Image titre Un peu d’histoire
Voisins et concurrents de l’Égypte


Les premiers empires mésopotamiens

De 3500 à 1600 avant Jésus-Christ

La Mésopotamie : chronologie
La Mésopotamie : chronologie illustrée

L’empire d’Akkad : Droit, écriture et image : le Code d’Hammourabi

vers 3500-200 av. J.-C.
Premiers écrits sur la Mésopotamie.
vers 2900 av. J.-C.
Premières dynasties.
vers 2296 av. J.-C.
Règne de Sargon, 1er souverain de l’Empire d’Akkad.
vers 2029 av. J.-C.
Début du règne de Shoulgi à Our.
vers 1749 av. J.-C.
Shamshi-Adad Ier, roi amorrite, conquiert Assour et s’empare du trône Assyrien.
vers 1728 av. J.-C.
Naissance du roi babylonien Hammourabi.
vers 1686 av. J.-C.
Publication du Code d’Hammourabi, peu avant sa mort.
vers 1595 av. J.-C.
Moursili Ier, roi Hittite, pille Babylone.
Que le citoyen opprimé qui aurait une affaire en justice se présente devant la statue me représentant en juge suprême, qu’il se fasse lire le texte de ma stèle, qu’il y prenne connaissance de mon Code juridique, que ma sentence lui apparaisse clairement, qu’il en ait le cœur tranquilisé et s’adresse à moi en ces termes : « Honneur à Toi, Hammourabi, Grand Souverain, Toi qui est comme un Père pour tes sujets, Toi qui a fait tiennes les volontés de ton Seigneur-Dieu, Mardouk, comblant ainsi son cœur et œuvrant pour le bonheur éternel de son peuple dans le royaume. »

Hammourabi, Code juridique

Dès le quatrième millénaire avant notre ère, c’est dans le vaste bassin du Tigre et de l’Euphrate que sont apparues les toutes premières civilisations urbaines : des communautés d’agriculteurs se rassemblent en de vastes ensembles, les cités-États ; celles-ci découvrent de nouvelles formes d’organisation, développent un système d’irrigation permettant de nourrir des populations importantes et d’entretenir un système administratif complexe. L’urbanisation favorisa le développement de l’économie et le commerce à longue distance, ce qui provoqua une concurrence et des guerres entre cités, puis la formation des premiers empires.

L’histoire de la Mésopotamie comporte plusieurs époques distinctes. Les plus notables sont : l’époque sumérienne et akkadienne du IVe au IIIe millénaire pendant laquelle l’écriture fut inventée, l’époque babylonienne du XVIIIe au VIIe siècle avant Jésus-Christ et l’époque assyrienne du XIIe au VIIe siècle, toujours avant Jésus-Christ. Ensuite le pays fut conquit par Alexandre le Grand puis par les romains et par les arabes.


Tablette mésopotamienne montrant un carte du Monde
Carte du Monde
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Les premières cités connues sont apparues en Mésopotamie (*) dans la seconde moitié du IVe millénaire av. J.-C. : Ourouk, qui est aussi le lieu supposé de l’invention de l’écriture vers 3500 av. J.-C., Our, Tell Uqair et Suse disposaient de vastes complexes architecturaux soigneusement décorés. La production agricole des riches plaines et des vallées arrosées par le Tigre et l’Euphrate étaient suffisamment exédentaires pour permettre d’entretenir ces nouveaux concepts urbains et les structures sociales complexes qui s’y rattachaient.

La ville était l’unité politique de base de la Mésopotamie. La religion jouait un rôle fondamental dans son organisation sociale : les hommes au pouvoir affirmaient être les serviteurs privilégiés des dieux alors que, plus bas dans l’échelle sociale, le rôle des paysans était de produire les biens nécessaires aux sacrifices et aux présents destinés aux divinités. Les villes-états, bien que rivales, avaient établi des liens diplomatiques et commerciaux entre elles. Des objets découverts à Ourouk, principale ville de Mésopotamie à partir de 5500 av. J.-C. environ, provenaient de lieux aussi éloignés que la ville de Suse ou que la Syrie. Des rivages du golfe Persique à Mari (dans le Nord-Ouest) et Assour (dans le Nord), le commerce et les échanges de présents entre cités contribuèrent au développement d’une culture commune. On parle de culture sumérienne pour décrire l’ensemble des cultures et des sociétés des débuts et du milieu du IIIe millénaire en Mésopotamie, malgré l’existence de différentes langues, parce que le sumérien est considéré comme la première langue écrite.


(*) du grec meso, entre et potamos, fleuve signifiant « pays entre les deux fleuves » que sont le Tigre et l'Euphrate (majeure partie de l'Iraq ou Irak actuel). Géographiquement, on regroupe sous le nom de Mésopotamie un ensemble de régions comprises entre le désert de Syrie (à l'ouest), la chaîne Zagros (à l'est), la chaîne du Taurus (au nord), le désert d'Arabie et le Golfe persique (au sud). Il s'agit d'un vaste espace, présentant une certaine unité géographique, que l'on subdivise en « haute » et « basse » Mésopotamie. La première correspond au royaume d'Assyrie, la seconde à la Babylonie.


L’empire d’Akkad

Vers la fin du IIIe millénaire, de puissants souverains tentèrent d’étendre leur influence. Le premier d’entre eux fut Sargon (vers 2296-2240 av. J.-C.), qui créa une nouvelle capitale à Akkad (Agadé), avant de conquérir les villes du sud de la Mésopotamie et de revendiquer des territoires s’étendant aussi loin que la ville de Byblos (anc. en Phénicie, auj. Djebal, au Liban). Son influence, notamment à travers la sculpture, s’étendit à toute la région et sa langue, l’akkadien (avec ses variantes babylonienne et assyrienne), remplaça le sumérien comme langue dominante en Mésopotamie. L’empire d’Akkad fut agrandi par le petit-fils de Sargon, Naram-Sin (2213-2176 av. J.-C.), mais, après sa mort, les villes soumises retrouvèrent leur indépendance et les dynasties montagnardes du Zagros ruinèrent les restes de l’empire.

Un siècle plus tard, les Sumériens édifièrent un empire dans le sud de la Mésopotamie et atteignirent alors leur apogée artistique avec la période de la IIIe dynastie d’Our (2047-1940 av. J.-C.), dont le premier roi fut Our-Nammou. C’est à Our que la première forme typique de temple divin, la ziggourat, fait son apparition. La chute de la dynastie d’Our porte au pouvoir une nouvelle élite, les Amorites, Sémites venus du désert de Syrie. Son souverain le plus puissant, Shamshi-Adad Ier, établit par la force une éphémère dynastie assyrienne vers 1749 av. J.-C. Ce fut le sixième roi amorite, Hammourabi, qui fonda véritablement le premier empire de Babylone.



Empires mésopotamiens, carte des échanges commerciaux
Échanges commerciaux en MésopotamieLa Mésopotamie occupe une position stratégique : située entre les voies de communication qui relient l’Asie centrale et l’Europe au golfe Persique et à la Méditerranée.
Le sud de la Mésopotamie n’avait pas de ressources minières, et sa politique guerrière et impérialiste est due pour une bonne part au besoin de se procurer du bronze et d’autres matériaux, y compris le bois de construction.
Les souverains d’Akkad et d’Our conquirent un vaste territoire sans pouvoir s’assurer de la loyauté des villes, farouchement attachées à leur autonomie.
Naviguer.gif Voir une version agrandie (2400x915 px - 733 Ko)bouton+.gif Naram-Sin vous en dit plus…


Carte de l'empire d’Hammourabi
La vie politique de la Mésopotamie du XVIIIe siècle av. J.-C. se caractérisait par des alliances fluctuantes entre les souverains des principales villes. Shamish Ier s’empara d’Assour et fonda un empire dans le Nord tout en établissant de bonnes relations avec le Sud. Son ancien vassal, Hammourabi, roi de Babylone, ajouta l’Empire assyrien à ses possessions.


La Mésopotamie du sud


Droit, écriture et image : le Code d’Hammourabi


Stèle du Code d’Hammourabi
Stèle du Code d’Hammourabi
XVIII siècle avant Jésus-Christ
Musée du Louvre, Paris

bouton+.gif Hammourabi vous en dit plus…


Détail de la stèle du Code d’Hammourabi
Détail de la stèle

Hammourabi est le sixième roi de la première dynastie de Babylone, dynastie d'origine amorrite, comme celles des autres grands souverains mésopotamiens de son temps. Il a régné de 1792, jusqu’à sa mort, vers 1750 avant Jésus-Christ. Son règne est l’un des plus longs de l’antiquité du Proche-Orient et l'un des plus prestigieux par l'ampleur de son œuvre politique et législative. Il a achevé la conquête de Sumer et d’Akkad. Il a été le premier roi à établir la domination du royaume babylonien sur la Mésopotamie, et peut à ce titre être considéré comme l'un des grands artisans du prestige et de la puissance à venir de cette cité.

Peu de monuments nous sont parvenus de l’époque d’Hammourabi, qui représente pourtant un sommet dans la civilisation de l’Asie occidentale. À bien des égards, le plus remarquable est le code d’Hammourabi qui fut découvert en 1901 à Suse par l’équipe de J. de Morgan.

La célébrité d’Hammourabi tient d’abord à ce code, rédigé en akkadien, qu’il fit graver, vers 1730 avant Jésus Christ, sur une grande pierre de diorite noire. S’il se présente comme un recueil de lois, incluant le fameux principe du châtiment des offenses (la loi du talion « œil pour œil, dent pour dent »), ce document est plutôt une collection d’arrêts destinés à servir aux juges. Mais sa fonction première semble tout de même être de chanter les louanges du roi et de vanter les réalisations de son règne. Après sa mort, ses successeurs gouvernèrent pendant 90 ans avant que la capitale ne soit pillée par les Hittites, ce qui ouvrit une nouvelle page de l’histoire mésopotamienne.

Sur le registre supérieur, un bas-relief montre le roi debout, une main levée en signe de dévotion, coiffé d’une calotte ronde, vêtu d'une longue étoffe ; il se tient devant Shamash, le dieu du Soleil et de la Justice de Babylone, assis sur son trône.

Le registre inférieur est occupé par la gravure d’un long texte tripartite : celui-ci débute par un prologue où Hammourabi dit sa gloire et énumère ses conquêtes ; la partie suivante, strictement législative, se compose de 282 « articles » répartis en matières qui se succèdent : des chapitres consacrés au faux témoignage, au vol, aux domaines royaux, au travail agricole, aux locaux d’habitation, au commerce, aux dépôts et dettes, à la femme et à la famille, aux coups et blessures, etc. L’épilogue clôt le document par une sorte de testament dans lequel Hammourabi invite ses successeurs à suivre son exemple et à observer les mêmes principes d’équité et de justice.

Bien que les pays de Sumer et d’Akkad n’aient pas manqué de « textes » législatifs antérieurs à celui d’Hammourabi, le code qui porte son nom représente un système de réglementations étonnant dans la mesure où il pourrait, à quelques exceptions près, s’appliquer aux principales catégories de n’importe quelle législation moderne.

Le code est gravé en caractères cunéiformes (voir ci-dessus) dans des cases disposées en colonne autour de la stèle. Elles se lisent de droite à gauche. La langue babylonienne est d’une richesse exceptionnelle.


Texte extrait (en partie) de mémo, le site de l’histoire  
Traduction du Code   d’après L. W. King


Les grandes métropoles de la Mésopotamie antique

Assur ou Assour
Assur fut la mremière capitale et le premier centre religieux du royaume des Assyriens, jusqu’à sa destruction par les Mèdes, en 614 avant notre ère. D’importantes découvertes datant du second et du premier millénaires avant notre ère sont exposées au musée Pergamon, à Berlin.

Babylone
Babylone est une capitale de royaume au troisième millénaire avant notre ère. Puis elle fut le siège du pouvoir sous Hammourabi (1792-1750), le plus illustre souverain de la dynastie amorite. La ville était fortifiée et comportait une ziggourat (pyramide à degrés), la célèbre Tour de Babel. Là furent réalisés des jardins suspendus, considérés par les Anciens comme l’une des sept merveilles du monde. Babylone resta un important centre culturel jusqu’à sa conquête par les Parthes (141 avant nore ère), peuple semi nomade d’origine iranienne.

Ebla
Des milliers de tablettes d’argile des archives du palais de la période « dynastique archaïque » (troisième millénaire) présentent Ebla comme un important royaume et un centre commercial de grande influence. Ebla a sans doute été conquise par Sargon l’Ancien, mais son influence s’est perpétuée jusqu’à la fin de l’âge du bronze ancien (2000 avant notre ère).

Kish
Selon la liste des souverains sumériens, que les archéologues consultent pour dater des événements, Kish était le premier siège de la royauté « après le Déluge ». On y a retrouvé des bâtiments et des tablettes en écriture cunéiforme du troisième millénaire avant notre ère ; un grand palais date de la période « dynastique archaïque. Au début de l’époque babylonienne, Hammourabi fit construire une ziggourat encore visible aujourd’hui. »

Mari
Fondée au début du troisième millénaire, Mari est devenue prospère et puissante durant la période « dynastique archaïque » . Mari contrôlait le commerce caravanier et fluvial entre la Babylonie et la Méditerrannée. Un premier palais des rois date du milieu du troisième millénaire avant notre ère ; un deuxième palais a été construit sur le premier au deuxième millénaire.

Nagar
Dès le quatrième millénaire, Nagar (sous Tell Brak) était un centre influent de la culture d’Uruk (ou Ourouk) dans la région du Habur. La cité dominait encore la région au troisième millénaire et commerçait avec Ebla et Mari. Un roi de Nagar est cité dans les tablettes d’argile de Tell Baydar. Les plus récents bâtiments des temples et du palais datent de l’époque mitanienne (XVe et XVIe siècles avant notre ère).

Localisation des métropole de la Mésopotamie antique
© Joachim Bretschneider/Spektrum der wissen Schaft

Ninive
Les plus anciens objets retrouvés sur ce site datent du sixième millénaire avant notre ère. Au VIIe siècle avant notre ère, Ninive était la capitale de l’Empire assyrien. Elle a été détruite par les Mèdes, en 612 avant notre ère. La bibliothèque de Ninive comportait environ 25 000 tablettes en caractères cunéiformes.

Tuttul
Ce centre politique et économique des troisième et second millénaires avant notre ère possède d’impressionnants vestiges de palais et de tombeaux, ainsi que des tablettes d’argile. On a identifié deux phases principales d’occupation du site.

Ur ou Our
Au troisième millénaire avant notre ère, plusieurs dynasties ont siégé dans ce centre culturel et politique de la Mésopotamie. Des constructions monumentales et une zigourrat ont été restaurées ou reconstruites vers 2000 avant notre ère. Après une longue phase de déclin, la cité a connu une nouvelle période de construction au babylonien récent (605 à 539 avant notre ère).

Urkish
Les fouilles les plus récentes indiquent que le site servait de résidence à une ancienne dynastie hurrite, vers 2250 avant notre ère. De cette époque datent un palais, partiellement dégagé, et un temple qui occupait le centre de la ville.

Uruk ou Ourouk
Les strates les plus anciennes ont été datées, par sondages, du cinquième et du quatrième millénaires avant notre ère. Dans la seconde moitié du quatrième millénaire avant notre ère, Uruk (appelée Erech dans la Bible) était le centre de la culture sumérienne. C’est là que, sont nés l’écriture cunéiforme et les sceaux-cylindres (ci-dessous), que l’on a bâti les premiers temples et grands édifices. Uruk est aussi la patrie de Gilgamesh, héros de la mythologie assyro-babylonienne, dont on a retrouvé une version akkadienne dans la bibliothèque de Ninive.


Un sceau-cylindre et son empreinte
Sceau-cylindre et son empreinteCylindre, généralement en pierre (puis en métal), gravé en creux de signes, de symboles, de textes et dont le déroulement sur l’argile fraîche constituait un cachet en Mésopotamie au IVe millénaire, puis dans la plupart des pays de l’ancien Orient.

Mésopotamie, vers 2200 avant notre ère - Musée du Louvre, Paris


Image titre « Le saviez-vous ? »
Voir un article   qui lui est consacré, sur Wikipédia

Carte de la Mésopotamie ancienne
Carte de la Mésopotamie
© Petit Larousse illustré, édition 2008

Planche montrant un aperçu de l'art mésopotamien
L'art de la Mésopotamie
© Petit Larousse illustré, édition 2008

Voir aussi le site de Christophe Gaggero : Mésopotamie, un portail sur l'Orient ancien  


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