour justifier la prise de contrôle de toute la Mésopotamie par une seule cité. Cependant des souverains importants et attestés par les fouilles archéologiques sont ignorés de ces listes comme ceux de Lagash par exemple. Après une liste de rois, ayant régné chacun pendant des siècles, on trouve à Kish, les rois Enmebaraggesi puis Agga qui sont connus à la fois par les chroniques mésopotamiennes et par des trouvailles archéologiques. Le dernier roi de Kish, Agga, est vaincu par Gilgamesh d'Uruk, et d'après les chroniques, la souveraineté passe à cette dernière ville.
Élam (-3100 à -2080) : L'époque proto-élamiteL'Élam est le pays du haut plateau iranien. Sa civilisation est aussi ancienne que celle de la Mésopotamie et fortement inspirée par elle. Son écriture est empruntée à celle de Sumer, même si la langue est fondamentalement différente. Les premières civilisations de l'Élam, dites proto-élamites, ont beaucoup de points communs avec les civilisations mésopotamiennes, tant au niveau de la céramique que des cylindres-sceaux. Une dynastie élamite a été reprise dans les listes royales mésopotamiennes : Awan. L'Élam a été à de nombreuses reprises sous la domination des cités et royaumes mésopotamiens avant de se gouverner indépendamment et même d'imposer son protectorat et son arbitrage dans les conflits futurs (après -2000).
Inde (-3100 à -1500) : La vallée de l'IndusBien que l'écriture de la civilisation de l'Indus n'ait pas été déchiffrée, les recherches archéologiques nous renseignent sur son organisation. Les fortifications de la plupart des villes étaient plus destinées à contenir les inondations dues aux crues des rivières. On ne trouve pas de traces de conflits. La civilisation de l'Indus semble avoir été un ensemble de Cités-États, chaque région ayant sa ville principale comme en Mésopotamie : Mohenjo-Daro et Harappa sont les plus connues. Il existe certaines différences régionales majeures, par exemple dans les activités économiques, le traitement des morts ou les structures religieuses (comme le grand bain de Mohenjo-Daro ou les autels de feu de Kalibangan). Néanmoins, on en retire une impression générale d'uniformité culturelle. Tous les centres habités, à l'exception des petits villages, possédaient une citadelle regroupant des bâtiments religieux et administratifs, et une ville basse résidentielle comportant de petits ateliers et des entreprises industrielles plus importantes dont la production était diffusée dans toutes les régions de l'Indus.
Grèce (-2800 à -1500) : La Crète et les CycladesLa civilisation crétoise appelée minoenne, du nom du roi légendaire Minos, se caractérise par des palais et des villes non fortifiées, ce qui indique une civilisation marchande et non guerrière. La céramique, l'orfèvrerie et la métallurgie crétoise étaient recherchées dans toute la Méditerranée orientale. Le palais de Cnossos, le plus célèbre de cette civilisation, montre l'organisation des royaumes crétois : le souverain contrôle l'utilisation des excédents agricoles et prélève une taxe en nature sur toute production ou importation, ces produits sont stockés dans le palais et redistribués ensuite selon les besoins. Les minoens inventent vers -1900 une écriture qui n'est pas encore déchiffrée. D'autres centres, moins importants, apparurent également :: c'étaient de grands domaines agricoles et des villes qui étaient dirigés sur place par un gouverneur. La vie minoenne était très marquée par les activités et les croyances religieuses. Le culte se tenait dans des sanctuaires isolés et les chapelles des palais. Les figurines et les fresques reflètent de façon très vivante la vie minoenne, tandis que les poteries peintes rendent compte de l'intérêt des Crétois pour la mer. Le commerce maritime s'étendait jusqu'en Égypte et à Chypre. Des sites apparurent sur nombre de petites îles égéennes qui, bien que certainement indépendants, étaient fortement imprégnés de la culture minoenne : la civilisation de ces îles est appelée cycladique. La plus connue est Thêra (Santorin), dont les habitations ornées de fresques ont été épargnées pour le futur par une éruption volcanique dévastatrice. En Grèce même, les invasions indo-européennes vont supplanter les civilisations pré-hélladiques à partir de -2000. Elles vont durer 1000 ans. Ces invasions se déroulent en plusieurs vagues : Ioniens, puis Éoliens et Achéens, ensuite Thraces, Illyriens et enfin Doriens. Chaque vague repoussant la précédente. Ces tribus sont à l'origine de la civilisation mycénienne qui au début sera sous l'influence des minoens. Cette domination est rapportée dans le mythe grec du Minotaure et plus généralement par l'importance que la Crète occupe dans la mythologie grecque.

 | |  | | | Pour mémoire Précédée par la « Période Prédynatique », la Période Thinite (appelée aussi époque archaïque) est suivie par la période appelée « Ancien Empire ». Elle tire son nom de la ville de Thinis (ou This), près d’Abydos, d’où étaient originaires les pharaons la Ire dynastie.
RepèresDatationLa Période Thinite s’étend de 3100 à 2700 avant notre ère.
Dynastie(s)Cette période compte deux dynasties : la Ire et la IIe.
Ire dynastie IIe dynastie- Narmer/Ménès, Aha, Djer, Djet, Ouadji, Den, Andjib, Semerkhet, Kâ - Hotepsekhemouy, Rêneb, Ninetjer, Ouneg, Sened, Peribsen, Khâsekhem Capitale(s) : D’abord à This, elle est ensuite déplacée à Memphis lors de l’unification complète du pays.
Faits importantsLe pharaon Narmer/Ménès unifie les « Deux Terres ». La Haute et la Basse-Égypte forment alors un seul et même pays. C’est à partir de ce moment que l’ensemble du système égyptien se met en place (administration, religion,…).
Politique et militaire» Les rites du couronnement royal et ceux de son renouvellement (fête Sed) sont arrêtés. » La royauté s’affirme théocratique, l’État est centré sur le roi.
Architecture» Tombes (mastabas) royales à Saqqarah (Basse-Égypte) et Abydos (Haute-Égypte).
Sculpture et arts décoratifs» Stèle du Roi serpent (Louvre). » Palette de Narmer (Le Caire). » Vases en pierre dure.
Vie sociale et intellectuelle» Fondation de la ville dite le Mur blanc (future Memphis), à la base du Delta. » Développement de l’écriture hiéroglyphique. » Apparition du calendrier. » Développement de pratiques religieuses officielles. » Ptah est le principal dieu de Memphis. » Apparition de l’écriture hiératique.
Relations extérieures» Première relation commerciale avec Byblos (Liban) pour l’achat de bois de conifères. | |  | |  |
 Notice documentaire panthéonn.m. du grec pan, tout et théos, dieu. Un panthéon est un temple que, dans l’Antiquité, Grecs et Romains consacraient à tous leurs dieux. Par extension, le mot désigne l’ensemble des dieux d’une religion. Le panthéon égyptien est l’un des plus imposants du monde. Un monument consacré à l’inhumation ou au culte des “grands hommes” peut aussi être appelé un panthéon.
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Catégorie / Titre : Un peu d’histoire / Période Thinite
Date de création : 05/11/2007 - 10:32 -¤-
A été modifié le : 24/03/2010 - 11:46
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