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Avant les pharaons


Panorama de plus de 5000 ans d’histoire en un clin d’œil !
» La culture de Nagada


Faisant suite au badarien (5000-3800), du village de Badari, la culture ou art de Nagada, du nom d’un site de Haute-Égypte (près de Karnak) regroupe la production artistique qui a lieu entre 3800 et 3000 avant l’ère chrétienne. L’art de Nagada est principalement connu grâce aux rituels funéraires. On remarque que déjà à cette époque la croyance en l’au-delà est important : bien que les morts ne soient pas momifiés, mais simplement déposés dans des fosses, les tombes recèlent un important matériel funéraire.



On divise généralement cette période ainsi :

  • Nagada I (3800-3500),   ou amratien  ;
  • Nagada II (3500-3200),  ou gerzéen  ;
  • Nagada III (3200-3000), ou sémainien  (dynastie 0).



Nagada I


Céramique

La production de céramique est sans doute le meilleur marqueur pour Nagada I. Il s'agit de vases de formes ouvertes, à fond rouge avec parfois des décors peints de couleur crème. Ces décors sont essentiellement géométriques (lignes droites, hachurages, zig-zags...) même si on connaît, sur la fin de la période, quelques représentations animales extrêmement stylisées.



Nagada I : une coupe avec ses aliments
Coupe de Nagada ICette coupe, rouge à bord noir, provient d’une tombe de la nécropole de Hémamieh, en Haute-Égypte.
Les aliments déposés à l’intérieur et destinés au défunt sont conservés.


Un autre production importante qui commence sous Nagada I et se poursuivra ensuite est celle de vases en forme de cornets, rouges à l'extérieur, mais aux bords noircis. Ils étaient en fait cuits retournés, les bords plongés dans la terre, ce qui les faisait noircir.



Pierre

La pierre est l'un des matériaux les plus basiques, pour les Hommes de cette période. Ils s'en servent pour faire des massues à tête plate, mais aussi des vases et des palettes pour broyer le fard.

Les vases de pierre ne sont pas décorés. Obtenus par abrasion, c'est à dire en frottant la pierre avec du sable, ils étaient sans doute l’œuvre d'artisans spécialisés.



Palette en forme de poisson, conservée au musée du Louvre à Paris
Palette en forme de poisson - Nagada I, Musée du Louvre - Paris


Les palettes, quant à elles, sont des objets plats, en schiste, de forme très simple : losanges étirés ou silhouettes animales (poissons, etc.). Il s'agit alors d'objets utilitaires : on a retrouvé sur certaines des traces de fards.



Figurations humaines

Comme dans d'autres régions du globe (Palestine, Anatolie, etc.), on assiste à cette période à la naissance des premières représentations humaines, en ivoire ou en terre cuite. Il s’agit toujours de personnages féminins, plus ou moins stylisés, qui pourraient correspondre à un culte de la fertilité. L'une des statuettes les plus célèbres est conservé au musée de Brooklyn. Avec des jambes à peines ébauchées, des hanches marquées et une taille fine, la Danseuse de Brooklyn a parfois été confondue avec une déesse-oiseau en raison de la stylisation de son visage. Cependant, actuellement, les spécialistes penchent plutôt pour un symbole de fécondité.



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Nagada II


La période de Nagada II correspond aux premières migrations artificielles et à la fondation de premières cités. Avec sans doute une spécialisation plus avancée, l'art se développe et se diversifie. On a toujours des vases de pierre polie, des éléments en lapis, des gobelets à bords noirs, mais des changement ont lieu, principalement dans les domaines de la céramique, des palettes et des figurines humaines.



Céramique

La différence la plus flagrante vis à vis de Nagada I est une inversion des couleurs : on peint désormais en brun violacé sur une céramique de couleur chamois. Les décors se diversifient : si les éléments non figuratifs se perpétuent, on assiste aussi à la naissance de scènes plus structurées, bien qu'énigmatiques : par exemple, un bateau avec un grand nombre de rames, deux cabines, un étendard et des personnages sur le pont. Cette figure, assez fréquente, a également été interprétée comme un village et ses palissades.



Une jarre décorée de gazelle et bateaux, conservée au musée du Louvre à Paris
Jarre décorée de gazelle et bateauxNagada II, Musée du louvre, Paris


Palettes

Les palettes changent de forme sous Nagada II : elles sont le plus souvent en forme d'écu (palettes scutiformes) ou de croissant (palettes Pelta). De plus, des décors plus élaborés voient le jour, comme par exemple un bord dentelé, d'où émergent deux têtes de serpent.



Figurines humaines

Les figurines ont une typologie très caractéristique. Il ne s'agit plus de personnages féminins mais d'hommes, debout, barbus, taillés dans des bâtonnets d'ivoire, avec parfois un sexe démesuré. On a généralement rapproché ces figurations de chefs de classes ou de groupes sociaux. Le fait qu'ils portent la barbe est des plus intéressants, puisqu'on retrouvera cet attribut du pouvoir dans tout l'art égyptien.



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Nagada III


Cette dernière phase correspond à un état de plus en plus centralisé, et visiblement à l'émergence d’une élite sociale (tombes plus luxueuses que d'autres).



Site de Hiérakonpolis

À Hiérakonpolis se trouvait un important regroupement de villages dans une enceinte, une nécropole de plusieurs dizaines de tombes et peut-être un temple archaïque en matériaux périssables (bois notamment). La tombe n°100, en briques crues contenait des peintures reprenant le thème du bateau des poteries de Nagada II, ainsi que des personnages flottant dans l'espace, un maître des animaux. Ces représentations sont d'une importance capitale pour le développement futur de l'art égyptien, puisqu'elles mettent en œuvre certaines caractéristiques essentielles qui se perpétueront dans les 3000 années à venir : aspectivité, c'est-à-dire représentation des hommes et des choses sans souci de réalisme, mais en montrant l'aspect le plus caractéristique ; les couleurs symboliques et la présentation plus ou moins en registres.



Couteaux

Les couteaux à lame de silex et manche d’ivoire sculpté existaient déjà à l’époque précédente, mais ils connaissent un développement extraordinaire à Nagada III.



Le couteau du Gebel el-Arak exposé au musée du Louvre à Paris
Couteau du Gebel el-ArakSur une face, des scènes de chasse avec chiens, lions et bouquetins. Sur l’autre, des scènes de guerre sur quatre registres, entre deux groupes ethniques différents. - Nagada III - Musée du Louvre, Paris
bouton+.gif Le Louvre vous en dit plus…


L’un des plus beaux est conservé au musée du Louvre : il s’agit du couteau de Gebel el-Arak, qui montre bien la maîtrise artistique des Égyptiens au IVe millénaire avant notre ère. Sur ce couteau (25,5 cm de longueur), retrouvé en Haute-Égypte, l’originalité des thèmes sculptés sur le manche témoigne à l’évidence d’une influence mésopotamienne.


Palettes

Les palettes changent beaucoup entre Nagada II et III. Il ne s'agit plus désormais d'objets utilitaires, mais d'objets historiés c'est à dire couvert de bas-reliefs. Cependant, souvent, une cupule centrale est conservée pour rappeler l'origine de la forme, comme on le voit sur la palette aux quadrupèdes du musée du Louvre, à Paris.



Palette aux quadrupèdes, conservée au musée du Louvre à Paris
Palette aux quadrupèdes
Nagada II ou dynsatie 0 - Musée du Louvre, Paris


La plus connue est sans doute la palette de Narmer, qui provient de Hiérakonpolis, et date de la toute fin de Nagada III, voire de la fameuse "dynastie 0". En effet, on aperçoit sur un côté le roi Narmer portant la couronne blanche de Haute-Égypte et sur l'autre le même pharaon portant la couronne rouge de la Basse-Égypte. Il s'agirait donc d'un objet symbolisant la réunion des Deux Terres, et donc la création du royaume égyptien. Narmer a été identifié à Ménès, le premier pharaon légendaire indiqué sur les listes connues.



Palette de Narmer
Palette dite de Narmer
Nagada III ou dynastie 0 - Musée égyptien, Le Caire


Cet article provient de l’encyclopédie libre Wikipédia  , l'encyclopédie libre.

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Petrie découvre l’Égypte préhistorique


En 1894, alors qu’il fouille le site de Nagada, l’archéologue anglais Flinders Petrie met au jour une vaste nécropole datant du IVe millénaire avant l’ère chrétienne. L’étude minutieuse de quelque trois mille tombes lui permet d’inaugurer les premières études sur la préhistoire égyptienne et de mettre sur pied une chronologie des époques prédynastiques.


Depuis des années, les égyptologues s’interrogent en vain. Ni les fouilles ni l’observation des monuments, pas plus que l’étude des textes, n’ont permis de retrouver la monidre trace de civilisations antérieures aux premières dynasties des époques préthinite et thinite, qui s’étendent de 3150 à 2700 av. J.-C. environ. Faute d’éléments concrets, les savants en concluaient que les premiers pharaons du Double Pays (l’Égypte unifiée) étaient venus de Mésopotamie pour s’installer dans la vallée du Nil.



Portrait de Flinders Petrie
Flinders Petrie


En mars 1894, l’anglais Sir William Matthew Flinders Petrie (1853-1942) fait une découverte qui va rendre cette hypothèses caduque.



Les trois mille tombes de Nagada


Figurine en ivoire de l’Égypte prédynastique
Figurine en ivoirede l’Égypte prédynastique attribuée à la culture de Nagada.
Walters Art Gallery, Baltimore

Flinders Petrie a installé son chantier de fouilles près du village de Nagada, que les anciens Égyptiens appelaient Noubt, « la ville de l’or ». La localité est aujourd’hui un marché important, Negadeh, situé en Haute-Égypte, à 35 km de louxor, sur la rive est du Nil, au débouché de l’Ouad Hammamat, qui relie le fleuve à la mer Rouge. À la lisière du désert, l’égyptologue met au jour une vaste nécropole, riche d’un mobilier funéraire abondant et de nombreuses poteries.

Les objets découverts sont très particuliers. S’ils sont incontestablement d’origine égyptienne, leur style est fondamentalement différent de tout ce qui a été trouvé jusque-là. Dans un premier temps, Petrie croit être en présence de sépultures d’envahisseurs libyens. Mais, au terme d’une observation attentive, il constate que cet établissement date de l’époque prédynastique. Le chaînon manquant entre la préhistoire égyptienne et les premières dynasties est enfin retrouvé. Au cours de l’été 1894, quelque deux milles tombes sont dégagées. Au final, Petrie en fera déblayer près de trois mille, s’étageant chronologiquement sur les quelques siècles qui précèdent l’époque historique.

L’égyptologue anglais fait dégager la nécropole selon une méthode révolutionnaire pour l’époque. Un premier groupe de fouilleurs repère les zones de terre meuble et déblaie le tour des tombes. Une seconde équipe d’ouvriers creuse ensuite les tombes jusqu’à ce qu’apparaissent les premières poteries. Puis, des ouvriers qualifiés enlèvent soigneusement la terre recouvrant les objets et les dépouilles des morts. Enfin, un fouilleur expert se charge du travail de finition et met au jour les ossements et les trésors des tombes.

Depuis ses premières recherches sur les sites archéologiques égyptiens, Petrie est convaincu de l’importance de l’étude des objets usuels.
On reconstruit l’histoire en se servant de preuves éparpillées et de tous les matériaux possibles, inscriptions, objets, emplacements, affirme-t-il.
Après avoir soumis les tombes de Nagada à un examen minutieux, l’archéologue entreprend un véritable travail de fourmi.



Les objets du quotidien éclairent l’histoire

Les poteries sont soigneusement reconstituées, puis classées selon leur usage supposé, leur forme, leurs décorations et la configuration de leurs anses. Grâce au grand nombre de sépultures ouvertes, Petrie dispose d’un abondant matériel.



La première chronologie des périodes protohistoriques

À partir de l’étude des poteries exumées, Petrie établit une chronologie relative appelée système « sequence dates » (données de séquence). Cette échelle chronologique se fonde sur l’observation de l’apparition, de la disparition, des filiations et des survivances des poteries étudiées. Le nagadien est divisé en quatre-vingts stades :
Amratien de 30 à 38 ¤ Gerzéen de 39 à 77 ¤ Ire dynastie 79
Par prudence, Petrie réserve les stades 0à 29 à des périodes antérieures qui pourraient être découvertes par la suite. Cette intuition scientifique se révéla judicieuse, puisque ses successeurs mettront effectivement en évidence la période du badarien, à laquelle seront affectés les stades 0 à 29. Le système de datation est affiné par la répartition des poteries en neuf classes en fonction de leur usage, de leur finesse et de leur type de décor.

Classement des poteries selon leur forme et leur aspect
Vase à décor rouge sur lequel on reconnaît un bateauVase à décor rougesur lequel on reconnaît un bateau. C’est à partir de la forme des anses que Petrie élabora la méthode des données de séquence. Classe R Poteries usuelles
Vases grossiers
 
Classe P Vases rouges polis À partir du badarien et tout au long du nagadien
Classe B Vases rouges à bord noir Pendant tout le nagadien
Classe F Vases d’une infinie variété (doubles ou triples, à bec, à formes animales Du début du nagadien j’usqu’au stade 73
Classe N Vases noirs à décors blancs incisés Pendant tout le nagadien
Classe D Vases rouge clair
Décor rouge violacé
Gerzéen
Classe W Vases à anses ondulées de couleur claire, généralement sans décor  
Classe L Vases de formes et de couleurs variées De la dernière période gerzéenne jusqu’à l’époque thinite


Au terme d’une analyse attentive, le savant anglais parvient à sérier l’ensemble des vases, qu’il date en fonction de l’évolution de leur style. Il considère cette première tentative de chronologie de la préhistoire égyptienne comme sa contribution majeure à la science égyptologique. Sa méthode de fouilles et de datation, tirant parti d’éléments en apparence insignifiants (tessons de poteries, bouchons de jarres...) permet de retracer l’histoire de la civilisation égyptienne de l’époque préhistorique à la période romaine.

Elle permet d’utiliser au mieux un matériel archéologique qui, sans dates, perdrait toute signification ; d’autre part, plus ce matériel est nombreux, plus les résultats seront précis. Il n’y a pas de raison pour que les temps préhistoriques, dont il reste de nombreux vestiges, ne soient pas traités avec autant de rigueur et d’exactitude que les périodes historiques dont on connaît avec précision les dates.
 Petrie, Méthodes et buts de l’archéologie, 1904 


Elle sera reprise par ses successeurs, qui l’appliqueront à de multiples sites de la vallée du Nil, et est aujourd’hui encore un critère valable pour la classification chronologique des pièces prédynastiques.



Palette en forme d’animal
Palette en forme d’animal relevant de la culture de Nagada.
Musée égyptien, Le Caire


Notice documentaire

amratien
Nom donné à la première phase de la culture de Nagada (Amratien = Nagada I) qui tire son nom de la localité d’El-Amra près d’Abydos, en Haute-Égypte, site où a été trouvé un important cimetière remontant à cette époque et au début du Nagada II.
  • Poterie à zigzag, quadrillées.
  • Vases rouge à bord noir et vases en pierre.
  • Couteau bifide et en silex.
  • Palettes en pierre.
  • Harpons en os.



gerzéen
Nom donné à la seconde phase de la culture de Nagada (Gerzéen = Nagada II). Elle tire son nom du site de Gerzeh, près de Meïdoum (au Sud du Caire), sur l’emplacement d’une nécropole qui constitua un terrain de fouille très riche. On y trouva un abondant matériel datant de plus de 3300 ans av. J.C., notamment des céramiques peintes et des palettes en schiste.
  • Vases à panse ronde.
  • Représentations humaines stylisées.
  • Culture de l'orge et du blé.
  • Élevage de chèvres , moutons , bovins.
  • Habitat dans des huttes en limon.
  • Tombe numéro 100 de Hiérakonpolis.



sémainien
Nom donné à la troisième et dernière phase de la culture de Nagada (Sémainien = Nagada III). Cette époque correspond à la période dite « prédynastique » ou « dynastie 0 ».
  • Habitat plus concentré dans des villes.
  • Premières apparitions de l’écriture.
  • Grandes palettes de schiste.
  • Premiers bas-reliefs.
  • Couteau de Gebel el-Arak.

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Catégorie / Titre : Un peu d’histoire /       La culture de Nagada
Date de création : 08/11/2006 - 14:16  -¤-  A été modifié le : 23/03/2010 - 13:08

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