 Un peu d’histoire » L’Égypte pharaonique : Pharaons et Reines
Qui est Pharaon ?
Présentation - Histoire - Roi ou Pharaon ? - Emploi du mot pharaon - Pharaon… Dieu ou homme ? - Pharaon est un sage et un savant - Une cour prête à tout - En résumé
Présentation Ne cherchez pas dans l’Histoire de France un personnage équivalent au souverain de l’Égypte ancienne. Certes, le roi de France se réclame de Dieu et est l’oint du Seigneur. Mais il n’est pas son fils, crontrairement au roi d’Égypte, qui se place sur un pied d’égalité avec les dieux. De quoi créer la distance avec ses sujets.
Selon la légende, l’Égypte fut longtemps gouvernée directement par les dieux. Puis, ils se retirèrent dans leur monde et désignèrent un humain - considéré comme un dieu - pour régner sur le pays à leur place : Pharaon, Horus sur terre. Les Égyptiens étaient persuadés qu’il pouvait changer le cours du Nil ou avoir une influence sur les récoltes, et le vénéraient même après sa mort.
Dès sa formation, à la fin du IVe millénaire avant notre ère, le Double-Pays a mis sa destinée entre les mains de Pharaon. Celui-ci, intercesseur auprès des dieux, est, à leur image, paré de vertus surnaturelles. Un être sacré et intouchable.
Pharaon : voilà un mot qui réveille un lointain passé endormi sous la poussière du temps, un nom qui naît à l’époque des pyramides lorsque se structure l’administration pharaonique. Pharaon, c’est le mot qui symbolise le plus la puissance et le mystère de l’Égypte. Défiant les millénaires, il évoque les grandes figures qui ont façonné l’histoire de l’Antiquité : Narmer, Djoser, Khéops, Khéphren, Aménophis, Sésostris, Thoutmosis, Akhénaton, Toutankhamon, Séthi, Ramsès.
Le pharaon se lavait, s’habillait, mangeait selon des rites particuliers et rendait chaque jour un culte à ses ancêtres. Tout le monde s’agenouillait en sa présence. Mais rien de ce qui concerne le pharaon n’est ordinaire. À commencer par sa naissance et son couronnement. Les dieux se mobilisent, les temples se mettent en fête…
De nombreuses épithètes qualifient le monarque égyptien, Pharaon : Faucon divin, Horus des vivants, Dieu bénéfique, Seigneur des Deux Pays, Maître de l’activité, Sperme divin, Maître des Victoires, Taureau puissant, Asservisseur des Neuf Arcs, et bien d’autres encore.
 | Tu es le fils charnel du dieu-soleil Rê, la plus haute des divinités. Tu es tout-puissant sur terre. Tu es Pharaon qui en égyptien veut dire « Grande Demeure ». Chef spirituel et souverain, intermédiaire entre le ciel et la terre, tu es le garant et le responsable de la bonne marche du monde. |  |
Histoire Quoi de plus emblématique que l’institution pharaonique ? L’Égypte ancienne lui doit son exceptionnelle stabilité et son originalité. Né au IVe millénaire avant notre ère, le pays des pharaons apparaît comme le plus vieil État de l’humanité. À sa tête un monarque, qui règne sans partage sur un immense territoire unifié. Le contraste est fort avec ses contemporains du Proche-Orient et de l’Afrique, où les cités-États et les principautés côtoient des tribus et des chefferies.
Il est bien difficile de dater avec précision les débuts de l’histoire pharaonique, tant les témoignages de cette période sont peu nombreux et se confondent avec l’aube de l’Histoire (et donc de l’écriture). La tradition égyptienne faisait de Narmer (Ménès en grec) l’unificateur du pays (alors divisé en deux royaumes) et le premier des pharaons humains après le règne des suivants de Horus. Des témoignages archéologiques, comme la palette de Narmer, semblent confirmer l’unification du pays aux alentours de -3100, mais les égyptologues pensent que l’institution pharaonique pourrait lui être antérieure.
Le dernier pharaon autochtone est Nectanébo II (-360/-342) de la XXXe dynastie. Les empereurs romains s’affirmeront les successeurs légitimes des pharaons, mais on s’accorde à dire que l’ultime représentant de l’institution pharaonique proprement dite est le dernier Lagide, Césarion (Ptolémée XV), le fils de César et Cléopâtre.
Emblème de la civilisation égytienne durant 3 000 ans, Pharaon, est un personnage hors norme dont l’aura est empreinte de puissance et de mystère. Omniprésent, incontournable, homme d’État à la tête d’une administration efficace, guerrier valeureux, bâtisseur d’exception, sacré et humain à la fois, il est le souverain et dieu qui symbolise de tous temps la puissance et le mystère de l’Égypte.
Roi ou Pharaon ? Il n’est pas douteux que les pharaons sont des rois. Transmis par la Bible, le mot pharaon dérive de l’expression égyptienne per, « la maison, le temple », et aâ, « grande ». Sous l’Ancien Empire, le terme per-aâ designe à la fois le palais royal (en tant qu’institution) et celui qui l’habite. C’est au Nouvel Empire, sous Thoutmosis III, qu’il est venu à s’appliquer de façon plus restrictive à la personne du roi et non plus au palais royal.
Per + aâ = « grande maison », « le grand temple » ou encore, par extension, « cour » (le roi et sa cour) = Pharaon. Comment toutefois se passer de l’appellation de « pharaon », si évocatrice ? Aussi, tout au long de cet “ouvrage”, j’utiliserai indifféremment l’une et l’autre dénominations. En revanche, je préfère le terme de « reine » à celui, peu élégant, de « pharaonne ».
L’apparence (Pharaon est représenté plus grand que le commun des mortels), les attributs, les activités, et l’ensemble de la personnalité du pharaon sont hautement codifiés et ritualisés.
Son destin de souverain lui est attribué au moment de la conception, mais l’aura divine du pouvoir ne descend sur lui qu’après la mort de son prédécesseur et l’observation du rituel approprié. À la mort du roi, son esprit monte au ciel et fusionne avec son père, le soleil.
Emploi du mot « pharaon » Extrait d’un article de , l’encyclopédie libre
La Bible et « Pharaon » Dans la Bible, six rois égyptiens sont appelés Pharaon. Ce barbarisme vient d’une méconnaissance de l’histoire égyptienne par les rédacteurs juifs de ce livre. Flavius Josèphe, un prêtre et historien juif du Ier siècle, originaire de Jérusalem, écrivait :
 | D’aucuns se seront demandé pourquoi tous les rois égyptiens, depuis Minaeos (Ménès), le fondateur de Memphis (Men-nefer), qui précéda de beaucoup d’années notre ancêtre Abraham, jusqu’à Salomon, dans un intervalle de plus de treize cents ans, ont été appelés Pharaon (Pharaôthès) ; aussi ai-je jugé nécessaire, pour dissiper leur ignorance et éclaircir l’origine du nom, de dire ici que Pharaon chez les Égyptiens signifie roi. Je crois qu’à leur naissance ils recevaient d’autres noms, mais dès qu’ils devenaient rois, on leur donnait le titre qui désigne leur puissance dans la langue nationale. C’est ainsi que les rois d’Alexandrie, d’abord appelés d’autres noms, recevaient à leur avènement au trône le nom de Ptolémée, d’après celui du premier roi. De même, les empereurs romains, après avoir porté d’autres noms de naissance, sont appelés César, titre qu’ils tiennent de leur primauté et de leur rang, et abandonnent les noms que leur ont donnés leurs pères. Voilà pourquoi, je suppose, Hérodote d’Halicarnasse, quand il raconte qu’après Minœos, le fondateur de Memphis, il y eut trois cent trente rois d’Égypte, n’indique pas leurs noms, parce qu’ils s’appelaient du nom générique de Pharaon. |  |
L’emploi de Pharaon en tant que nom se retrouve dans des passages bibliques sous la forme « Pharaon, roi d’Égypte ». L’utilisation d’une majuscule et l’absence d’article défini (une exception) montre que le mot y était perçu à l’origine comme un nom propre et non pas comme le titre du souverain de l’Égypte.
« Pharaon » avant Champollion Charles Rollin publia en 1730 Histoire ancienne, les souverains de l’Égypte y sont des rois. Pharaon est absent également dans l’œuvre monumentale des savants de Bonaparte, la Description de l’Égypte (1821). Pour L.-P. de Ségur, Histoire Universelle ancienne et moderne p.47 (1822), Pharaon est un roi égyptien qui donna sa fille en mariage à Salomon, roi d’Israël.
Une recherche dans les livres publiés en France, avant le début du XVIIIe siècle, montre que pharaon a uniquement été utilisé dans des contextes d’inspiration biblique [1]. En langue française, “pharaon” était donc confiné aux textes inspirés de thèmes religieux. Dans tout autre texte le souverain de l’Égypte était un roi.
Champollion et « Pharaon » Jean-François Champollion fut le premier à se servir du mot en dehors du contexte biblique. Depuis la publication en 1814 de Champollion, L’Égypte sous les Pharaons, “Pharaon” est utilisé par les auteurs comme titre des rois d’Égypte. En 1822, dans la lettre à Monsieur Dacier c’est “roi” qui est utilisé. Il ne trouvera toutefois jamais l’équivalence entre per-aâ et pharaon, mais il reprend l’utilisation de pharaon après 1822. Champollion ne donna jamais d’explication pour l’emploi de ce barbarisme, pardonnable pour l’époque.
Emploi de « pharaon » chez les Égyptiens de l’époque dynastique En 1856, Emmanuel de Rougé proposa une réponse satisfaisante où “pharaon” vient du mot égyptien pour désigner le palais gouvernemental (per-aâ). À partir d’Akhénaton, “Pharaon” en écriture hiéroglyphique sert à désigner le roi. Ne manquant pas de titres et de désignations, pour quels motifs Akhénaton a-t-il utilisé “Pharaon” pour se désigner Cela demeure un mystère. C’est peut-être par complaisance envers l’armée, la prêtrise et l’administration qui utilisaient déjà ce mot dans leurs propres titres ou bien a-t-il vu dans per-aâ le point de départ de son enseignement religieux, de son rayonnement.
Les Égyptiens rapprochaient les mots ayant les mêmes consonnes, ils y voyaient là l’écho sonore de l’énergie essentielle qui suscita l’univers. Pharaon (per-aâ) et Le Dieu Soleil (pa-râ) ont les mêmes consonnes, le mot soleil Râ se trouve au milieu de per-aâ, c’est peut-être là que se trouve la réponse. Les lettres d’Amarna en témoignent, les vassaux d’Akhénaton l’appelaient « mon soleil ». Nous retrouvons là les propositions d’Ippolito Rosellini et d’Emmanuel de Rougé pour l’origine de pharaon.
Pendant tout le Nouvel Empire la désignation “Pharaon” n’est jamais suivie du nom du souverain, c’est une alternative moins employée de majesté.
Certains égyptologues, comme Christiane Desroches Noblecourt, font remonter la première attestation de per-aâ, au sens de « pharaon », à l’an XII du règne conjoint de la reine Hatchepsout-Maâtkaré et de son neveu, Thoutmôsis III-Menkhéperrê [2]. Elle est ensuite employée pour désigner Thoutmôsis seul. Pour d’autres égyptologues, cette attestation remonterait à l’époque de Ramsès II ou de Ramsès III.
Pendant la IIIe période intermédiaire et la Basse Époque, les rois sont étrangers ou vassaux et certains ne parlent pas l’égyptien. À cette époque, “pharaon” est associé occasionnellement au nom de naissance du roi. Le premier sera Siamon, suivit de Sheshonq Ier à titre posthume. L’écriture démotique prend naissance, “Pharaon” devient le mot pour dire « le roi » (beaucoup d’historiens préfèrent assimiler le titre de Pharaon à celui d’empereur ce qui, semble-t-il, correspond mieux à la réalité), le mot “Pharaonne” (le titre de grande épouse royale était plus utilisé que le terme Reine) est inventé pour désigner la reine son épouse.
Pendant la période des Ptolémées, le souverain est surtout un basileus. Ptolémée II voulait que ses tribunaux connaissent les lois régissant les différents groupes ethniques de son royaume, pour les juger selon leurs coutumes. À sa demande impérative, les juifs d’Égypte traduisirent en grec leurs lois et auraient introduit à cette époque le mot “Pharao” dans cette langue à partir de l’hébreu. C’est ce mot “Pharao” qui deviendra « Pharaon » en français en passant par le latin chrétien.
Les souverains romains, à qui l’Égypte appartenait en propre, furent représentés par un préfet et de ce fait reçurent le nom de “Pharaon” dans leur titulature. Ce nom, déterminé par les prêtres égyptiens, était le plus approprié pour définir leur programme de règne qui était laissé à l’initiative de l’institution impériale locale, dont le responsable changeait souvent et résidait au palais gouvernemental.
Développé au IIIe siècle de notre ère, le copte est la dernière forme de l’écriture égyptienne. Le mot pour roi y est (p)rro, le mot pour pharaon est pharaw ; l’utilisation de ces deux mots dans un même texte démontre que les Égyptiens n’en connaissaient plus l’origine commune.
Emploi de « Pharaon » chez les Égyptiens de l’époque moderne En langue arabe, c’est surtout le Coran qui utilise “Pharaon”. La nécropole thébaine s’appelle Biban-el-Molouk que nous traduisons par « la vallée des rois ».
Au XVIIIe siècle, “Pharaon” était signalé par le consul de Louis XIV en Égypte comme étant un terme injurieux. H. Fischer rapporte que c’est encore un terme méprisant pour les Égyptiens de notre époque, un équivalent de « diable ». Le mot est utilisé depuis au moins le XVIe siècle dans le surnom de l’ ichneumonichneumon Petit rongeur semblable à la mangouste indienne, qui tue les serpents et détruit les œufs de crocodile. L’ichneumon et la musaraigne étaient des animaux sacrés du dieu-Soleil. L’on a retrouvé de nombreuses statuettes de bronze représentant ces animaux. : rat de Pharaon.
Dans le livre de F. Caillaud de 1821, Voyage à l’oasis de Thèbes, un type de coquillage trouvé sur la mer Rouge est appelé « coquille de Pharaon ». Dans ce livre l’auteur n’emploie jamais le mot “pharaon”, mais il est vrai que le récit ne s’y prête pas ; comme tout le monde il parle de « vallée des rois ». Dans ses livres suivants, Voyage à Méroé publiés en 1826-1827, il emploi le titre “Pharaon” devant un nom de roi. Entre les deux publications, le monde chrétien savait que la clé de l’écriture égyptienne était trouvée.
Pharaon… Dieu ou homme ? Pour bien appréhender le caractère divin de Pharaon, il nous faut faire un petit retour aux sources mêmes de l’Histoire égyptienne. Au début des temps, Rê-Atoum, issu du Noun, règne sur la terre. Cependant, fatigué de la méchanceté des hommes et las de leurs révoltes incessantes, il décide de monter au ciel léguant ainsi sa royale charge à l’un de ses descendants Geb. Ce même Geb, à son tour, offre la royauté en héritage à Osiris, son fils, qui l’abandonne après bien des malheurs à son fils Horus.
En savoir plus : Un peu de mythologie » Mythes de la Création et Le Mythe osirien
On peut situer la naissance de la monarchie vers 3100 av. J-C. et, tout au long de l’histoire de l’Égypte antique, l’État se confond avec le roi lui-même. À partir de la Ve dynastie, pharaon devient « fils de Rê » (le dieu-soleil) l’ainé et le plus sage des dieux, mis au monde et allaité par les dieux. En tant qu’Horus vivant, il est comme lui fils d’Osiris. Héritier du démiurge, Pharaon occupe une place particulière dans la création, car il est l’intermédiaire entre la puissance créatrice (ses ancêtres surnaturels) et son peuple. Représentant de toutes les divinités sur terre, il est chargé de prolonger leur œuvre. Quand on appelle Pharaon « dieu », ce n’est pas l’individu mortel qui est désigné, mais la fonction, d’origine divine, qu’il doit accomplir.
Un homme d’exception pour une fonction divine En conclusion, s’il est vrai que le roi est désigné dans les documents cultuels et religieux par le terme neter (ou netjer), traduit traditionnellement par « dieu », une étude plus précise révèle que le souverain n’est dieu justement que dans le cadre de l’exécution des rites. Délégué divin des dieux plus que dieu lui-même, il est obligé de rester dans la dépendance des divinités supérieures. Ainsi, si la monarchie en tant que fonction est permanente et divine, le roi, qui l’occupe momentanément, n’en demeure pas moins fondamentalement homme, même s’il reste un homme d’exception.
Il n’en fallait pas plus pour établir, progressivement, le protocole royal. Cette titulature commence à être définie dès l’époque archaïque pour être peaufinée à l’Ancien Empire et atteindre sa maturité au Moyen Empire.
Pharaon est un sage et un savant
Pharaon devait savoir lire et écrire parfaitement les hiéroglyphes. Pour cela, il allait dans une école appelée « maison de vie » mettant à sa disposition une vaste bibliothèque où étaient rassemblés des papyrus littéraires et scientifiques. On disait de pharaon : « Il sait tout ce qui se produit, il n’y a rien qu’il ignore, car il est Thot ». Thot, le dieu à tête d’ibis, avait révélé aux hommes l’usage des hiéroglyphes et était le maître de toutes les sciences. En s’identifiant à lui, Pharaon devenait un sage et un savant.
 | Tu possèdes des millions d’oreilles, lui disait-on, ton œil brille plus que les étoiles, tu vois mieux que le disque solaire. Même prononcée dans une caverne, une parole parvient à ton oreille. Tu es comme le soleil, tes rayons pénètrent dans l’endroit le plus obscur. |  |
Pharaon possédait deux qualités fondamentales : sia, l’intuition qui lui permettait de connaître l’intérieur des êtres et des choses ; hou, le verbe créateur, qui rendait efficaces ses paroles et ses actes.
L’écriture des dieux Sur une paroi du Ramesseum (illustration ci-dessus), le “temple des millions d’années” de Ramsès II, le dieu Thot, à tête d’ibis, remplit sa fonction de maître de l’écriture sacrée en dessinant des hiéroglyphes, « les paroles des dieux ».
Une cour prête à toutBenoît Merlin pour Le Monde des religions, Les religions de l’Égypte ancienne : le pharaon, 20 clés pour comprendre, Hors série n°1
Craint et adulé tout à la fois, Pharaon monopolise les attentions. Ses serviteurs l’éventent. Les textes égyptiens rapportent que l’on s’approchait du roi en « flairant la terre » et en « se traînant sur le sol » ! Qui le touche sans y être autorisé risquait la peine de mort. La cour se damne pour approcher le roi, mais pas question de passer outre l’étiquette : plus son rang est élevé, plus le courtisan peut s’approcher du pharaon. Dans cette optique, les mieux lotis sont les personnages qui portent le titre de sémer ouâty (« amis uniques »), qui constituent son entourage et ses conseillers en toutes occasions.
Le peuple, lui, s’arrête aux portes des palais, créant parfois des situations cocasses : au Nouvel Empire, les colosses érigés aux portes des temples faisaient l’objet de cultes car ils étaient censés transmettre les requêtes du peuple au roi. Des stèles mettent en scène le colosse à qui les gens rendent hommage et soumettent des prières ; le roi, parfois présent, répond par des distributions d’or ou de récompenses diverses, tandis que la foule acclame l’un et l’autre…
Malgré cette déférence, les Égyptiens gardent leur sens critique, nombre de contes satiriques placent le souverain dans des positions peu flatteuses, et n’hésitent pas à brocarder leur monarque s’il ne remplit pas concenablement sa fonction. Ils inventent même la grève ! Durant la XXe dynastie, les ouvriers chargés de construire la tombe du roi ne touchaient plus leurs salaires. Ils manifestèrent et bloquèrent les travaux. En l’occurence, c’était une grêve idéale puisque le premier à en souffrir était… le roi lui-même !
En résuméCopyright © Corinne Smeesters,
Pour les Égyptiens, le pharaon, de nature à la fois divine et humaine, est la figure centrale de l’État monarchique tant au niveau réel qu’au niveau imaginaire. Il est directement responsable de tout ce qui se passe sur terre et se doit d’assurer la survie et le bien-être de la population.
 | Associez sa Majesté à vos pensées car il est SIA qui est dans les cœurs ; ce sont ses yeux qui scrutent tous les corps. C’est le dieu Rê, lui qui voit par ses rayons, lui qui illumine le Double Pays plus que le disque solaire ; lui qui fait verdir la terre plus que le fleuve en crue, après avoir rempli le Double Pays de force et de vie. Son nez est glacé lorsqu’il se met en colère ; quand il est calme, on peut respirer. Il donne de la nourriture à ceux qui le servent et il est généreux pour celui qui suit son chemin. Le roi, c’est la nourriture ; sa bouche, c’est l’abondance. Celui qui sera est sa création : c’est Khnoum pour tous les individus, engendreur qui crée l’humanité. C’est Bastet, celle qui protège le Double Pays. Celui qui le respecte, son bras le protégera. C’est Sekhmet pour celui qui a transgressé ce qu’il a ordonné ; celui qui est haï par lui sera dans la misère. |  | | | Extraits d’une stèle de Se-hotep-ib-rê (Caire 20538), en provenance d’Abydos | |
[1] F. de Chantelouve, Tragédie de Pharaon (1574) ; Pierre de Ronsard, Sonnet pour Hélène (1578) ; Théodore Agrippa d’Aubigné, Les Tragiques (1616) ; Jacques Bénigne Bossuet, Histoire Universelle (1681) ; Ch. De Brosses, Du Culte des dieux fétiches (1760) [2] Christiane Desroches Noblecourt La reine mystérieuse Hatchepsout p. 134 » Infos complémentaires sur de J-F Bradu
 Notice documentaire celui qui appartient au roseau et à l’abeille» Pourquoi l’abeille ? Parce qu’elle produit le miel, une nourriture très énergétique dont la couleur ressemble à celle de l’or. L’or, selon les mythes, était la chair des dieux ; et Pharaon devait agir à la manière d’un dieu pour nourrir son peuple, en faisant passer l’intérêt général avant les intérêts particuliers. Ce qui est utile à la ruche n’est-il pas profitable à chaque abeille ? » Pourquoi le roseau ? Parce qu’il avait de multiples usages : on le consommait ; il servait à fabriquer nattes, sandales et bateaux légers ; il était proche du papyrus, utilisé par les Égyptiens comme une sorte de papier. Abeille et roseau, Pharaon était donc l’être utile par excellence, à partir duquel tout pouvait être construit. ichneumonPetit rongeur semblable à la mangouste indienne, qui tue les serpents et détruit les œufs de crocodile. L’ichneumon et la musaraigne étaient des animaux sacrés du dieu-Soleil. L’on a retrouvé de nombreuses statuettes de bronze représentant ces animaux.
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Catégorie / Titre : Pharaons et Reines / Qui est Pharaon ?
Date de création : 24/02/2005 - 17:19 -¤-
A été modifié le : 12/12/2008 - 11:01
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